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II. DISTRIBUTION DES POPULATIONS

Indications 'primitives recueillies par Salluste.

Si l'on se rappelle l'exposé que Salluste nous a laissé des premiers temps de l'Afrique, en tête de son admirable livre de la guerre de Jugurtha (*) , on ne peut manquer de conserver une

(*) Voir cet exposé transcrit en entier dans notre Introduction à l'Afrique ancienne, pages 64 et 65 du présent volume.

AFRIQUE ANCIENNE

idée aussi nette que précise d'une double phase sous laquelle se présente à nous la distribution des populations antiques qui se partagèrent le sol africain.

D'abord apparaissent soûles, inégalement réparties sur une triple zone, trois races distinctes entre elles, savoir : d'un bout à l'autre de la plage qui borde la Méditerranée, les Libyens ; derrière eux à l'intérieur, mais sur la moitié occidentale seulement, les Gétules; et plus loin encore, à une profondeur inconnue, les Éthiopiens brûlés par le soleil.

Plus tard, après l'arrivée et l'établissement définitif des débris de l'armée d'Hercule , la triple zone de peuples existe toujours il est vrai, mais la composition en est changée : les Éthiopiens sont restés à l'horizon extrême ou nous les avions aperçus ; les Gélules sont demeurés également les maîtres de l'intérieur en avant des Éthiopiens, sauf peut-être à reconnaître parmi eux, sous le nom de Pharousiens et de Pérorses, quelques Persans qui s'étaient conservés sans mélange; mais sur le littoral, les Maures, postérité des IVIèdes et des Arméniens suivant Salluste. ou des Indiens au dire de Strabon , mêlée aux Libyens occidentaux, occupent la région la plus rapprochée de THispanie ; à côté d'eux, les Numides, nés du mélange des Perses et des Gétuies, ont subjugué les cantons qui s'étendent sur la mer Sardo-Tyrrhenienne; et la plage orientale seule est restée aux Libyens primitifs.

Il serait fort délicat d'assigner une date absolue à ces changements : nous ne l'essayerons point. Salluste les sup-^ pose^ antérieurs à l'arrivée des colo-' nies' phéniciennes : c'est les faire remonter à seize siècles au moins avant notre ère.

État des populations indigènes au temps d'Hérodote.

Le père de l'histoire, dont les connaissances de détail sur l'Afrique paraissent atteindre tout au plus la limite où commençait le domaine des Numi-

des du littoral et des Gétuies de l'intérieur, Hérodote laisse en dehors de ses descriptions les Gétuies et les Numides, et à plus forte raison les Maures relégués au delà des Numides. Pour lui l'Afrique n'a que deux peuples indigènes : les Libyens surja côte, et derrière eux, au loin, les Éthiopiens.

Quant aux Libyens, ils sont nomades depuis l'Egypte jusqu'au fleuve Triton, qui s'écoule dans la petite Syrte; au delà du Triton ils sont agriculteurs. Notre examen doit se borner ici aux contrées qui s'étendent à l'ouest de la grande Syrte , où s'arrêtaient les Nasamons : c'est de là que nous allons reprendre le récit de l'historien grec.

Nomades du littoral. — « Sur les bords de la mer, à l'ouest des Nasamorrs , habitent les Makes , qui se rasent les cheveux autour de la tête et ne laissent croître qu'une, touffe sur le vertex ; pour la guerre ils se cuirassent de peaux d'autruches.

C'est dans leur pays que débouche à la mer le Cinyps, venant des coteaux qui portent le nom des Grâces, situés à deux cents stades de la côte, et couverts de bocages épais, tandis que le reste de l'Afrique, à l'orient, est entièrement déboisé.

«Près des Makes sont les Gindanes, dont les femmes portent chacune, autour de la cheville du pied, autant de lanières de cuir qu'elle a eu d'amants; et celle qui en compte davantage est la plus considérée , comme ayant mérité les suffrages du plus grand nombre d'hommes.

« Le rivage de la mer, en avant du pays des Gindanes, est habité par les Lotophages , qui ne vivent que de fruits de lotos , lesquels ressemblent par la grosseur à ceux du lentisque , par le goût à ceux du palmier, et dont ils font aussi du vin.

