‹ Afrique. Tableau generalChapitre 11 sur 232 · HISTOIRE NATURELLE · texte numérisé non relu

HISTOIRE NATURELLE

règne minerai,.

Constitution géognostique. — - La géologie n'a point encore enregistré des observations assez nombreuses pour qu'il soit possible d'indiquer la distribution géognostique des terrains qui constituent le sol de l'Afrique; dans toutes les chaînes de montagnes qui ont été visitées, la base granitique a pu être aperçue, se montrant surtout à découvert dans celles du Marok, du Mandharah, de PAbyssinie et du Congo, avec les porphyres, la syénite, le gneiss, le micaschiste, le scliiste argileux, le quartz, le calcaire primitif.

Les grès abondent à peu près partout, tantôt reposant immédiatement sur les formations granitiques , tantôt sur les formations schisteuses; dans la région australe ils se présentent comme un couronnement tabulaire posé horizontalement sur le granit qui s'élève au travers des roches stratifiées. Les calcaires secondaires prédominent dans la région moyenne de l'Atlas ; dans le sud, ils se montrent, comme le grès, en couronnement horizontal sur les hautes terrasses du Gariep. Le sel, soit en couches, soit dissous dans les eaux de quelques lacs, de quelques ruisseaux , se trouve en diverses parties du continent, mais particulièrement dans celles du nord ; la plaine de sel de l'Abyssinie est fameuse par son étendue. Des basaltes, des roches trapéennes sont indiquées dans presque toutes les grandes chaînes montagneuses, surtout dans les rameaux de l'Atlas qui s'étendent au sud de Tripoli ; la plu-

(*) « Ille (auster) immodicus exsurgit, arenasque quasi maria agens, siccis sœvit iluetibus. » Mêla, I, vin.

part des caps de la côte occidentale sont basaltiques; des trachytes, des laves , des ponces et des scories ont été observées dans le pays d'Alger : des volcans ignivomes existent même, diton, dans les montagnes du Congo, dans celles de Mozambique, et jusqu'en Abyssinie ; mais la plupart de ces indications auraient besoin d'être vérifiées.

Quant aux sables du Ssahhrâ, sont-ils un transport alluvionnaire, ou le résultat d'une décomposition spontanée de roches préexistantes ? C'est une question sur laquelle les notions acquises ne permettent point encore de prononcer, bien que la nature friable des grès du Fezzân paraisse favoriser la seconde hypothèse ; mais , d'un autre côté, le quartz gris blanc qui a formé ces sables si ténus se retrouve de même au désert en graviers , en galets , en cailloux roulés, et semble témoigner de l'ancienne action d'un océan que les traditions historiques n'ont peutêtre pas , non plus , complètement oublié.

Obyctognosie. — Quant aux espèces minérales disséminées, sans parler des mines de fer, de cuivre, et autres métaux moins recherchés, qui paraissent nombreuses et abondantes , de riches mines d'or ont rendu certaines régions africaines célèbres parmi les géographes orientaux ; les pavsdeBanbouq , de Bouré, de Ouanqarah dans l'ouest, celui de Sofalah dans l'est, sont les plus renommés sous ce rapport.

Les Arabes appellent spécialement ces deux dernières contrées Beled el-dze~ heb ou Beled el-tebr, le pays de l'or ou de la poudre d'or; les Européens euxmêmes donnent le nom de Côte d'or à une partie du Ouanqarah, où l'or se

HISTOIRE DE L'AFRIQUE

montre en grains dans les roches quartzenses qui alternent avec le schiste argileux sous les couches du grès supérieur. Des gemmes précieuses existent, dit-on, en abondance dans certains cantons, tels que les parties élevées du Congo, et surtout les pays qui avoisinent le Nil , où l'on voit les fameux Gebêl el-Zamarrad, ou montagnes d'émeraudes ; le diamant luimême, dont Pline attestait l'antique existence dans la région qui s'étend depuis Thangeh jusqu'à Méroé, a été retrouvé de nos jours dans les sables aurifères de Constantine.

Page 1