‹ Agriculture généraleChapitre 42 sur 86 · W OT · texte numérisé non relu

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l'ajonc, des bruyères et des genêts. On les utilise, après défrichement, par des boisements de pin maritime, dont les produits ligneux s'écoulent avantageusement sur le marché de Paris, pour l'usage des boulangers et des pâtissiers. Quand le sable devient argileux, et imperméable par la présence d'une couche d*argile en sous-sol, le pin cède la place au bouleau et au chêne.

On évite, en S^ologne, de cultiver les sables blancs, propres au pin maritime et au pin sylvestre. Ce dernier est plus résistant à la gelée, mais d'une croissance moins rapide que le premier. Ces sables sont maigres, difficiles à fertiliser. On y fait quelquefois, après défrichement de pin, quelques récoltes de seigle, de sarrasin, de pommes de terre et de navets. La fertilité acquise pendant la période forestière est très vite épuisée par les cultures. Les terres cultivées n'occupent que de faibles espaces comparativement aux surfaces boisées. Il y en a des lambeaux peu étendus , situés sur la plaine, ou bien au fond des vallées. Ces terres silicéo-argileuses, après qu'elles ont été marnées ou chaulées, drainées quand elles sont humides, deviennent aptes à donner de bonnes récoltes de. froment, de seigle , d'avoine , de sarrasin, de topinambour, de trèfle mélangé de raygrass, de maïs fourrage et de prairie naturelle.

Aux environs de Paris, les sables de Fontainebleau portent des taillis et des futaies de bouleau, de chêne et de châtaignier. Le pin sylvestre s'y montre en belle futaie. On y fait peu de cultures. Néanmoins l'asperge et le seigle y viennent bien, pourvu qu'ils soient fortement fumés. Avec des eaux abondantes et beaucoup de fumier, on peut y pratiquer des cultures maraîchères, faciles à façonner sur un sol léger et attaquable en toute saison.

Argiles à meulières.

Les terres à meulières se composent d'argile, dans laquelle sont empâtés des moellons de meulière, pierre bien connue à Paris et très employée pour la confection des maçonneries hydrauliques. Les fondations des maisons, les fortifications, les égouts sont faits avec cette pierre siliceuse, celluleuse, prenant bien le mortier, et n'ayant rien à souffrir de la gelée ou delà pluie. Autant on Testime pour la maçonnerie, autant on en redoute la présence dans le sol et le sous-sol, oti elle arrête et brise les instruments aratoires. Les argiles à meulières, quand elles ne sont pas recouvertes d'une bonne couche de diluvium quaternaire, constituent des terres fortes, imperméables, très difficiles et très incommodes à labourer. Nos ancêtres se gardaient bien de les consacrer à des cultures ; la lande ou le boisement était leur unique destination. Les qualités qui font rechercher ces pierres pour les constructions de Paris ont permis d'en purger, avec grand profit, les champs oîi elles faisaient obstacle au développement des cultures. On voit, dans la Brie, de riches exploitations assises sur des terres franches (limon des plateaux), dont le sous-sol n'est autre que l'argile à meulières. Le drainage, le chaulage, de forts labours, et d'abondantes fumures ont porté ces terrains à un très haut degré de fertilité. C'est là qu'on admire les plus belles récoltes de céréales et de fourrages ; on y cultive avec le même succès la betterave, pour la fabrication de l'alcool ou du sucre. Ces champs, constamment nettoyés par les façons données aux plantes sarclées, sont rarement envahis par les mauvaises herbes. Chez les cultivateurs les moins soi-

