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RÉGIONS AU NORD DE L'EQUATEUR

Quant à l'Afrique septentrionale , le grand trait qui la caractérise, l'immense désert , nous indique une divi-

sion fort rationnelle en laissant à l'est la longue vallée du Nil , avec ses dé-

fjendances; au sud les contrées que es indigènes appellent Takrour et les Arabes Belcd-el~ Soudan, ou pays des nègres; au nord les États barbaresques, auxquels il s'annexe lui-même pour former avec eux la grande région quelesArabesappellentMag'Areô.Cette dénomination , qui sur nos indications et nos conseils , a été introduite par Balbi dans la Géographie vulgaire, a pour les musulmans un sens relatif à l'ensemble de l'empire islamique : tout ce qui n'est point compris en celui-ci, soit parmi les Beydhân ou blancs, soit parmi les Soudan ou noirs , est Kafr ou mécréant ( et c'est cette épithète , si souvent lancée contre nousmêmes, que l'usage a consacrée exclusivement chez nous à dénommer la race austro-orientale que nous entendions appeler ainsi par les Arabes de Sofalah ). Quant au pays des Moslemyn ou fidèles , il a deux parts , le Maghreb ou occident, habitation des Maghrebyn ou Maures , c'est-à-dire Occidentaux, et le Scharq ou orient, comprenant l'Egypte, habité par les Scharqyyn ou Sarrasins, c'est-à-dire Orientaux.

Le Maghreb se subdivise géographiquement, pour les Arabes ( nos maîtres sans contredit sous le rapport des connaissances qu'ils possèdent sur l'Afrique musulmane), en Ssahhrâ ou désert , en Belêd el-Geryd, ou région des dattiers, et en Tell ou hautes terres, dénomination appellative que remplace quelquefois celle de Ardh el-Berber, c'est-à-dire la terre des Berbers ou la Barbarie. Cette longue zone est partagée à son tour , sous le rapport géographique , en Afryqyah , répondant à peu près aux régences de Tripoli et de Tunis; en Maghreb Aousath ou occident mitoyen , représenté par ce que l'on appelle maintenant Algérie ; et en Maghreb Aqssày ou occident éloigné, qui correspond à l'empire de Marok.

La région du Nil (ou le Nilland, comme les Allemands ont eu l'heureuse idée de l'appeler ) , restée à l'est du

L'UNIVERS

Maghreb, comprend successivement, en remontant, l'Egypte, les deux Nubies; puis d'une part l'Abyssinie avec Adel ou Zeyla' et Hharrar, et de l'autre le pays inconnu qu'arrose le Nil blanc, et qui paraît habité en majeure partie , sur un long espace , par les nègres Schillouks, jusqu'aux hautes vallées qu'on appelle Donga ; il y faut rattacher le Kordoufân, que sa position géographique aussi bien que ses relations politiques lient à la Nubie; et même le Dâr-Four, qui appartient peut-être physiquement au bassin du Nil , et que les Européens n'ont d'ailleurs encore abordé que par la voie de l'Egypte.

Quant à la zone qui s'étend au sud du Ssahhrâ, depuis l'océan Atlantique jusqu'au Dâr-Four, l'extrémité occidentale, caractérisée par les deux grands fleuves du Sénégal et de la Gambie, en a tiré le nom de Sénégambie, qui, borné d'abord , dans son application, aux bassins de ces deux rivières, s'est successivement étendu vers le sud à mesure que des notions étaient acquises de proche en proche sur les contrées voisines le long du littoral , tandis qu'une grande lacune subsistait au delà. Pour nous , dépassant encore les limites qui s'arrêtaient vis-à-vis de l'île Scherbrou, nous les porterons jusqu'au cap des Palmes, où l'Union américaine a établi une nouvelle colonie, sœur de Libéria, qui prospère au cap Mesurado, et que tant d'analogies doivent faire comprendre dans une même division avec la Free-toum des Anglais de Sierra - Leone , inséparable ellemême de Saint-Mary sur la Gambie, dont elle est le chef-lieu hiérarchique. Nous effaçons ainsi de cette côte le nom de Guinée, que nous avons déjà laissé en oubli pour la région du Congo , où les routines géographiques la gardaient seules encore , bien que l'usage eût dès longtemps admis à sa place ce nom de Congo avec une acception plus large que celle qu'il eut dans l'origine.

La dénomination de Guinée resterait donc uniquement aux côtes qui s'étendent sur le golfe , depuis le cap

des Palmes jusqu'au fond de la baie de Biafra; mais ici encore, où l'usage le conserve pour le littoral , nous lui préférons, pour l'intérieur des terres, le nom indigène de Ouanqârah , qui s'étend précisément au nord jusqu'aux limites du Takrour; sur la côte il offre dans une contiguïté successive les trois États d'Aschanty , de Daoumeh et de Beny.

Enfin notre distribution géographique du sol africain se trouve complétée par l'adoption de ce nom de Takrow, qui embrasse tous les pays entre la Sénégambie et le Dâr-Four ; nous le préférons à celui de Belêd el-Soudân (vulgairement écourté en celui de Soudan) , par le motif que cette appellation , qui se rapporte aux peuples nègres , s'applique avec une médiocre justesse à une région où domine par Je nombre comme par la puissance la race Peule qui est rouge , et qui se compte elle-même parmi les blancs. La région de Takrour se partage assez naturellement en trois grandes sections :

à l'est le Bornou et ses annexes , au centre le Hhaousâ, à l'ouest ce qu'avec le sultan Mohhammed-b-Ellah nous appellerons d'un seul mot Mély, redonnant ainsi une application actuelle à une dénomination employée dès longtemps par les voyageurs et les géographes arabes, mais qui demeurait inutile, ainsi que celle de Ouanqârah, faute d'indices suffisants pour les placer.

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