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vous allez voir.” Alors il chanta, en sautant et ui gambadant, la chansonnette suivarite :
Le jeune agneau, dans le pacage, Ea liberté, joyeux, content, Cherche, à l'ombre du vert feuillagn L'herbe qu'il broute en gambadant.
On voit comme lui sur la terre L'enfant aimable et gracieux Trouver, près de ss bonne mère, Bonheur non moins délicieux.
La brebis aime la pâture ;
L'enfant trouve excellent son pain.
S'il meurt, l’auteur de la nature. Lui fait trouver douce sa fin.
La franche gaieté de cet enfant charma le chevalier, qui lui exprima sa satisfaction et lui dit : «‘ A présent va rejoindre mon domestique, qui m'attend auprès de ce rocher là-bas. Je désire m’entretenir seul avec l'ermite.
— Bien, bien, seigneur, s'écria le joyeux enfant en s'éloignant; mais ne restez pas trop longtemps, car mon troupeau et moi nous pourrions bien perdre patience.”
Le chevalier s’approch: alors de l'ermitage, et tira la sonnette. Benno sortit. Sa tête vénérable était chauve, une épaisse et longue barbe descendait sur sa poitrine, et il dit : ‘ Que Dieu vous bénisse, noble étranger. Quel sujet vous amène de si grand matin vers ma cellule? et en quoi le vieux Benno peut-il vous obliger ?
—Mon père, reprit le chevalier, le maïheur s’est appesanti sur ma tête, mon cœur souffre. Voilà déjà . Plusieurs nuits que le sommeil v’a fermé mes pau-
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pières. Ayant entendu parler de vos vertus et de l’ef ficacité &e vos prières, j’ai pris la résolution de venir implorer votre secours, et de passer quelques jours avec vous dans votre ermitage, si vous avez la bonté de me le permettre; ne me le refusez pas, je suis un malheureux qui cherche des consolations.
— Oh! s’il en est ainsi, reprit Benno, soyez le bienvenu, tous les malheureux sont mes frères ou mes fils. Pensez que c’est votre père qui vous tend la main. Tout ce que Benno pourra faire pour vous soulager, il le fera ; tout ce que ma pauvre cellule renferme est à votre service. Venez, asseyez-vous sur ce banc de mousse à l’ombre du pommier, car vous devez tre fatigué de la montée, et sans doute aussi vous “-:2 faim et soif. J'irai tantôt chercher des provisions pour le temps de votre séjour. Je trouverai tout ce qu'il faut à une grandé"ferme assez éloignée d'ici, el voilà de quoi attendre mon retour. Je vous offre toutes les provisions de ma cellule, je reviens à l'instant.” .
A ces mots, Benno tira d’une espèce d’armoire une cruche de grès, deux gobelets, une petite miche et corbeille pleine de fruits. 1] posa tout cela sur la table, et dit : ‘* Prenez, noble chevalier ; c’est tout ce que je puis vous offrir en ce moment; d'ailleurs, l'appétit est le meilleur des cuisiniers, et vous n’en manquez pas, je pense.
— Àh ! bon père Benno, repondit le chevalier, je ne pense guère dans ce moment à manger et à boire ;
je suis si affligé.….
— Il ne faut jamais l'être, interrompit le père Benno; vous devez songer sans cesse que les afflic.. agtions même vons viennent de la main de Dieu, Allons, {
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chevalier, videz-cette coupe: le vin épanouît et ranime le cœur de l’homme. Ne repoussez pas les dons du Ciel. A votre santé, vivent les cœurs joveux ! etqu” Dieu console et réjouisse les mélancoliques afin qu’ils redeviennent heureux. Trinquons.
— Hélas ! soupira le chevalier, oui, que Dieu console et réjouisse les mélancoliques, et qu'il préserve les heureux de souffrances aussi cruelles que les miennes !
— Hé quoi ! les souffrances ne sont pasun si grand mal qu’on :e l’imagine. Dieu est un bon père, ses desseins sont toujours sages ; quand il nous envoie des adversités, elles nous fournissent l’occasion ou de nous corriger de nos défauts, ou de nous affermir dans la vertu. D'ailleurs, nos souffrances sont passagères, comme tous les phénomènes de la nature. Le soleil ne peut luire sans interruption ; les vents et les orages sont aussi des bienfaits pour la terre. Il a fallu aussi bien de la pluie et du beau temps pour faire mûrir le vin généreux qui brille dans cette coupe ef en jaillit en perles liquides. Le bonheur et le malheur sont pareillement nécessaires pour foriner de noble caractères, et produire des sentiments élevés et généreux. Que vois-je ! une larme s'échappe de Vos Yeux... Je respecte votre vive douleur; mais. : quel qu'en soit le motif, croÿez-moi, prenez bon courage. Le temps de la pluie, des orages et du tonaerre "2 dure pas toujours, et pour vous aussi brilleront des jours plus sereins.
