DIFFÉRENCES
en faveur
des lijgrnes
comprimées.
Rendement en grains
— en paille
— en balles
Poids total do la récolte.. .
Quintaux.
Quintaux.
Quintaux.
Ces écarts de rendement constatés, il importait de déterminer par lanalyse le rôle de chacun des facteurs
Fig. 6.^ — Herse norvégienne (Amiot, h Bresles).
ayant contribué à leur obtention. Cette analyse porta d'abord sur la numération des plantes et des épis contenus dans une lij^ne de longueur donnée sur le nombre de talles, sur le poids des épis. Les chiffres obtenus sont indiqués dans le tableau suivant :
EN LIGNES non comprimées.
EN LIGNES comprimées.
Nombre de plantes sur une
ligne de 1 mètre de long
Nombre d'épis
Nombre de talles par pied
Poids moyen d'un épis
iJfMS
lBr,22
Ces résultats sont de même sens que ceux fournis par les analyses précédentes; nous retrouvons à la récolte,
Kig. 66. — Herse éniolteuse en Iravnil (Amiol).
dans les lignes comprimées, des plantes plus nombreuses, plus vigoureuses, des talles plus abondantes, des épis plus lourds que dans les lignes non comprimées; en un mot, la récolte a gagné et en quantité et en qualité.
L'analyse chimique (azote et cendres) du blé récolté dans les deux sortes de ligne donne un dernier élément d'appréciation :
SOINS D'ENTRETIEN
LIGNES uo:i coniprim.'es.
LIGNES conij rimcej.
Azote
Gendres
Dans les lignes comprimées, non seulement la récoUe a été plus élevée, mais, à poids égal, les plantes se révèlent
àMW
Fig. 07. — Rouleau à disques iranchanis (Aii.iol, à Brosles).
plus riches en azote et en cendres. Cette constatation très remarquable prouve qu'elles sont plus vigoureuses et de plus fort développement (lue les plantes non comprimées.
Il semble résulter de ces expériences que la compression des lignes de semis, sur une largeur de quelques centimètres seulement, serait un moyen pratique et et'ticace de protéger les blés contre les rigueurs de l'hiver, de leur permettre de lutter contre la sécheresse et d'augmenter les rendements.
On roule avec avantage les jeunes plants de betteraves après leur levée, dès la tin du premier binage, par exemple, quelquefois même avant ou après le démariage, les jeunes plants, qui paraissent d'abord soutfrir de ces façons aratoires, reprennent bientôt une nouvelle force.
Après la plantation des tubercules, semences de pommes de terre, on roule les sols légers ; parfois même, en terre
un peu consistante, et lorsque la plantation s'est faite à la cliaiTue, le Crosskill est nécessaire pour briser les mottes, aplanir les bandes, et deux crosskillages sont parfois indispensables pour ameublir superliciellement la terre, empocher son durcissement par les sécheresses et permettre la bonne exécution des hersages ultérieurs. Les hersages et roulages s'exécutent avec les divers
V'ig. G8. — Cullure vilicole de La Chapelle de Guinchamp Haut-Beaujolais). (PacoUel, Viticulture.)
instruments convenant à chaque cas particulier (fig. 56 à 61 et 63 à 67) (1).
Binage. — Les plantes cultivées doivent recevoir, pendant le cours de leur développement, un certain nombre de façons aratoires destinées à les placer dans les conditions les plus favorables à leur rapide croissance et à leur parfaite maturation.
Nous avons vu que les hersages et les roulages exerçaient au printemps une utile action sur la végétation ; il nous reste à parler des binages, sarclages et buttages.
Le binage a pour but d'ameublir la surface du sol par un travail superficiel et de détruire les mauvaises herbes.
(1) Voy. GoupAN, Machines agricoles.
Cette opération, usitée depuis un temps immémorial en horticulture et en culture maraîchère, est devenue maintenant d'un emploi courant dans les régions à culture intensive, où Ton bine non seulement les plantes sarclées, mais encore les céréales semées en lignes.
