‹ Afrique. Tableau generalChapitre 95 sur 232 · QVE AD FINES NVMID1AE · texte numérisé non relu

QVE AD FINES NVMID1AE

PROVINCIAE LONGA INCVRIA

CORRVPTAM ADQVE DILAP

SAM RESTITVERVNT.

« L'empereur et césar Caïus Julius Vérus Maxîu minus Plus Félix, auguste, le Germanique, le «« Sarmatique, le Dacique, grand pontife, revêtu de « la puissance tribuni tienne pour la troisième fois, « empereur triomphant pour la cinquième fois ; et « Caius Julius Vérus , fils de Maximin Auguste , « très-noble César, prince de la jeunesse , le Ger- « manique , le Sarmatique , le Dacique ; ont ré- « tabli la route depuis Carthage jusqu'aux fron- « tières de la Numidie , qu'une longue négligence « avait laissé dégrader et dépérir. »

ce choix (*) ; mais le gouverneur de Mauritanie Capellianus, ennemi personnel de Gordien , et qui venait d'être destitué par lui , se mit en marche avec les nombreuses troupes qu'il avait sous ses ordres pour contenir la turbulence des Maures, et se dirigea vers l'Afrique afin de soutenir la cause de Maximin; Gordien le jeune alla au-devant de lui , mais il fut défait et tué; et son père , à cette nouvelle, mit luimême fin à ses jours, six semaines après sa proclamation. Mais un troisième Gordien, son petit-fils, fut aussitôt amené à Rome par ordre du sénat, et déclaré césar, puis auguste.

Observation sur la nullité

BU RÔLE PROVINCIAL DE LA NUMI- DIE DANS LES TROUBLES DE L'AfRI-

que A cette époque. — Sabinianus," proconsul d'Afrique, ayant voulu , quelque temps après (**) , tenter une insurrection dans sa province, a son propre bénéfice, le commandant de la Mauritanie , contre lequel il avait d'abord eu l'avantage , le repoussa vigoureusement , réduisit les rebelles à livrer le coupable, et de cette manière mit fin à la révolte.

Ainsi entre le premier Gordien et Capellianus, entre Sabinianus et le commandant de la Mauritanie, on voit naître des collision^ directes, comme s'il n'existait point entre leurs gouvernements respectifs une province de Numidie à traverser ; cependant nous avons en même temps , dans un autre ordre de faits , des témoignages certains de l'individualité provinciale de la Numidie: le christianisme, dès longtemps introduit et propagé en Afrique, y avait fondé de nombreuses églises , dont les pasteurs , décorés du titre d'évêque , se réunirent fréquemment en conciles : une assemblée de soixante-dix évêques se tint à Carthage dans l'une des dernières années du deuxième siècle, et saint Cyprien énonce que ces prélats appartenaient à la province d'Afrique et à la Numidie ; lui-même réunit en 254 un con-

(*) L'an 237.

(**) L'an 240.

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cile de soixante-onze évêques tant de la province d'Afrique que de la Numidie , et il présida en 255 un autre concile de quatre-vingt-cinq évêques, dont les actes nous sont parvenus, et constatent qu'ils étaient de la province d'Afrique , de la Numidie, et de la Mauritanie.

