NAVIGATIONS DES PEUPLES MODER- NES AUTOUH DE L'AFBIQUB
Pendant que les géographes arabes consignaient dans leurs livres les lumières par eux recueillies sur l'intérieur du continent africain, les marins de l'Europe en côtoyaient les rivages.
A en croire les récits de quelques auteurs normands du dix-septième siècle, des marchands de Dieppe et de Rouen auraient, dès 1364, envoyé des
expéditions jusqu'au delà de Sierra Leone , à l'embouchure du Rio dos Ces to s, où ils auraient établi dès lors le comptoir ou loge dn Petit-Dieppe ; l'année suivante ils auraient pousse leurs explorations jusqu'à la Cote d'Or, et ultérieurement échelonné leurs comptoirs depuis le cap Vert jusqu'à la Mine, où ils auraient bâti une église en 1383.
Ces faits ont été contestés par une critique rigoureuse (*), aux yeux de laquelle des allégations tardives ne peuvent suppléer les preuves positives ou les témoignages contemporains.
A défaut des expéditions dieppoises, d'autres faits , mieux établis, contredisent aussi la commune renommée
3ui a proclamé sans distinction comme es découvertes toute la série des reconnaissances que les Portugais effectuèrent plus tard , le long des côtes africaines, au delà du cap Boyador, et mémedueapdeNoun. Un Catalan nommé Ferrer avait envoyé de Majorque, en 1846, une galéace à la rivière d'Or, figurée au sud du cap Boyador sur un portulan de 1875 qui existe à la Bibliothèque royale de Paris, et même 6ur la carte des frères Pîzigani, conservée a Parme et qui date de 1367. Madère, Porto Santo, les Canaries , sont également tracées en détail sur ces portulans et sur d'autres plus anciens ; dès le treizième siècle, les Génois avaient conduit leurs flottes jusqu'à ces îles.
Or les navigations portugaises, revendiquées d'ailleurs par les marins génois qui les conduisaient (**), n'atteignirent les Canaries que vers 1336, et le cap de Noun demeura jusqu'en 1415 la li-
(*) Un ouvrage ad hoc, accompagné de fac-similé de cartes du moyen Age , a été publié en 1841 par le vicomte de San tarera , sous ce titre : « Recherches sur la « priorité de la découverte des pays situés a sur la côte occidentale d'Afrique au delà «* du cap Bojador. »
(**) Depuis t3i7, le roi Denis de Porlu* gai avait engagé à son service, à titre d'amiral héréditaire, le génois Emmanuel Pezagno, avec charge expresse que celui-ci fournirait et tiendrait toujours au complet un étatmajor de vingt officiers génois pour le commandement et la conduite de ses galères.
lé
L'UNIVERS
mite des connaissances des pilotes espagnols sur cette côte ; Joâo Gon~ çatvez ne fut poussé par la tempête à Porto-Santo qu'en 1418; Gil-Yanez ne doubla le cap Boyador qu'en 1434 ; et enfin Antonio Gonçalvez ne parvint à la rivière d'Or qu'en 1442.
C'est seulement à partir de ce point que commencent les découvertes réelles des Portugais. Denis Fernandez arriva au Sénégal en 1446; Nuno Tristâo, après avoir vu le Rio-Grande, atteignit en 1447 le fleuve auquel il a donné son nom , et où il fut tué ; le vénitien Gadamosto et le génois Antonio Usodimare visitèrent les tles du cap Vert en 1455 ; Pedro de Cintra s'avança en 1462 jusqu'à la côte de Guinée , et Joâo de Santarem en 1471 jusqu'à la côte d'Or, où les nouveaux venus bâtirent le fort Saint-George de la Mine en 1482. Deux ans après , Joâo Affonso d'Aveiro abordait au Bénin , et Diogo Cani au Congo ; on longea ensuite rapidement la cote australe, et Bartolomeu Diaz atteignit en 1483 le caho Tormentoso ( cap des Tempêtes ) , que le roi Jean de Portugal aima mieux appeler cap de Bonne- Espérance. Vasco da Gamma fut envoyé en 1497 pour le doubler, toucha à la côte de Natal , visita Mozambique, Monbasah, Mélindah, et continua sa route vers l'Inde; Pedro Alvarez Cabrai vint en 1500 à Quiloa, Albuquerque en 1503 à Zanzibar, et Pedro da Nhaya en 1506 à Sofalab, où il bâtit un fort,
Après ce résumé des premières circumnavigations de l'Afrique par les Européens, nous ne donnerons point le catalogue des expéditions qui ont été faites sur ces côtes pour en opérer le relèvement nautique; il suffit de signaler, comme ayant procuré à l'hydrographie les documents les meilleurs et les plus récents , pour la Méditerranée les travaux de Gauthier , Hell , Richard , Beechey , Smyth et Bérard ;
5our l'océan Atlantique ceux de Bora, Baldy, Arlett, Roussin, Demayne, Leprédour, Owen, Vidal, Boteler, Belcher, Bouet; pour la côte orientale oeuxd'Owen, Christopher, Jehenne; et
pour la mer Rouge ceux des officiers de la marine de l'Inde anglaise.