Le sol, parfaitement ameubli par les labours et les hersages, ne reste pas en cet état; sous l'action des agents atmosphériques (vent, chaleur, rosée, etc.), il se raffermit.
Fig. 69. — Herse triangulaire (Amiol).
se tasse (1), et, lorsqu'il a été détrempé par la pluie, forme à sa surface une croûte imperméable, qui s'oppose à la pénétration de l'air et de l'eau, tout en entravant la croissance des jeunes plantes.
Le binage permettra de briser celte couche superficielle et de déterminer un nouvel ameublissement de la surface du sol.
Le binage exerce une influence considérable sur la circulation de l'eau dans le sol ; les terres binées restent plus fraîches que les terres non travaillées.
En rompant les fins canaux capillaires formés par les
(I) Les couches inférieures du sol i)euvent conserver pendant longtemps leur ameublissement, et les labours profonds ne se renouvellent qu'à des époques éloignées ; la surface du sol, au contraire, soumise directement & l'influence des agents extérieurs, se tasse très vite.
espaces interstitiels des éléments du sol, on entrave l'ascension de l'eau par capillarité et sa perte par évaporation (1). La couche superficielle ameublie se desséchera sans doute plus rapidement, mais la fraîcheur du sol se maintiendi'a dans les couches profondes, c'est-à-dire à proximité des racines ; d'ailleurs, une terre ameublie à la surface perd une quantité bien moindre d'eau par évaporation qu'une surface tassée au niveau du sol (Grandeau). C'est pour ces raisons que les binages ont toujours été employés dans les contrées méridionales exposées aux sécheresses.
L'ameublissemenl du sol, l'été, permet de plus la facile pénétration des eaux pluviales à une époque où les végétaux peuvent souffrir des premières chaleurs ; l'eau stagnante nuit à la végétation; les eaux d'infiltration, au contraire, apportent aux racines des éléments solubles.
La couche superficielle ameublie est rendue mauvaise conductrice de la chaleur par l'air interposé ; la partie
(1) Bien que confirmé par des expériences de Nessier, Wagner, Grandeau, WoUny, le rôle de l'influence du binage sur la capillarité semble être mis en doute actuellement par certains expérimentateurs. Quelle que soit la cause déterminante, il n'en demeure pas moins démontré que ces opérations entretiennent l'état d'humidité du sol.
(2) D'après Garola, Les engrais.
Cliché Garola.
Fig. 70. — Sarrasin avec ses racines, l'» période (2).
SOINS D'ENTRETIEN
inférieure reste donc plus froide, plus fraîche ; les racines, qui se dirigent toujours vers les parties humides, s'enfoncent profondément, donnent aux végétaux plus de solidité et prennent une forme régulièrement pivotante. Le sol biné est plus aéré, et les réactions chimiques s'y exercent plus activement; la nitrification est plus intense, et la couche ameublie est plus favorable à la formation et à l'absorption des rosées qui l'enrichissent de l'am-
Fig. 71. ■
Cliché fiarjla.
■ Seigle avec ses racines au lallage (1).
moniaque et de l'acide nitrique puisés dans l'air; les binages aident à la division mécanique des éléments insolubles du sol et facilitent par suite leur assimilation. Ces travaux d'entretien permettent enfin de lutter contre les mauvaises herbes. La propreté des terres cultivées est une des conditions premières de leur productivité ; les plantes adventices, souvent d'un développement plus rapide que les végétaux cultivés, absorbent les
(1) Figures empruntées au livre : /.es engrais, par M. Gauûla.
éléments fertilisants du sol et retiennent 1 humidité disponible. Il n'est pas rare de voir les mauvaises herbes profiter largement des engrais chimiques bien avant la plante cultivée. La lutte contre les plantes adventices est donc une opération indispensable, et les binages facilitent leur destruction.
