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ENSEMENCEMENT DES PRAIRIES

Ces faits sont d'ailleurs connus et appliqués depuis longtemps à la pomme de terre. L'illustre Parmentier admettait déjà cette théorie vers la fin de xvni® siècle, et -dans un remarquable rapport, présenté et lu dans la séance du 30 mars 1786 de la Société royale d'agriculture, îl préconisait le semis comme le seul moyen de remédier à la dégénérescence des tubercules.

Toutes les fois où cette méthode est appliquée avec intelligence, elle donne les meilleurs résultats. L'apparition fréquente de variétés nouvelles, douées souvent d'excellentes qualités, en est la meilleure preuve (Delacroix) (1).

Ensemencement des prairies. — Des trois modes d'ensemencement des prairies : engazonnement naturel, «pandage de balayures de greniers, semis de graines judicieusement choisies, le dernier seul est rationnel. On déterminera avec soin les espèces les plus favorables au sol, au climat, et, la proportion des mélanges établie, on «nsemencera le terrain convenablement préparé et fumé (2).

Les semences de graines fourragères légumineuses ou graminées sont souvent de dimensions réduites, ou d'une irès faible densité ; pour épandre uniformément ces semences, on les divise en trois lots. Le premier lot comprendra les graminées d'assez gros volume, qu'il faut enfoncer assez profondément (ray-grass, from entai, brome, fétuque). Le secondlotréunirales petites semences, <jui doivent à peine être recouvertes de terre (avoine jaunâtre, dactyle, vulpin, paturins, etc.) ; Je dernier lot •réunira la fléole aux graines de légumineuses; le sainfoin doit toujours être semé seul.

A poids égal, les semences d'un même lot présentent des différences de volume, de constitution, déforme, etc. ; il

(1) Delacroix, Bulletin de l'Office des renseignements agricoles, décembre 1903.

<2) Voy. Garola, Plantes fourragères (Encyclopédie agricole).

importe, dans l'épandage de chaque groupe, de mélanger intimement les diverses graines. Le premier lot est recouvert à la herse, les deux autres par un roulage; une pluie persistante suffîi*ait même à assurer l'enfouissement du dernier lot.

On sème la prairie en terre nue ou dans une céréale ; le premier procédé est à préférer sur les terrains fertiles, et bien nettoyés, car la céréale prélève, nous l'avons dit, non seulement les principes nutritifs utiles aux plantes fourragères, mais surtout la dose d'humidité indispensable au développement rapide des légumineuses et graminées.

Dans les régions méridionales, on sème à Tautomne^ mais, sous les climats septentrionaux, il est préférable de semer au printemps, en mai; les gelées d'hiver pourraient être nuisibles aux jeunes plantes.

Semailles des prairies artificielles. — Luzerne. — Sous les climats méridionaux, on sème la luzerne à l'automne; dans les régions septentrionales, celte opération a lieu de préférence au printemps, lorsque les gelées tardives ne sont plus à craindre; le moment des semailles est parfaitement indiqué par la floraison de l'aubépine (Garola).

Les semailles d'automne se font ordinairement sans céréale-abri : la luzerne, moins gênée, prend un développement plus net, couvre mieux le sol et donne, dès l'année suivante, une récolte appréciable. On sème à raison de 30 à 40 kilogrammes à l'hectare à la volée, ou en lignes distantes de 12 à 15 centimètres; un hersage à la herse d'épines recouvre la graine (fig. 51).

Les semis épais sont préférables; l'envahissement de la luzerne par les mauvaises herbes, seul obstacle à la durée des luzernières, est moins à craindre; de plus, les pieds étant rapprochés, la luzerne verse moins facilement, devient moins ligneuse et donne un fourrage de meilleur qualité.

Au printemps, on sème ordinairement dans une céréale

SEMAILLES DES PRAIRIES ARTIFICIELLES. Ul

orge ou avoine. Le semis se pratique en deux opérations : la céréale, tout d'abord épandue à faible dose à la volée ou en lignes distantes de 18 à 20 centimètres, est recouverte à la herse ; puis la luzerne semée est enterrée par un coup de rouleau. La céréale protège les jeunes pousses de

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Fig. 51. — Action des engrais sur la luzerne.

luzerne contre les froids et les rayons du soleil, mais elle absorbe à son profit l'humidité du sol; il faut tenir compte du profit qui résulte de cette coupe de céréale en vert, qui augmente le profit tiré de la parcelle.

Trèfle, — La première croissance du trèfle étant très lente, on le sème ordinairement dans une céréale qui le DiFFLOTU. — AgHculture. II. — 9

protège contre renvahissement des plantes adventices, contre les gelées tardives ou les ardeurs du soleil ; comme pour la luzerne, cette récolte de fourrage vert assure le bénéfice du loyer de la terre pour l'année du semis.

Lorsque Ton ensemence en automne, on sème le trèfle plutôt dans un seigle que dans un blé, qui lalle parfois abondamment; le seigle, d'un développement plus rapide, ombrage plus tôt le jeune plant et, récolté prématurément, assure le parfait développement du trèfle avant l'hiver. Dans le cas d'un semis de printemps dans une céréale : orge ou avoine, l'orge hâtive ofîre les mêmes avantages que le seigle ; mais la difficile dessiccation ou l'orge récoltée dans les jeunes trèfles diminuant la valeur du grain, on a recours ordinairement à l'avoine, dont la paille ainsi mélangée de jeunes trèfles est consommée avec avantage par les moutons et les chevaux.

Les semis des trèfles violets dans les céréales de printemps est la règle ; mais, en général, il sera bien de semer dans une céréale d'automne, en sol un peu sec; ou, dans les régions à printemps peu humide, on sème parfois dans un sarrazin ou une navette.

Le développement de la céréale-abri doit être modéré; on suivra attentivement les prescriptions suivantes: semis claii^, emploi modéré d'engrais azotés pour éviter la verse.

Sous le climat parisien, on sème letrèfle au printemps, de février à avril; épandus dans une céréale d'automne, les jeunes trèfles, délicats, seraient exposés à être déchaussés par les gelées ou à être détruits.

Lorsque l'on veut obtenir rapidement un rendement rémunérateur, on peut semer le trèfle dès février, u sur la neige », dans une céréale d'hiver, hersée et roulée après semailles du trèfle ; on obtiendra ainsi une une coupe dès l'automne. La plupart du temps, les semis de printemps ont lieu dans une céréale de piintemps semée au préalable, recouverte à la herse et par le rouleau ; on enterre

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