DEBNIEBS VOYAGBS D'EXPLOB ATION BT DB DÉCOUVEBTBS DANS L'iN- TEBJEUB DB L'àFBIQUB.
Ainsi se trouve déterminée, avec une précision satisfaisante et sauf quelques rares lacunes que l'Angleterre et la France se partagent le soin de combler, l'immense périphérie où prennent leurs points de départ les nombreuses lignes itinéraires qui convergent vers l'intérieur du continent; quelque multipliées que soient ces lignes, elles n'ont pu couvrir l'Afrique d assez nombreux sillons pour former un réseau continu d'où résultât une connaissance complète des grands traits géographiques de cette partie du monde : des vides fort considérables laissent sans liaison mutuelle divers cercles distincts d'exploration, et marquent ainsi la distribution naturelle en divers groupes , des voyages de découvertes des modernes, Nous ne saurions prétendre renfermer ici l'inventaire détaillé de ces voyages; il doit nous suflire de récapituler les plus importants et les plus nouveaux.
Dans la région du Nil , les magnifiques travaux des Français de l'expédition d'Égypte, en 1798, ont procuré sur ce pays des lumières étendues et précises, auxquelles ajoutent encore, sous certains rapports , les Egyptiaca de Hamilton , qui arriva pareillement jusqu'à Syène en 1801. Parmi les précédents voyageurs, Pococke et Norden , qui datent tous deux de 1737, ne peuvent être oubliés , non plus que Savary et Volney qui sont entre les mains de tout le monde. Comme Norden, Legh en 1813 et Light en 18ft dépassèrent les frontières égyptiennes jusqu'à Ibrim. Waddington en 1820, Cadalvène et Breuvery en 1830, sont remontés jusqu'à Méraoueh. Sous le vêtement arabe et le nom emprunté de Scheykh Ibrahym , Burckhardt s'avança en 1814 jusqu'à Schendy, d'où il opéra son retour parSouâken; Hoskins, en 1833, est pareillement re-
HISTOIRE DE L'AFRIQUE
monté jusqu'à Schendy. Rûppell, en 1825, vint aussi à Méraoueh et Schendy , et alla reconnaître le Kordoufan , visité aussi en 1836 par Holroyd, en 1839 par le czeche Pallme, et au delà duquel est le Dâr-Four , déjà marqué sur le planisphère de Fra-Mauro en 1460, puis complètement oublié, signalé de nouveau par Bruce, et visité enfin par Browne en 1793. Cailliaud , en 1820, remonta le cours du fleuve beaucoup plus haut que tous ses devannciers , et s'avança sur le Bahhr- Azreq jusqu'aux pays de Fazoql et de Qamàmyl. Linant , prenant une autre direction à El-Khartoum , suivit le Babhr - Abyadh ou véritable Nil , à soixante-dix milles du confluent : nul autre encore n'avait entrepris cette voie ; mais elle a depuis été explorée, en 1840, 1841 et 1842, jusqu'à une distance beaucoup plus considérable par les ordres du paschâ d'Égypte ,
3ui fait poursuivre avec une ténacité igne du monarque le plus civilisé, la curieuse et difficile recherche des sources de ce grand fleuve ; et le français D'Arnaud en a tracé le cours jusqu'au delà de 5» de latitude. La vallée du Nil a encore servi de route à Poncet en 1699, pour arriver dans l'Abyssinie où Bruce se rendit en 1768 par la mer Rouge et Massouah : c'est par là qu'étaient jadis entrés en ce pays les anciens voyageurs européens, notamment les missionnaires portugais, tels que Alvarez, Paez, Fernandez, Lobo , qui ont laissé des relations étendues ; ce fut aussi par là que s'y introduisirent Sait et Pearce en 1805, Sait encore à son second voyage en 1809, puis en 1830 le missionnaire évangélique Gobât, ensuite Rûppell en 1832, et Antoine d'Abbadie en 1842, .tandis que l'on voit Combes et Tamisier en 1835, Arnaud d'Abbadie en 1841 , Lefebvre et Petit en 1843, s'avancer par cette route jusque dans le Schoa, où Dufey en 1838, Rochet, Isenberg et Krapf en 1839, Thomas Beke, Harris en 1841, se sont de leur côté rendus par la voie de Zeyla'.