« Aux Lotophages confinent , le long de la mer, les Machlyes, qui euxmêmes font pareillement usage de lotos , mais beaucoup moins que les premiers; ils s'étendent jusqu'au grand fleuve appelé Triton , qui se jette dans le grand lac Tritonide où est l'île nommée Phla.

L'UNIVERS

« Immédiatement après les Machlyes viennent les Auses , qui habitent, ainsi qu'eux, autour du lac Tritonide, mais qui en sont séparés par le fleuve Triton. Les Machlyes laissent croître leurs cheveux sur le derrière de la tête, et les Auses sur le devant. Ils ont leurs femmes en commun , n'habitant point avec elles, mais vivant ensemble comme des brutes. Les enfants sont élevés par leur mère : quand ils sont assez grands , ils vont à l'assemblée trimestrielle des hommes, et chacun devient le fils de celui auprès duquel il lui convient de vivre. »

Observations sur le fleuve Triton et le lac Tritonide. — Arrêtons-nous un instant ici pour remarquer que si le fleuve Triton est, comme nous l'avons dit plus haut, représenté par l'une des rivières qui débouchent au voisinage de Qâbes, l'épithète de grand, que lui donne Hérodote, est une de ces libéralités métaphoriques dont l'histoire est si prodigue, et qui du Tibre ont fait le roi des fleuves. Il est évident en même temps que le lac Tritonide d'Hérodote est le golfe même de la petite Syrte, et que son île Phla n'est autre que Gerbeh : explication si certaine à la fois et si naturelle, que nous pouvons nous étonner à bon droit de la donner ici pour la première fois. Le vieil historien répète en cet endroit de sa description , en les appliquant à ce lac Tritonide, les traditions argonautiques que nous avons déjà racontées d'après les chants de Pindare et d'Apollonius de Rhodes, qui les rapportent au marais de Triton voisin de Bérénice ; traditions relatives à la prédiction faite aux Argonautes, de l'établissement futur d'une colonie grecque sur ces bords.

Hérodote insère en outre ici quelques détails curieux sur des coutumes locales qui ont quelque liaison avec les croyances grecques : « A la fête annuelle de Minerve , leurs jeunes filles se partagent en deux troupes , combattent les unes contre les autres à coups de pierres et de bâton, suivant, à ce qu'elles disent, les rits établis par

leurs pères en l'honneur de la déesse indigène que les Grecs ont nommée Athéné, et elles appellent fausses vierges celles qui meurent de leurs blessures. Mais avant que de cesser le combat, elles revêtent d'un casque corinthien et d'une armure grecque celle qui est reconnue avoir le mieux combattu , et la faisant monter sur un char, elles la promènent autour du lac. Quelle parure avaient ces jeunes filles avant l'établissement des Grecs dans leur voisinage, je ne saurais le dire ; mais je présume que c'étaient des armures égyptiennes, car je crois que le bouclier et le casque sont venus aux Grecs des Égyptiens. Ces gens prétendent que Minerve est fille de Neptune et du lac Tritonide, et qu'ayant eu quelque sujet de plainte contre son père , elle se donna à Jupiter, qui l'adopta pour sa fille. »

Nomades de l'intérieur. — Nous venons de passer en revue les peuples du, littoral qui mènent une vie nomade. Énumérons maintenant les nomades de l'intérieur qui ont été connus d'Hérodote, et reprenons pour cela les paroles mêmes du vieil historien.

« A dix journées de chemin à l'ouest d'Augiles on trouve aussi une colline de sel gemme, avec une source et de nombreux dattiers, comme à Ammon et à Augiles même. Les habitants sont appelés Garamantes, et forment une nation grande et puissante. Ils répandent de la terre sur le sol pour faire leurs semailles. Ils sont peu éloignés des Lotophages, de chez lesquels il y a trente journées de route jusqu'au pays où l'on voit des bœufs qui paissent en marchant à reculons, parce que leurs cornes tournées en avant s'enfonceraient dans la terre s'ils marchaient devant eux; particularité au surplus, qui seule, avec leur cuir plus épais et plus souple, les distingue des autres bœufs. Ces Garamantes font la chasse aux Troglodytes éthiopiens au moyen de quadriges, car ces Troglodytes sont bien les coureurs les plus lestes et les plus rapides dont nous ayons jamais entendu parler : ils se

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nourrissent de serpents , de lézards , et autres reptiles analogues ; ils ont un langage qui ne ressemble à aucun autre et qu'on prendrait plutôt pour le cri des chauves-souris.

