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XII PRÉFACE

inentation rationnelle du bétail, que présida avec tan t d'autorité M. le sénateur Mir, nous ont permis d'établir les principes définitifs réglant cette importante question de la conservation des racines.

L'a^rriculteur intelligent et avisé ne doit pas se contenter de bien produire, il doit vendre judicieusement. Le commerce des produits du sol a pris dernièrement une orientation nouvelle grâce klsi coopérât ion eikV association; aussi avons-nous cru indispensable d'étudier la constitution et l'établissement des Kornhàuser allemands et des Élévateurs américains, afin d'aider au développement de ces utiles institutions, dont l'importance économique commence à se faire sentir en notre pays.

L'étude historique, pratique, économique des assolements termine ce second volume de I'Agriculture générale et règle les pratiques judicieuses de la technique agricole.

Dans un premier volume, nous avon^ léfini les propriétés caractéristiques du sol, du sous-sol, et établi les différentes méthodes d'analyse permettant d'estimer la fertilité des terres. L'étude des labours et des quasi-labours a constitué la seconde partie de ce premier volume. Nous avons ainsi conduit les terres jusqu'à cet état d'araeublissement, d'aération, qui les mettent en état de recevoir les graines d'où germeront les récoltes futures.

L'illustration de ce volume a pu être l'objet de soins attentifs, grâce aux obligeants prêts de MM. Hitier, Schindler, Budin, GufTroy, Hartman, Couturier, directeur au Bureau d'études sur les engrais, aidé par son érudit collègue du Bureau méridional d'études sur les engrais.

Paul Diffloth.

Juillet 190(5.

LES SEMAILLES ET LES RÉCOLTES

La préparation du sol étant achevée et les engrais épandus, il faut confier à la terre la semence qui doit donner naissance à la plante cultivée.

La semence, considérée dans son acception la plus large, est un organe végétatif qui renferme le germe d'un individu semblable à celui dont elle provient. On peut distinguer deux catégories de semences agricoles :

l» Les graines provenant de l'action de deux individus, mâle et femelle, et présentant, indépendamment des propriétés des ascendants, des caractères spéciaux qui constituent leur individualité et les différencient ;

2° Les tubercules, boutures, bulbes, qui reproduisent l'individu dans toute son intégrité.

Une variété de pommes de terre, un cépage particulier, une tulipe de coloration spéciale, sont fixés lorsqu'on les multiplie au moyen de tubercules, de boutures, de DiPFLOTH. — Agriculture. II. — 1

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bulbes ; la reproduction par semis expose au contraire à dévier du type original dont la graine provient. Ces déviations se présentent d'ailleurs avec une fréquence variable selon les espèces ; les blés, les avoines, les céréales en général sont à peu près complètement fixées ; des graines provenant d'un même plant de pommes de terre peuvent donner, par contre, jusqu'à quatre sortes de tubercules se différenciant par des caractères de coloration, de forme, de précocité, etc.

On utilise pratiquement cette variabilité pour l'amélioration des espèces cultivées ou la création de variétés particulières.

La graine. — En agriculture, on distingue en général sous le nom de « graines » toutes

Oies semences sèches comprenant :

t^QO 1° ^es graines proprement dites

(colza, pois) ; A B 2° Les fruits simples (blé, sain-

^ foin)(fig.i);

3° Les fruits composés (betterave, A, graine de blé de pimprenelle) provenant de la réu-

grandeur naturelle : c, *^. ^ , , '. « .. ,.,

embryon ; - B, coupe mo» de plusieurs fruits (1).

transversale : ï, tégument ; Lcs graines se composeut en priu-

a, amande. • -n i i j^ i

cipe d une enveloppe et d une amande.

L'enveloppe est le tégument extérieur qui joue un rôle de protection. On y distingue trois assises : !<> l'assise mécanique, qui s'oppose à la facile pénétration de l'eau et permet ainsi la conservation des semences, en évitant la déperdition des principes solubles. Dans certains cas, l'épaisseur de cette zone peut être un obstacle à la germination, comme dans les graines dures : moutarde blanche, mercuriale, nielle, etc. ; 2® la deuxième enveloppe est la zone hygroscopique, qui se gonflera sous la lente pénétration de l'eau ; 3° la troisième

(i) ScHRiBÀUX et Nakot, Botanique agricole (Encyclopédie agricole, Baillière).

est la zone colorée ou chromatique, qui donne aux graines leur aspect et leur couleur particulières (fig. 2)-

Le tégument des haricots, pois, fèves, et en général celui des grosses semences de légumineuses, se laisse facilement traverser par l'eau, qui permet ainsi une rapide germination ; par contre, les petites semences de la famille des légumineuses :

luzerne, trèfle, lotier,lupuline, etc., présentent une couche corticale d'une imperméabilité évidente, qui les fait qualifier de semences dures et retarderait la germination si les machines à battre ne blessaient le tégument par friction, chocs répétés, et n'aidaient ainsi à la pénétration de l'eau ; les lotiers, qui s'égrènent par légère friction, contiennent beaucoup de semences dures.