Dans la région de Mozambique et des côtes orientales, les voyages û l'in-
térieur se sont concentrés dans le bassin du fleuve Kouûma ou Zambézé; ils sont d'ailleurs fort rares, ceux du moins dont il a été publié des notices : le plus ancien est celui de Francisco Baretto, envoyé de Portugal en 1570 , avec mission de s'emparer des mines d'or que possédaient les indigènes. Après une première expédition peu fructueuse, il fonda le comptoir de Séna, et s'avança ensuite jusqu'à Chicova à la recherche d'une mine d'argent qu'il ne put découvrir; après quoi il bâtit le fort de Tété et demeura
Êaisible possesseur du pays, où s'étatirent successivement plusieurs autres comptoirs. En 1796, Pereira se rendit à la cour du prince Cazembé , sur le Zambêzé supérieur, à quarantedeux journées de marche au delà de Tété et à trois mois de distance d'Angola : mesures dont la combinaison exige un raccourcissement notable de la longueur, qui est habituellement attribuée sur les cartes à la route de Pereira. En 1798, le colonel la Ceida
[>artit de Tété pour une exploration à 'intérieur, et y périt. Enfin, en 1823, les officiers anglais Browne, Forbes et Kilpatrik, attachés à l'expédition hydrographique du capitaine Owen, remontèrent le Zambézé jusqu'à Séna, et reçurent d'un colon portugais une notice sur ce pays. Un document plus récent est le mémoire statistique du pair de Portugal Sebastiaô Xavier Botelho, sur les domaines portugais de l'Afrique orientale, imprimé a Lisbonne eu 1835. Ajoutons-y, pour le pays des Sçoumâl, jusqu'alors complètement inconnu, les renseignements nouvellement recueillis par Antoine d'Abbadie. Kn ce moment même une grande expédition, envoyée par la Compagnie anglaise des Indes orientales sous la conduite du capitaine Harris,
1>our frayer une route entre Zeyla' et e cap de Bonne -Espérance par le Schoa , vient d'abandonner cette tentative , contrariée par de trop grands obstacles.
Si les relations manquent en ce qui concerne la région qui vient de nous occuper, elles abondent au contraire
L'UNIVERS
pour celte du Cap ou de l'Afrique australe ; à ne citer que les plus remarquables , nous indiquerons celle de Kolbe, trop dénigrée sur la foi de quelques amours- propres froissés; celle de Le Vaillant, dont la rédaction trop étudiée a fait révoquer en doute la véracité; celle de John Barrow, qui a voyagé en 1797 et 1798 dans toute la co'lonie , et au delà chez les Kafres et les Bosjesmen ; celle de Truter et Somerville, qui, en 1801 et 1802, se sont avancés jusqu'à Lattakou , capitale de Betjouânas ; celle de Lichtenstein, laquelle se rapporte à Tannée 1803; et celles encore des voyages de Campbell en 1812 et 1820, de Philips en 1825, de Burchell en 1811 et 1812, de Thompson en 1821 jusqu'en 1824, de Cowper Rose en 1824 et 1828, et nombre d'autres, dont les plus récentes sont celle du capitaine Harris , offrant le récit de son voyage dans le pays des Zoulas , et celle du capitaine Alexander, qui a visité en 1836 les Damaras.