« A dix autres journées de route des Garamantes se rencontre encore une colline de sel gemme, avec de l'eau et des habitants à l'entour appelés Atarantes, les seuls de tous les hommes que je connaisse, qui n'aient pas de noms ; car ils sont à la vérité désignés en commun par la dénomination d'Atarantes, mais aucun d'eux en particulier n'a de nom propre. Ils maudissent le soleil quand il arrive à son point culminant , lui reprochant de venir brûler et les hommes et le sol.

« Après dix journées de chemin encore, on retrouve une nouvelle colline de sel, avec de l'eau et des habitants. Auprès de là est la montagne appelée Atlas, étroite, escarpée de tous côtés, et si élevée, dit-on, qu'on n'en peut voir le sommet à cause des nuages dont il est toujours enveloppé, en été comme en hiver ; les indigènes en font une colonne du ciel , et les hommes même d'alentour en tirent leur nom, car ils sont appelés Atlantes; on dit qu'ils ne mangent de rien qui ait eu vie, et qu'ils n'ont jamais de songes.

« Jusqu'à ces Atlantes », ajoute Hérote, « j'ai pu désigner par leur nom les peuples cantonnés, de dix en dix journées, sur le faîte qui s'étend jusqu'aux stèles Héracléennes et par delà; mais je ne puis faire de même pour ceux qui viennent après les Atlantes. »

Populations agricoles. — « A l'ouest du fleuve Triton et des Auses, habitent des Libyens agriculteurs ayant des demeures iixes , appelés Maxyes, qui laissent croître leurs cheveux sur le côté droit de la tête et rasent le côté gauche ; ils se peignent le corps avec du vermillon et se disent issus des Troyens. Aux Libyens Maxyes confinent les Zaouèkes , dont les femmes conduisent les chars de guerre; après eux viennent les Zygantes, chez lesquels les abeilles produisent naturellement une grande quantité de miel, niais qui en recueillent encore davan-

tage par leur industrie. Ils se peignent tous le corps de vermillon, et se nourrissent de singes.

« Les Carthaginois disent que dans le voisinage de cette contrée se trouve l'île allongée de Kyrkynis (*). »

Ainsi , dans la partie de l'Afrique dont Hérodote connaît les habitants , le littoral entre les Syrtes était le domaine des Makes, des Gindanes, des Lotophages, des Machlyes et des Auses , derrière lesquels s'étendaient à l'intérieur les Garamantes , les Atarantes et les Atlantes; puis , au delà du Triton s'échelonnaient les Maxyes, les Zaouèkes et les Zygantes.

Énumêration des peuplades africaines au temps des Romains

Peuplades littorales de l'est

ENTRE l'AmPSAG-AS ET LES AUTELS

des Philènes. — Strabon et Pline considèrent de même, au point de vue géographique, la région des Syrtes comme formant une division séparée ; mais ils ne tranchent pas, dans leurs indications ethnographiques , la séparation marquée par Hérodote au fleuve Triton. Sans doute la domination de Carthage avait, en se propageant sur la côte, imprimé aux indigènes un cachet extérieur de civilisation uniforme: aussi Strabon attribue-t-il sans distinction le littoral aux Libo-Phéniciens , derrière lesquels il étend, sur une zone parallèle, les Garamantes, jusqu'aux montagnes des Gétules dans l'ouest.

