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Partie fine pour 1000. CaUlotix , gros sable

3o2 AGRICULTURE GENERALE.

i,ooo grammes de parties fines contiennent :

Acide phosphorique 0^460

Carbonate de chaux 7.250

Potasse attaquable à l'acide nitrique I.428

Magnésie o.5oo

Azote total 0.971

Acide nitrique 0.017

Ammoniaque o.o3o

Voilà un limon fertile, cultivé intensivement par un très habile agriculteur. Il donne, avec de bonnes fumures, de magnifiques récoltes de betteraves, de céréales et de fourrages. Cependant ce sol accuse des proportions insuffisantes diacide phosphorique et de chaux. Nous devons en conclure qu'une terre qui ne contient pas, pour i.ooo kilog. de parties fines, i kilog. d'azote, I kilog. de potasse et i kilog. d'acide phosphorique, peut néanmoins se couvrir de riches cultures ; si elle elle est profonde, meuble, fraîche, et si elle reçoit, par des engrais, tout ce qui lui manque pour la bonne alimentation des plantes. Ne sait-on pas que des sables stériles sont aptes à produire d'abondantes récoltes, pourvu que, par des engrais bien composés, on les enrichisse des substances qui favorisent le développement des cultures? La prairie Goëtz, placée sur les craies de la Champagne, ou les sables de la Sologne, atteint des rendements de 10,000 et i5,ooo kilog. de foin sec par hectare quand , la température aidant , on applique au sol de grandes quantités d'engrais azotés et phosphatés. Malheureusement par les fortes fumures d'engrais chimiques solubles et assimilables, on s'impose de grandes dépenses pour une fertilité d'un jour. La récolte de l'année et les eaux pluviales ne laissent, pour l'année suivante, presque rien de tout l'engrais artificiel confié

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au sol ; les mêmes substances (azote , acide phospho-^ rîque , potasse et chaux) révélées par l'analyse du sol , peu solubles et lentement assimilables, offrent, cet immense avantage de se dépenser avec lenteur, et de ne pas disparaître par l'effet des eaux courant à la surface ou filtrant dans le sous-sol. Les cultures de l'année n*en absorbent qu'une faible partie , et il en reste toujours un stock considérable pour les cultures ultérieures.

Cette provision accumulée dans le sol se désignait autrefois sous le nom d'humus ou de vieille graisse.

Un hectare de terre, à 0,20 de profondeur, pèse 4 millions de kilog. ou 3 millions, suivant qu'on admet, pour la densité du sol, 2 kilog. ou i k. 5oo. Ce dernier chiffre est le plus près de la vérité, c'est celui que nous adopterons. Si nous l'appliquons à la terre de Montigny, citée plus haut, voici ce que contient le sol, en matières fertilisantes accumulées et peu assimilables, déduction faite de la portion pierreuse.

Acide phosphorique . . . 0.460 X X 3. 000. 000 = 1.278''

Carbonate de chaux... 7.02i> X X 3. 000. 000 = 20.160''

Potasse 1.428 X ^^ X 3. 000. 000 = 4.960^

Magnésie o.o5o X -^— ^ X 3.ooo.ooo = 1.840''

Azote total 0.071 x -^-^ X 3. 000. 000 = 3.640''

Le calcul est basé sur une profondeur de o™,20. Les bonnes terres atteignent généralement au moins o"\3o de profondeur, dans la région des sucreries. Ajoutons en outre que la betterave plonge ses racines au delà de o",3o

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de profondeur. Elle dépasse o",5o. Dans ce cas, on peut admettre que la plante trouve, dans le sol et le sous-sol, deux fois plus de principes fertilisants que l'analyse n'en accuse pour une profondeur de o"»,20. Une bonne récolte de betteraves de 5o,ooo kilog. enlève au sol, d'après les tables de Wolff :

Azote 80 k, acide phosphorique 45", potasse i5o*, chaux 20»'.