Le tyran Celsus. — Alors que de toutes parts s'élevaient dans l'empire ces prétendants éphémères que l'histoire a dédaigneusement appelés les trente tyrans, l'Afrique eut aussi le sien , plus misérable encore que les autres : le proconsul Vibius Passiénus et le duc de la frontière libyque Fabius Pomponianus s'ingérèrent, en 265 , de proclamer auguste un ancien tribun rentré dans la vie privée et cultivant ses terres , nommé Celsus; on le revêtit, pour l'inaugurer, du manteau de pourpre de la Déesse Céleste de Carthage; mais la semaine était écoulée à peine, que son cadavre était livré aux chiens par les habitants de Sicca , pendant qu'on le crucifiait en effigie. Nous voyons, dans ce récit de Trébellius Pollion , figurer pour la première fois un duc de frontière; la frontière libyque qui lui est attribuée doit probablement s'entendre de celle de l'Afrique proconsulaire, du côté de la Libye propre ou de la Libye intérieure ; c'est de to même charge sans doute qu'était revêtu sous Aurélien un Firmus cité par l'historien Yopiscus comme duc de la frontière africaine, en même temps que proconsul. Probus, qui depuis fut empereur, avait été chargé par le même prince d'apaiser des troubles à Carthage, et depuis son élévation à l'empire lui-même chargea Sextus Julius Saturninus, qui fut plus tard son compétiteur , de délivrer l'Afrique des Maures qui l'avaient envahie.

VI. ADMINISTRATION ROMAINE DE- PUIS L'ORGANISATION PROVIN- CIALE DE MAXIMIEN-HERCULE JUS- QU'A CELLE D'HONORIUS.

Divers partages de l'empire.

A l'avènement de Probus, en 276,

alors que Florianus, proclamé par le sénat, était reconnu dans l'Europe, l'Afrique et l'Asie Mineure, tandis que le premier avait pour lui le reste de l'Asie avec l'Egypte; l'empire se trouva un moment partagé, ainsi qu'il l'avait été aux temps des Triumvirs , et que Caracalla avait eu dessein de le partager avec Géta , en deux grandes divisions, qui allaient bientôt se reproduire d'une manière plus durable, jusqu'à se perpétuer enfin sous les noms d'Empire d'Occident et d'Empire d'Orient : et dès ce moment la région d'Afrique demeura comprise dans la division occidentale. Carus, en partant en 283 pour l'Orient avec Numérien, laissa à Carinus l'Italie, l'Illyrie, l'Afrique et le reste de l'Occident, pour les gouverner avec la plénitude de l'autorité impériale. Quand Dioclétien, en 286, se fut donné pour collègue Maximien-Hercule, il lui fit un apanage dans lequel se trouvaient l'Italie, l'Afrique et PHispanie ; puis , en 292, les deux augustes s'associant deux césars, Maximien-Hercule partagea son lot avec Constance-Chlore son gendre, à qui il abandonna tout l'Occident au delà des Alpes, et peut-être même la Tingitane comme annexe de l'Hispanie, se réservant l'Italie et l'Afrique avec les îles intermédiaires.

maximien-hercule maitre de l'Afrique , y multiplie le inombre des provinces. — L'attention de Maximien , excitée d'abord par les querelles intestines des Maures (*), eut à se préoccuper bientôt plus sérieusement de leur insurrection; c'étaient de sauvages montagnards cantonnés entre Saldes et Rusuccurum , formant une association de cinq peuplades désignées en commun par le nom de Quinquégentiens , et qui se croyaient à l'abri du joug dans ces retraites inaccessibles , défendues par la nature elle-même; leur révolte semble se lier à celle d'un prétendant nommé Julien, d'ailleurs incon-

(*) « Furit in viscera sua gens effrena MauroMim. » ( Mamertin , Panégyrique , III, 17.) Ceci se rapporte à l'an. 291.

L'UNIVERS

nu (*) : Maximien, comme naguère f'ans les mêmes lieux le gouverneur français de l'Algérie , pénétra clans leurs' repaires, les battit et les reçut à merci; mais pour prévenir de nouveaux soulèvements, il les transplanta ailleurs. D'autres tribus, voisines des Syrtes, furent plus opiniâtres ou plus heureuses, et échappèrent à son autorité (**).

