‹ Agadir; ma politique extérieureChapitre 5 sur 6 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

tières ou qui se dessinaient, entre producteurs, — grands industriels, grands commerçants, financiers — et aussi entre salariés. Pour parler plus largement, il me semblait que le développement de la civilisation avait deux facteurs principaux, qu'il existait au début du vingtième siècle deux forces d'évolution et de transformation : le monde des grandes affaires, le prolétariat organisé ; que ces deux forces ne pouvaient vivre, se développer, réaliser avec les tempéraments utiles les constructions et aussi les destructions nécessaires, se rejoindre et s'accorder finalement pour le plus grand bien de l'humanité que dans le champ des accords internationaux.

J'appréhendais que la guerre brisât cette armature des sociétés contemporaines qui conditionne leur progrès, qu'elle mît un terme ou qu'elle n'ajour. nât les grandes espérances qu'on était en droit de nourrir et qu'il fallût de longues années pour restaurer. . . si tant est qu'on y parvînt.

Je savais, certes, les griefs de peuple à peuple qui existaient en Europe ; je savais l'œuvre de liberté et de justice qu'il y avait à accomplir pour réparer les odieuses violences internationales commises depuis cent cinquante ans, mais j'étais persuadé que c'était seulement dans la paix, par la croissance de la démocratie imprégnée de pénétra-

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