VIL FASTES DE L'EGLISE CHRE- TIENNE EN LIBYE
Établissement et progrès du christianisme dans la province de Cyrène.
Première prédication de l'évangile en Libye.— Des nomscyré-
(*) En Tannée 6ro.
(**) Le ix mars 64 1.
néens se font remarquer dans l'histoire des premiers temps de l'établissement du christianisme: qui ne connaît Simon le Cyrénéen, qui aida Jésus-Christ à porter sa croix, et qui fut père d'Alexandre et de Rufus, comptés au nombre des premiers fidèles ? qui ne sait que les Cyrénéens vinrent à Antioche au temps du baptême du centurion Cornélius ? qui n'a vu le nom de Lucius de Cyrène parmi les prédicateurs entre lesquels Paul et Barnabé furent désignés pour l'aposto^ lat? Nos livres sacrés nous fournissent eux-mêmes ces premières indications ; et l'on doit croire que si des Cyrénéens allaient ainsi professer au loin le christianisme, il s'en trouvait sans doute aussi, dans leur patrie, qui avaient embrassé la foi du Christ; et ce fut probablement parmi les Juifs de la Pentapoie que la nouvelle loi trouva de nombreux adhérents.
On croit que Pévangéliste saint Marc lui - même , le disciple et le secrétaire de saint Pierre , était un de ces Juifs cyrénéens ; aussi, lorsque, après avoir écrit à Rome son évangile sous la dictée du prince des apôtres , il fut envoyé en Orient pour propager la parole divine , il était naturel qu'il vînt débarquer à' Cyrène, comme le témoignent les historiens ecclésiastiques, dont quelques-uns le font arriver dans la Pentapoie dès l'année 40 de Jésus- Christ, et lui attribuent un séjour prolongé dans cette province avant qu'il vînt commencer sa prédication à Alexandrie ; quelle qu'ait été la durée effective de ce séjour, il est unanimement reconnu qu il en résulta de nombreuses conversions, tant parmi les juifs que parmi les gentils. De Cyrène il passa dans les autres parties de la Libye, telles que la Marmarique et la région Ammonienne, champs vastes et vierges, où la moisson fut abondante.
Enfin , en la septième année du règne de Néron, l'an 61 de l'ère chrétienne, il quitta la Cyrénaïque pour se rendre à Alexandrie, où il fonda diverses paroisses, et exerça pendant deux ou trois ans les fonctions du patriarcat; puis, s'étant donné un successeur dans
le gouvernement de Téplise d'Alexandrie (la seconde alors de toute la chrétienté), il revint dans la Libye visiter les fidèles qu'il y avait convertis , en augmenter le nombre par ses prédications, et établir parmi eux des ministres du nouveau culte. On prétend qu'il y institua même des évéques ; et les martyrologes désignent Lucius le Cyrénéen , le même qui avait concouru à la consécration de saint Paul et de saint Barnabé, comme ayant été alors le premier évéque de Cyrène. Saint Marc retourna ensuite à Alexandrie , pour y trouver la mort dans une émeute populaire le 25 avril 68.
Première organisation de l'Église cybenebnne. — Depuis cette première institution d'évêques ( si elle est réelle) dans la province, alors unique, de Cyrène, celle-ci fut désormais soumise à l'obédience d'Alexandrie; et il est remarquable que la hiérarchie était réglée de telle manière, que l'ordination des évéques n'y pouvait être faite que par le patriarche, soit directement, soit par délégation de ses pouvoirs à un de ses suffragants, ainsi que nous en verrons plus loin des exemples.
Cependant, suivant les annales arabes du patriarche Eutychius, qui ne sont point contredites en cela par les monuments historiques plus anciens, les évéques d'Alexandrie, depuis saint Marc jusqu'à son onzième successeur Démétrius (*) , se bornèrent à administrer les églises de leur obédience par de simples prêtres ; et eux-mêmes étaient élus et ordonnés par leur pro-
f>re chapitre. Il est certain que , sauf a mention de Lucius de Cyrène avec le titre d'évêque, dans certains martyrologes, on ne découvre aucune autre trace d'évêque , dans la Cyrénaïque , avant le milieu du troisième siècle.
