‹ Agnès, ou, La petite joueuse de luth [microforme]Chapitre 11 sur 22 · CRE. - L · texte numérisé non relu

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tête sur une de ses mains. ‘* Je me sens mal, Hélas! mon âme est découragée, et un poids énorme oppresse mon cœur.”

En ce moment Agnès, revenant de Ja montagne, un petit panier au bras, accourut vers sa mère et ditt “ Hélas! ma pauvre maman, je reviens ma corbeille vide; je me suis vainement présentée à plusieurs portes pour demander la charité, on me m'a pas donné , une seule bouchée de pain. Depuis que le bon vieux Jacques est mor :,les personnes auxquelles il nous avait recommandées ont bien changé. ‘ La misère, m'ontelles dit, est trop grande dans ces montagnes ; nous n'avons pas trop de pain pour nous-mêmes.” En revenant, j'ai cueilli quelques fraises pour toi ; c'est tout ce que j'ai pu trouver; mais à quoi aous servira ce peu de fruits ?

— N'importe, dit la mère, c’est toujours quelque chose, et, si faible que soit ce 2. ours, rendons-en grâces à Dieu.”

Agnès ‘regarda sa mère, et, apercevant alors ses yeux gonflés de larmes, elle l'embrassa et lui dit: “ Tu es encore pleuré. Ne pleure plus, chère maman, je ne puis te voir pleurer ; cela me fait tant de peine! Oh ! ne pleure plus, je t'en prie!

-—Calme-toi, mon enfant, tu vois que je te souris,

— Oui; mais tu ne me souris pas de bon cœur... Ah! mon Dieu, comme te voilà pâle ! Je crains que ‘tu ne redeviennes malade ; ne te chagrine donc pas tant, cela me ferait devenir malade aussi : quand je te vois souffrir, je souffre autant que toi. :

Rassute-toi, mon enfant ; vois-tu, depuis que j'ai mangé quelques-unes de ces fraises que tu t'as

apportées, je me sens un peu mieux ; mange le reste.

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RE <<: ss = Oh !'nôn, je n’en prendrai pas une ; elles sont fôute, pour toi, je n'ai pas faim ; et puis d’ailleurs je ae pourrais pas manger, tant je suis triste.” Aïors P'athilde, vivement émue, serra avec tendresse sa fille contre son cœur, puis tout à coup lui dit d’alier à la cabane ramasser le linge et:les vêtements les plus nécessaires et de les lui apporter. C'était pour l'éloigner pendant quelques instants, afin qu'elle ne vit pas les larmes qu’elle ne se sentait plus la force de retenir. ‘‘ Hélas ! s’écria-t-elle dès qu’elle se vit seule, que je suis malheureuse, et surtout de voir souffrir cette chère enfant! Hélas ! il est déjà bien dur de se voir réduite à la nécessité de mendier son pain; mais qu'il est cruel de mendier sans

rien obtenir! … ll ne me reste plus d'autre parti à

prendre que de quitter cet asile, et d'aller avec mon

enfant chercher une contrée moins déserte et plus

hospitalière, au risque de tomber entre les mains de mes ennemis... À Dieu de bonté, soyez mon protecteur, daignez me soustraire à toutes leurs recherches.” Cependant Agnès ne tarda point à revenir auprès de sa mère, apportant sous son bras nn petit paquet de voyage et son luth de l’autre main.

‘* Viens, ma chère fille, nous allons quitter cette cabane, nous ne pouvons y rester sans nous exposer à mourir de faim. Mais avant de partir il faut prier

le Seigneur de guider notre marche incertaine.” Alors …: :.

la mère et la fille se mirent à genoux et adressèrent “au Ciel cette invocation : ‘“ Dieu tout-puissant, Père miséricordieux et plein de bonté, nous vous remer-

tions des bienfaits dont vous nous avez fait jouir davs

ce petit coin de la terre immense que vous avez créée ;

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