— lon, jamais, jamais pour moi, soupira le chevalier ; et son regard douloureux se fixait sur la terre.
— Pourquoi non ? d'où vient ce découragement ? Moi aussi, tel que vous me voyez, j'ai beaucoup souffert. J'étais autrefois un vaillant guerrier: j'ai . LE,
‘anis assisté à bien des combats, essuyé bien dés privations el des fatigues, comme aussi j'ai habité bien des
cl Atenux et goûté les maux aussi bien que les jouissances de la vie. Une maudite flèche en me fracassant
le bras droit m'a fermé la carrière militaire. Dès lors
tous les malheurs imaginables sont venus fondre sur moi. Mais aujourd'hui je remercie Dieu des maux qu'il m'a envoyés encore plus que des jouissances qu'il m'avait Procurées ; la prospérité m'enivrait, l'adversité m'a ramené à la sagesse et à la modération. Je croyais d’abord que je ne rirais jamais de bon cœur, el que pour moi il n’y aurait plus sur la terre ni joie ni tranquillité, J'ai pris le monde en dégoût. Je me suis retiré dans ces rochers sauvages : c'est ici, dans celte cellule silencieuse et solitaire, que Dieu me rendit le calme et le repos. Grâce à sa Providence, tout se termine bien ici-bas ; ouvrez donc votre âme à l’espérance, et consolez-vous comme moi.
— Il m'est difficile de croire, mon bon père, qu: vos souffrances aient égalé les miennes. Je vais vous faire le récit de mes infortunes, et vous jugerez.
— Oui, chevalier, contez- moi vous douleurs, cela vous soulagera, et je vous écoulerai avec le plus vif intérêt.”
L'étranger commença ainsi : ‘‘ Je suis le chevalier Adelbert de Haute-Roche, fils unique du comte de Haute-Roche,
— Quoi! s’écria Benno, vous êtes le fils-du feu comte de Haute-Roche ! Soyez alors mille fois le bienvenu, Votre père élait un noble et vaillant che-
valiér ; je l’ai bien Connu, car j'ai servi sous lui. Son château s'élevait Majestueusement sur la cime d'une montagne boisée, comme. Ja tête d’ua roi. Tous les
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environs, champs, forêts, prairies, aussi loin que la vue pouvait s'étendre du haut du château, dépendaient de son domaine. Tous les habitants de ja vallée étaient ses vassaux. Votre mère, que Dieu lait en sa sainte garde! était une dame accomplie, une Âme véritable. ment pieuse et charitable, Vous aussi, cher Adelbert, je vous ai vu plusieurs fois, lorsque vous n'étiez encore qu'un bel enfant brillant de fraîcheur et de santé. Vous n’aviez alors que six ans, el je doute que vous puissiez vous souvenir de m'avoir remarqué dans la 4: foule des hommes d'armes de votre père ; mais moi 4. je me rappelle encore très bien les cris d'enthousiasme | avec lesquels nous avions coutume de vous saluer th toutes les fois qu’au retour d’une Campagne nous : fl étions rassemblés pour la revue sur la place d'armes | du château de Haute-Roche, et que votre père se promenait dans nos rangs.
‘Ah! mon Dieu! comme le temps passe! Vous n'étiez qu’un enfant alors, et vous voilà un homme dans toute la vigueur de l'âge. Oh! je ne puis vous exprimer quelle joie j'éprouve dans ma vieillesse de revoir en vous, mon cher Adelbert, le fils de l’illustre chef qui nous menait aux combats et à la victoire.”
