SCENE III L’AGENT, — UNE FILLE Du DEM!-MONDE
L'AGENT — Entrez, mademoiselle, entrez [il offre une chaise mais elle ne s’assied pas ].
JEUNE FILLE [en se tortitlant, déposant de l'argent sur la table ] — Annoncez que je veux me inarier, que je suis jolie, 20 ans, avec toutes les qualités du cœur, du corps et de l'esprit. sans position et sans argent, mais capable au besoin de tout faire pour aider l'homme de mon choix. Il faut que ce soit un bel homme... je ne tiens pas absolument qu’il soit sobre, mais il devra me conduire au bal, au concert, au bazar, aux courses, à la crosse et au théâtre, au moins une fois toutes les semaines... Je serai gentille et aimante à mes heures, pourvu qu'il soit galant et qu'il paye mes toilettes. — Je sais bien que l’homme préfère toutes les autres femmes à la sienne, quand la sienne ne sait pas se l’at-
tacher ; alors sa générosité se manifeste au dehors. Moi, je me charge, à moi seule, de Jui procurer tous les ylaisirs et toutes les satisfactions d'anour-propre et autres qu'il pourra rechercher, mais je veux, par Coïpensation, qu'il laisse ses dollars à la maison.
[ Paul est entré pendant ces quelques phrases et se tient en arrière, écoutant sans être vu |.
L’AGENT — Bien, très bien, mademoiselle... Mettrai. je ce que vous faites ?
La JEUNE FILLE — Rien !.. [se ravisant] Je fais peutêtre une bêtise ( elle se mire dans un miroir pendu au mur ). M'est avis que les charmes valent bien une dot,
L'AGRNT — En effet, mademoiselle, et vous valez bien toute une fortune ( il l’examire avec convoitise }),
LA JEUNE FILLE — Vieux renard !... va!.., (ense tortillant ) c'est dit, n'est-ce pas ? que votre annonce soit alléchante... Au revoir, monsieur l'agent (elle sort en se trémoussant, L'agent la reconduit »