Saint Denis d'Alexandrie exilé en Libye. — Ce fut alors (en 250) qu'eut lieu la persécution de Décius, et la retraite en Libye du patriarche saint Denis d'Alexandrie , pris d'abord par des soldats, et con-
(*) Élu en 189, mort en «3i.
duit à Taposiris, où il fut, malgré lui, délivre de leurs mains par quelques fidèles qui l'obligèrent à fuir dans le désert de Marmarique, jusqu'à trois journées de Parétonion. La mort de Decius rendit un moment la paix à l'Église ; et le patriarche rentra dans sa métropole. Mais la persécution recommença avec une nouvelle force sous Valerien, en 257 ; et saint Denis, mandé par le préfet aueustal , fut exilé en Libye , dans un village obscur appelé Kénhron ; quoique malade , le pieux évéque eut a partir sur-le-champ pour cette destination , dont le nom même lui était à peine connu ; mais sa présence y attira de nombreux fidèles, tant d'Alexandrie que du reste de l'Egypte ; et les habitants du lieu, qui étaient idolâtres et persécutaient d'abord saint Denis et ses disciples , ne tardèrent pas à subir l'influence de sa prédication. Le préfet alors le transféra à Collouthion dans la Maréotide, plus près d'Alexandrie il est vrai, mais séparé de ses compagnons d'exil , à chacun desquels fut assignée une résidence distincte.
Hérésie de Sabellius. — C'est pendant cet exil que saint Denis écrivit , tant au pape romain Sixte II t
3u'à Ammonius évéque de Bérénice ans la Pentapole , et à d'autres , au 6ujet de l'hérésie de Sabellius de Ptolémaïs, qui commençait alors à se répandre; renouvelant l'erreur de Praxéas, que lui avait transmise Noëtus de Smyrne, dont il fut le disciple, Sabellius enseignait qu'il n'y a en Dieu qu'une seule personne , appelée de trois noms différents suivant le point de vue sous lequel on la considère. « Il s'est élevé a Ptolémaîs dans « la Pentapole, » mandait saint Denis à Sixte II , « une .doctrine véritable- « ment impie, contenant plusieurs blas- « phèmes contre Dieu le Père , tendant « a ne point regarder son fils unique «comme la première de toutes les « créatures, le Verbe incarné, et à ne « point reconnaître le saint Esprit.
« J'en ai reçu premièrement des écrits « de part et d'autre; et ensuite des « frères sont venus m'en parler ; sur
« quoi Val écrit quelques lettres trai<* c tant la question sous le rapport du « dogme , et je vous en envoie les co« « pies. » En effet , quelques évéques avaient adopté les idées ae Sabellms , et leur opinion avait tellement prévalu, que Ton ne prêchait presque plus le mystère de l'incarnation de Jésus-Christ ; saint Denis, en pasteur diligent, les avait exhortés à quitter leur erreur ; mais ils n'en avaient rien fait, et s'étaient imprudemment engagés plus avant dans leur impiété ; et c'est pour ce motif que le saint patriarche avait adressé a Ammouius de Bérénice et à Euphranor une lettre spéciale, où il rappelait les témoignages évangéiiques en ce qui touche l'humanité de Jésus-Christ, afin de montrer que ce n'est pas le Père , mais le Fils qui s'est fait nomme pour nous, et les amener ensuite à la connaissance de la divinité du Fils. Mais, ainsi qu'il arrive souvent dans les discussions, en voulant combattre l'unité de personne
Srèchée par Sabellius, saint Denis, ans sa lettre à Euphranor et Ammonius, avait un peu forcé l'expression des arguments propres à établir la distinction du Père et du Fils ; si bien que des fidèles scrupuleux crurent trouver dans cet écrit des assertions contraires à la consubstantialité des deux personnes divines , et signalèrent au pape l'erreur prétendue du patriarche ; ce fut, pour celui-ci, l'occasion d'adresser à saint Denis, évéque de Rome et successeur de Sixte II , une nouvelle lettre, accompagnée d'un traité apologétique où il se justifiait pleinement de la fausse interprétation donnée à ses paroles.
ÉP1TBE CANONIQUE A BASILTDES
de Ptolémaïs. — Une autre lettre de saint Denis d'Alexandrie nous fait connaître le nom de Basilides , évêque de Ptolémaïs , ou comme on disait alors, évêque de la Pentapole, qui l'avait consulté sur plusieurs points de discipline, notamment sur l'heure à laquelle on pouvait rompre le jeûne le jour de Pâques ; les uns attendaient le chant du coq après avoir passé tout le samedi sans man-
AJVCIENNE. |4t
ger, d'autres mangeaient plus tôt,
et quelques-uns dès le soir du samedi.
