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RÉHABILITATION ET MORT 1)'A

bius.— Mais cet acte solemnel, qui semblait devoir anéantir l'arianisme , fut loin de le déraciner: Eusèbe de Nicomédie et Théognis de Nicée retirèrent leur signature, et se laissèrent déposer et exiler pour la cause d'Arius; plus tard , à la prière de Constantia sœur de l'empereur, les deux évéques et Arius lui-même furent rappelés; et bientôt la rigidité de saint Athanase, devenu patriarche d'Alexandrie par surprise, au dire de Philostorgc, aigrit contre lui Constantin, au point que la sentence portée au concile de Nicée ne lui parut plus incontestablement juste, et qu'un nouveau concile fut convoqué à Tvr en 335, dix ans précisément après celui de Nicée. On y vit des évéques d'Egypte, de Libye, de tout l'Orient, de Macédoine etdePannonie; ils étaient nombreux, et la plupart ariens; ils n'avaient pas terminé leurs opérations quand une lettre impériale les invita à se transporter à Jérusalem pour y assister à la dédicace de l'église du Saint-Sépulcre, qui eut lieu le 13 septembre. Arius et tous les siens furent reçus à la communion de l'Église, saint Athanase condamné et déposé, et bientôt après exilé à Trêves par Constantin , et Pistus ordonné à sa place évêque d'Alexandrie, par Secundus de Ptolémaïs. Une lettre synodale

« curam habet fratrum suorum , et ci debent « obedîcntiam quià pimst, est tamen Pa- « liiarcha loco pat ris, sub cujus dotninatu <* ac potestate sunt filii ejus. *

fut adressée à l'Église d'Alexandrie, prononcée, et le désaccord se proton-

aux évéques d'Égypte, de la Libye et géant de concile en concile, l'empereur

de la Pentapole , et généralement à Constans proposa à son frère d'assera-

tous les évéques, prêtres et diacres du bler un concile général des évéques

monde chrétien. Arius survécut peu à tant d'Orient que d'Occident , pour

sa réhabilitation , et Constantin le trancher enfin la difficulté d'un corn-

Grand mourut lui-même peu de temps mun consentement. La réunion eut

après. lieu en 347 à Sardique enlllyrie, aux

confins des deux empires ; mais les con-

Résistance de saint Athanase contre ditions que chacune des parties voulait

rarianisme. imposer à ses adversaires rendirent

tout accord impossible , les Orientaux

Succession de conciles contra- refusant de siéger avec Athanase et

dictoibes qui consommeiit le d'autres évéques qu'ils avaient excom-

schisme. — Constantius, à qui fut dé- muniés et demandant que la procé-

volu l'Orient, penchait pour l'arianis- dure faite à leur égard fût au moins

me; mais Constantin le jeune, qui avait recommencée, les Occidentaux préten-

les Gaules, se crut en droit de renvoyer dant maintenir leur détermination sans

saint Athanase à son patriarchat, soit nouvel examen. Les choses en étant à

qu'il obéît en cela à des dispositions réel- ce point, les Orientaux quittèrent Sar-

lement favorables, comme on l'admet digue et se rendirent à Philippopolis,

généralement, soit peut-être qu'il ju- laissant les Occidentaux excommunier

geât prudent d'éloigner cet homme al- à leur gré le patriarche Grégoire et

tier et turbulent. Les ariens réclamé- dix autres évéques d'Orient; mais ils

rent hautement contre cette violation déclarèrent à leur tour maintenir leur

de la sentence portée par le concile de propre sentence contre Athanase et

Tyr ; mais saint Athanase répondit à Asantus, évéques si empressés d'aller

leurs plaintes en assemblant à Alexan- à l'étranger et loin du théâtre de leurs

drie, en l'année 340, un, synode d'en- méfaits, obtenir l'absolution des con-

viron cent évéques de l'Égypte , de la damnations prononcées contre eux en

Thébaïde, de la Libye et de la Penta- connaissance de cause; et ils excom-

pole, qui écrivirent "en commun une munièrent de leur côté le pape Jules

épître synodale à tous les évéques ca- et quatre autres évéques d'Occident,

tholiques du monde chrétien, pour ré- Parmi les soixante-treize signatures

futer les accusations dont le patriar- que porte l'épître synodale écrite à ce

che consubstantialiste était l'objet, et sujet , nous devons relever spécinle-

repousser comme nulle l'ordination ment ici celle de Pison, évêque de Dar-

du patriarche arien que Secundus de nis.