D'après Dehérain, le rôle améliorateur du binage, relati-
Fig. 72. — Escourgeon avec ses racines au tallage.
vement à l'humidité du sol, s'expliquerait surtout par la destruction des plantes adventices qu'il provoque. Les plantes herbacées sont en effet de puissants appareils d'évaporalion ; elles présentent aux radiations solaires une surface infiniment plus grande que celle des terres qui les portent, et leurs racines puisent l'eau à divers profondeurs pour la rejeter dans l'atmosphère « avec une toute autre énergie que la capillarité ne fait monter l'eau souterraine jusqu'aux couches superficielles ».
On peut avoir une idée de la différence des proportions DiFFLOTH. — Agriculture, II. — 10
ITO SOINS D'ENTRETIEN
d'humidilé d'une lerie nue ou cultivée par les chiffres suivants (Dehéraiu) :
Humidité.
Terre nue non binée 16,7 p. 100.
— binée 1 6,0 —
Culture de vosce (arrosée) 11,5 —
— (non arrosée) 9,1 —
Culture de luzerne (arrosée) 9,0 —
— (non arrosée) 8,5 —
Fig. 73. — Horlillonnnges aux environs d'Amiens (pholO|;rapliie Hitier).
Les terres emblavées renferment, dans cette expérience, au plus 12 centièmes d'humidité quand elles sont arrosées et 9 centièmes quand elles ne l'ont pas été, tandis que les terres nues contiennent 16 à 17 centièmes d'humidité; l'influence des plantes dans la déperdition de l'eau du sol par évaporation, — par conséquent le rôle défavorable des mauvaises herbes dans les cultures. — est. donc manifeste.
Que le binage, le sarclage doivent leurs effets bienfaisants à Tamoindrissement de l'ascension capillaire de
l'eau ou à la destruction de ces puissants appareils évaporants que sont les plantes adventiceSy leur rôle favorable se révèle néanmoins avec une netteté frappante, et les cultivateurs disent fréquemment : '< deux binages valent un arrosage ».
Dans ces conditions, les pertes se réduisent à l'évaporation de l'humidité du sol dans les vides formés dans la couche ainsi ameublie et, consécutivement, à- la diffusion de cette vapeur d'eau dans l'atmosphère.
V'ig. 74. — Scarilicaleiir (Ainiot, h Bresles).
Si une pluie survient après le binage, elle opwre un tassement et rétablit ainsi une pellicule d'eau continue du sous-sol à la surface ; un nouveau travail du sol est alors indispensable.
On observe parfois qu'une ondée, survenant au coui^ des sécheresses, peut activer la dessiccation du sol, précisément par suite du rétablissement de la continuité entre les assises superficielles et l'eau des couches profondes.
Le sol ameubli par le binage joue précisément le même rôle que le « paillis » employé en jardinage.
L'influence des binages sur la bonne répartition des réserves d'eau du sol peut se démontrer par le fait suivant : une récolte de turneps, grâce à de fréquents binages,
SOINS D'ENTRETIEN
peut presque se passer de fumure azotée, bien qu'elle exporte en moyenne 100 kilo^'rammes d'azote par hectare ; au contraire, une récolte de blé, qui en exporte moins de la moitié, exige des engrais azotés, parce qu'elle végète durant la partie la plus froide de l'année sur un sol non travaillé (Hall).
La différence de perte journalière d'humidité sur un sol 1)iné à 7 centimètres et un sol non travaillé peut atteindre 7 tonnes 5 par hectare (King).
Fig. 75. — Scarificateur à trois leviers (Kmile Puzenat) (1).
La conservation de l'humidité du sol n'est pas la seule action bienfaisante du binage; il faut noter également, outre l'aération du sol, lanitrification plus active, la répartition des microorganismes, réchauffement des assises superficielles.
