C) PAR L'INJECTION DE TAPIOCA
Le tapioca du commerce est pulvérisé dans un mortier, puis stérilisé au four Pasteur à 180° pendant une demi-heure; on laisse macérer pendant 24 heures, # gr. de cette poudre dans 10 c.c. d'eau physiologique stérile :
1/10° de cerveau virulent est trituré au mortier de manière à obtenir une pulpe homogène, puis dilué au moyen de 10 c.c. de la suspension de fapioca: le tout est injecté dans la cavité péritonéale du cobaye C 249, Après une incubation de 7 jours et une fièvre de 7 Jours, le cobaye est ponetionné le premier jour de la défervescence : la réaction de Weil et Felix est négative.
Le cobaye C 15 reçoit 1/5 de cerveau du cobaye Tunis C 12 et la suspension de tapioca. Après 5 jours d'incubation, il fait une fièvre qui dure
À jours; ponctionné à l’apyrexie, son sérum est dépourvu de propriétés agglutinantes vis-à-vis du proteus X 19.
Le cobaye C 16 reçoit, dans la cavité péritonéale, les mêmes doses de virus et de tapioca : incubation 5 jours, fièvre 5 jours; ponctionné le 119, le 15° et le 20e jours de l’inoculation, son sérum n’agglutine pas le X 19.
Le cobaye C 17 reçoit le 1/5° de cerveau du cobaye Tunis C 12 et 10 c.c. de la suspension de tapioca : incubation 10 jours, courbe fébrile très nette d’une durée de 7 jours; ponctionné à la défervescence et 5 jours plus tard : réaction négative.
Le cobaye C 18 reçoit les mêmes doses de virus et de lapioca dans le périloine, puis pendant les 8 jours suivants 2 c.c. de la suspension de tapioca et le 1/20° du cerveau congelé du cobaye Tunis C 12, en injection sous-cutanée.
Suivi jusqu'au 25° jour, l'animal ne fait pas d'infection fébrile (l'épreuve d’inmunité n’a pas été effectuée). Ponctionné les 15°, 20° et 25° jours de l'inoculation, la réaction de Weil et Felix a toujours été négative.
Dans cette dernière expérience, la réaction de Weil et Felix n'a pas été franchement négative. Dans les tubes de réaction, nous avons toujours constaté, avec le sérum des animaux inoculés de tapioca et de virus typhique, un dépôt microbien à la dilution du 1/25° et quelquefois de 1/50°. Ce dépôt, par agitation du tube, était remis en suspension et se reformait après un repos de 3 à 4 heures à la température du laboratoire. Nous n'avons jamais constaté de phénomène semblable avec les sérums de tous les cobaves typhiques que nous avons examinés.
8. — L'’hypercholestérolémie provoquée ne favorise pas la formation d’anticorps,
décelables chez le cobaye typhique par la réaction de Weil et Felix
Au cours de toutes les intoxications (alcool, anesthésiques), comme au cours de la plupart des infections [7], on sait que l'hypercholestérolémie témoigne de la réaction de l'organisme; nous avons voulu nous rendre compte si l'augmentation expérimentale du taux de’cholestérol sanguin chez le cobaye typhique, ne favoriserail pas la formation d'agglutinines anti-proteus X 19.
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Hector Diacono [9} a remarquablement étudié l'hypercholestérolémie dans ses effets sur l'hémolyse, la résistance globulaire et l'image sanguine du cobaye;
« La cholestérolémie, obtenue par injection d'huile cholestérolée. écrit-il, n'a rien de bien marquant. Il se forme des indurations aux points d'inoculation, qui semblent démontrer que l'absorption du liquide se fait mal. Au contraire, par ingestion d'huile cholestérolée, le taux de cholestérol atteint, dans le sérum, des proportions inattendues. Ce procédé représente à nos yeux une méthode de choix pour obtenir une cholestérolémie expérimentale ».