On voit qu'il y a dans le sol des substances alimentaires pour un très grand nombre de récoltes. Néanmoins si on y faisait des cultures sans addition d'engrais, les résultats ne seraient pas satisfaisants, on aurait à peine des demi-récoltes. C'est que les substances en question ne sont assimilables que pour une faible partie, il faut compléter ce qui manque par du fumier et des engrais chimiques. Les doses à employer seront d'autant moins fortes que l'analyse aura révélé dans le sol, des quantités plus considérables de substances utiles aux plantes.

Nous savons ce qu'est le limon des plateaux dans les départements d'Eure-et-Loir, de l'Oise et de Seine-et- Oise. Examinons sa composition physique et chimique dans d'autres localités.

Terre du limon des plateaux analysée par M. Pagnoul, directeur de la station agronomique du Pas-de-Calais.

Échantillon pris dans une bonne terre à blé, à l'école d'agriculture de Berthonval (Pas-de-Calais).

Graviers 8 pour 1 000.

1000 de parties fines contiennent :

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Acide phosphorique. i . 2 1

Potasse 3.17

Carbonate de chaux 11.70

Azote 1 . 24

Ce sol est fertile et peut rendre 3o hectolitres de blé par hectare, quoiqu'il ne renferme guère que i ^ de calcaire. L'acide phosphorique, la potasse et Tazote s'y trouvent en quantités suffisantes. Les terres fertiles n'en contiennent pas davantage, cependant, il est indispensable d'y répéter souvent les fumures d'engrais chimique et de fumier de ferme.

Sur un autre territoire, celuid'Esquière, un limon plus argileux et plus calcaire, a donné à l'analyse les résultats suivants :

100 de graviers pour i.ooo.

1000 de parties fines contiennent :

Acide phosphorique 2 . 1 1

Potasse 2.98

Carbonate de chaux 1 55 .65

Azote 2 . 1 3

En réduisant de 10^ ces chiffres, à cause des graviers, on obtient encore une richesse très supérieure à celle de la terre précédente. Cependant ce sol d'Esquières n'est pas de bonne qualité; le cadastre l'a mis en troisième classe, rang bien justifié par les récoltes qu'on en retire. Ceci prouve qu'il serait imprudent de juger les terres exclusivement d'après l'analyse chimique; la richesse en principes fertilisants n'est pas utilisée par les plantes, si le sol, au lieu de se montrer meuble et finement divisé , reste motleux et compact par suite de sa nature tenace et argileuse. C'est le cas du sol d'Esquière; il ap-

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partient aux terres argilo-calcaires , dont Tameublis-

sement offre de grandes difficultés par la sécheresse ou ar les temps humides. Ne perdons pas de vue que la ertilité du sol ne se réalise que par un heureux ensemble

de conditions physiques et chimiques.

Examinons un limon du Perche, aux environs de Mon-

doubleau, analysé par MM. Risler et Colomb-Pradel.

ANALYSE PHYSIQUE

Gros Mble et pierrot poar 1000. Parties fines.

Pour 1000 parties de terre fine, il y a :

Acide phosphorique o.32o

Potasse attaquable par l'acide nitrique 0.680

Carbonate de chaux o . 35o

Alumine et oxyde de fer 23.750

Acide sulfurique traces.

Magnésie 0.750

Azote total o.gSS

C'est une bonne terre à blé, véritable terre franche, facile à travailler, reposant sur Fargile à silex qu'on trouve en moyenne à o'*^,5o de profondeur, et dont l'imperméabilité réagit sur le sol et lui. communique, en hiver, un excès d'humidité nuisible aux cultures.

Ce limon ne réclame pas d'engrais potassique, mais il est avide de superphosphate de chaux. Cet engrais lui rend deux principes fertilisants, dont il a été appauvri, depuis un temps immémorial, par l'exportation annuelle du froment e tdes animaux d'élevage des espèces chevaline, bovine, ovine et porcine. Les engrais azotés sont moins nécessaires; l'analyse en révèle une quantité suffisante.