On doit commencer les binages dès la levée des mauvaises herbes ou même avant leur apparition : dès que les lignes de jeunes betteraves se montrent à la surface du sol, il est utile de biner; cette opération est d'autant plus recommandable que le sol est durci à la surface ; on
(1) D'après Ringrlmann, Le matériel agricole.
détruit ainsi les plantes adventices avant qu'elles aient prélevé au sol l'humidité ou les éléments nutritifs. La circulation est d'ailleurs plus facile dans les champs à cette époque, et les plantes cultivées en souffriront moins. La terre doit être travaillée sur une épaisseur variant de 2 à 8 centimètres; ordinairement, on donne plusieurs binages, et le nombre en est déterminé par les circonstances météorologiques, la nature du sol, la culture envisagée, etc. Le premier binage est superficiel et
Fig. 76. — Herse à dents flexibles (Syracuse) (1).
n'intéresse que les 2 ou 3 centimètres de couche arable ; il exige beaucoup d'attention, étant donné le faible développement des végétaux cultivés ; les binages suivants attaqueront une profondeur plus considérable du sol.
Sur les terrains lourds et compacts, il faut éviter de biner par un temps sec ; la terre durcie laisse difficilement pénétrer les instruments ; les plantes adventices rompues et non arrachées peuvent émettre de nouvelles tiges; l'opération sera également difficile parles temps pluvieux, sauf en terres légères, il importe d'attendre un temps approprié et de choisir de préférence le lever du jour avant la disparition de la rosée.
Les semis en lignes facilitent les binages, et les cultures sarclées se prêtent parfaitement à ces travaux; pour les
{{) Figure empruntée à Ringilmann, Le matériel agricole.
SOINS D'RNTRETÏEN.
plantes-racines ou les tubercules, on donne des binages plus profonds. Le hersage des céréales semées à la volée joue le rôle d'un binage; il faut éviter d'effectuer cette façon aratoire trop énergiquement dans les sols légers ou sur les terres soulevées par la gelée.
Les binages s'effectuent soit à bras, soit à l'aide d'instruments attelés. Le binage à bras permet d'approcher le plus près possible des plantes cultivées et d'ameublir régulièrement le sol ; mais le travail est lent et coûteux :
Fig. 77.— Rouleau Crosskill (Bariat, à Chaulnes, Somme).
on utilise à cet effet les hoites pleines ou à dents, la binette, la ratissoire, etc. L'ouvrier avance graduellement entre les lignes, en évitant de tasser avec ses pieds le terrain parcouru et de recouvrir de terre les plantes cultivées.
Les houes à cheval permettent une exécution plus rapide et par suite une répétition plus fréquente ; certains instruments ne travaillent qu'un nombre limité d'interlignes (houes de Dombasle, de Pilter, de Bajac) ; d'autres binent un plus grand nombre de raies (houes Woolnough, R. Sack) ; employées dans les cultures de céréales semées en lignes, ces instruments peuvent travailler 4 à 5 hectares par jour (fig. 78, 82, 83).
11 n'est pas rare de voir adopter concurremment les deux modes de binage : les premières opérations, p[us délicates à cause de la jeunesse des plantes, s'effectuent à la main; les autres binages sont donnés. à la houe à cheval; d'ailleurs, il faut toujours arracher à la main les plantes adventices qui croissent sur les lignes.
Le binage des céréales est possible dès que l'écartement des rayons du semoir
atteint 16 centime- ;i K^ï 1^1 I Al lAi très; s'il dépasse 48 '
centimètres, la conduite de la houe est très facile. Dans toutes les terres riches et propres, on peut, sans diminution de récolte, semer les céréales àO°^,18; quelques agricul teurs ont adopté la distance de 20 centimètres entre les lignes et s'en déclarent satisfaits : les céréales sont régulièrement binées, et les rendements sont élevés.