Parmi les semences dures, il convient de citer, outre les petites légumineuses, un certain nombre de semences d'espèces nuisibles: cuscute, liseron, mouron, mercuriale, nielle, etc., qui se conservent ainsi facilement dans les terres qu'elles infestent, ou sont charriées par les fumiers, les composts, les eaux d'irrigation, etc.

La dureté des semences peut parfois être un obstacle à. la levée des plantes; on y remédie par l'usure partielle du tégument, grâce à des moulins à battre spéciaux, le mélange à du sable fln à arêtes vives battu avec cesgraines, ou encore, dans certains cas particuliers, comme celui du SulJa ou sainfoin d'Algérie, par l'ébouillantage.

La matière colorante du tégument s'oxyde facilement et prend une coloration rougeâtre particulière sous

Fig. t. — Grain de bléfortement grossi, coupe longitudinale passant par la fente du grain et par l'axe de l'embryon.

r, radicule ; t, tigelle , g, gemmule; «, scutellum ; m, micropyle.

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l'influence de la lumière et Thumidité ; l'aspect extérieur des semences peut donc renseigner sur leur âge, leur état de conservation ; cependant des semences de mauvaise apparence peuvent être de bonne qualité, lorsque le tégument seul a été altéré; un essai de germination donnera des renseignements précis à cet égard.

L'amande comprend un embryon et une résen^e alimentaire. Dans Tembryon, on distingue déjà une tige embryonnaire, la tigelle ; une racine, la radicule ; un bourgeon terminal, la gemmule. L'embryon se nourrit des éléments de la réserve avant de puiser ses aliments dans le sol et dans l'air.

Chez certaines plantes, le haricot, par exemple (fig. 3), la réserve alimentaire est représentée par deux feuilles de nature spéciale, les cotylédons gorgés d'amidon et d'aleiirone ; parmi certains végétaux, le blé notamment, la réserve composée d'amidon et de gluten porte le nom d'albumen ; l'embryon repose sur le scutellum, que l'on considère comme un cotylédon. Les plantes dont les semences sont à deux cotylédons sont des dicotylédones^ les autres, analogues au blé, sont des monocotylédones.

Ordinairement, les plus grosses semences renferment les embryons les plus volumineux et donnent ainsi naissance à des plantes plus vigoureuses, plus productives, plus résistantes, et ceci justifie les pratiques de sélection que nous étudierons plus loin.

Il importe de connaître l'hygroscopicité des semences; toutes les graines renferment, indépendamment de l'eau de constitution, une certaine quantité d'eau d'absorption retenue en vertu des forces capillaires ; c'est de cette teneur en eau d'absorption que dépend la conservation des semences.

La proportion d'humidité contenue varie, suivant les conditions de la récolte de la graine, sa nature et son origine. Les semences des pays septentrionaux, à climat humide, renferment 17 p. 100 d'eau, tandis que les

graines des contrées méridionales n'en décèlent que 10 à 12 p. 100; les semences vêtues sont très hygroscopiques, etla nature même de la graine exerce une certaine influence ; les semences riches en amidon (maïs, sarrasin...) contiennent une quantité d'eau supérieure.

Germination. — La semence (fîg. 3), pour être capable de germer, doit remplir un certain nombre de conditions :

1<» être bien conformée et non mutilée ; 2o posséder un tégument perméable à Feau ; 3® être mûre intérieurement (1) ; 4*> avoir été conservée dans des conditions satisfaisantes et posséder une entière vitalité ; 5° trouver autour d'elle le milieu favorable à la germination, c'est-à-dire de V oxygène, de Y humidité et de la chaleur..

Une semence dépourvue d'embryon ne pourrait pas. germer ; la destruction partielle et même à peu près totale de la réserve et du tégument par le battage, les insectes, etc., n'entraîne pas nécessairement l'incapacité germinative ; mais les végétaux ainsi constitués sont d'un développement précaire et d'une faible vitalité, qui indiquent la nécessité de rejeter des semailles ces graines défectueuses.