Le saint patriarche blâme l'intempérance de ceux qui se hâtent trop, loue le couraee de ceux qui tiennent bon jusqu'à Ta quatrième veille, et ne trouve d'ailleurs rien à redire à ce qu'on cède au besoin du sommeil, tandis que les plus fervents passaient la nuit entière sans dormir. « Vous « nous avez fait ces questions , mon « cher fils, » disait -il en terminant, « non par ignorance , mais pour nous « faire honneur et entretenir la con- « corde ; et moi , j'ai déclaré ma pen- « sée, non pour faire le docteur, mais « pour user de la simplicité avec la- « quelle nous devons parler ensemble. » Cette lettre à Basilides a toujours été regardée, par les églises d'Orient, comme une épître canonique faisant règle en matière de discipline. Deux écrivains ecclésiastiques du douzième siècle, Zonare et le canoniste Théodore Balzamon, ont recueilli quelques fragments de Basilides lui-même.
Premiers évêques de la Cybénaiqub. — Le titre d'évéque de la Pentapole, que portait Basilides, ne doit point nous induire à penser qu'il n'y eût alors qu'un seul évéque pour toute la Pentapole, puisque nous avons déjà rencontré aussi le nom d'Ammonius évêque de Bérénice; peut-être le premier s'intitulait -il ainsi, parce que le siège de Ptolémaïs, qu'il occupait, était le principal de la Pentapole, et lui donnait , en quelque sorte, la qualité de métropolitain. Il y a lieu de croire que , même sans remonter plus haut que le patriarche Démétrius, plusieurs évêcnés furent simultanément établis dans la Cyrénaïque , bien que nous n'ayons trouvé jusqu'ici d'indices formels que pour Bérénice et Ptolémaïs.
Les martyrologes nous désignent ensuite , à la date du 4 juillet , Théo* dore, évéque de Cyrène, comme avant péri dans les tortures au temps de la persécution de Dioclétien , en l'année 302 ; et sous la date du 26 mars, un autre Théodore, évéque de Ptolémaïs, qui fut martyrisé avec le diacre Irénée
L'UNIVERS
et les lecteurs Sérapion et Ammonius, peut-être à la même époque, peut-être seulement sous le règne de Licinius , vers 319, comme on pourrait le conclure des annales d'Eutychius, où se trouve indiqué, sous ce prince, le martyre de Théodore chevalier, et du métropolitain de Barkèy sans désignation plus précise de celui - ci ; il nous suffît de rappeler, quant à ce dernier,
3ue Ptolémaïs était alors la métropole e la province, et qu'elle portait dans l'origine le nom de Barkè.
te Libyen Arius et son hérésie.
Naissance et pbogrès de l'hérésie d'Arius. — Bientôt éclata l'hérésie d'Arius. C'était, suivant le portrait que nous a laisséde lui saint Épiphanes, un Libyen déjà âgé, à la taille élevée, au maintien austère, au costume simple, au visage mélancolique et grave, a la voix douce et persuasive. Fait diacre sous le patriarcat de saint Pierre successeur de saint Denis, il avait eu discussion avec son évêque en prenant le parti de Mélétius de Panopolis contre les rigueurs qui avaient déterminé le schisme de celui-ci. Saint Achillas, successeur de saint Pierre, n'en avait
f»as moins élevé Ârius à la prêtrise, ui donnant même la direction del'é-
§lise de Boukolion, l'une des paroisses 'Alexandrie. Arius, s'il en faut croire ses ennemis, prétendait à l'épiscopat, et ne put pardonner à saint Alexandre de lui être préféré pour succéder à saint Achillas (en 313>; d'autres, au contraire, assurent qu'Alexandre ne fut nommé que par l'influence d'Arius.
Alexandre, en préchant à son clergé et aux autres fidèles le mystère de la Trinité, parut à l'esprit prévenu d'Arius se laisser entraîner au sabellianisme; et le prêtre ardent, comme autrefois saint Denis d'Alexandrie, préchant à son tour contre cette erreur, tomba dans l'excès contraire , et enseigna que, loin de n'admettre en Dieu qu'une seule personne, il fallait bien reconnaître que le Père étant le créateur du Fils, avait dû exister avant
lui , en telle sorte qu'il y avait distinction, non-seulement de personne, mais aussi de substance. Cet enseignement, bien que renfermé dans son église, fit des prosélytes et entraîna plusieurs des prêtres les plus distingués d'Alexandrie; mais d'autres résistèrent, la controverse naquit, et le patriarche assembla dans sa métropole, en 320, un synode, .où fut anathématisée l'hérésie nouvelle , et son auteur excommunié avec neuf diacres qui partageaient son erreur. La lettre synodale adressée au patriarche d'Antioche et à quelques autres évêques , pour les instruire de cette décision, portait que nombre d'évéques del'Égypte, delà Théboïde , de la Libye , de la Pentapole et de diverses autres provinces y avaient adhéré par leurs lettres.