La houe doit avoir la largeur du semoir, afin que le passage des roues soit le même pour les deux instruments. Quand ce semoir a 2 mètres, ou dépasse cette dimension, il est préférable de donner à la houe seulement la moitié de cette largeur pour lui conserver sa légèreté et son maniement facile.
Avec une houe de 1 mètre, on peut biner 3 hectares par jour dans une culture morcelée, 4 hectares dans
Fig. 78. — Dispositions de différentes garnitures de socs et de lames d'une houe h. cheval (Faul et fils).
une grande parcelle. Le prix de revient s'établit comme
suit :
Un homme 3 francs .
Un aide 2 —
Un cheval 3 —
Total 8 francs.
soit moins de 3 francs par hectare. Avec l'usure de l'instrument, les frais généraux, on évalue que le binage
Fig. 79. — Houe à cheval (1).
des céréales coûte un maximum de 4 à 5 francs par hectare et donne une plus-value nettement supérieure.
On bine ordinairement le maïs dès qu'il est levé et atteint une hauteur de 10 à 15 centimètres, c'est-à-dire quatre à cinq semaines après la semaille (fig. 80).
11 est avantageux de donner cette façon à la houe à cheval, en complétant par des sarclages à la main sur la la ligne, en enlevant du même coup les plants surabondants qui servent à combler les manques. Le maïs supporte bien le repiquage, mais les pieds ainsi obtenus sont moins productifs ; aussi préfère-t-on parfois combler
(1) D'après Ringilmànn, Le matériel agricole.
CÙ
les vides en semant du maïs quarantain très hàtif. Un second binage est donné lorsque les plantes ont 25 centimètres de haut en attaquant le sol plus profondément. Le millet cultivé pour sa graine et semé clair a besoin de binages répétés, qui détruisent les mauvaises herbes que cet espacement favorise et qui étouffent rapidement les jeunes plants d'un développe-
Clic! é Garala.
Fig. 81. — Maïs avec ses racines, l" période.
ment peu rapide durant les six ou huit semaines suivant la levée. Lorsque le semis a eu lieu à la volée, on donne deux binages, le premier lorsque les plants ont 5 centimètres de haut, le second lorsqu'ils atteignent 12 à lo centimètres; des houes étroites et pointues sont d'un emploi judicieux.
Ces façons servent non seulement à extirper les plantes adventices, mais encore à détruire les pieds de millet
SOINS D'ENTRETIEN
aux places où ils sont trop serrés et trop abondants; les ouvriers habiles laissent une distance uniforme de 15 centimètres environ entre les jeunes plants. Par économie, on remplace parfois ces binages à la main par
Fig. 82. — Houe à cheval à trois rayons (Amiot, à Bresles).
deux hersages, qui peuvent être donnés assez énergiquement.
Les binages jouent un rôle considérable dans la culture de la betterave à sucre, en augmentant le rendement en sucre à l'hectare. Dès que les jeunes plants lèvent, et que
HERSAGE, BINAGE ET SARCLAGE. IHl
les lignes sont perceptibles, on peut commencer à biner; parfois même on associe aux graines de betteraves des semences à germination rapide, pour apercevoir le plus tôt possible les lignes du semoir.
On répétera ensuite ces binages jusqu'au mooaent où le développement des feuilles rend diffîeile la marche des instruments ; le nombre de binages dépend du sol, de sa fertilité, de son ameublissement et de son état de propreté; une terre envahie de plantes adventices
Fig. 83.— Bineuse universelle (R. Sack, de Leipzig).
nécessite des soins plus fréquents, plus attentifs. Les binages, en détruisant les mauvaises herbes, empêchent la disparition au profit de ces demièi-es des éléments fertilisant du sol et de Thumidité précieuse pour la betterave ; rameublissement de la terre augmente l'activité des microorganismes; de plus, nous savons que le binage maintient l'état de fraicheur du sol dans les couches profondes où s'étendent les fines radicelles de la betterave. On donne souvent un premier binage à la houe à cheval, puis ensuite à la main ; on peut faire repasser la houe avant le démariage.