La technique consiste à fournir, en supplément dans l'alimentation journalière des animaux, une ration de 10 c.c. d'huile d'olive neutralisée et lavée à l'alcool, cholestérolée à 2 gr. 5 %. Cette huile est incorporée à la ration de son (60 gr. pour 2 cobayes), habituellement donnée.
Le taux normal de cholestérol sanguin varie, chez le cobaye, entre 0 gr. 28 et 0 gr. 45 par litre de sérum.
Le cobaye C 295 est soumis au régime son, huile cholestérolée; peu de carottes, peu d’herbage.
Il est saigné 18 jours plus tard; taux de cholestérol sanguin : 1 gr. 72 par litre de sérum.
Inoculé avec le cerveau du cobaye Tunis C 282, il fait une fièvre de 7 jours précédée d’une incubation de 10 jours. Ponctionné à la défervescence,
son sérum est dépourvu de tout pouvoir agglutinant vis-à-vis du proteus Lo)
Le cobaye C 296 est soumis au même régime alimentaire. Le taux de cholestérol sanguin est de 2? gr. 97 par litre de sérum après 18 jours de régime.
Il est inoculé avec le cerveau du cobaye Tunis C 282 : incubation 9 jours, fièvre 6 jours.
Au premier jour d’apyrexie il est saigné par ponction cardiaque : réaction de Weil et Felix négative.
9. — L'’ingestion de lait et l'injection de tapioca déclanchent chez le cobaye typhique, l’ébauche d’une réaction de Weil et Felix positive
Nous savons, par Hector Diacono, qu'une ration alimentaire cons-
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tituée par de l'orge a pour effet d'exercer un action inhibitrice plus ou moins accusée sur l'ensemble du complexe hémolytique. C'est une preuve manifeste de l’action de la nourriture sur les réactions humorales de l'animal.
Ur, le cobaye, dès sa naissance marche et s'essaye à manger: il était intéressant de voir si le manque presque total d'alimentation lactée n'était pas chez lui une des causes de la négativité de la réacton de Weil et Felix.
Deux cobayes sont soumis au régime lacté, c'est-à-dire que chacun d'eux reçoit, pour sa ration journalière, 10 gr. de lait complet en poudre, mélangé à 20 gr. de son, le tout additionné de quelques c.c. d'eau; les 10 gr. de lait représentent 80 c.c. de lait frais.
Après 15 jours de cette alimentation lactée, ils reçoivent dans la cavité péritonéale le virus typhique (cerveau du cobaye Tunis C 32) et 4 c.c. d’une suspension de tapioca.
Le cobaye C 2%, après une incubation de 5 jours, fait une fièvre qui dure 9 jours; son sang est prélevé par ponction cardiaque au premier jour d'apyrexie. :
Surtout à la dilution du 1/25°, nous constatons un dépôt microbien dense; l’agglutination n’est pas franchement nette, le liquide surnageant est clair, limpide, le tube témoin reste trouble.
Le cobaye C 25, après une incubation anormale de 3 jours et une fièvre de 11 jours, fait une hypothermie brusque; l'animal est ponctionné.
Nous constatons dans le phénomène de l’agglutination le même dépôt, surmonté d’un liquide clair, limpide.
En résumé, il semble qu'une alimentation lactée, aidée d'une stimulation des agglutinines par injection de tapioca, détermine, chez le cobaye typhique, l’ébauche d’une agglutination.
10. — Inoculés de virus dans le cœur et de tapioca dans le péritoine, les cobayes typiques produisent de légères agglutinines vis à vis du X 19
4 cobayes reçoivent, dans le ventricule, 2 c.c. d'une suspension centrifugée du virus de Tunis et 10 e.c. d’une suspension très dense de tapioca dans la cavité péritonéale.
Cob. R 15, incubation 9 jours, fièvre 8 jours, est ponctionné à la défervescence; son sérum agglutine très nettement le X 19 à la dilution du 1/25.
