ÉCRITURES AFRICAINES
Les monuments lapidaires épars dans le nord de l'Afrique nous ont transmis, outre les alphabets des dominateurs phéniciens , grecs et romains, le triple alphabet des Égyptiens , ingénieusement déchiffré par l'heureux effort de l'érudition moderne (*) ; ils nous ont aussi révélé un alphabet de caractères inconnus , accolés à des inscriptions puniques , et qu'il semble plausible d'attribuer aux peuples berbers (**) , bien qu'ils les aient oubliés pour l'écriture arabe, comme ont fait les Coptes de leur an-
cien alphabet , relégué au jourd'hui dans des livres qu'ils ne lisent plus. Les Abyssins ont gardé leurs vieux caractères éthiopiens , moins vieux peutêtre que ne l'admet l'opinion commune; certaines tribus gallas les leur ont empruntés en les modifiant à leur guise (*); quelques juifs barbaresques griffonnent encore l'écriture chaldaïque. Partout ailleurs l'alphabet arabe, natif chez les uns , importé chez les autres, réservé aux docteurs chez quelques peuples nègres, tout à fait inconnu au delà d'une certaine limite, est à peu près le seul employé aujourd'hui par les Africains indigènes.