gneux, on voit parfois les avoines après blé envahies par une multitude de moutardes sauvages. Les avoines disparaissent sous le tapis jaune doré de cette détestable crucifère, à tel point qu*on en fauche des fleurs au-dessus de la céréale. C'est un palliatif, qui ne guérit pas le mal radicalement. Les fleurs échappées à la faulx, au milieu de l'avoine, donnent une graine qui mûrit et tombe sur le sol avant la moisson. Cette semence se conserve indéfiniment dans la terre, n'attendant qu'une occasion et des conditions favorables pour envahir et affamer d'autres cultures. Sarcler attentivement la betterave et les autres plantes semées en ligne, déchaumer le sol après la récolte du froment et de l'avoine, semer l'avoine sur le vieux labour qui a permis aux graines de moutarde de germer et d'être détruites au moment de l'ensemencement, éviter de mettre l'avoine après le blé comme on le pratique dans l'assolement triennal ; telles sont les règles et les procédés suivis par les agriculteurs qui obtiennent des avoines bien nettes et exemptes de moutarde sauvage. En agissant ainsi, le sol reste propre et apte à rapporter, en froment, 3o à 40 hectolitres de grain par hectare ; en avoine, 5o à 60 hectolitres; en betterave, 40 à 5o,ooo kilog. de racines ; en fourrages mélangés de luzerne et de sainfoin, 8, 000 à 10,000 kilog. de foin sec. Tels sont les résultats obtenus sur les exploitations les mieux tenues et les mieux dirigées de la Brie dont le sol dérive du limon des plateaux et le sous-sol des argiles à meulières.

Terres des argiles à silex remaniées et non remaniées.

Cette roche offre une grande analogie avec les argiles à meulières des environs de Paris; elle en diffère seule-

ment par les silex qui ne sont pas celluleux comme la meulière , mais compacts et arrondis sur leurs contours. Sous l'argile remaniée, se trouve une autre argile non remaniée, à silex en gros rognons, plus ou moins sphériques, mamelonnés, blancs à l'extérieur et noirs à rintérieur, semblables aux rognons de la craie, mais beaucoup plus volumineux. Ces deux sortes de silex sont employés comme matériaux de route et de construction; ramassés sur le sol ou extraits du sous-sol, ils reçoivent un emploi fort utile pour l'entretien des routes et la construction des maisons, des bâtiments de ferme et des murs de clôture. Les pays à argiles à silex, s'ils souffrent de la mauvaise nature du sol, ont du moins l'avantage de jouir de routes excellentes et supérieures à celles des régions calcaires.

Les argiles à silex couvrent des espaces considérables dans les arrondissements de Chateaudun, de Chartres, de Vendôme, de Dreux et d'Évreux. Dans le département d'Eure-et-Loir, ces argiles caractérisent la mauvaise Beauce; elle diffère de Tautre Beauce, qui s'étend dans le Loiret et le Loir-et-Cher, par son imperméabilité et sa pauvreté en carbonate de chaux. Les marnages y sont difRciles et onéreux, la couche marneuse se trouvant à d'assez grandes profondeurs au milieu des couches aquifères. La nature argileuse des terres, leur imperméabilité et les silex qu'on y rencontre en grande quantité, apportent de sérieux obstacles aux travaux de la culture. Le sol est intraitable par l'humidité et par la sécheresse. Les récoltes y souffrent de l'humidité en hiver. Le drainage corrigerait en partie ce grave défaut, mais il coûte fort cher, à cause des silex dont le sous-sol est maçonné.

Abandonnées à elles-mêmes, les argiles à silex se couvrent de landes (bruyères et ajoncs). Elles se prciont assez bien au boisement par le pin sylvestre, le bouleau,

le chêne et le charme. Ces essences s'accommodent principalement des flancs de coteaux, où Tinclinaison des surfaces favorise l'assainissement du sol. Le pommier vient aussi dans une telle situation et donne un cidre supérieur à celui de la plaine.

Les argiles à silex, ingrates pour les cultures, deviennent moins nuisibles quand elles sont recouvertes du limon des plateaux. Ce dernier est silicéo-argileux, meuble, exempt de pierres et facile à travailler. Seulement l'imperméabilité des argiles sous-jacentes ne lui est pas favorable.

Pendant Thiver, Teau du sol s'évapore lentement par TefFet des basses températures; de plus, les pluies sont longues et fréquentes. Dès lors le sous-sol se gorge d'eau, et cette eau remonte à la surface, dans le limon des plateaux. Il faut alors disposer les cultures en billons ou en petites planches, afin d'obtenir l'assainissement superficiel. Une fois le sol et le sous-sol remplis d'eau, ils deviennent impénétrables aux pluies. Ces dernières coulent à la surface, dissolvant et emportant à la rivière les parties solubles des engrais, et ravinant Je limon des plateaux pour peu que les champs soient en pente. Si les surfaces manquent d'inclinaison, le mal acquiert plus de gravité ; les eaux sont stagnantes au milieu des cultures qui meurent par l'asphixie et la pourriture de leurs racines. Les particules silicéo - argileuses du limon descendent au bas des champs, et s'accumulent sur la bande engazonnée qui règne, sous le nom de chaintre^ le long des clôtures. Il s'y amasse, en même temps, les parties solubles des fumiers et des engrais chimiques. Le cultivateur vient reprendre périodiquement cette espèce de terreau plus fertile que le sol de son champ; il le pioche, et le charrie pour le répandre à nouveau sur les surfaces les moins