On admet généralement qu'une semence est mûre lorsqu'elle s'est détachée normalement et sans difficulté de la plante-mère. Cet état, dénommé maturité externe

Fig. 3.

A, haricot grandeur naturelle : A, hile ; — B, le même fendu longitudinalement, montrant le tégument, l'amande avec les deux cotylédons c,c; la plantule, dans laquelle on distingue la radicule r, la tigelle t et la gemnmie g.

(1) C'est-à-dire posséder les diastases nécessaires à la dissolution des réserves mises ainsi à la portée de l'embryon. L'emploi d'une graine non parvenue & sa maturité entraine la dégénérescence.

ou morphologique, ne doit pas être confondu avec la matunté interne on physiologique (Sehdbaux); la semence ^st en efifet mûre intérieurement lorsqu'elle renferme des diastases susceptibles d'en dissoudre les réserves, rendues ainsi assimilables pour l'embryon. Parmi les graminées, la maturité interne précède la maturité externe ; du blé, du seigle, du ray-grass, récoltés lorsque l'amande est à peine formée, germeront aussi rapidement que des semences normales ; ces graines peuvent •donc être de médiocre qualité et germer cependant convenablement.

Des semences fraîchement récoltées de ravenelle, de moutarde des champs, germeront à peine dans la proportion de 2 à 3 p. 100 ; elles doivent attendre durant des années leur maturité physiologique. -Ceci explique la persistance avec laquelle certaines espèces adventives : coquelicot, nielle, bourse à pasteur, reparaissent parmi les cultures, malgré les soins apportés à leur destruction. Chaque année, de nouvelles graines, ramenées à la surface par les labours, se trouvent mûres intérieurement et germent à nouveau ; lorsqu'elles ne sont pas dures, la plupart des semences de •plantes sauvages se comportent ainsi.

Le cerfeuil bulbeux, la clématite, le lilas, l'aubépine, le pêcher et la plupart des semences ^e fruits à noyaux ne peuvent germer que la seconde année qui suit la récolte.

Des phénomènes d'oxydation lente, du même ordre, peuvent faire perdre aux semences leur maturité interne ; la longévité des semences est donc importante à examiner.

Cette longévité est très variable parmi les espèces ; les semences à tégument imperméable ou à maturation interne lente pourront germer très longtemps après leur récolte : jies sauves ont pu germer après trois siècles ; la majorité des semences de nos plantes cultivées peuvent

conserver leur vitalité pendant plusieurs années, lorsqu'elles sont bien sèches, soit naturellement, soit après dessiccation artificielle ; par contre, les semences forestières, i exception faite pour les conifères, perdent très rapidement leur faculté germinale.

Conditions favorables à la germination, — Le milieu extérieur, pour être favorable à la germination, -doit donc être aéré, humide et suffisamment chaud.

L'oxygène est indispensable à la germination ; des gaines plongées dans de l'eau non renouvelée •s'asphyxient et tombent bientôt en décomposition.

L'humidité amollit le tégument pour le passage de la jeune plante ; les cellules de l'amande se gonflent, déchirent le tégument sous l'action de l'eau qui dissout les réserves alimentaires dont a besoin l'embryon ; ce n'est pas l'excès d'humidité, mais le défaut d'aération qui nuit en général à la germination.

Une certaine température est, également, nécessaire à la germination, et on peut même distinguer une tempenjUure minima au-dessous de laqitelle toute germination •est impossible ; une température maxima, qui indique la limite supérieure au-dessus de laquelle le développement ■de l'embryon ne pourra avoir lieu, et une température •optima, qui réalise, pour la graine, les conditions les plus favorables; cette dernière température se trouve pour toutes les semences, ordinairement comprise entre 25 et 30° ; à partir de 33 à 38<», la germination devient impossible. Certaines semences de faible volume, celles des graminées fourragères notamment, sont à peine enterrées «et subissent par conséquent les variations de la température ; adaptées à ces conditions spéciales, plusieurs de ces graines ne germent complètement dans le laboratoire que lorsque ces variations de température sont établies.

Températures de germination des principales espèces cultivées.

Ricin ....

Tabac. . . .

Melon

Rii

Haricot . .

Maïs

MiUet. . . .

Soleil....

Cumin . . .

Avoine. . .

Carotte. . .

Betterave.

Lentille . .

Lupin

Blé

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