On suppose que ce fut alors que Maximien-Hercule effectua la subdivision de l'Afrique proconsulaire en trois provinces distinctes, ayant «respectivement pour capitales Carthage, Adrumete et la grande Leptis ; et qu'il subdivisa en même temps la Mauritanie Césarienne en deux provinces dont les chefs-lieux furent Césarée et Sitifis ; la Numidie conservant son territoire intégral et sa capitale Cirta. Quant à la Tingitane, elle était probablement déjà annexée à l'Hispanie. Le terri-

(*) « Afncam Julianus ac nationes Quinquegentance graviter qualiebant. » (Auréi.ius Victor, des Césars, xxxix, 3.) — Il ne peut êire question là de Sabinus Julianus soulevé dans la Vénétie et tué par Carinus, ni de Julien proconsul d'Afrique auquel est adressée une loi du 3i mars 296 contre les Manichéens, ni probablement de Julien soulevé en Italie. Les médailles du temps nous montrent un Quintus Trebonius Julianus et un Marcus Aurélitis Julianus, dout l'un était sans doute le tyran africain, l'autre relui d'Italie ; mais nous n'avons aucun indice pour reconnaître celui qui nous intéresse.

(**) Nous voulons parler des Hilaguas ou Ilasguas, qui jouent un grand rôle dans les vers de Corippe , où on les voit répéter sans cesse :

« Non quantum Hilaguas « Notas marte tibi, quem tania fama perennis v Prisca canit ? cujus jàm Maximianus in armis « Antiquos persensit avos, Roinana per orbem « Sceplra tenens, Latii princeps ?

Johannide , I, 478.

« Imperium vicëre patres : non vincere noslros « Maximianus avos, Romani fortia regni « Sceptra tenens, potuit.

Ibid., IV, 822.

« Nec Maximianus apertas « Bis potuit conferre manus, cùm sceptra teneret « Romani princeps populi, victorque per omnes « Pœnorum gentes bellis transiret acerbis. »

Ibid., VI,53o,

toire auquel resta le nom d'Afrique se trouva ainsi composé de six provinces se succédant d'ouest en est en cet ordre : la Mauritanie Césarienne depuis le Malua jusqu'à Saides, la Mauritanie Sitifienne depuis Saides jusqu'à l'Ampsrigas, la Numidie depuis l'Ampsagas jusqu'à Thabraca, l'Afrique propre de-

fmis Thabraca jusqu'à Horréa-Célia , a Valérie ou Byzacène depuis Horréa Célia jusqu'au fleuve Triton, et enfin la Subventane (subsidiaire) ou Tripolitaine depuis le Triton jusqu'à la Cyrénaïque : ces six provinces formaient ensemble un diocèse gouverné par un vicaire du préfet du prétoire; quel titre était alors affecté au commandant de chacune de ces provinces , c'est chose malaisée à définir : on sait seulement que l'Afrique propre demeurait affectée à un proconsul; quant aux autres, on trouve bien dans le code de Justinien, une constitution impériale adressée en 295 à un Concordius y;roconsulde Numidie; mais ce n'est peutêtre que l'erreur d'un copiste peu habile a distinguer l'abréviation du titre de procurateur de celle de proconsul; quelques années après nous trouvons la mention d'un consulaire de Numidie, et un peu plus tard les monuments épigraphiques donnent à la Numidie Un légal propréteur, et à la Valérie- Byzaèène un prœses.

Tyrannies d'Alexandre et de Maxence. — Quand les césars Constance-Chlore et Galère furent proclamés augustes à la place de Maximien- Hercule et de Dioclétien qui abdiquaient, et qu'ils eurent à leur tour pour associés comme césars Sévère et Maximin , Constance -Chlore mit sous l'autorité directe de Sévère les diocèses qui avaient été le lot de Maximien -Hercule. Mais Maxence, fils de ce dernier, ayant battu et tué Sévère pour se substituer à lui, prétendit se faire reconnaître en Afrique : elle leva alors l'étendard contre Maxence et proclama auguste le pannonien Alexandre (*) qui avait été

(*) L'an 3c8; c'est en 3o4, et peut-être auparavant, qu'il était comte d'Afrique,

