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incubation de 8 à 10 jours, il fait une courbe fébrile se terminant par une brusque défervescence et une hypothermie de quelques jours : il produit, comme l’homme, des agglutinines vis-à-vis des Proteus X, à un taux élevé.
Le rat, nous parlons de la variété albinos employée dans les laboratoires d'expérience, réagit différemment selon le typhus avec lequel on l'inocule; dans le cas d'un virus murin, le rat réagit par une fièvre de quelques jours, suivie d'hypothermie : on trouve, dans son Sérum, des agglutinines pour le X19 et pour les proteus agglutinables. Dans le cas du typhus historique, il fait une infection inapparente, sans fièvre, transmissible à un autre animal: il produit également des agglutinines à un faux élevé.
Le lapin fait une infection inapparente, avec le typhus murin comme avec le {yphus mondial: il réagit en produisant des agglutinines vis-à-vis du Proteus X 19.
Le cobaye est le réactif de choix pour l'êtude des fièvres exanthématiques et la conservation des virus. Le tvphus historique du cobaye, comme l'a montré Ch. Nicolle [34}, consiste presque uniquement dans une fièvre, analogue à celle que l’on observe chez l'homme. L'incubation n'est jamais inférieure à 5 jours; la fièvre qui dure # à 12 jours est {toujours suivie d’une hypothermie passagère.
Dans les laboratoires de recherche, l'entretien des virus tvphiques est obtenu par passages de cobaye à cobaye : le cerveau et les capsules surrénales sont les organes les plus virulents. La matière cérébrale est prélevée au début de l'infection, généralement au > ou 3° jour de fièvre, finement broyée, émulsionnée en eau physiologique et inoculée dans la cavité péritonéale de cobayes neufs. Il peut arriver qu'un des cobayes inoculés ne présente aucune élévation de température, tandis que les animaux du même passage réagissent par la courbe fébrile habituelle: or, si l'on sacrifie ce cobaye au moment où les animaux témoins sont en pleine infection lyphique et si on inocule son cerveau à d’autres cobayes neufs, on constate que ces derniers font un {yphus net, se traduisant par la courbe fébrile connue. Les organes du cobaye qui n'a pas réagi sont done virulents: en dehors de toute fièvre, seule la virulence des organes est le signe de l'inlection, C'est de cette constatation qu'est sortie la conception des
Ses
« injections inapparentes » (Ch. Nicolle et Lebailly [40)). Au point de vue analtomo-pathologique, Doerr [44}, à retrouvé, chez le cobaye, des lésions du cerveau, semblables à celles qui ont été décrites chez l'homme.
Les virus murins, chez le cobaye, déterminent, comme le viras historique, une élévation de température; lincubation est généralement diminuée: la courbe fébrile moins prononcée: de plus, Neil [31] a constaté un gonflement scrotal chez les cobayes mâles. Cette remarque a été confirmée et étudiée par H. Mooser [27-28-29] qui l'a retrouvée chez 90 % des animaux mâles, inoculés de virus murin. Ces animaux, Cobayes ou rats, présentent une rougeur et un gonflernenl du serotum, dûs à des lésions spécifiques, localisées à la tunique vaginale et aux testicules. Dans les frottis d’exsudat de la vaginale, les cellules sont bourrées de petits éléments bacillaires appelés Riekettsia Prowazeki du nom des auteurs qui les ont mis en évidence. Ces Rickettsia ont été signalés pour la première fois par Ricketts et Wilder /48-49) en 1910, dans le tube digestif des poux prélevés sur des malades atteints de typhus. Provazek et da Rocha Lima les retrouvèrent en 1913 et ils les virent même dans le sang et les organes des typhiques: da Rocha Lima, en 1916, en faisait l'agent causal du typhus et leur donnait leur appellation actuelle. Ce sont des coccobacilles de 0,2 à 0,3 à de long,, prenant souvent une forme diplobacillaire, non cullivabies sur les milieux usuels et se colorant par le Giemsa.
La relation entre ces petits éléments et le {yphus fut niée par certains auteurs qui les retrouvèrent dans les intestins de poux non infectés et nourris sur des malades non typhiques. Mais, d’après Rocha Lima, il existerait plusieurs sortes de Rickettsia qui se distingueraient suivant leur localisation : tandis que les Rickeltsia Prowazeki seraient initialement intracellulaires, inclus dans les cellules endothéliales de l'intestin [57| ce n'est qu'à la faveur de leur multiplication, provoquant la rupture de ces cellules qu'ils pénètreraient dans la cavité intestinale, les autres espèces de Rickettsia, comme Rickettsia pediculi ou Rickettsia quintana sont exclusivement extracellulaires.
Ces caractères, ainsi que certaines petites différences morphologiques et tinctoriales, les distingueraient de Rickettsia Prowazeki,
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Mooser (ouv. cit.) Pinkerton [44], et Maxcy [25-26] décrivirent la présence de petits coccobacilles dans les cellules endothéliales de la tunique vaginale des cobayes et des rats mâles, inoculés avec un Lyphus murin, et Weigl prouva, par des faits précis, que les Rickettsia se développaient dans l'intestin des poux expérimentalement infectés par voie anale, au moyen d'un matériel typhique (sang virulent, broyat d'organes, etc.). Mais il est un fait important qui déroute les partisans des Rickettsia comme agents, des typhus, c'est qu'à n'importe quel moment de la maladie on ne rencontre jamais ces microorsanismes, chez les animaux, infectés avec le virus mondial.
A l'heure actuelle, les avis sont partagés; les uns voient une relation étroite entre Rickeltsia et typhus, d’autres nient toute action pathogène des Rickettsia, enfin, les médiateurs considèrent ces éléments bacillaires comme la forme visible du virus typhique, dont les proteus X représenteraient l'élément cultivable et non pathogène (Weigl, Breinl).
La Fièvre pourprée des Montagnes Rocheuses détermine chez le cobaye une infection fébrile, très grave pour l'animal, et souvent mortelle; 2 c.c. de sang virulent, injecté sous la peau, suffisent pour reproduire la maladie; l’orchite peut exister; mais elle est tardive, nécrosante.
En résumé, le cobaye est, après l'homme et le singe, l'animal le plus sensible, dans l’ensemble, aux virus des fièvres exanthématiques: il est certes plus sensible que le rat et le lapin. Il réagit toujours par la fièvre qui, quelquefois, est mortelle. Lorsqu'il guérit, il est solidement immunisé. Par conséquent, on devrait s'attendre à trouver dans son sérum, au Cours où au déclin de la maladie, les agglutinines dont Weil et Felix ont montré l'existence chez l’homme et chez les autres animaux typhiques. Or, on ne les y rencontre pas. C’est sur ce point particulier qu'ont porté les recherches, exposées dans les chapitres suivants.