Le chevalier serra affectueusement la main du vénérable ermite et lui dit : ‘ Je ne me souviens pas de vous avoir jamais vu: mais je suis enchanté de rencontrer ici, d’une manière aussi imprévue, un des braves compagnons d’a:mes de mon père; cette beureuse rencontre m'encourage encore plus à vous faire part de mes infortunes. Je continue donc,
. “Après la mort prématurée de mes parents, le chevalier Othen d’Apremont, ami d'enfance de mon ‘ père, me prit dans son château, qui était situé à plu-
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sieurs journées de marche de celui où j'étais né. LA il me donna une éducation soignée, et plus tard il m'accorda en mariage sa fille Théolinde, dont {a beauté ravissante était encore le moindre de ses avantages. Non, il me serait impossible de vous décrire sa bonté, sa piêté, son affabilité et sa douceur. Nous vinmes habiter le château de Haute-Roche, où mon épouse sut bientôt se faire aimer et chérir comme le modèle de toutes les vertus. Un aa après elle donna le jour à une enfant charmante, que nous nommâmes Adelina, et qui surpassait en beauté tous les enfants que j'avais vus jusqu'alors. Dejà cette enfant commençait à grandir, déjà ses yeux me connaissaient, déjà elle me tendait ses bras avec un sourire d'ange, et commençait à bégayer les noms de papa et de maman, lorsque tout à coup la guerre éclata, et je fus appelé à l’armée : il fallait partir s nos adieux furent déchirants ; l'enfant, il est vrai, ne comprenait encore rien à ce qui se passait ; mais sa mère, ma tendre épouse, tomba évanouie entre mes bras...”
Le chevalier essuya une larme, qui vint mouiller ses paupières, puis il reprit son récit,
“* Vous savez quelle malheureuse tournure prit la guerre. La supériorité du nombre nous accabla, Bientôt nous vîmes envahir nos campagnes, saceager nos châteaux, ravager nos villes et nos villages par le fer et le feu. Les funestes nouvelles que nous recevions journellement à l’armée, et mon inquiétude sur le sort de ma femme et de mon enfant, me déterminèrent enfin, ne pouvant’ quitier mon poste, à envoyer un de mes écuyers, déguisé en pèlerin; au château de Haute-Roche pour voir ce qui s’y passait,
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et j'attendis son retour avec anxiété. Mais mon fidèle . écuyer ne revint pas ; je n’en ai plus entendu parler, et j'ignore ce qu'il est devenu. Vous pouvez bien vous imaginer dans quelle perplexité je me trouvais alors. Tout le jour nous combattions les ennemis, et, la nuit, le châgrin et l'inquiétude m’empéchaient de fermer les yeux.
‘6 Enfin la paix fut conclue. Je revins dans mes foyers. Mais quel triste spectacle s’offrit à mes regards! De lojn je vis mes donjons à moitié détruits, et du château paternel je ne retrouvai que les ruines ; l’ennemi, en se retirant, l'avait incendié. Le village situé au bas du château avait été également la proie des flammes. Les malheureux paysans, qui avaient cons. truit de misérables huttes de sapins auprès de leurs maisons réduites en cendres, poussèrent des cris de douleur et de joie en me revoyant. C'est d'eux que j'appris l’affreuse nouvelle de la mort de mon épouse et de ma fille. ‘‘ La bonne dame, dirent-ils, cherchant à se soustraire à la dcmination de l'ennemi, voulut traverser pendant la nuit le torrent qui baigne les murs du château ; mais elle a péri dans les flots avec son enfant, car on a trouvé le lendemain la petite barque renversée, et un voile arrêté dans les roseaux du rivage.” J'avais le cœur brisé quand je gravis à cheval la montagne de mon château pour en visiter l'intérieur. Des larmes brûlantes coulaient sur mes : joues pendani que j’errais au milieu de ces décombres, et que mes regards cherchaient et examinaient encore - les lieux où j'avais passé une si douce enfance, où j'avais goûté tant de félicité comme époux et comme père. Ces ruines immenses m'offraient l'image de
mon bonheur anéanti; - je“ passa toute la nuit assis À
Benno, d'où vous vient cett
- main, un avantage que nous venions sur l'ennemi, Ce cheval
sur un Pilier abattu, et j'appuyai ma tête appesantie contre un pan de muraille encore noirci par les flammes dévastatrices ; mes Yeux fatigués-appelaient
- lesommeil, mais en vain. Mille fois mes regards se
fixèrent vers le ciel, chargé de sombres nuages. Hélas ! je me trouvais à l'endroit même où était
+ autrefois notre petit salon de famille, où pendant de
gues soirées orageuses j'étais assis devant le foyer Palernel, près de Théolinde, avec de braves et fidèles amis, Au moment où je me rappelais ces doux souvenirs, la pluie tombait à flots pressés, la tempête mugissait dans ces murs entr'ouverts ; nulle part dans ces décombres je n'aurais pu trouver un abri contre la fureur de l'orage... Hélas depuis ce temps, mon . château est rebAti, les maisons de mes bons paysans à
Ontété relevées; mon bonheur seul, le bonheur de‘
ma vie, détruit de fond en co se rétablir.
