iO
Max.
Optin
Orge
Rny-grass anglais.
Pavot
Fève
Fromental
Colza
Lin
Minette
Seigle
Chanvre
Pois
Moutarde blanche.
Trèfle des prés... Luzerne
DKGRÉS CENTIGRADES.
Max. Optim
La graine qui germe absorbe de l'eau et se gonfle (1) ; une humidité constante n'est pas à rechercher : il faut que la semence se sature d'abord d'humidité, puis se maintienne dans un milieu frais.
Phénomènes morphologiques et physiologiques de la germination. — Lorsque la semence germe, c'est d'abord la radicule qui se fait jour au dehors, sous forme d'un filament blanc d'ivoire, bientôt apparaissent la tigelle et la gemmule. Chez une graine saine et vigoureuse, la radicule et la tigelle se dégageront immédiatement du tégument ; lorsque la semence est affaiblie par des circonstances défavorables de maturité ou de conservation, la tigelle rampe pendant quelque temps entre l'amande et l'écorce avant de déchirer l'enveloppe pour saillir au dehors; des radicules translucides, contournées, dénotent également la mauvaise qualité des semences (fig. 4, 5 et 6).
Le scutellum du grain de blé sécrète des diastases qui
(1) Cette pénétration a Heu par le hile, point d'attache de la semence avec la plante-mère.
dissolvent Tamidon, les matières grasses, les matières azotées des réserves, employées à la nutrition de Fembryon ou brûlées par la respiration de la graine ; les aliments organiques sont seuls utilisés; les substances minérales dont le jeune végétal fera plus tard sa nourriture exclusive lui sont alors nettement défavorables.
Fig. 4. — Blé en germination.
A, germination d'un grain sain ; B et C, germination de grains malades ; r, radicelles; t, ligelles.
La germination peut être contrariée par la présence de certaines substances toxiques ; le sulfate de cuivre, employé, comme nous le verronsplus loin, contre la carie, tue les graines mutilées ou blessées par la machine à battre ; la kaïnite, le crud d'ammoniaque, qui renferme des sulfocyanures, doivent être répandus un certain temps avant les semailles pour ne pas nuire à la germination ; l'acide phénique, le sulfate de zinc, qui accompagnent parfois l'engrais humain employé comme fumure, peuvent exercer également une influence nuisible. Le sulfure de carbone, utilisé pour détruire les insectes et les larves qui détruisent les semences, est par contre sans action défavorable dans les conditions ordinaires.
Achat des semences. — Le cultivateur devra porter toute son attention sur l'achat des semences qu'il doit
iO
confier au sol, et son examen devra considérer les points suivants :
1° L'identité botanique ;
2° La provenance ;
3° Le degré de pureté ;
4° Le poids individuel ;
5'» La teneur en eau ;
6° La faculté germinative ;
7° L'énergie germinative.
Identité botanique. — Les graines des végétaux possèdent, en général, des caractères particuliers qui les distinguent nettement. La détermination de l'identité botanique ne présente donc pas de difficulté, sauf pour les semences des plantes du groupe Brassica (choux, colza, navette, etc.), pour lesquelles il est nécessaire de faire une coupe et d'examiner le tégument au microscope.
Provenance. — L'adaptation parfaite des plantes au milieu où elles végètent impime aux semences des caractères particuliers, qui renseignent sur leur provenance. Parfois l'examen extérieur donne peu d'indications, et il est alors nécessaire d'examiner les impuretés qui accompagnent souvent les graines.
Les luzernes et trèfles d'Amérique contiennent les semences d'une cuscute spéciale à gros grains et un plantain spécial, noir et tronqué (1) ; les lins de
Fig. l
■ Graine germant.
(1) Le plantain européen est brun et lancéolé.
DE LA GRAINE. il
l'Inde se reconnaissent aux grains de maïs, millet, sorgho, riz, qui y sont mélangés; ceux de Russie sont souvent souillés par la graine de la grande cameline, etc.
Impur* tés, — On appelle impureté toute matière étrangère contenue dans les graines ; certaines sont des substances inertes (terre, sable, balles, semences stériles) ; d'autres son£ des graines étrangères, des spores de champignons, des semences de parasites, etc. ; ces dernières constituent un danger sérieux pour les cultures.