la Pentapole et Théonas de Libye lui Les empereurs prennent part

avaient substitué. Il s'ensuivit un nou- A la querelle; nouveau rétablis-

vel examen de la question dans un con- sèment et nouvelle expulsion

cile convoqué à Antioche en 341 : saint de saint Athanase. — Les églises

Athanase y fut reconnu dûment déposé d'Orient et d'Occident se trouvèrent

par le concile de Tyr, et on lui nomma ainsi divisées plus que jamais ; et cha-

pour successeur Grégoire, qui reçut la cun des empereurs épousa la cause de

confirmation de l'empereur. Là-des- ses évéques. Constantius exila dans la

sus , réclamation de saint Athanase, Libye supérieure ou Pentapole Arius,

surtout auprès du pape Jules 1er, qui évêque de Pétra en Palestine, et Asse-

convoquaà Rome, en 342, un nouveau rius, évêque de Pétra en Arabie, qui s'é-

concile, où saint Athanase fut déclaré taient séparés de leurs collègues à Sar-

évêque légitime et Grégoire sans qua- diquepour se réunir aux Occidentaux,

lité. Constans de son côté écrivit à son frère

Les églises d'Orient et celles d'Oc- pour lui demander le rétablissement de

cident se trouvant ainsi en dissidence saint Athanase, avec menaces d'y pour-

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voir lui-même s'il le fallait. Grégoire Triomphe momentané de l'àétant mort sur ces entrefaites, au corn- biamsme. — Le récit, sans doute mencement de l'année 349, Constan- très-partial , de saint Athanase luitius jugea opportun de céder aux exi- même, accuse cet officier général d'une gences de Constans; il rappela saint rigueur cruelle : « il écrivit aux corn- Athanase , et adressa au préfet d'É- mandants et aux chefs militaires des gypte, ainsi qu'aux gouverneurs des provinces, pour requérir leur conprovinces de l'Augustamnique, de la cours; on voyait des évéques prison- Thébaïde et de la Libye, un rescrit à niers, des prêtres et des moines charce sujet. Arrivé à Jérusalem , le pa- gés de chaînes après avoir été battriarche y fut accueilli par un synode tus jusqu'à la mort. Tout le pays était de seize évéques, qui écrivirent a ceux en trouble; les peuples murmuraient d'Egypte et de Libye , et aux prêtres, d'une ordonnance si injuste et de la diacres et fidèles d'Alexandrie pour dureté de l'exécution; car, quoique les féliciter du retour de leur pasteur, l'ordre impérial portât seulement de De là saint Athanase se rendit à les chasser de leurs sièges , on les en- Alexandrie, où il fut reçu, dit-il lui- voyait à deux ou trois provinces de là, même, avec une joie incroyable non- dans des solitudes affreuses , ceux de seulement du peuple, mais des évéques Libye dans la grande oasis de Thèbes, d'Égypte et des deux Libyes, qui accou- ceux de Thébaïde dans la Libye ammoraient de tous côtés, joyeux de se voir nienne.On traitait de cette manière des délivrés de la tyrannie des hérétiques, vieillards, des infirmes : quelques-uns Cependant la roideurde saint Atha- moururent au lieu d'exil , d'autres en nase envers les ariens , les menaces chemin. La persécution frappa ainsi qu'il avait inspirées à Constans vis-à- près de quatre-vingt-dix évéques, c'est-