Cob. R 46, incubation 9 jours, fièvre 6 jours, est ponctionné; son sérum n'agglutine pas le X 19.
Cob: R #1, incubation 6 jours, fièvre 5 jours; son sérum agglutine légèrement le X 19 à 1/10.
Cob. R 42, incubation 6 jours, fièvre 4 jours; son sérum agglutine le X 19 à la dilution du 1/1®%.
41. — Les cobayes hypercholestérolés produisent des agglutinines anti X 19 quand ils sont infectés par voie cardiaque et inoculés dans la cavité péritonéale avec une suspension dense de tapioca
Les cobayes R 50, R 52, R 53 et R 56 sont mis pendant 12 jours au régime son et cholestérol, puis inoculés dans le cœur avec une suspension centrifugée de cerveau du cobaye Tunis R 46 et, dans le péritoine, avec une suspension dense de tapioca.
Le cobaye R 50, après 10 jours d’incubation, fait une fièvre de 5 jours; ponctionné à la défervescence, son sérum agglutine le X 19 à la dilution de 1/25°.
Le cobaye R 52, incubation 9 jours, fièvre 7 jours, agglutine le X 19 à 1/25.
Le cobaye R 53, incubation 5 jours, fièvre 6 jours, n'agglutine pas le proteus X 19;
Le cobaye R 56, incubalion 8 jours, fièvre 8 jours, agglutine le X 19 à 1/10.
Il est à remarquer que l'injection intrapéritonéale de doses massives de tapioca, en suspension aqueuse, n'est pas toujours bien supportée par l'animal; nous avons eu à déplorer jusqu'à 60 % de mortalité chez les cobayes mis en expérience; {ous sont morts de péritonite suppurée, en général due au bacille du colon.
En résumé, dans des conditions expérimentales déterminées, on peul faire apparaître, chez le cobaye, des agglutinines anti-proteus au cours du typhus expérimental.
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CONCLUSIONS
De l'ensemble de ces recherches, il résulte que :
I. — La réaction de Weil et Felix, c'est-à-dire la séro-agglutination du bacille Proteus, positive chez l'homme et chez les animaux typhiques, est négalive chez le cobaye, infecté de typhus dans les condi- Lions ordinaires de lexpérimentalion. Nous avons vérifié ce fait connu en ulilisant plusieurs virus exanthématiques différents.
II. — Le cobaye est parfaitement apte à produire des agglutinines anti-proteus : il en donne la preuve, lorsqu'on l'inocule de cultures de ce microbe. On ne s'explique pas, dans ces conditions, qu'il ne réponde pas comme les autres animaux, par la production d'agglutimines anti-proteus, lorsqu'on l'infecte de typhus.
III. — Nous avons utilisé toutes les voies possibles pour les inoculations virulentes. Dans quelques cas, l'inoculation intracardiaque a paru suivie d'une légère ébauche de pouvoir agglutinant antiprotéique. Par toutes les autres voies, on obtient l'infection typhique du cobaye, mais la réaction de Weil et Felix reste négative.
IV. — Nous avons modifié, de toutes les manières possibles, sans aucun résultat, lélat physico-chimique des suspensions de bacille proteus, utilisées pour la réaction (chauffage, lyse, fragilisation, alcalinisation, action de diverses substances telles que le tanin). Nous avons tenté de modifier les caractères biologiques eux-mêmes du microbe et nous avons constaté, en particulier, qu'une souche de bacille proteus, passée plusieurs fois par l'organisme du cobaye typhique, tout en restant agglutinable par les sérums des autres espèces animales, ne devient nullement sensible à l'action du sérum des cobayes typhiques.
V. — Nous avons essayé de déterminer ce qui, dans le sérum des cobayes typhiques, pouvait s'opposer à la réaction. La négativité de celle-ci n’est pas due à l'absence d’une substance spéciale, préexis-