Toute la contrée fait une consommation énorme de superphosphate de chaux. Pour le froment, on remploie à la dose de 5oo kil. par hectare, avec un dosage moyen de ii % d'acide phosphorique. Une bonne récolte de froment ne prend au sol que 3j kil. d'acide phosphorique. Néanmoins nous avons reconnu qu'il en faut davantage pour atteindre un rendement satisfaisant en grain. Il est possible que ce soit la pauvreté du sol en chaux qui justifie cette anomalie.

Par l'emploi du superphosphate, on fournit au sol de l'acide phosphorique et de la chaux. Ce superphosphate résultant du traitement du phosphate tribasique (Ph O^ 3 CaO) par l'acide sulfurique, contient toujours les trois équivalents de chaux répartis dans le sulfate de chaux et le phosphate monobasique ou bibasique de chaux. 1 1 kil. d'acide phosphorique correspondent à i3 kil. de chaux; 5oo kil. de superphosphate dosant 1 1 % d'acide phosphorique, fournissent au sol, 55 kil. d'acide phosphorique et 65 kil. de chaux. Cette chaux, participant à la solubilité du phosphate et du sulfate de chaux, est sans doute plus assimilable que l'infime quantité constatée par l'analyse. Ce sol n'en renferme pas la sixième partie de ce qui est nécessaire, en supposant qu'on se contente d'une dose de i ^ . Voilà encore l'exemple d'un terrain qui donne autant de blé qu'une terre fertile, pourvu qu'à 10,000 kil. de fumier bien décomposé, on ajoute 5oo kil. de phosphate de chaux dosant 55 kil. d'acide phosphorique et 65 kil. de chaux. On sait d'ailleurs qu'une récolte de 40 hectolitres de froment ne consomme que les doses suivantes d'éléments fertilisants :

kll.

Azote 92.6

Acide phosphorique 37.0

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kU.

Chaux 25.2

Potasse , 116.2

Magnésie 12.0

En vue d'un produit, non pas de 40 hectolitres de grain, mais de 25 à 3o liectolitres, les meilleures terres du plateau du Perche reçoivent : 1° 10,000 kil. de bon fumier et 5oo kil. de superphosphate de chaux. Ces engrais contiennent :

Famier. Saperphosphate. Totaux,

kil. kil.

Acide phosphorique — 26 55 81

Potasse 63 » 63

Azote 5o » 5o

Chaux 5o 65 ii5

Magnésie 24 » 24

L'engrais possède plus d'acide phosphorique, de chaux et de magnésie qu'il n'en faut pour la culture du froment; mais la céréale consomme plus d'azote et de potasse qu'il n'y en a dans Tengrais. Seulement ces deux substances existent en bonne proportion dans le sol, et c'est là que la plante trouve ce qui est nécessaire pour compléter ce qui manque dans l'engrais.

C'est bien ainsi que les choses doivent se passer, puisque les engrais potassiques ou azotés, qu'on ajoute aux autres substances fertilisantes, n'exercent pas un effet appréciable sur le froment.

Les contrées privilégiées, dont les terres labourables dérivent du limon des plateaux, possèdent, dans le nord de la France, les exploitations les plus riches et les mieux cultivées. C'est la région des sucreries et des distilleries de betteraves. Ailleurs, si ces sortes de terres sont moins fertiles et moins productives, c'est qu'on s'est abstenu d'y pratiquer les améliorations qui sont

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nécessaires pour en faire de bonnes terres arables. A l'état inculte, elles ne produisent que de la lande; mais défrichées, approfondies, phosphatées, chaulées, et au besoin drainées, elles constituent d'excellentes terres, aptes à produire en abondance toute espèce de récoltes, de fruits et de légumes, sans imposer à l'exploitant de fortes dépenses d'engrais, de main-d'œuvre et d'attelage.

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