bientôt tait perdre les bonnes grâces les uns et les autres remplacés ausside Constantius, désormais seul empe- tôt par de jeunes débauchés qui achereur. Un concile, assemblé à Arles en taient à prix d'or leur épiscopat; (juel- 353, le condamna de nouveau, et un ques-uns dissimulèrent par contrainte, concile tenu à Antioche en 354 lui et se soumirent à la réordination du padonna pour successeur George, que triarche George. — Il y avait à Barkè les Alexandrins refusèrent de recevoir; un prêtre appelé Secundus qui refusait un troisième concile convoqué à Mi- de reconnaître l'autorité de l'évéque ian en 355 ratifia encore la condam- Secundus de Ptolémaïs, l'un des plus nation d' Athanase, qui n'en persista fougueux ariens: celui-ci, aidé du prêtre pas moins à rester dans sa ville épis- Étienne, qui depuis fut son successeur, copale , jusqu'à ce qu'on eût recours maltraita tellement à coups de pied le contre lui à la force, en faisant venir prêtre réfractaire, que le malheureux de Libye les troupes aux ordres du duc en mourut : ceci se passait au carême Syrianus. Saint Athanase écrivit alors de l'an 356. » — Saint Athanase se aux évéques d'Égypte et de Libye une déroba aux violences dont il était melettre de protestation où il cite entre nacé, en s'enfuyant au désert, autres Secundus de la Pentapole corn- 'Les évéques d'Orient s'étant assemme un des promoteurs de la persécu- «blés en «concile à Séleucie au mois de tion« Celle-ci, au surplus, s'étendit septembre 359, on y vit assister Héhors d'Alexandrie, par toute l'Égypte liodore, évêque de Sozysa, Étienne, et la Libye: il y eut un ordre deCons- successeur de Secundus au siège de tantius pour chasser des églises les évê- Ptolémaïs, Pollux ou Polydeuces, évéques consubstantialistes, afin de les que de Marmarique, c'est-àdire suilivrer aux ariens; et le ducSebastia- vant nous de Darnis, et Siras, évêque nus fut chargé de l'exécution. de Parétooion ; pendant le même temps

les évêques d'Occident, réunis à Rimi ni, acceptaient une profession de foi arienne envoyée par l'empereur; puis les uns et les autres furent mandés tous ensemble à Constnntinople an commencement de Tannée 300 , pour y signer en commun la formule de Rimini , qui fut d'ailleurs envoyée par tout l'empire, afin de recevoir l'adhésion de tous les évêques sans exception ; et il y eut en effet très-peu de réfractaires.

Réaction catholique. — Le patriarche George ayant été tué dans une émeute populaire en 362, saint Àthanase , qui depuis sept ans était resté caché au désert, pensa qu'il pourrait rentrer sans obstacle a Alexandrie; il y fut reçu en triomphe par les catholiques, et il y eut une reaction contre les ariens, auxquels ils enlevèrent la possession des églises, leur laissant la consolation de se réunir* dans des maisons particulières et d'élire Lucius pour succéder à George.

Divers évêques catholiques , revenant de leur exil , se réunirent à Alexandrie sous la présidence de saint Athanase, et formèrent un concile peu nombreux ( vingt évêques en tout ) , qui se crut en droit de protester au nom de toute l'Église contre la formule de Rimini et les conciles qui l'avaient acceptée. Au nombre des assistants se trouvaient saint Eusèbe de Verceil revenant de la Thébaïde , Assérius de Pétra en Arabie revenant de la Libye supérieure, puis encore Caïus, évêque de Parétonion, Menas, évêque d'Antiphra, et Marcus, évêque de Zygris, tous les trois de la Libye inférieure et qui probablement revenaient de la grande oasis.

L'empereur Julien ayant appris le retour de saint Athanase, s'écria que celui qui avait été chassé par les décisions de plusieurs empereurs aurait dû au moins en attendre une nouvelle avant de revenir; et il envoya l'ordre le plus formel au préfet d'Égypte d'expulser l'audacieux évêque : celui-ci quitta la ville, mais pour y rentrer secrètement presque aussitôt , et s'y tenir caché jusqu^à l'avènement de*Jo-

vien , qui prononça le rappel de tous les bannis et la restitution des églises aux catholiques. Saint Athanase écrivit au nouvel empereur au nom de tous les évêques d'Égypte , de Thébaïde et de Libye, pour lui demander de proclamer l'observation exclusive du symbole de Nicée; les ariens voulurent réclamer de leur côté, mais ils ne furent pas écoutés. Valens n'accorda point la même protection aux consubstautiaiistes, et il voulut même, en 367, expulser de nouveau saint Athanase, qui se tint caché pendant quatre mois ; mais , à la demande de Valentinien, il lit cesser la persécution et laissa le patriarche tranquille sur son siège.

