‹ Afrique. Tableau generalChapitre 24 sur 232 · TRADITIONS FABULEUSES , HYPO- THESES CONJECTURALES · texte numérisé non relu

TRADITIONS FABULEUSES , HYPO- THESES CONJECTURALES

Est-il une histoire générale de ces contrées, et des peuples qui y sont répandus? Où la trouver? La faut-il demander à de vagues et menteuses traditions, ou bien à de conjecturales hypothèses ?

Les mythes grecs nous parlent d'Atlas, ce poétique géant des vieux âges, qui de ses épaules rocheuses soutenait la voûte vers laquelle l'entassement de Pélion et d'Ossa n'avait offert aux Titans qu'un insuffisant marchepied ; il était fils de Neptune et père de sept Atlantides, dont l'aînée fut mère de Mercure : n'est-ce pas simplement une tradition des temps primitifs dont nos langues prosaïques offriront une version fidèle en traduisant qu'Atlas avait émergé des eaux, qu'il dominait sept îles plus petites formées des culminances de ses rameaux, et qu'en la principale d'elles prit naissance un riche commerce? Platon a mis dans la bouche d'un prêtre égyptien de Sais l'histoire d'une grande terre atlantide, où Neptune procréa Atlas, et son jumeau Gadiron ou Cadiz, et bien d'autres enfants, dont la puissance s'étendit graduellement jusqu'auprès de l'Egypte avant qu'un grand cataclysme vînt engloutir leur empire; c'est une de ces lueurs vacillantes qui percent à grand'peine l'épaisse nuit des siècles oublies pour arriver jusqu'à nos jours d'orgueilleux scepticisme , de capricieuse incrédulité. Et pourtant, soigneux à rassembler dans

les auteurs anciens tous les vestiges des vieilles traditions sur les premiers âges des terres d'occident , dociles surtout à écouter les enseignements écrits sur le sol par les révolutions physiques qui l'ont tourmenté, nous pourrions tenter de reconstruire l'histoire de ces temps effacés où l'Espagne tenait à l'Afrique pendant que la Méditerranée communiquait à l'Océan par une autre route , encore reconnaissable au nord des Pyrénées, dans les landes et les lagunes de la Gascogne et du Languedoc; la mer Atlantique alors couvrait le Ssahhrâ , et de ses flots directs allait battre les rivages méridionaux de la péninsule arabique, où Strabon et Diodore lui conservent le nom ô'sJtlantikon pelagos (* ), en même temps qu'Hérodote affirme son identité avec la mer Erythrée (**), imbus qu'ils étaient d'antiques souvenirs. A cette époque sans doute l'Afrique donnait à l'Espagne ses premiers habitants, qu'Hérodote avait entendu appeler Kynètes, et dont Ptolémée aussi bien que Tacite connurent plus tard la souche africaine, demeurée avec le même nom au voisinage de la petite Syrte; et quand cette dénomination eut disparu de part et d'autre, Ammien et Corippe nous montrèrent en-

(*) 'H 'EvSacVwv £(tt!v I^'XP1 T0^

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Strabon, XVI (Comp. Diodore, III, 38).

(**) Kal tt] ëijco <jvr\léu>v 6à).aG-cra y] 'AfXav- Ttç xa},ea)|xevYi , xai i\ 'Epuôpri , (xta tuyjjdwet èoOaa.

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