26o AGRICULTURE GENERALE.

bonnes et les moins profondes. Cette opération, dite déchaintrage, équivaut, pour le champ, à une bonne fumure; on y trouve en outre l'avantage de faciliter l'assainissement du sol, le chaintre, creusé par Tenlèvement de la terre, occupant la partie la plus basse du champ et jouant le rôle de collecteur pour le prompt égouttement des eaux pluviales. Les cantons où domine Targile à silex, dans le sol et le sous-sol, ont tout à redouter de rimperméabilité de cette roche qu'on ne saurait trop étudier, et qui occupe des surfaces importantes dans l'Indre-et-Loire, le Loir-et-Cher, l'Eure-et-Loir, et TEure. Elle est bien caractérisée par les silex, Jaunâtres et noirâtres, qui s'y trouvent cimentés avec des argiles rouges, violacées ou blanches. Ces dernières existent principalement à une grande profondeur. Dans le voisinage de la craie marneuse, sa couleur blanche et son état un peu grenu la feraient facilement confondre avec la marne, d'autant plus qu'elle se délite à l'air. Mais on acquiert bien vite la preuve que ce n'est pas de la marne, en voyant qu'elle est insensible à l'action des acides.

L'argile à silex atteint parfois une puissance considérable. Des puits qui ont 1 5 et 20 mètres de profondeur, aux environs de Mondoubleau, sont creusés tout entiers dans l'argile à silex. La forte épaisseur de cette assise est une circonstance aggravante pour l'extraction de la marne qu'on retire de la craie marneuse, après avoir traversé cette puissante couche d'argile.

Dans le Perche et le Loir-et-Cher, aux environs de Mondoubleau, les assises géologiques sont ainsi superposées, de bas en haut :

lo Limon des plateaux.

2" Argiles à silex.

3" Craie marneuse.

4" Sables du Perche.

AGRICULTURE GENERALE. 2bi

Le sol et le sous-sol sont formés de ces quatre roches. Les meilleures terres dérivent du limon des plateaux; elles occupent les niveaux les plus élevés du pays. Ce sontdesterresde consistance moyenne, silicéo-argileuses, faciles à façonner, fertiles et propres aux céréales, aux racines et aux autres fourrages, quand elles ont été fertilisées par le défoncement, le marnage, les fumures et les engrais chimiques phosphatés et azotés. Elles possèdent naturellement assez de potasse. On y recueille de belles récoltes quand elles n'ont pas eu à souffrir de la présence, en sous-sol, de l'argile à silex, dont l'imperméabilité en hiver nuit beaucoup à l'assainissement du sol.

L'argile à silex, lorsqu'elle se rencontre à la surface, ne peut donner que de mauvaises terres, très pénibles à labourer par leur ténacité, et par la présence fréquente de gros cailloux siliceux. Ces mauvaises terres occupent heureusement moins d'étendue que le limon des plateaux; filles se montrent à des niveaux inférieurs sur les flancs <les vallées.

La craie marneuse apparaît rarement à la surface; on l'observe, çà et là, dans les vallées, immédiatement après l'argile à silex.

Les sables du Perche viennent, après la craie marneuse, au bas des vallées; il est rare qu'ils y fassent des champs d'une certaine étendue. Souvent la craie marneuse fait défaut sur les flancs des vallées, et les couches apparentes se réduisent à l'argile à silex et aux sables du Perche. Souvent encore les argiles et les sables sont invisibles, et l'argile seule occupe les coteaux depuis le haut jusqu'aux alluvions basses de la vallée.