Mais l'hérésie , loin d'en être abattue, se propageait au contraire au dedans et au dehors. Secundus, évêque de la Pentapole , c'est-à-dire de Ptolé* maïs, etThéonas, évêque de Marmarique, c'est-à-dire peut-être de Darnis, l'adoptèrent avec éclat ; et le patriarche assembla en 321 un nouveau synode des évêques d'Egypte et de Libye, au nombre de près de cent disent les historiens , pour anathématiser de nouveau Arius et ses adhérents, et avec ceux-ci les évêques Secundus et Théonas. Des prêtres et des diacres d'Alexandrie et de la Maréotide demandèrent à être compris dans la même sentence , et Arius , se retirant en Palestine , se vit à la tête d'un parti nombreux , où tenait le premier rang Eusèbe de Nicoraédie.
Rescrit de Constantin pour la pacification de l'église. — le* choses en vinrent à ce point, que l'empereur lui-même sentit le besoin d'intervenir : il écrivit à Alexandre et à Arius une lettre commune, dans laquelle, au milieu de développements étendus, il leur disait en substance :
« J'ai résolu , avec l'aide de la Pro- « vidence divine, de me ponstituer vo- « tre arbitre et votre médiateur, et de « vous rappeler à des sentiments plus « sages et plus modérés. Je dirai donc «avant tout que toi, Alexandre, tu
« as été la cause première de tout le « mal, par ton imprudence à proposer « à tes prêtres des questions subtiles « et vaines sur divers passages du texte « de notre loi ; et que toi , Arius, tu « as indiscrètement manifesté une opi- « nion que tu ne devais point avoir, « ou que du moins tu devais cacher « avec grand soin: c'est de ces fautes « qu'est née entre vous deux la dis- « corde qui trouble votre Église. Mais
« mon empire, aussi tranquilles et aussi « heureux qu'autrefois, et que je puisse « rendre à Dieu , pour la bonne har- « monie, la prospérité et la liberté de « tous, ie tribut de grâces et de louan- « ges qui lui est si légitimement dû\ » Osius, évéque de Cordoue, en qui l'empereur avait toute confiance, ïut chargé de remettre ces lettres et d'en suivre l'effet ; il se rendit à Alexandrie et y convoqua (en 324 ), de con-
« tout pouvait être réparé; au lieu de cert avec le patriarche, un synode, où « cela, vous avez refusé de vouscon- se réunirent, dit-on, plus de deux « certer, de vous entendre ; vous avez cents évéques, tant de l'Egypte que de « rompu toute communion religieuse la Libye; et il tenta tous les efforts « entre vous; et le peuple des fidèles, imaginables pour amener une récon- « à votre exemple, s est séparé en deux ciliation; mais ses tentatives furent « partis, et a détruit l'unité de l'Eglise vaines, et il vint rendre compte à « par un schisme déplorable. — Mais, Constantin de l'inutilité de- sa mis- « puisque le mal est fait, pardonnez- siôn. Alors, sur le conseil des évéques « vous mutuellement, tant la demande les plus influents, l'empereur résolut « inconsidérée de l'un que la réponse de convoquer un concile écuménique, « imprudente de l'autre. Il ne s'agit c'est-à-dire de réunir en une seule as- « pas entre vous de quelque point semblée tous les prélats de l'écumène « principal de la loi nouvelle, ou d'un ou de la terre habitée, premier exem- « dogme qu'on veuille inventer pour pie d'une réunion générale de toute « l'ajouter à la somme des articles de l'Église chrétienne.