- — Mais vous ne m'avez pas dit, fit observer
mble, ne saurait jamais
— Ceci, répondit Adelbert, me rappelle encore un cruel souvenir. Nous avi un chevalier peu estimé à cause de son ca déloyal, connu comme un dissipateur,
Un soir, nous étions avec plusieurs autres chefs dans
une réunion, célébrant joyeusement, le verre à la
de remporter er, nommé Slein, fit tomber
la gageure que
è D in UE, + ne de ne à a + = dire à Le re Se . SRE EE
NT RU Te HE N . e É nes OR Re \ + * mn sas, 1% es rs 5 A + Cr é, : ER 3 ps + «
dans l'espace de vingt-quatre. heures il saurait me
tirer la bague du doig* sans que je m'en aperçusse, La chose que je regardais dans ce moment comme impossible se réalisa cependant dès la nuit suivante, Stein avait probablement glissé un narcotique dans mon verre, et profita de mon sommeil as me dé-
rober la bague, car dès le lendemain ma je m’aperçus qu'elle avait disparu. Je payai la gageure et redemandai ma bague ; mais Stein, aussi dé‘oyal que querelleur, me la contesta, sous prétexte qu’elle était comprise dans la gageure et devenue sa propriété, Ce
gage chéri de ma bien-aimée Théolinde m'était trop
précieux pour y renc acer aussi facilement ; il en résuMa un combat à outrance dans lequel mon adver. saire me renversa d’un coup de glaive à travers le visage, et avant que ma blessure fût gnérie, Stein avait quitié l’armée et pris la fuite. Plus tard j'ai appris d’une manière certaine que cet homme déloyal s'était laissé gagner par un des chefs de l’armée ennemie pour m'enlever ce bijou, et qu'il en avait reçu une somme considérable. Et cependant je ne puis encore concevoir quel motif pourrait avoir porté l'étranger à se procurer à un si haut prix un bijou qui, pour moi, était presque sans valeur. Toujours est-il que la ruse la plus infernale m'a privé du sou-
venir le plus précieux que je tinsse de ma chère :
Théolinde.” À ces mots, Adelbert jeta autour de lui des regards
tristes et sombres, quand tout à COUP ses yeux ren-
contrèrent la barpe, s"spendue à l’arbre à l'entrée de
l'ermitage. ‘“ Voilà un instrument, dit-il, qui me :
rappelle encore le souvenir de ma pauvre Théolinde, Be “aimait la harpe, et en jouait d'ane manière
‘sdmirable, en l’accompagnant d’une voix mélodieuse, de me rappelle qu’un matin, c'était avant notre “mariage, je. lui fis présent d’un petit bouquet composé de muguet, de violettes et de vergiss mein nicht.(1) C'étaient ses fleurs favorites. Dans la soirée du même jour elle me dit avec un charmant sourire : Vois, mon Adelbét, l’aimable petit bouquet que tu m’offris ce matin, je l'ai porté sur mon sein; déjà il est presque tout fané ; mais voici un autre petit bouquet que je l'offre à mon tour ; pour celui-ci tu le plauteras dans ton cœur, et il s’y conservera.” Alors-elle me chanta une romance qu’elle avait composée elle-même au sujet de sestroisfleurs favorites, et qui restera tou- . Jours gravée dans ma mémoire.
— Seriez-vous assez aimable, lui dit Benno, pour me chanter cette romance com posée par votre défunte Théolinde ? je vous aCcompagnerai volontiers sur la harpe dès que j'en au-ai säisi l'air,”
Adelbert commença à chanter, tadis que Benno l’accompagnait sur la harpe.
Parmi les fleurs de la prairie
Que Dieu créa pour l'embellir, J'en aime trois ; leur odestie Charme toujours mon souvenir.
La jeunesse en fait des guirlandes Pour parer le chapeau coquet ; Moi, qui les destine aux offrandes, Je les unis dans un bouquet.
Symbole de douce innocence, Le uoçusr, de sa blanche fleur, En l'honneur de la Providence, Exhale sa suave odeur,
(1) Myosotis. |
Elancé de son vert feuillage, Chaque bouton, en fleurissant.
Sem le rendre un sincère hommage À la gloire du Tout-Puissant.
La tendre et douce viouxrre,
Qui se cache sous le gazon, Humblement ouvre sa clochette
Pour embaumer l'air du valloo.