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quelques années auparavant comte militaire de l'Afrique et avait ensuite été promu au grade de vicaire ou lieutenant général du préfet du prétoire dans tout le diocèse : il conserva ainsi son gouvernement dans une complète indépendance pendant trois années , au bout desquelles Maxence, devenu plus fort, envoya contre lui Rufus Volusianus son préfet du prétoire, et Zénas général expérimenté, qui le battirent, le poursuivirent et l'assiégèrent dans Cirta où il s'était réfugié, emportèrent la' place qui fut saccagée, et s'étant emparés d'Alexandre , le firent étrangler : les plus considérables des rebelles furent dépouillés de leurs biens et sacrifiés; Carthage elle-même fut pillée et incendiée , et toute l'Afrique ruinée. Constantin le Grand , qui l'année suivante ôta à Maxence l'empire et la vie, envoya en Afrique, comme une sorte de satisfaction, la tête du tyran qui l'avait dévastée; il fit réédifier Cirta qui prit désormais le nom de Constantine, et il fit distribuer dans les provinces des indemnités et des aumônes par les mains de l'évêque de Carthage.

Sort de l'Afrique dans les divers PARTAGES DE LA FAMILLE DE

Constantin. — Bien que , dans le partage qu'il fit en 314 avec Licinius , Constantin se fût réservé la possession de l'Occident , néanmoins comme ce partage n'était à proprement parler, ainsi que nous en avons précédemment fait l'observation générale , qu'une distribution des parties d'un même empire entre des collègues possédant en commun un pouvoir indivis et solidaire, il ne faut point être surpris de trouver en Afrique des monuments lapidaires en l'honneur du prince dans le lot duquel elle n'était pas comprise, mais qui n'en avait pas moins, pour elle comme pour tout le monde romain, le titre et l'autorité impériale : on a ainsi relevé, dans les environs de Tunis, deux inscriptions des années 313 et 318 dédiées à Lici-

c'est-à-dire légat ayant le commandement des troupes.

nius, l'une par les décurions de Tabudis , l'autre par la colonie Bisica Lucana.

Quand tout l'empire fut réuni sous le sceptre de Constantin, et qu'en l'année 326 ce monarque en régla l'organisation en quatre préfectures prétoriales , l'Afrique fut comprise avec l'Italie et les îles intermédiaires dans l'une de ces grandes divisions territoriales; nous avons à cet égard un témoignage exprès de Zosime, qui mentionne en outre la séparation qui fut faite alors de l'autorité civile laissée aux préfets du prétoire, et de l'autorité militaire réservée aux maîtres de la milice; mais nous ne connaissons rien de précis quant à la hiérarchie qui fut en même temps établie dans chaque branche des services publics, quoique nous sachions d'ailleurs, par quelques indices épars, qu'il y avait, dans le diocèse d'Afrique, un vicaire, un proconsul, des consulaires, un conseil général des provinces, et des conseils provinciaux distincts , un comte , des ducs , etc. Dans la distribution que Constantin fit de ses états en 335 à ses trois fils et ses deux neveux, l'Afrique fut attribuée à Constant avec l'Italie et l'Illyrie ; mais lorsqu'après le meurtre de Delmace etd'Annibalien, les trois empereurs procédèrent en 338 à un remaniement général de leur partage, l'Afrique devint un sujet de discorde entre Constant qui la possédait déjà, et Constantin le Jeune qui prétendait l'avoir : il y eut même, suivant quelques critiques, soit un ^morcellement par lequel Constantin obtint la proconsulaire pendant que Constant gardait la Numidie, soit une alternative de possession, pendant laquelle Constantin, en 339, agissait en maître à l'égard des provinces africaines, que Constant tenait encore en 338 et avait déjà reprises en 340 avant que, la querelle des deux frères étant vidée par les armes, Constant vainqueur s'emparât de tout l'héritage de Constantin.

