‹ Agathe et Cécile (volume 2)Chapitre 44 sur 82 · MONSIEUR LK MARQUIS DE PONTANGES · texte numérisé non relu

MONSIEUR LK MARQUIS DE PONTANGES

l'aime de tant d'amour, bouleverser toute ma vie, me désespérer, me déchirer le cœur... pour un insensé qui ne peut même pas être jaloux! c'est absurde. Rester fidèle à ça!... Ob! c'est qu'elle ne m'aime pas; et puis encore me contraindre à subir un outrage ridicule, sans me venger!... Ah! c'en est trop d'un tel amour!

Les plus amères plaisanteries lui passèrent alors dans l'esprit; il se mit à rire d'un rire convulsif et méchant.

Quand le pauvre fou fut bien réchauffé : — Viens, lui dit Laurence en l'entraînant vers l'appartement qu'il habitait; viens, maintenant tu vas souper.

Avant de fermer la porte du salon, elle salua M. de Marny avec dignité comme une femme dont la résolution est prise.

— Adieu ! dit-elle; et dans l'accent de sa voix, dans son attitude, dans son regard, il y avait un fond de joie qui voulait dire : — Je suis sauvée.

Lionel devina cet orgueil; il en fut révolté; son cœur se dégagea subitement, et cet homme naguère si aimant, tombé tout à coup des hauteurs de la passion, des sublimités de l'espérance aux vulgarités les plus burlesques, sentit son amour se glacer; son imagination s'éteignit, et, perdant sa tendresse avec l'espérance, il s'avoua

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C'est que, pour les hommes, l'amour n'est pas un sentiment, c'est une idée : sitôt que cette idée est flétrie, l'amour meurt.

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