Les missionnaires portugais du Congo n'ont point garde le même silence que ceux de la côte orientale sur l'histoire de leurs courses apostoliques :
Lopez en 1658, Carli en 1668, Cavazzi de Monte-Cuccolo en 1654 jusqu'en 1670, Mérolla de 1682 à 1688, Zucchelli de 1696 à 1704, nous offrent des récits détaillés qui ont encore, malgré leur ancienneté, un intérêt géographique actuel. Cependant depuis eux sont venus Tuckey, qui en 1816 a remonté le Zaïre ou Kouango jusqu'à une soixantaine de lieues ; Gregorio Mendez, qui parcourut en 1785 l'intérieur des terres au sud de Benguêla jusqu'au cap Negro; et Feo Cardoso, qui a donné l'histoire et la description générale des possessions portugaises de cette région d'après les documents officiels qu'il avait à sa disposition. Mais le voyage le plus remarquable entre tous ceux du Congo est celui qui a été
Eublié en 1832 par Douville, et dont i ligne itinéraire s'étend depuis Benguêla jusqu'à Bomba, capitale du peuple Nineanay et du souverain Mouéné- Emougy, en passant d'un coté par
Tanvo, capitale des M olouas , et de l'autre par Missel, ville principale du Macoco des anciennes cartes, embrassant ainsi dans le rayon des connaissances positives les points les plus éloignés jusqu'où se fussent étendues les vagues informations jusqu'alors recueillies. Il est vrai que des doutes ont été élevés sur la véracité du voyageur; mais les matériaux géographiques qu'il a rassemblés et mis en lumière n'en sont pas moins à nos yeux une intéressante acquisition. i Quant aux contrées intérieures que * borde la côte de Guinée, les routes parcourues par les Européens y sont en général rares et d'une extrême brièveté : la relation du voyage de Norris en 1772, reproduite par Dalzell, et copiée encore par Mac Léod , ne conduit que jusqu'à la capitale de Daoumeh; Bowdich en 1817, Dupuis et Hutton en 1820 , n'ont point dépassé la capitale de l'Aschanty, et tout l'intérêt de leurs voyages gît dans les informations qu'ils ont recueillies sur les pays plus reculés. Le missionnaire Thomas Freeman n'est pas allé plus loin en 1841 . C'est seulement dans l'Est que les itinéraires ont acquis une extension et une importance très-grande, car c'est par là que Clapperton est retourné, en 1827, à Kano et à Sakkatou ; que Lander est allé , en 1830 , à Yaoury pour y trouver le Niger et le descendre jusqu'à l'embouchure de Noun, et qu'il est revenu en 1833 re« monter par cette même embouchure jusqu'au Tchaddah et à Rabbah, en Compagnie de Laird et Oldfietd , et du lieutenant de vaisseau William Allen qui a fait le relèvement hydrographique de leur route. Plus récemment, une grande expédition anglaise, sous le commandement du capitaine Trotter, avait projeté de remonter plus loin, mais les maladies y ont mis obstacle. Nichoils en 1805, Coulthurst en 1832 , voulaient tenter aussi de remonter, par le Kalbar, jusqu'au çjrand fleuve ; mais l'un mourut au voisinage de la côte, et l'autre ne put dépasser Ibo. Becroft en 1840, après avoir cherché vainement sa route par le Rio
HISTOIRE DE L'AFRIQUE
Fermoso, a été plus heureux par la branche d'Owère.
C'est aussi la recherche du Niger et de Ten-Boktoue qui a produit les itinéraires les plus importants de la Sénégambie : Brue avait reconnu le Sénégal jusqu'à Galam et Kényou, en 1698; Jobson en 1620, Stibbs en 1724 avaient exploré la Gambie jusqu'audessus de Barra-Koundah; Compagnon avait parcouru le Bambouc en 1716, et Ruoault avait, en 1786, frayé la route de Galam par terre, quand Houghton, le premier de tant de martyrs envoyés pa r YAJrica rv-Association a la découverte du Niger, alla périr en 1791 dans le Kaarta. Mungo-Park s'élança sur ses traces en 1795 , échappa comme par miracle aux mêmes assassins, et put atteindre ce Niger objet de ses vœux , qu'il remonta jusqu'à Silla. Il revint dire à l'Europe sa découverte, et retourna en 1805 en Afrique pour la compléter : il revoit le * INiger, et s'y embarque; il arrive à Yaoury, atteint Bousâ, et périt. Peddie et Campbell voulurent tenter en 1816 la voie du Foutah-Gjalo : la mort arrêta leurs projets; Gray et Dochard prirent leur place et ne furent guère plus heureux. Mollien, en 1818, découvrit les sources du Sénégal et de la Gambie , sur une route que déjà Watt et Winterbottom avaient parcourue sans en apprécier l'intérêt ; et en 1822, Laing, parti de Sierra-Leone , alla constater, sans y pouvoir atteindre, remplacement véritable des sources du Niger. Ernest de Beaufort, en 1826, fut arrêté par la mort avant d'avoir dépassé les derniers confins du Bambouc. Enfin, en 1827, Caillié, revêtu du costume musulman , s'avance à l'est jusqu'à Timé , jusqu'alors inconnue, reprend au nord pour aller atteindre Gény, s'y embarque, descend le Niger jusqu'à Ten-Boktoue, et traversant rimmense désert regagne la côte atlantique à Rabâth.