L'examen de la pureté des semences nécessite des connaissances et une technique spéciales. 11 existe des Stations d'essais de semences destinées à cet usage (1). L'échantillon de graines (200 grammes environ) est étudié avec soin ; les^ semences, vannées, criblées, sont séparées d'après leur espèce botanique.
Liste des impuretés les plus dangereuses contenues dans les semences agricoles.
( Ivraie enivrante Lolium temulentum.
Graminées Brome stérile Bromus sterilis.
\ Folle avoine Avena fatua.
Polygonées . . . . Renouée Ji feuilles de patience. Poligonum lapathifolium,
Chénopodées.. . Ansérine blanche Chenopodium album.
Plantaginées.. . Plantain lancéolé Plantago lanceolata.
) Mélampyre des champs Melampyrum arvense.
Rhmanthacées . > Rhin^nthe crète-de-coq Rhinanthus cristatus.
Borraginées. . . . Gremil des champs Lithospermum arvensis.
, Liseron des champs Convolvulus arvensis.
Convolvulacées. ^ Cuscute du lin Cuscuta epilinum.
' Cuscute du trèfle Cuscuta epithymum.
i Bluel Centaurea cyanus.
Composées . . . . j Chardon Cirsium arvense.
Rubiacées Gaillet, gratteron Galium aparine.
Onibellifères . . . Caucalide à feuilles de carotte. Caucalis daucoides.
Silénées Nielle des prés Agrostemma Githago.
.. i Moutarde des champs Sinapis arvensis.
Crucifères | Ravenelle Raphanus raphanistrum.
fienoDculacées . Renoncule des champs Ranonculus arvensis.
Champignons. . Grains ergotes, cariés.
Parasites animaux Anguillule dévastatrice Anguillula devastatrix.
(1) A Paris, dans les locaux de l'Institut agronomique, 16, rue Claude- Bernard.
f2 LES SEMAILLES.
Lorsque, sur un poids P de semences, on trouve un poids p d'impuretés, on exprime le résultat en énonçant
le coefficient de pureté déVini parle rapport ^•
Poids individuel, — Teneur en eau. — Le poids individuel des semences est utile à connaître et renseigne sur le volume de l'embryon et des réserves mises à sa disposition ; les graines plus lourdes produisent des végétaux plus vigoureux et plus hâtifs.
Le teneur en eau donne au cultivateur des indications sur la facilité de conservation des semences ; la teneur moyenne est environ de 14 p. 100.
Faculté germinative. — La faculté germinative doit être connue avec exactitude et indique la valeur des semences confiées au sol ; on la détermine au moyen d'essais de germination.
Sur un échantillon de la semence considérée, on choisit 100 graines, par exemple, qui sont placées dans les conditions les plus favorables à la germination ; au bout d'un certain temps, on compte les semences qui ont formé une „. , t. . . radicule; s'il en existe 90, la faculté
Fijr. 6. — Hancot . . , .
au début de la gcrmmative s exprimera par 90 p. 100. germination ra- [Jne faculté germinative de 60 p. 400, ^''^^^- 85 p. ^00, indique donc que, sur 100
r, radicule. graines de la variété considérée, 60 ou
83 seront susceptibles de germer.
Ces essais de germination s'effectuent à l'aide de germoirs. Il en existe un grand nombre (germoir de Nobbe, germoir Orléanais, etc.) ; le meilleur, et sans contredit le plus simple, consiste dans une simple feuille de papier buvard repliée ; les semences étant placées à l'intérieur, on humecte d'eau le papier buvard, maintenu ensuite dans un continuel état d'humidité (Schribaux). L'assiette qui sert de support est placée dans une pièce à tempéra-
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ture moyenne en été, ou sur la cheminée en hiver (20 à 25*»).
Ce dispositif, très simple et peu coûteux, permet la germination régulière des graines ; pour les laboratoires «t les essais en grand, on se sert ordinairement d'étuves spéciales.
La connaissance de la durée de Ja germination n'est pas indifférente ; une semence germe bien, quand la moitié des graines émettent une radicule pendant Je tiers du temps nécessaire à la germination totale de Téchantillon (1).
On appelle valeur cuUurale le produit du coefficient de pureté par la faculté germinative.
Énergie germinative. — On examinera utilement la rapidité et la régularité de la germination : les semences de bonne qualité germent vite et presque toutes en même temps.