Pline se borne d'abord à nous désigner quatre nations principales dans la région syrtique , savoir : au fond de la grande Syrte confinant aux Autels des Philènes, les Lotophages, quelquefois appelés Alachroes; à l'entrée, du côté de la grande Leptis , les Cisipades ; et au delà de vastes déserts qui les séparaient de la petite Syrte, les Garamantes , au-dessus desquels étaient les Psylles. Mais ensuite il ne compte pas

(*) Voir, au sujet de cette île, le volume de la présente collection spécialement consacré aux îles de l'Afrique , page 80.

moins de cinq cent seize peuplades sujettes de Rome, entre les Autels des Philènes et PAmpsagas; il ne donne toutefois qu'une très-petite liste de noms, savoir: les Natabudes , les Capsitans, les Misulans, les Sabarbares, les Massyles, les Nisives, les Vamacurés, les Éthins, les Mussins, les Marchubiens, et tous les Gétules jusqu'au fleuve Nigir qui sépare l'Afrique de l'Ethiopie.

Ptolémée nous offre une nomenclature beaucoup plus riche , sans distinguer non plus les peuplades syrtiques de celles qui avoisinent Cartilage; il en fait l'énumération en allant de l'Ampsagas aux Autels des Philènes. Quelque sèche et décharnée que soit une liste étendue de noms auxquels se rattachent peu de souvenirs, il nous semble nécessaire de rapporter ici celle que nous a transmise le géographe alexandrin , de peur que l'omission n'en fût considérée, avec quelque raison, comme une regrettable lacune.

Voici donc la version fidèle de ses indications ethnologiques:

« Les habitants des parties occidentales de l'Afrique propre jusqu'à la mer sont les Cirtésiens et les Nabathres ; après eux vers l'est, les Iontiens, contre la Numidie ou Nouvelle province, jusqu'à Thabraca ; puis les Midènes, et contre la Carthaginoise, les Liby-Phéniciens ; ensuite, jusqu'à la petite Syrte les Makhynes , et derrière (*) celle-ci les Rinithiens, et plus à l'est jusqu'au fleuve Cinyphos les Nigitimes, et autour de ce même fleuve les Lotophages. Puis vers la grande Syrte les Samamvkiens , et à leur suite les Nycpiens, derrière lesquels sont placés les Éléons.

« En revenant au sud des Cirtésiens et de la Numidie, derrière le mont

(*) Bien que la particule imo pût être littéralement traduite sans inconvénient par sous, au-dessous de, j'ai préféré la rendre uniformément, pour plus de clarté, par derrière, qui laisse moins d'incertitude à l'esprit le plus inattenlif. J'ai soigneusement traduit eitoc par puis ou ensuite. Ces mots ont ici une importance spéciale pour caractériser la situation relative des peuples.

Audon, les Misoulans, derrière eux les Nattaboutes , puis les Nisibes ; [au sud] des Midènes les Miédiens, derrière lesquels les Mousounes; ensuite derrière le mont Thammès les Sabourboures , derrière eux les Haliardes, et la campagne Sittafienne. Au sud des Liby-Phéniciens est la contrée Byzacitide, derrière laquelle sont les Ozoutes; puis les Kérophées, et les Mampsares sur la montagne du même nom, et derrière la montagne les Motoutouriens. Derrière les Makhynes sont les Makhryes, puis les Gèphes , après lesquels les Mimakes , et derrière le mont Ousaleton les Ouzales et le commencement de la Libye déserte.

« De même derrière les Rinithiens sont les Sigiplosiens, puis les Achémènes, puis les Moutourgoures, derrière lesquels les Moukhthousiens; derrière les Nigitimes les Astacoures; derrière les Lotophages les Éropées , puis les Dolopes, derrière lesquels les Érébides ; derrière les Samamvkiens les Édamensiens, puis les Nygbènes; enfin derrière les Nycpiens et les Éléons, les Makes syrtites, et la Libye déserte. »

On voit que Ptolémée a disposé les quarante noms qui composent sa liste, sur trois zones parallèles , représentant par leur réunion la zone littorale d'Hérodote; quant à la zone intérieure sur laquelle les Garamantes d'Hérodote et les Gétules de Salluste viennent, au dire de Strabon, se rejoindre bout à bout, elle fait, dans son ensemble, pour le géographe alexandrin, le sujet d'un chapitre spécial sous le titre de Libye intérieure. Nous y reviendrons après un coup d'œil sur le reste des populations de la côte, dont nous n'avons encore nommé que ceiles qui occupent la fraction orientale.