Elle étale avec complaisance
Ses doux parfums, ses simples iéeurs ; Emblème de la bienfaisance,
Elle sourit à tous les cœurs.
Quand la bienfaisante rosée
A rafraichi le sol brûlant,
Plus belle on voit la cxnmanpaéz Ouvrir son calice charmant, Sans cesse elle se renouvelle, Du jour si vif bravant l'ardeur :
C'est l’image toujours fidèle
De l'amitié, du vrai bonheur.
Reçois ces trois aimables fleurs Que pour toi ma main a cueillies.
Leurs rarfums, leurs tendres couleurs
. L'emyortent sur les plus jolies ;
Ton cœur doit dire en les voyant :
Des vertus elles sont l'emblème ; Cher époux, en les imitant,
On trouve le bonheur suprême.
Cette romance plut singulièrement au vénérehls anachorèle, et il insista pour que le chevalier Adelbert passât ja journée entière à l’e Benno promit de lui servir lui-même de lendemain matin ; en consé avait montré le chemin à ses parents.
ou
rmitage.
guide le quence le petit pâire qüi Adelbert fut renvoyé chez
La jeune bergère.
Depuis la mort de Jacques, les ressources de l’ik. :
… fortunée Mathilde avaient éprouvé une sensible dimi- nution. Ce bon et honnête vieillard avait eu l’heu- Feux talent de procurer un débouché facile et avan-
tageux aux ouvrages d’aiguille de la pauvre veuve, Beaucoup de personnes à qui son âge et ses manières
- engageantes avaient inspiré de l'intérêt, lui donnaient de nouvelles commandes plutôt par égard pour lui que Par compassion de la dame infortunée qu'on ne con: naissait pas. Aussi la laborieuse comtesse avait quelquefois tant de travaux à faire, qu’il lui arrivait souvent de prolonger ses veilles fort tard. En outre, | plusieurs dames charitables, sur les sollicitations de cé serviteur dévoué, envoyaient d'assez abondants secours en vivres. La mort de Jacques fit tarir ses ressources ; la diminution de la recette par le manque de commandes et la suspension des secours ne permirent plus de faire face aux dépenses nécessaires, Les privations de toute espèce affaiblirent tellement la santé de Mathilde, qu'elle ne pouvait plus marcher qu'à l'aide d’un bâton. À la fin, elle se trouva si
|: sbattue, qu’elle fut forcée durant plusieurs semaines
de garder le lit. Pourtant quelques faibles secours
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2 «00 -éourage ; elle se leva, et, vêtue de sa robe de grand devil, couverte d’un voile noir, appuyée eur
un bâton, elle sortit de sa cabane, s’assit sur un bâne —
de mousse, et placa sa corbeille à ouvrage à côté d'elle. ‘* O mon Dieu, dit-elle en relevant son voile et jetant autour d’elle un regard de mélancolique satisfaction, il y avait si Icngtemps que je ne m'étais trouvée sous ce beau ciel d'azur ! depuis longtemps je
n'ai vu le feuillage vert des arbres qu’à travers les
” étroites fenêtres de ma cabane. Que ces trois semaines
passées sur mon lit de douleur m'ont semblé longues!
Avec quel bonheur je viens ici respirer cet air si doux et si frais ! Grâces, grâces vous soient rendues, à mon: Dieu, qui avez daigné me rendre la santé. Pourtant je me sens encore faible, très faible...” é Elle prit son ouvrage et voulut se meltre à coudre ;mais,-voyant qu'elle n’en avait pas la force, elle dit en soupirant: + Je ne puis, c’est impossible : mes yeux se troublent, ma main tremble : je ne suis pas en état de faire un seul point... ; et cependant il le
faut, nous n'avons plus de ain; hier nous avons. ’ ”
mangé notre dernier morceau. En ce moment la
‘moindre nourriture me ranimerait.” Elle essaya done de travailler; mais l'ouvrage tomba de ses mains
* défaillantes, etelle répéta encore : ‘ C’est impossible ! mon Dieu ! comment ferai-je ? comment nourrir ma file et moi? Nous faudra-t-il mourir de faim dans ce
désert? O mon Dieu ! mon Dieu! s'écria-t-elle avec ….
‘un douloureux accent, nous avez-vous oubliées? Ne songez-vous plus à nous? Oh ! envoyez. nous au moins
des consolations et de l’espoir, si Vous ne voulez pas -
‘uous envoyer des secours...” Un torrent de larmes t'échappait de ses Yeux ;- elle se rassit et APPUYA da
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