‹ Agathe et Cécile (volume 2)Chapitre 68 sur 82 · PONTANGES, ONZE HEURES DU SOIR · texte numérisé non relu

PONTANGES, ONZE HEURES DU SOIR

Madame de Pontanges est rendue à elle-même; elle monte dans son appartement... elle prend un lhre... un roman... elle regarde aussi un volume de poésies de Lamartine... elle Foutre, et lit ces vers :

Quand la feuille des bois tombe sur la prairie, Le veut du soir se lève et l'arrache aux Talions : Ct moi je suis semblable à la feuille flétrie : Emportez-moi comme elle, orageux aquilons...

— Oh! dit-elle, je répétais ces vers le jour où je l'ai vu pour la première fois, et dans cette forêt où je ne suis pas allée depuis ce jour. J'irai demain... Oh ! si je pouvais l'y rencontrer encore! Hélas! vivre toujours sans lui!

Paris, une heure du matin.

M. de Marny est revenu du Rocher de Cancale,

— Quel bon souper ! dit-il.

— Quelle bonne journée 1 dit Clémentine... En vérité, on n'est pas plus élégant que nous!... Une course à cheval... le spectacle... un souper...

— Vous étiez bien jolie, madame, et bien coquette...

— Et tous, monsieur, n'avez-vous pas aussi minaudé auprès de Paméla? ... Si je voulais tous quereller...

— Oh! pas de querelle; il feut bien finir la journée...

— Madame n'a plus besoin de moi? dit la femme de chambre.

— Non.

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