Magnence ayant en 350 usurpé le trône de Constant, qu'il fit assassiner, l'Afrique le reconnut pour maître jusqu'à ce que Constance vint en 352 le

L'UNIVERS

punir de son usurpation, et demeurer bientôt seul possesseur de tout l'empire. Constance à son tour vit Julien saisir le sceptre dans les Gaules ; il voulut défendre contre lui l'Afrique , et y envoya pour cet objet Gaudence, sur la fidélité duquel il pouvait compter ; mais la fortune de Julien l'emporta enfin, et l'Afrique, conservée à Constance tant qu'il vécut, fut remise après sa mort à son successeur.

Incursions des Maures AUSTU- RIENS; PRÉVARICATION DU COMTE

Romanus. — Valentinien, parvenu à l'empire en 364 , céda l'Orient à son frère Valens, et se réserva pour lui-même l'Occident : l'Afrique était alors en proie aux courses des Austuriens et autres nations mauresques, dont l'insolence était augmentée par la lâcheté et l'avarice du comte Romanus, plus habile encore que les barbares à ruiner les provinces qu'il était chargé de défendre, mais qui se liait pour l'impunité de ses rapines, à sa parenté avec le maître des offices, son chef immédiat et ministre de l'empereur. Cet état de choses avait précédé l'avènement de Valentinien; la fureur des Austuriens avait été provoquée par le supplice d'un des leurs qui s'était rendu coupable de méfaits dans la Tripolitaine; sous prétexte de le venger ils étaient venus piller et incendier les faubourgs mêmes de Leptis.

Le comte, appelé par les Leptitains , vint avec ses troupes, mais refusa de marcher à l'ennemi si on ne lui fournissait d'immenses provisions et quatre mille chameaux ; c'était au delà de leurs facultés, et le comte s'en retourna ; les malheureux eurent recours à l'empereur, mais le maître des offices rendit leurs plaintes vaines, et dans l'intervalle les barbares, envahissant la Tripolitaine, vinrent porter de nouveau le ravage et la mort sur le territoire de Leptis et d'Ééa : et le gouverneur de la province, Ruricius, n'y put mettre aucun obstacle, parce que ses pouvoirs militaires venaient d'être transférés au comte : cependant l'empereur envoie son secrétaire Palladius pour vérifier les faits, mais Romanus

le corrompt et le gagne; une troisième incursion des Austuriens porte dans la Tripolitaine le carnage et la désolation, et Leptis dépêche à l'empereur de nouveaux députés pour lui exposer les doléances de la province; mais Valentinien, prévenu par de faux rapports, défère la connaissance de toute cette affaire à Crescens vicaire d'Afrique (*), et de honteuses manœuvres amènent des rétractations par suite desquelles Ruricius gouverneur de la Tripolitaine est condamné comme ayant fait un rapport entaché de mensonge et d'exagération, et est exécuté à Sitifis ; d'autres innocents sont aussi mis à mort à Utique. Et la Tripolitaine, saccagée, ensanglantée, fut réduite à une silencieuse résignation.

Mais le jour de la justice devait arriver plus tard : la conduite de Romanus fut dévoilée à Théodose pendant son expédition contre Firmus, et le coupable renvoyé devant l'empereur pour recevoir son châtiment.

Guerre contre Firmus.

Insurrection de Firmus ; le comte Théodose est envoyé contre lui. — Nubel, un des chefs les plus puissants des tribus mauresques, étant venu à décéder, son fils Zamma qui avait lié amitié avec le comte Romanus, fut tué par son frère Firmus, contre qui le comte envoya des rapports passionnés , aussitôt remis à l'empereur par le maître des offices, qui supprimait au contraire, ou retardait la communication des mémoires justificatifs de Firmus; celui-ci, inquiet pour sa propre sûreté, se révolta et commit des dévastations pour la répression desquelles Valentinien envoya le comte Théodose, maître de la cavalerie, avec quelques troupes de sa garde.