Fraudes. — Ces considérations n'ont pas seulement un intérêt théorique, elles servent au cultivateur à se mettre en garde contre les fraudes nombreuses auxquelles sontsoumises les graines. Les tromperies peuvent en effet s'exercer :
1® Sur l'origine ;
29 Sur la nature ;
3® Sur la quantité ;
4» Sur la qualité.
Origine. — Suivant leur origine, les graines ont des valeurs bien différentes au point de vue agricole ; les semences de légumineuses d'Amérique, par exemple, vendues comme graines françaises, donnent naissance à des végétaux moins productifs et attaqués facilement par les maladies cryptogamiques.
Nature. — Relativement à l'identité botanique des
(1) L'essai doit durer au moins dix jours pour les céréales, les crucifères, le Irèfle, la luzerne» le pois, la vesce ; quatorze jours pour la bellerave, le fromental, le sainfoin, le ray-grass; vingt et un jours pour les graminées des prairies en général.
semences, deux graines provenant de végétaux différents peuvent avoir des aspects extérieurs identiques et posséder néanmoins des valeurs agricoles et commerciales très dissemblables ; on introduitparfois frauduleusement les semences les moins chères dans le lot des graines d'un prix élevé. C'est ainsi que les semences de choux (1500 francs les 100 kilogrammes) sont fraudées avec des graines de colza torréfié (19 francs les 100 kilogrammes) ; on mélange au vulpin des prés (180 francs les 100 kilogratnmes) de la houque laineuse (60 francs les 100 kilogrammes) ; la flouve odorante (390 francs les 100 kilogrammes) contient des graines de flouve de Puel (75 francs les 100 kilogrammes) ; laluzerne(160 àlSOfrancs les 100 kilogrammes) est mélangée de minette (60 francs, les 100 kilogrammes), de mélilot, de luzerne d'Amérique, etc.
Quantité. — Les tromperies sur la quantité consistent soit à se servir de faux poids, soit à donner aux semences un poids factice, en les saturant d'humidité, en y introduisant des matières inertes (sables colorés, balles de graminées, fer oolithique). L'introduction de semences étrangères torréfiées est une fraude habile; ces graines ne germant pas ne peuvent déceler la tromperie.
Qualité. — Les fraudes sur la qualité consistent en une série de manipulations destinées à masquer les altérations des semences, leur état de vieillissement ou leur faible valeur.
L'oxydation du tégument donne aux vieilles semences une coloration foncée ou cuivrée (trèfle, luzerne) : les négociants peu scrupuleux font disparaître celte nuance en faisant agir l'acide sulfureux ou l'acide picrique.
Si le soufre a été employé, on reconnaît son action par la teinte rouge que prend le papier de tournesol bleu lorsqu'on y place la semence humide ; dans le cas d'une plus faible attaque, on lave à l'eau distillée, et l'on fait agir le chlorure de baryum, qui donne un précipité blanc ;
Tacide picrique se reconnaît à la coloration rouge qu'il donne avec le cyanure de potassium.
Pour permettre l'écoulement des vieilles semences, on emploie aussi l'action de l'huile. L'huilage tue le» graines faibles ou malades et retarde la germination des bonnes semences (Gérer). On décèle cette fraude en plaçant les graines suspectes dans l'alcool chauffé légèrement : après refroidissement, l'alcool se trouble (Settegast). Certains lots de graines sont de plus écrémés, c'est-à-dire que les plus belles graines de luzerne, de trèfle, sont extraites par criblage et vendues eh Angleterre et en Allemagne, où elles se paient très cher (1) (Schribaux). L'agriculteur achetant ses semences doit demander la notification, sur la facture, du nom exact et de l'origine de la marchandise, de la pureté pour 100, de l'absence d'impuretés nuisibles (de cuscute dans les légumineuses fourragères, de pimprenelle dans le sainfoin double), ainsi que de la faculté de l'énergie germinalive et du poids de mille grains. 11 est toujoui^ avantageux d'opérer ces achats par l'intermédiaire des syndicats^ agricoles.