Quant aux couches aquifères utilisables pour les besoins de la ferme, on les trouve, tantôt au bas de l'argile à silex, et tantôt sur la craie marneuse. Quand on traverse l'argile et la craie, pour atteindre les sables, ceux-ci de-

viennent perméables, et on est obligé d'aller plus loin, jusqu'au niveau inférieur des vallées pour retrouver des couches aquifères.

L'argile à silex produit souvent, à mi-côte et au bas des vallées, des sources précieuses comme eau potable propre à tous les usages de la campagne. Ces eaux sont légèrement calcaires.

L'imperméabilité des argiles à silex est mise à profit pour la construction des mares destinées à Tabreuvage des animaux. Elles tiennent l'eau comme des maçonneries hydrauliques. Quand elles sont suffisamment grandes, et bien situées pour recevoir les eaux pluviales toujours abondantes , pendant Thiver, sur les plateaux imperméables, il est facile d'y emmagasiner toute l'eau dont on a besoin en été et en automne. C'est ici qu'on peut apprécier le rôle que les roches les plus voisines de la surface du sol remplissent dans les exploitations du Perche. Les sables du Perche servent à toutes les constructions, et contiennent dans leur masse, un grès ferrugineux très dur, qu'on emploie comme pierre de taille résistant à Teau et à la gelée. L'argile à silex fournit des matériaux de route et de construction. Avec la craie marneuse, on fabrique de la chaux, qui tient le milieu entre la chaux grasse et la chaux hydraulique. Le sable, les silex, la chaux permettent de confectionner d'excellente maçonnerie avec les seules ressources du pays. L'argile à silex a pour utilité principale de constituer les réserves d'eau, dont on a toujours besoin dans un pays où les animaux delà ferme donnent lieu à d'importantes spéculations. La craie marneuse fournit, sous le nom de marne, le calcaire dont le sol est dépourvu, soit qu'il dérive du limon des plateaux ou de l'argile à silex. Voyons si cette argile peut remplir un rôle utile en ce qui concerne l'alimentation

des plantes. Tout porte à penser que sa composition chimique varie dans d'assez fortes proportions. Prise à différentes profondeurs, elle varie de couleur et de consistance ; les silex qui y sont empâtés varient également en nombre , en grosseur et en couleur.

Ici les silex se touchent et forment de véritables murailles ; plus loin, c'est l'argile qui domine , et, dans quelques endroits, on trouve de l'argile pure sans aucun caillou et sans poudingue. L'argile rouge supérieure, associée à des cailloux, analysée par MM. Risler et Colomb-Pradel, adonné la composition suivante, pour looo parties de terre fine :

Acide phosphorique 0.162

Carbonate de chaux 0.450

Alumine et oxyde de fer 75.000

Acide sulfurique traces.

Magnésie 0.600

Azote total o. 3o6

L'échantillon d'argile rouge à silex, pris à o«»,8o de profondeur, renfermait : 90 p. 1 000 de pierres et de gros sable et, 910 p. 1000 de terre fine. La potasse dosée est celle qui est attaquable par l'acide nitrique. Cette argile à silex n'est pas aussi argileuse qu'on pourrait le supposer; pour 1000 parties de terre fine, on ne trouve que y 5 parties d'alumine et d'oxyde de fer. Elle est loin d'être infertile; elle suffît largement à l'alimentation des essences forestières (chêne , charme , bouleau , pins divers) et à celle du pommier et du poirier à cidre ; répandue à la surface du sol, quand celui-ci manque de consistance et de fraîcheur, elle en augmente la fertilité en le rendant moins desséchant et en lui apportant de la potasse, de l'acide phosphorique, delà chaux, de l'azote et de la

magnésie. L'expérience confirme les données de l'analyse. L'argile rouge à silex, répandue sur un gazon, augmente la vigueur et l'abondance des espèces fourragères. Reconnaissons toutefois que les éléments utiles à la végétation n'y sont pas aussi abondants que dans les terres douées d'une bonne fertilité, et l'opération du terreautage par l'argile à silex exige , pour qu'elle soit avantageuse, que les frais de transport ne soient pas considérables, et que le sol à terreauter soit de nature à profiter des propriétés physiques et chimiques de cette argile.