Ce général , débarqué sur la côte

(*) L'an 869. Morcelli rapporte à cette affaire une loi du code Théodosien qui laisse les frais du retour dans leur province aux députés dont la mission n'a point été justifiée par des motifs suffisants.

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de la Mauritanie Sitifienne à Igilgilis, après avoir dépêché Romanus dans la Césarienne pour y organiser des postes avancés, se rendit à Sitifis où il reçut les envoyés de Firmus et demanda' des otages; puis il alla à la station Panchariana (*) , passer la revue des légions employées en Afrique, auxquelles il avait assigné ce lieu de rendez-vous; et revenu à Sitifis, il se mit en campagne et porta son quartier général aïubusuptusdans les montagnes de Fer, où il refusa de voir de nouveaux envoyés de Firmus qui venaient sans les' otages : tombant alors sur lesTyndiensetlesMassissiens,il les tailla en pièces, saccagea le domaine de Pétra aussi considérable qu'une ville, et emporta la place de Lamfocta, où il reçut les soumissions que Firmus vint luiVaire en personne : deux jours après le chef maure fit la remise, dans Icosium (qu'on croit représenté aujourd'hui par Alger), des enseignes romaines et du butin qu'il avait précédemment enlevés; à Tipasa (la moderne ïefsah) les Mazikes alliés de Firmus vinrent faire des offres de soumission

(*) On a , bien à tort ce me semble, cherché cette station Pancharienne, rendez-vous des troupes préposées à la garde de l'Afrique , dans les Pacoiana de la cote, vers l'embouchure de i'Ampsagas. Il ne faut pas oublier que le principal centre de cantonnement était à Lambèse, et que c'est sur la route de Lambèse à Sitifis, quartier général de Théodose, que celui-ci devait naturellement aller passer la revue des troupes qu'il voulait réunir à celles qu'il amenait des Gaules, et qui étaient déjà arrivées à Sitifis; or, à moitié chemin de Lambèse à Sitifis, nous avons, dans la Table Peutingérienne, entre Thadute (identique à Tadutli de l'Itinéraire, aujourd'hui Tattubt) et Sitifis, une station appelée Baccarus, ou Baccaras suivant le Ravennate anonyme, qui paraît répondre parfaitement aux conditions du problème , soit qu'on veuille lire Statio Baccliariana ou Pacchariana dans Ammien, soit qu'on lise Pancarus ou Bancarus dans la Table. Il semble que la sagacité de d' Anville ait deviné cette solution, puisque sur sa carte de Numidie de 174a, où il a indiqué les routes données par la Table , il a écrit Pancarus au lieu de Baccarus,

qui ne furent pas agréées ; et le comte Théodose arriva enfin à Césarée, aujourd'hui Scherschel, dont l'incendie et les dévastations des insurgés avaient fait un monceau de ruines; la Première et la Seconde légion furent chargées de la rétablir et d'y tenir garnison ; et les magistrats de la province avec le tribun Vincentius vinrent y reprendre leurs fonctions.

Expédition de Théodose dans le sud de Césarée. — Mais le comte Théodose , ayant eu avis que Firmus tramait quelque perfidie, se porta immédiatement à Sugabarri sur la pente du mont Transceilensis , y surprit un corps de transfuges, et les emmena à Tigavies, où lui furent conduits prisonniers Bellen un des principaux d'entre les Mazikes, et Fericium ou Faraxen , leur chef, capturé par le tribun Quintus Gargilius (*):

(*) La capture de Faraxen, appelé Fericium par Ammien Marcellin, est rappelée dans une inscription recueillie à Hankzah , l'ancienne Auza , qui nous fait connaître le nom du capteur :

Q. GARGILIO Q. F

TRAEF. COU.... BRITANNIAE

TRIB. CO - MAVR. CAE

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