Indulgence et bigueur de saint Athanase ; fin de la lutte. — Il y avait dans la Pentapole , aux confins de la Libye, deux bourgades contiguës , nommées Hydrax et Palébisca, comprises dans lâ circonscription de l'église d'Érythron, et trop peu importantes pour avoir elles-mêmes un évêque; cependant comme elles étaient un peu éloignées du siège, et que l'évêque Orion qui l'occupait alors n'était pas assez ingambe pour les protéger tant au spirituel qu'au temporel, elles eurent le désir de se donner aussi un évêque, et elles jetèrent les yeux sur Sidérios, jeune homme actif et vigoureux qui revenait de l'armée pour faire valoir des terres qui lui avaient été accordées. A leur prière , Phîlon de Cyrène vint faire l'ordination du nouvel évêque : ordination très-irrégulière sans doute, puisqu'elle eût dû être faite par le patriarche d'Alexandrie, ou de son consentement par trois évêques au moins; cependant saint Athanase ne crut pas le moment favorable pour se montrer rigoureux envers des chrétiens fidèles; d'autant plus que Sidérios lui parut un homme de mérite et de résolution , très-propre à lutter contre l'hérésie arienne, si bien qu'il le transféra même sur le siège de Ptolémaïs, où l'arianisme avait besoin d'être plus vigoureusement combattu. Plus tard Sidérios devenu vieux revint terminer ses jours à Palébisca.

L'UNIVERS

L'altier patriarche ne se montra point aussi indulgent envers le gouverneur de la Libye, gu'il traite d'homme brutal , cruel et débauché , mais dont on peut soupçonner que le principal crime à ses yeux était de favoriser la cause des ariens ; saint Athanase l'excommunia , et dénonça l'anathème à saint Basile, qui avait dans son diocèse la famille de cet officier ; l'évêque de Césarée répondit qu'il avait notifié cette condamnation à tous les serviteurs, tous les amis, tous les hôtes du gouverneur excommunié , et que nul n'aurait plus commerce avec lui , ni de feu , m d'eau, ni de couvert.

Saint Athanase étant mort en 373 , les ariens reprirent le dessus dans son diocèse, sous la protection déclarée de l'empereur Valens; mais à l'avénement de Théodose , les églises furent rendues aux consubstantialistes ; et l'arien Lucius fut expulsé d'Alexandrie. Bientôt le concile général de Constantinople , de 381, vint compléter le symbole de Nieée, et le rendre tel qu'il est aujourd'hui chanté dans nos églises. Ce concile fut successivement présidé par divers prélats , l'un desquels fut Timothée, patriarche d'Alexandrie; parmi les canons qui y furent décrétés , le cinquième attribuait à l'évêque de Constantinople le second rang, immédiatement après l'évêque de Rome; mais cette décision, qui préjudiciait aux droits de l'évêque d'Alexand rie , fut repoussée par des conciles postérieurs (*).

(•) Le 5e canon du concile de Constantinople est ainsi conçu dans les sommes latines :

« Constanlinopolitanae civitatis episcopum • habere oportet primai ùs honorem post « Roraanum episcopum , pr opter quôd sit « nova Roma. »

Mais le 2« canon du concile de Rome, en 496, porte :

« Est ergo prima Pelri apostoli sedes Ro- « mana ecclesia, non hahens maculam ne- «que rugam, nec aliquid hujusmodi. Se- «cunda aulem sedes «pud Alexandriam « beati Pétri nominc a Marco ejus discipulo « et evangelista consecrata ; ipseque a Pelro ■ apostolo in jEgyptum directus. »

Épiscopat de Synésios.

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