Voici une expérience qui démontre les qualités fertilisantes de l'argile à silex. A l'occasion d'une plantation de pommiers, on a ramené l'argile rouge du soussol au pied de chaque sujet. Pendant plusieurs années, les céréales et les fourrages ont été meilleurs autour des jeunes arbres que dans les autres parties du champ. C'est la preuve que l'argile rouge du sous-sol contient plus de substances fertilisantes que le sol, épuisé de longue date par un mauvais système de culture. Il est entendu qu'il faut exclure de l'opération du terreautage les argiles blanches qui, par une plus forte proportion d'alumine hydratée, passent à l'état de glaise tendre , très mauvaise pour les plantes et très difficile à ameublir. Les meilleures, pour un tel travail, sont les argiles rouges composées comme celle dont on voit plus haut la composition chimique; celles-là ne contiennent . pas une forte dose d'alumine. C'est plutôt la silice libre, fine et impalpable , qui domine dans leur composition minérale. Elles se délitent à l'air et sont assez faciles à travailler. Elles ne se tassent pas sous l'action de la pluie. Parmi les roches tertiaires, l'argile à silex, dans le bassin parisien, prend , en agrologie, une place très importante par l'étendue des surfaces qu'elle occupe sur

plusieurs départements, et par les cultures sur lesquelles elle exerce son influence à Pétat de sol ou de sous-sol. Telles sont les considérations qui m'ont déterminé à en faire une étude aussi complète que le permettent les travaux les plus récents de la géologie et de la chimie agricole.

Parmi les roches du bassin parisien , il en est encore d'autres qui méritent d'être mentionnées, bien qu'elles ne s'étendent jamais à de grandes surfaces. Les marnes du gypse engendrent, sous le Mont-Valérien, à la ferme de Pouilleuse, dans le parc de Versailles, à la ferme de Gally, au bois de Vincennes, près de la redoute de Gravelle, des terres marneuses d'une bonne composition, d'une moyenne consistance, suffisamment perméables et fraîches, et reconnues excellentes pour la culture des céréales et des fourrages. La luzerne et le sainfoin s'y plaisent et y donnent de bons rendements; la betterave et la pomme de terre, convenablement fumées, s'y cultivent avec succès et profit.

Les glaises vertes et l'argile plastique, assez rares à la surface, ne peuvent donner que de mauvaises terres, qu'on n'a aucun intérêt à cultiver. L'avantage qu'on peut en retirer, c'est d'y trouver des sources, précieuses pour les besoins des exploitations. Les sources de l'argile plastique alimentent d*eau les populations qui occupent les villages situés sur les deux coteaux de la vallée où se trouve l'école d'agriculture de Grignon.

Le calcaire grossier affleure sur plusieurs points des départements de Seine-et-Oise, de l'Oise et de Seine-et- Marne. On l'exploite comme moellon à bâtir, et comme pierre de taille. Cette roche a joué un rôle considérable dans la construction des monuments publics et des maisons de Paris et de Versailles. Elle a moins d'importance en agrologie; cependant il y a, sur le territoire

de Grignon, et sur les coteaux de la Seine, de Paris à Meulan, quantité de champs, formés exclusivement des détritus du calcaire grossier. Il en est résulté un sol blanchâtre, léger, perméable, à sous-sol plus ou moins rocheux. Ce ne sont pas de bonnes terres; le sous-sol rocheux gêne beaucoup le travail de la charrue. L'extrême perméabilité du sol expose les plantes à beaucoup souffrir de la sécheresse. Le fumier de ferme s'y décompose avec une extrême rapidité. Les engrais chimiques, facilement entraînés à travers le sous-sol, n'y donnent pas de résultats satisfaisants. Près de Paris, on y fait volontiers des petits pois : semés de bonne heure, ils atteignent une précocité impossible à obtenir sur des terrains moins calcaires et moins secs. Le sainfoin s'y plaît assez bien, ainsi que la minette et l'orge d'hiver. L'abricotier et le cerisier, en bonne exposition, s'y montrent vigoureux et productifs quand la roche s'est ameublie à une bonne profondeur.

Si le sol manque de profondeur, le pin sylvestre, le bouleau et le sainte-Lucie offrent le seul moyen d'y développer une végétation qui dissimule l'aridité et les défauts de ces terrains.

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