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parmi les constellations célestes, et plus encore par les chants de Callimaque et de Catulle.
Travaux et mort de Bérénice.
— Bérénice, dont le nom et l'image accompagnent le nom et l'image de Ptolémée Évergète sur les nombreux monuments dont la magnificence de ce règne orna les villes de l'Egypte-, voulut aussi consacrer, dans les dénominations nouvelles qu'elle imposa à quelques-unes des villes de la Cyrénaïque, la mémoire de son époux , de sa mère, et d'elle-même; le port de Barkè fut ainsi appelé désormais Ptolémaïs , et la trace en est restée au nom moderne de Tolomeytah ; Teuchira reçut celui d'Arsinoé, qui s'est effacé; et Hespéride celui de Bérénice, qui a disparu sous celui de Ben-Ghâ2y.
Après un règne d'environ trente ans, depuis la mort de son père, Bérénice , qui avait eu la douleur de voir son époux bien-aimé périr par le poison (*) de la main d'un fils qu'une amère ironie surnomma Philopator, et son autre fils Magas sacriué par son frère à une ombrageuse ambition, Bérénice elle - môme devint la victime de ce fils dénaturé. Peut-être avaitelle eu la pensée de réserver à Magas le trône de Cyrène; peut-être eût-elle pu en faire pour elle-même la dot d'un nouveau mariage : son fils atné coupa court successivement à toutes ces éventualités, en se défaisant de Magas et de Bérénice, comme il s'était défait de son père pour se saisir plus tôt du sceptre de l'Égypte ; il ne lui restait plus que sa sœur Arsinoé.: il l'épousa.
La Cyrénaïque réunie à V Egypte,
Règne de Ptolémée Philopator.
— Ptolémée Philopator, débarrassé de tout compétiteur, réunit ainsi sur sa tête les deux couronnes d'Égypte et de Cyrène. Nous savons peu de chose de lui , en ce qui concerne cette dernière royauté : Tite-Live , cependant, nous a conservé l'indication d'un fait
(•) L'an m avant l'ère vulgaire.
qui s'y rattache. Pendant les campagnes d'Annibal en Italie , quand les Campaniens, préférant l'alliance èe Carthage à celle de Rome , lui ouvrirent les portes de Capoue (*) , Décius Magius, qui s'était hautement élevé contre cette honteuse soumission de sa patrie , lui fut livré, et aussitôt embarqué pour être exilé à Carthage; mais la tempête emporta le bâtiment de l'autre côté des Syrtes , et Décius Magius aborda à Cyrène, où il courut se mettre sous la sauvegarde de la statue du roi. Ce fut le gage de sa délivrance; conduit à Alexandrie devant Ptolémée pour s'expliquer, il exposa comment Annibal, au mépris du droit des gens, l'avait fait charger de chaînes , et le roi les lui fit ôter aussitôt , lui permettant de s'en retourner à son gré à Rome ou à Capoue : Magius demanda à rester dans les États du prince à la protection duquel il devait son retour a la liberté.
Règne de Ptolémée Épiphanes.
— Ptolémée Épiphanes, âgé seulement de cinq ans, succéda à son père en l'année 205 avant notre ère, et porta, pendant vingt-quatre années, la double couronne de Cyrène et de Memphis.
C'est sous son règne ^u'Annibal , depuis trois ans réfugie près d'Antiochus de Syrie , voulut tenter un dernier effort contre Rome : après avoir persuadé à son hôte de passer avec des troupes en Italie, il partit lui-même pour l'Afrique avec cinq vaisseaux (**), et vint débarquer à l'extrémité du territoire cyrénéen, où il appela son frère Magon pour concerter avec lui les moyens de déterminer sa patrie à reprendre les armes; mais les Carthaginois prononcèrent aussitôt contre Magon la même peine qu'ils avaient portée contre Annibal ; et les deux frères n'eurent d'autre parti à prendre que de se rembarquer.
RÈGNE INDIVIS ET PRÉTENTIONS RESPECTIVES DE PhILOMÉTOR ST
de Puyscon. — Ptolémée Épiphanes,
(*) L'an ai6 avant l'ère vulgaire, H L'an ro3 avant l'ère vulgaire.
en mourant (*) , laissait deux fils en bas âge, sous la tutelle de leur mère Cléopâtre, 611e d'Anttocbus le Grand; tous deux avaient nom Ptolémée ; l'aîné fut surnommé Philométor, et le second, Éverjjète; mais ce dernier, qui acquit plus tard un embonpoint difforme, en reçut le surnom de Physcon , sous lequel il est plus généralement désigné. Arrivé à sa majorité, Philométor voulut porter la guerre en Syrie ; il fut battu , et Antiochus Épiphanes vint le faire prisonnier dans Memphis (**). Évergète , qui à son tour atteignait alors sa majorité, fut aussitôt proclamé à Alexandrie, et occapa seul le trône pendant quatre années , au bout desquelles Philométor obtint sa liberté; les deux princes régnèrent alors ensembledeux années, pendant lesquelles des discussions s'élevèrent entre eux , chacun ayant la prétention de garder exclusivement la couronne.
Rome inteb vient et paît adjuger la cybénaique a physcon.
— Rome, qui intervenait d'office dans le règlement des affaires d'Orient, envoya à ses commissaires en Syrie (Cnéus Octavius, Spurius Lucrétius et Lu ci us Aurélius) l'ordre d'aviser à la conciliation des différends qui divisaient les deux rois d'Alexandrie (***). Mais dans l'intervalle la guerre s'était allumée entre les deux princes , et l'aîné , chassé du trône par son frère, venait à Rome implorer la commisération du sénat : il y entra à pied , couvert de haillons ; en vain son cousin Démétrius Soter, alors en otage , vint audevant de lui mettre à sa disposition un train plus digne de son rang; il refusa tout , et alla demander un logement à un peintre alexandrin. Aussitôt que le sénat en fut instruit , il envoya faire au monarque détrôné des excuses de ne lui avoir pas rendu les honneurs d'usage; on pourvut avec munificence à ses besoins , et l'on envoya avec lui , en Egypte , deux com-
(*) L'an i8i avant l'ère Tulgaire.
(•*) L'an 170 avant l'ère vulgaire.
■(•**) L'an 164 avant l'ère vulgaire.
missaires spéciaux, que Polybe appelle simplement Canuléhis etQuintus, pour régler sa querelle avec son frère. Lt patrimoine des deux princes, jusqu'à»
lors indivis et dispute entre eux , leur fut partagé: l'Egypte fut rendue à Philométor, et la Cyrénaïque avec la Libye fut adjugée à Physcon.
La Cyrénaïque de nouveau séparée de fÉgypte