Qualités d*une bonne semence. — Une bonne graine marchande doit réaliser un certain nombre de conditions^ indispensables. Elle doit tout d'abord correspondre au nom botanique qu'elle porte, et la garantie d'origine doit être fournie par le marchand, ainsi que le taux des^ impuretés. Le poids individuel peut donner des indica-^ tions sur l'origine (2) ; pour une même variété, les grains
(1) Le cow-gfrass, appelé sur le marché anglais trèfle vivace, provient ei> grande partie des trèfles de Bretagne criblés à outrance (Schribaux).
(2) Les différences observées peuvent être assez sensibles, comme le prouvent les chiffres suivants correspondant au trèfle :
Poids de 1 000 grains.
Trèfle de Norvège âs^SSO
— Bretagne Ss^iTS
— Suède 26r,510
Poids de 1 000 grain»
Trèfle des Ardennes. . . . Se^^j^SO
— de Provence.... Se^HO
— d'Amérique Ss^SOO
i8 LES SEMAIUES.
«diminuent de poids en alknt du nord au sud et de Test à l'ouest.
Le degré de pureté varie avec les espèces et les moyens d'épuration dont on dispose; la facture du négociant Klevra renseigner à cet égard et contenir en plus, pour les trèfles et luzernes, la garantie d'absence de cuscute, ^t, pour les sainfoins, Tabsence de pimprenelle (Voy. p. 20). Le poids individuel est intéressant à connaître, les semences les plus lourdes étant toujours préférables; mais le poids à l'hectolitre ne doit pas servir de hase aux marchés, les plus petites semences offrant, ^râce à leur facile tassement, le plus fort poids à l'hectolitre, avec le plus faible poids individuel.
La faculté germinative doit être soigneusement établie, et enfin il est un certain nombre de qualités extérieures •qui peuvent également être prises en considération : la bonne graine doit être coulante, donner au toucher une impression de sécheresse et présenter une couleur normale et une odeur franche.
Pour les graines de betteraves, en particulier, l'agriculteur doit examiner si les semences répondent aux •conditions suivantes :
1° Renfermer au plus 3 p. 100 d'impuretés (terre, -débris de tiges, etc.) ;
2° Doser au plus 3 p. 100 d'eau;
3° Sur 100 glomérules, 60 au moins doivent germer après cinq jours et 80 après quatorze jours ;
4^ Fournir au moins 150 germes sains par 100 glomérules et 70000 germes par kilogramme de semences lîrutes. Ces conditions soiit, en grande partie, sous la dépendance des procédés de production et de récolte des graines de betteraves (fig. 8).
Les tolérances admises sont les suivantes :
Impuretés 1 p. 100.
Humidité 2 —
Faculté germinative. 5 —
Dans le nombre des glomérules germes, une différence de 1 200 germes par kilogramme avec le nombre trouvé à l'analyse et le nombre réglementaire est également tolérée.
Le cultivateur doit moins se préoccuper, dans le cas des graines de betteraves, de la faculté germi native
Fig. 8. — Récolle des graines de betteraves (Hilier).
totale que de l'énergie germinative, c'est-à-dire de la rapidité de la germination qui fournit le meilleur indice sur la vigueur des germes; les premiers sortis constitueront les meilleures plantes, les seules à conserver au démariage. La réduction du taux d'humidité des semences de betteraves accroît notablement la faculté de l'énergie germinative.
Toutes ces conditions doivent guider le cultivateur dans l'achat de ses semences, caria législation actuelle ne protège pas suffisamment l'agriculteur. Il serait à souhaiter que des dispositions législatives obligent le négociant à indiquer sur la facture la composition exacte des semences
vendues : nom — origine — pureté — faculté germinative — poids de iOO grains — absence d'impuretés nuisibles et de cuscute pour les trèfles et luzernes (Schribaux).
Une meilleuie application de la loi du 24 décembre 1888, qui donne aux préfets Tautorisation de décréter obligatoirement la destruction des plantes nuisibles, permettrait également de diminuer le nombre des mauvaises semences vendues dans les lots ordinaires.
En attendant ces nouvelles applications législatives, les cultivateurs devront réaliser leurs achats de semences avec circonspection, nejamais acheter de mélanges qui facilitent la fraude, et faire vérifier leurs graines par les stations d'essais de semences, qui, moyennant une faible rétribution, donnent la teneur exacte et la valeur de l'échantillon (1).
Les groupements de cultivateurs : Syndicats agricoles ou Associations pour la vente ou Tachât des produits, pourront rendre dans cet ordre d'idées de grands services-