CHAPITRE PREMIER
Historique
Le phénomène de l’agrandissement de la fente palpébrale a ête observé depuis longtemps dans divers états pathologiques et physiologiques, mais plus particulièrement dans les premiers.
C’est ainsi qu’au dix-huitième siècle encore, Pourfour du Petit(37) (*) avait remarqué que le grand nerf sympathique du cou donnait des rameaux qui « portent des esprits dans les yeux », comprenant, par cette expression, les divers phénomènes qui se passent du côté de l’œil, quand on agit sur le grand nerf sympathique du cou et, au nombre de ces phénomènes, la modification dans les dimensions de la fente palpébrale.
En 1816, Dupuy (9), professeur à Alfort, en 1837, Brachet (4) et John Reid (21), mentionnent les mêmes phénomènes.
Neuf ans plus tard (en 1846), Biffi de Milan (36)
(‘) Les numéros d'ordre se rapportent à notre Index bibliographique.
ds VOTE emploie, pour la première fois, la galvanisation du sympathique du cou et observe les phénomènes oculo-palpébraux par excitation du sympathique, à savoir : agrandissement de la pupille et de la fente palpébrale, propulsion du glohe oculaire au dehors; 'etc..:
En 1852, Claude Bernard (2) et, à la même epoque, Brown-Sequard, reproduisent les expériences de Biffi et décrivent d’une manière définitive les phénomèenes causés par l'excitation et la section du grand sympathique. En outre, Claude Bernard (3) fait connaître les faits de la section du nerf facial tels que : légère surdité et bourdonnement de l'oreille, diminution de la sécrétion salivaire et du goût du même côté, paralysie des muscles de la face innervés par ce nerf, où nous trouvons, ComINe conséquence, la large ouverture de la fente palpébrale, qui accompagne les autres phénomènes de la paralysie.
Tel est le bilan de notre dette à la science expérimentale sur l’agrandissement de la fente palpébrale.
Au point de vue clinique, l’agrandissement de la fente palpébrale a été observé dans plusieurs affections. ,
Dans la maladie de Basedow, un des signes les plus frappants, de la triade symptomatique de cette maladie, est certainement celui des yeux : saillants et largement ouverts, caractère qui a même servi pour la dénomination de la maladie goître exophtalmique. Or, l'historique de l’agrandissement
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de la fente palpébrale, dans cette maladie, se confonda entièrement avec l'historique de la maladie même, et sur ce point, il parait définitivement établi, d’après les recherches de M. Rendu (39) et malgré les revendications de priorité de la part de quelques auteurs allemands, que le-médecin anglais Parry serait le premier qui a remarqué la maladie en question. Il a rapporté, en effet, dans ses travaux édités en 1825 (35), cinq observations où sont notés les principaux traits du goitre exophtalmique sans guère insister sur leur coïncidence.
De Graves (16), dans ses leçons, professées en 1833, et publiées en 1843, rapporte de nouvelles observations et marque nettement qu’elles constituent une nouvelle entité morbide.
En 1840, le médecin allemand von Basedow (1) publie son retentissant mémoire sur la maladie qui porte son nom, en signalant le premier les yeux. « à fleur de tête », phénomène quil explique par une hypertrophie du tissu graisseux de l’orbite, consécutive à une maladie du cœur et des gros troncs vasculaires. Basedow rapportait alors le goître exophtalmique à une dyscrasie qui se caractérise rait par des végétations glandulaires et un entasse= ment humoral dans le tissu connectif, et où l’affection du cœur ne serait, comme dans la chlorose, qu'un symptôme secondaire.
Après Basedow, les publications sesont multipliées parmi lesquelles nous citerons celles de James Begbie, ce Stockes (46), de Rombere;, de von Graefe à l’étranger, et en France, celles de Charcot (6), qui le pre-
BR PARU mier, a attiré l'altention sur cette affection, dans sa communication à la Société de Biologie (1856), de Trousseau, en 1860, et plus tard celles de Marie, de Ballet, etc...
En 1849, White Cooper (55) fait remarquer ce que son ami Dalryample avait dejà signalé, qu’en dehors de l’exophtalmie, il existe dans la maladie de Basedow une rétraction sympathique de la paupière, et que souvent même cette rétraction est la seule manifestation oculaire de cette maladie.
Mais on n’y prêta une attention particulière qu’après que de Graefe (15) eût, en 1864, de nouveau insisté sur ce symptôme. AE
En 1898, James Hinshelwood (19) rapporte une observation de goitre exophtalmique avec symptômes
oculaires unilatéraux, dans laquelle sous l'influence
du traitement par l’antipyrine, la rétraction palpébrale, qui avait été très marquée, disparut complè tement, alors que le signe de de Graefe persistait encore. L. Tollemer (48) pense aussi que ces deux phénomènes avaient une origine diverse.
Dans son Tailé d'ophtalmologie de 1880, M. de Wecker (53) dit avoir observédans le goitre exophtalmique, l’hystérie et l’ataxie locomotrice, le phènomène de rétraction des paupières due aux excitations du sympathique.
En 1884 et 1886, Landouzy et Déjérine (22) signalent l’agrandissement de la fente palpébrale sans exophtalmie (l’œil plus largement ouvert), dans les atrophies musculaires progressives chez l’enfant.
Jacobson et Berger l’ont observé, accompagné
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d’exophtalmie, dans le tabes, et Charcot(S)le signale chez les parkinsoniens.
En 1896, notre maître, M. Frenkel (11), publie une observation sur une varieté particulière d’agrandissement de la fente palpébrale.
Enfin, nous trouvons, dans l’ouvrage si complet de Wilbrand et Saenger (54), quelques notes sur l'agrandissement de la fente palpébrale, accompagnées d'une observation sur ce phénomène dans un cas de syringomyélie.