Peuplades littorales de l'ouest : entre l'Ampsaoas et les colonnes d'Hercule. — A l'ouest de Carthage, où Salluste se borne à signaler, en deux grandes divisions, les Numides et les Maures, Strabon n'est guère plus explicite, puisqu'il se contente de nommer les

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Numides Massyliéens qu il englobe dans le domaine punique , puis les Numides Massésyliens qu'il étend du cap Trèton au cap Métagonion, et enfin les Maurusiens à l'extrême occident.

Pline n'entre pas dans beaucoup plus de détails : il mentionne sous la simple dénomination de Numides les Massyliéens de Strabon , puis les Massésyliens, parmi lesquels il place les peuplades des Macurèbes et des Nabades, enfin les Maures ou Maurusiens , que l'invasion des Gétules Baniures, Autololes et Vésunes , avait réduits,, de son temps, à un petit nombre de familles.

Ptolémée a recueilli une bien plus grande quantité de dénominations particulières des peuplades qui se rattachent à l'une ou à l'autre de ces souches, dont la distinction ethnologique n'avait pas cessé, bien que le territoire respectivement occupé par chacune d'elles portât, au moins depuis le règne de Claude, l'appellation uniforme de Mauritanie, sauf addition de l'épithète de Césarienne pour l'ancienne Numidie , et de Tingitane pour la Mauritanie véritable. Ptolémée, dont les descriptions procèdent d'occident en orient, commence par la Tingitane, et la fait suivre de la Césarienne; voici, dans l'ordre qu'il a suivi, rénumération qu'il donne des populations de ces deux contrées.

« Les habitants de la province (Tingitane) sont, vers le détroit (des Colonnes), les Métagonites , vers la mer Ibérienne les Socossiens , et derrière ceux-ci les Ouerouès, et derrière la contrée Métagonite les Masikes; ensuite les Ouerbikes, derrière lesquels les Salinses et les Kaunes; puis les Bakouates , derrière lesquels les Macanites. Derrière les Ouerouès les Ouoloubilians ; puis les Iangaucanes , derrière lesquels les Nectibères; ensuite la campagne Rousse (IIvppov tc8£ov) , derrière eux les Zégrensiens ; puis les Banoïoubes et les Ôuakouates. La lisière orientale est habitée eu entier par les Maurensiens et une partie des Herpéditans.

« Les habitants de la province (Césarienne), vers l'occident, sont les

Herpéditans, sur ce qu'on appelle les mines de cuivre ( XaXxwpuxia); derrière eux les Taladousiens. Puis les Sôres , au midi desquels les Masésyles, derrière lesquels lesDryites. Ensuite, au delà du mont Dourdon, les Élouliens, et les Tolôtes et les Nacmousiens jusqu'aux montagnes Garapha. A l'est des Taladousiens jusqu'aux bouches du fleuve Chinalaph sont les Machousiens , derrière lesquels le mont Zalacon, et au delà de celui-ci les Mazikes. Puis les Bantourariens, et derrière les montagnes Garapha les Akouensiens et les Mykènes et les Maccoures, et sur la montagne Kinnaba les Enabases. A l'est ou mont Zalacon, vers la mer, les Makkhourèbes, derrière lesquels les Toulensiens; puis les Banioures, derrière lesquels les Makhoures; ensuite les Salassiens et les Malkhoubiens. Encore à l'est des Toulensiens les Moukounes et les Khitoues jusqu'au fleuve Ampsagas ; derrière ceux-ci les Kédamousiens ; puis les Todoukes vers les sources du fleuve Ampsagas. »

Quelque nombreux que soient ces noms, on est loin d'y retrouver pourtant tous ceux qui figurent dans les récits d'Ammien Marcellin ou dans les cosmographies d'Ethicus et de Julius Honorius : nous ferons ici grâce au lecteur de ces nomenclatures arides qui passent sous les yeux sans intéresser l'esprit ; l'histoire nous dira ces noms avec plus de profit, en les enchâssant au milieu des faits auxquels ils se lient.