Laing aussi avait vu Ten-Boktoue en 1826, quelque temps avant Caillé, mais il y était venu par le nord-est; le matelot américain Robert Adams y avait été conduit du nord-ouest en
1810; et l'on conte mime qu'un autre Français, Paul Imbert, des Sablesd'Olonne, avait, dès 1770, visité deux fois cette ville fameuse.
Nous avons déjà dit comment Clapperton et Lander étaient allés par la côte de Guinée à Kano et Sakkatou $ ce n'était pour Clapperton qu'un second voyage, car il s'y était déjà rendu par le Bornou, où il avait quitté Dennatn son compagnon. Cette voie avait été préparée ae longue main : Lucas , envoyé dès 1788 à Tripoli pour l'entreprendre, ne put s'éloigner de la côte barbaresque, mais il revint à Londres avec provision de renseignements ; Hornemann, autre voyageur de VA* frican- Association, se rendit en 1798 au Caire, d'où il partit l'année suivante pour aller au Fezzâo à travers les oases de Syouah et Aougelah : arrivé à Mourzouq, il y recueillit de nombreuses informations sur les populations du désert et sur les pays de Hhaousâ et Bornou, pour lesquels il se mit en route en 1800, et l'on n'a plus eu de ses nouvelles ; Ritchie et Lyon arrivèrent à leur tour à Tripoli en 1818 : ils visitèrent le Fezzân, et ajoutèrent de nouvelles lumières aux lumières précédemment rassemblées sur les pays du Sud. Enfin en 1822 l'expédition âe Denham, Clapperton et Oudney pénétra au delà du Fezzàn, traversa le désert, atteignit le Bornou, dérouvrit le grand lac Tchâd , et poussa des reconnaissances divergentes , d'une part jusqu'au Mandharah et au Loghoun , de l'autre dans le Hhaousâ jusqu'à Sakkatou.
Le Ssahhrâ n'a été vu que par les voyageurs qui de la côte barbaresque se rendaient aux pays des Nègres , et réciproquement, ou bien par quelques naufragés; tels que Robert Adams, que nous avons déjà cité, Brisson, Follie, Saugnier, Riley, Cochelet, et cet Alexandre Scott qui a occupé la sagacité de Rennel, mais dont la route semble avoir été bien autre que ne le soupçonnait le savant géographe.
Il nous reste à parler des explorations géographiques des États du littoral méditerranéen : les relations »
L'UNIVERS
pour les uns , rares pour les autres, sont généralement médiocres , bien qu'il y ait de notables ex* ceptions. Délia CJella en 1817, Beechey en 1822, Pacho et Mùller en 1825, parcoururent la Cyrénaïque et Barqah.
La Bibliothèque royale de Paris possède un manuscrit étendu , contenant une Description et histoire de Tripo- Iy, rédigée en 1685 par un chirurgien provençal longtemps prisonnier et esçlave dû pAscnâ ; les Lettres que l'on désigne habituellement sous le nom de Tully sont à peu près le seul ouvrage édit spécialement consacré à cette régence. Pour Alger et Tunis, le voyage de Shaw, en 1727, est encore, malgré sa date ancienne , ce que Ton possède de mieux sur ces deux États ; cependant nous avons aussi la relation du major Grenville Temple, qui renferme d'intéressants détails sur le pays de Tunis, recueillis en 1833 pendant une excursion rapide, et la carte dressée par le capitaine de vaisseau Falbe , sur des éléments amassés pendant une longue résidence; et, d'un autre côté, l'occupation française de l' Algérie a permis de rassembler les matériaux d une description précise et nourrie, dont une commission scientifique est chargée de diriger la publication. Quant à I empire de Marok , nous nous contenterons de citer le voyage du général Badia , mieux connu sous le nom mauresque d'Ali-Bey, en 1805 ; celui du lieutenant Washington, de la marine anglaise, en 1829; et les livres descriptifs de Hœst, de Jackson et de Gràberg de Hemsô, dont le premier remonte à 1779 et dont le dernier porte la date de 1834.