FIN
On suivit pour M. de Marny le conseil qu'il avait donné pour M. de Pontanges : on l'enferma dans une maison de santé. Comme sa démence était accompagnée de fureur, on lui mit la ôamfeole de force... Oh eut tous ces petits soins-là pour lui...
Peu de personnes connurent la véritable cause de sa folie...
— Il adorait sa femme! disait-on dans le monde; il a été si malheureux de sa mort qu'il en est devenu fou.
Madame la princesse de Loïsberg fut longtemps avant de se rétablir. Elle était, disait-on, très-liée avec madame de Marny; sa mort lui a fait tant de chagrin qu'elle est tombée malade en l'apprenant. '
Madame d'Auray seule savait à quoi s'en tenir.
DE PONTANGES 309
Après deux mois de souffrances, Laurence se décida un matin à sortir.
Lorsqu'elle rentra, elle était plus pâle e|t plus souffrante que la veille.
— Vous êtes sortie ce matin, lui dit son mari... où êtesvous allée?...
— Je suis allée chez Esquirol.
— Vous avez vu M. de Marny? comment va-t-il à présent?...
— Il ne m'a pas reconnue, répondit-elle.
Et deux grosses larmes coulèrent de ses yeux. Quand on parle de madame de Loïsberg, on dit : Elle est spirituelle; mais elle a l'air de s'ennuyer partout.
— Elle est insupportable, dit une autre personne; je n'irai jamais nulle part avec elle. Croiriez-vous que l'autre soir elle nous a laissés au Gymnase, où nous étions venus ' avec elle... On donnait un spectacle charmant, Salvoisy, où ce nouvel acteur joue à merveille le rôle du fou. Eh bien! au premier acte, elle a dit qu'elle s'ennuyait, et son mari , qui fait tout ce qu'elle veut, l'a bien vite emmenée...
A cela M. Dulac répond :
— Ah! vous ne savez pas son histoire; c'est un prodige que cette femme...