Peuplades de l'intérieur. — Passons à la grande zone intérieure partagée d'une manière générale, ainsi que nous l'avons déjà remarqué, entre les Garamantes à l'est et les Gétules à l'ouest; il nous reste à voir comment Ptolémée distribue sur ce vaste territoire les tribus comprises dans chacune de ces deux divisions principales. Nous nous bornerons encore à traduire littéralement ce que le laborieux géographe d'Alexandrie nous expose lui-même à cet égard.

« Derrière les Mauritanies est située la Gétulie; derrière l'Afrique et

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la Cyrénaïque, la Libye déserte. Et les plus considérables des nations qui se partagent la Libye sont : celle des Garamantes qui s'étendent depuis les sources du Bagradas jusqu'au lac Nouba ; et celle des Mélanogétules qui habitent l'intervalle entre les monts Sagapola et Ousargala ; et la race des Ethiopiens Rouges, qui sont au midi du fleuve Gir; et celle des Éthiopiens Nigrites qui sont au nord du fleuve Nigir; et celle des Darades qui habitent vers la mer sur les bords du fleuve du même nom ; et celle des Pérorses qui sont plus à l'orient et plus éloignés de la mer que la montagne appelée Ïheôn-Ochéma; et celle des Ethiopiens Odraggides habitant l'intervalle entre les monts Kapha et Thala; et celle des Mimakes qui sont derrière ce même mont Thala; et celle des Noubes habitant à l'ouest du Défilé des montagnes; et celle des Derbikkes qui sont à l'occident du mont Aragga.

« Il y a des peuplades moins considérables ; vers la mer au delà des Gétules, habitent les Autolales et les Siragges et les Mausoles, jusqu'au mont Mandron; puis, contre celui-ci, les Dabiens et les Malkoes et les Mandors jusqu'aux Darades, au delà desquels les Sophoukéens, et derrière le mont Ryssadion les Leukéthiopiens entre lesquels et les Pérorses s'étend la campagne Rousse. Ensuite , au nord du mont Sagapola les Pharousiens , nu nord du mont Ousargala lesNatembes, du mont Girgiris les Lygxamates et les Samamykiens; et entre le mont Mandron et le mont Sagapola les Saillies et les Daphnites et les Zamaziens et les Arokkes et les Ketianes jusqu'aux Éthiopiens Nigrites. Derrière le mont Ousargala les Soubourpores, derrière le mont Girgiris, comme vers les Garamantes , les Makkoens et les Dauchites et les Kalètes jusqu'au lac Nouba. Puis à l'est des Darades les Makkhourèbes , des Sophoukéens les Soloentiens; à l'est de ceux-ci les Anticoles ou Phraurousiens, et les Khourites et les Staohires jusqu'au mont Capha, entre lequel et le mont Theôn- Ochéma, les Orphes, derrière lesquels

les Tnroualtes et les Maltites et les Afrikérons, nation considérable. Et encore, au sud des Éthiopiens Odraggides les Aclièmes, des Mimakes les Goggales, au delà desquels les Nanosbes; ensuite les Nabathres jusqu'au mont Aroualton; et entre le lac Libya et le mont Thala, les Alitambes et les Maurales ; entre ceux-ci et les Noubes, les Armies et les Thaïes et les Dolopes et les Astacoures jusqu'au Défilé des montagnes; et au nord du mont Araggas les Arokkes, à l'orient les Asarakes. Entre les Derbikkes et le mont Aroualtes les Dermones; et derrière les Afrikérons, à peu près au sudsud-est, les Éthiopiens Agaggines ; au levant de ceux-ci derrière le mont Aroualton jusqu'au mont Aragga, les Éthiopiens Xylikkes; enfin au delà de ces derniers les Éthiopiens Oukhalikkes. »

On voit reparaître sur cette liste les noms de diverses peuplades qui déjà ont figuré parmi celles du littoral, telles que les Samamykierîs , les Soubourpores, les Makkourèbes, les Achèmes, les Mimakes, les Nabathres, les Dolopes, les Astacoures; ce serait une nouvelle preuve, s'il en était besoin , du peu de profondeur de cette zone intérieure que d'aventureuses hypothèses ont beaucoup trop reculée vers le sud.

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