I. LE SOL
Limites générales, politiques et physiques; dénominations.
Limites politiques de l'ancienne Libye. — La Méditerranée au nord, au sud les profondeurs du désert, à l'est l'Egypte, et l'Afrique propre à l'ouest, telles sont, en termes généraux, les bornes de la contrée à laquelle les Romains restreignaient le nom de Libye, employé par les Grecs dans un sens beaucoup plus étendu. Sauf le .côté de la mer, dont le caprice des hommes ne pouvait avancer ou reculer les rivages, ces limites n'eurent pas la fixité indélébile des démarcations naturelles que n'affectent point les vicissitudes politiques; mais si les variations qu'elles éprouvèrent furent fréquentes et sensibles du côté de l'Egypte , où un pouvoir puissant envahissait par degrés un domaine qu'il devait finir par s'approprier tout entier, les limites occidentales ne subirent que des changements plus rares et moins considérables , dus encore à l'extension de la puissance égyptienne, qui sous les Ptolémées s'avança d'une centaine de milles au delà même des Autels des Philènes, jusqu'à la tour Euphranta; et au sud , où
quelques îles de verdure étaient parsemées à la lisière septentrionale de la grande mer de sables, la possession de ces îles flotta souvent, incertaine, entre la Libye, l'Egypte, et les populations indépendantes du désert.
Limites naturelles ou physiques. — Cependant , le territoire que nous venons de signaler, peut aussi être considéré , au point de vue de la géographie physique, comme une région déterminée par des limites assez bien tracées : il y faut remarquer en effet , au nord-ouest, un plateau culminant, dont les déclivités s'abaissent rapidement, dans cette direction, vers la mer qui l'entoure, tandis qu'elles s'étendent, à l'opposite, en vastes terrasses successivement étagées vers l'est, où le passage de l'une à l'autre est remarquable par les ressauts appelés le grand et le petit Catabathme, et dont la dernière vient expirer aux confins immédiats de la vallée du Nil ; pendant que vers le sud , depuis le fond de la grande Syrte jusqu'à l'extrémité orientale, une longue vallée s'étend comme un lit desséché', entre les dernières déclivités du plateau, et les dunes sablonneuses où commence le grand Ssahhrâ , présentant sur quel-
L'UNIVERS
ques points des cultures et des bosquets verdoyants, qui signalent les oases d'Augiles et d'Ammon.