Concile général de Nicée, qui condamne Amus. — Des lettres impériales furent en conséquence envoyées dans toutes les provinces; Nicée fut désignée pour le lieu du rendez-vous, et les relais de l'empire furent mis à la disposition des évéques et des prêtres convoqués. S'il en fallait croire les Annales d'Eutychius, cette convocation aurait amené à Nicée deux mille quarante-huit évéques, tous divisés d'opinions et de croyances; mais probablement les simples prêtres et les « vous sur des choses d'un moindre autres clercs sont compris dans ce chif-
ajouter
« notre foi ; vous professez tous deux « une seule et même opinion sur le « culte de la divinité ; à tous deux donc « il doit être facile de vivre dans la « même communion religieuse.— L'u- « niformité en tout est impossible; « elle n'existe ni dans les volontés , ni « dans les caractères des hommes : il • doit suffire que vous soyez parfuite- « ment d'accord sur la foi que vous « avez en Dieu et dans la Providence « divine; et si désormais quelque nou- « velle question venait à s élever entre
« intérêt, ensevelissez -la soigneuse « ment au fond de votre cœur, et ne « vous attachez qu'à conserver la cha- « rite mutuelle, la vérité de la croyan- « ce, et l'observation des préceptes de « Dieu et de la loi. Croyez- m'en : ai- « mez-vous de nouveau les uns les au- « très ; faites que tout le peuple, sans « exception, puisse, comme de cou-
fre, et Ton doit penser que le nombre des évéques était seulement de trois cent dix-huit, suivant le compte admis par la tradition la plus répandue.
Après quelques conférences particulières, le concile s'ouvrit le 19 juin 325, sous la présidence de l'empereur en personne, dans une des salles de son palais. Arius et ses partisans furent entendus,
« tume, donner et recevoir le baiser etmalgréleuroppositionlaconsubstan
« de paix. — Faites, ie vous en con- tialité du Fils avec le Père fut recon-
« jure, que jé puisse bientôt vous re- nue et proclamée, et Ton adopta com
« voir, ainsi que tous les peuples de me sacramentel le mot destiné à expri-
10* Livraison. (Afrique ancienne.) 10
L'UNIVERS
mer ce dogme. La majorité fut énorme, et les évéques ariens qui rejetèrent le symbole de foi rédigé par elle se réduisaient à dix-sept, parmi lesquels étaient Secundus de la Pentapole, Théonas de la Marmarique, Secundus de Theuchira, Dathès de Bérénice, Sentianus de Borion, Zépbyrios de Barkè. La discussion et des considérations diverses réduisirent bientôt le nombre de dixsept 5 cinq seulement, savoir : Secundus de la Pentapole, Théonas de la Marmarique, Eusèbe de Nicomedie, Tliéognis de Nicée , et Maris de Calcédoine ; mais ces trois derniers ne résistèrent pas à des menaces de déposition et d'exil, et en définitive Secundus et Théonas restèrent seuls entre tous les évéques, fermes dans la cause d'Arius. Titus de Parétonion et Sérapion d'Antiphra s'étaient rangés, des le principe, de l'avis de la majorité.
L'assemblée arrêta vingt canons relatifs à la discipline , dont le sixième, concernant principalement l'ordination des évéques, rappelait les anciennes coutumes établies dans l'Egypte, la Libye et la Pentapole , ou l'evêque d'Alexandrie avait l'autorité exclusive, de telle sorte que, nul évêque ne pouvant, en général, être institué dans une province qu'avec le consentement du métropolitain, il fallait en outre ici le consentement de l'évêque supérieur, patriarche, ou pape, auquel étaient subordonnées en commun les diverses provinces que nous venons de designer (*).
(*) « Antiqua consuetudo servetur in « jEgypto, Libyâ et Pentapoli, ul Alexan- - drinus episcopus horuin omnium habeat « polestatem. » 4
L'édition arabe des canons du même concile nous a conservé, sous le nombre 39, le'renseignement suivant, curieux pour l'histoire de l'ancienne hiérarchie des églises d'Orient :
« Considère! Patriarcha quœ Archiepism copi et Episcopi eius in provinciis suis «faciunt, et si quid reperiat secùs quàm «oporteat, factum mutet, et disponal ut «sibi videbitur, siquidem ipse est pater « omnium ; et quainvis sit Archiepiscopus » in Episcopos lanquaw frater major qui
Avant de se séparer, les Pères du concile écrivirent une épître synodale, adressée principalement à l'église d'Alexandrie et à tous les fidèles del'Égypte, de la Libye et de la Pentapole, comme plus directement intéressés dans la question, et en général à toutes les églises de la terre, afin de leur notifier les décisions de l'assemblée, l'excommunication et l'exil d'Arius, de Secundus et de Théonas. Saint Alexandre, patriarche d'Alexandrie, et le grand saint Athanase qui était alors son archidiacre, furent chargés de promulguer cette épître dans leur diocèse.