SCENE II L'AGENT — UN JEUNE HOMME DU PEUPLE
Le JEUNE HOMME — Bonjour, monsieur (sortant un
nnes jours mon pias- ‘ouvé tilisé elles monsous 1éro) pas tout ts se at le ex- A, je des diss de 1éro ren res, ret inoup re) -Jà ?
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numéro du journal ) on dit beaucoup de bien de otre journal...
L'aGENT — Il a son utilité... c'est un moyen facile de trouver une petite femme sans rop se Céplacer,
LE JEUNE HouME — Ah ! si je pouvais être aussi heu. reux qu'un de mes amis... il n'était pas riche, mais bon travailleur, et son ami n se bornait à épouser une bonne femmo de ménage et honnête...
L'AGENT — Et une petite annonce Ja lui a fait trouver telle qu'il la désiraic ?
LE JEUNE uv 1e — Tout au contraire, monsieur (surprise de l'agent), Iln trouvé la femme, oui : mais malheureusement elle avait de l'argent
onssssss
L'AGENT — Mais ça ne nuit FR ET ITS LE JENUE Homme — Ah! ncu, pour sûr... et ça ne l'a pas découragé ; il l'a épousée quand même.
L'AGENT — Et ça va ?
LE JEUNE Homme — Mais très bien, il me disait hier comme il est heureux de ne Pas s'être marié tout-à-fait selon s°n cœur... ah ! la lune de miel, me dise l, c'est bien trompeur, mon vieux, et il faut voir ça à & : déclin.
L'acenr (interrompant ) — Eh ! Oui... tout passe,
LE JEUNE noue (continuant) — Seule, la femme reste... Ça va encore si elle a des qualités... mais si elle n’en a pas, il faut que cela (signifians l'argent ) y supplée.…......
L'AGENT — Voyons os goûts, mon garcon. Vous n'êtes pas trop mal, avez vous votre portrait ?
LE JEUNE Hommr (sortant son portrait) — Ah! oui,
et un peu flatté ; j'espère qu'il me portera bonheur (le passe à l'agent )
L'AGENT (examinant ) — Oui... oui, oui, je crois
qu'on peut faire quelque chose avec cela ; Vous faites un bon profil et surtout on n’y voit pas votre verrue (ila une verrue sur le côté droit du nez JE
LE JEUNE HoMMF (souriant) — J'ai tenu à cacher mes petites bosses, ça ne porte pas chance.
L'AGENT — Non, ça manque d'esthétique... mais tant mieux, vous exposez le bon côté de la médaille. . .
LE JEUNE HOMME — J'ai fait mes preuves, monsieur ; et je saurai bien faire apprécier le revers...
L’AGENT — Coquin !.. (allant à sa table ot rédigeant ) Voyons si cette formule vous convient.
LE JEUNE HOMME — Il faut vous dire d'abord que je ne suis ni étudiant en droit ni étudiant en médecine, et que je veux une femme aussi parfaite que possible, mais de mon monde... on n’est pas si bête, après tout, dans le peuple...
L'AGENT — Oh ! non! les plus fins ne sont pas tou- Jours dans le grand monde. Que faites-vous, monsieur ?
LE JEUNE HOMME — Je suis dans la confection.
L'AGENT — Votre âge ?
LE JEUNE HOMME — Viagt-deux ans.
L'AGENT — Bien, voyons, ceci vous convient-il, Monsieur, (il rédige ) 22 ans, brun, quelle est votre taille ? LE JEUNE HOMME — 5 pieds, 5 pouces.
L'AGENT (répétant) — 5 pieds 5 pouces, faisant dans la confection, désireux de se marier avec jeune
fille gaie, affectueuse, jolie, économe, sans fortune, mais l'argent ne serait pas un obstacle. est-ce cela ?
LZ JEUNE HOMME — Oui, Ça peut faire ; ajoutez : Pas enclin à la jalousie, mais aimant une femme d'intérieur, car voyez-vous, à défaut d'amour et d'argent, que ma
sun ‘ila
cher tant ur ; nt ) e je , Ot
ais ans
ouar ?
femme m'apporte au moins la fidélité ; il y en a assez qui se marient pour les autres.
L'AGENT [ajoutant] — Bien, Monsieur. [ lisant en écrivant |, femme de principes...
LE JEUNE HOMME — ÿ'erci, monsieur l'agent, ça paraîtra dans le prochain ruméro ?
L'AGENT — Oui, dans le numéro de samedi, en première page, avec votre portrait de profil...
LE JEUNE HOMME [ sortant de l'argent ] — C'est 7...
L'AGENT — Portrait et 5 lignes... 15 piastres…
LE JEUNE HOMME [répétant] — 15 piastres 1. j'espère en avoir pour mon argent. Bonjour, monsieur. [T1 sort.]
L'AGENT — Au revoir, au revoir. [il tire un tiroir et y dépose l’argent.] [On frappe.] Entrez !.