DiPFLOTH. — Agriculture, II. — Il
SOINS D'ENTRETIEN
Les cultures de pommes de terre sont binées soit à la main, soit à la houe à cheval, dès que les lignes sont visibles ; on achève ces façons à la main sur la ligne et au pied des touffes. Ces binages assurent une augmentation sensible du rendement, tout en préparant le sol pour les assolements de céréales qui suivront. Des femmes
Fia • 84 — Défrichement d'un coteau boisé sur les bords de la Moselle.
passent parmi des champs de pommes de terre en pleine végétation pour arracher les plantes adventices qui s'y sont développées.
Le colza est ordinairement biné très hâtivement dès que les plantes ont cinq ou six feuilles, fin août ou commencement de septembre. Dans les cas de semis en pépinière suivis de transplatation, il est rare qu'on donne plus d'un binage avant Thiver, le sol ayant été parfaitement nettoyé; parfois même on s'en dispense. Dès le premier printemps, en mars, avant qi e le colza développe ses ramifications, on exécute i n
HERSAGE, BINAGE ET SARCLAGE. IS'i
second binage entre les lignes et sur les lignes ; la croissance des ramifications s'en trouve considérablement aidée.
Dès que le pavot-œillette atteint 5 à 8 centimètres de haut et présente trois à cinq feuilles, on donne
Fig. 85. — Moulin concasseur à nitrate (Faul et fils)
un premier binage; celte opération difficile, étant données la délicatesse des plants et la minceur de leur racine, doit être menée avec lenteur et précaution. Le repiquage ne peut en effet être employé pour remplacer les pieds manquants. Au moment de l'éclaircissage, on pratique un nouveau binage, suivi d'un troisième et d'un quatrième, suivant le développement des mauvaises herbes.
184 SOINS D'ENTRETIEN
Le chanyre étant semé, en petite culture, sur des sols parfaiten^nt trayaillés et nettoyés, il est rare qu'on ait à sarcler les cultures de cette plante textile, d^ailleurs très vigoureuse et à croissance rapide ; on surveillera avec soin renvahissement par la cuscute et Vorobranche rameuse^ dont les filaments et tiges seront enlevés et brûlés.
On bine les jeunes chicorées à café dès qu'elles ont leur quatrième feuille, et on commence ensuite le démariage. Cet éclaiixissage est parfois répété deux à trois fois à quinze jours d'intervalle pour laisser fina'c-
Mr. 86. — Houe à betteraves, articulée (Frennet-Waulhier, h Ligny).
ment les plants à 20 centimètres de distance en tous sens ; un troisième binage à lieu en juillet, suivi d'un léger buttage.
Épandage des engrais, — Les soins d'entretien comprennent également l'épandage des engrais sur les cultures. Lorsque le blé, au début du printemps, présente des symptômes de jaunissement , on épandra avantageusement du nitrate de soude en couverture à la dose de 100 à 150 kilogrammes par hectare; employé en couverture, ce nitrate devra être soigneusement pulvérisé à la batte ou au moulin à nitrate (fig. 85). Parfois on associe les binages à Tépandage d'engrais de printemps (betteraves à sucre), et des
houes à cheval sont disposées de façon à épandre en même temps des engrais (fîg. 86 et 88). On trouvera le complément de ces études dans le tome consacré aux
Sarclage» — Lorsque les semailles ont été effectuées à la volée, Tenlèvement des mauvaises herbes doit avoir lieu à la main, et cette opération constitue le sarclage. On arrache directement à la main les plantes^ alventices, ou bien on les coupe entre deux terres à l'aide d'un instrument tranchant.
Les hersages de printemps ne remplissent que trè& imparfaitement ce rôle, et la délicatesse de certaines plantes, le lin par exemple, nécessite Tenlèvement à la main. €es travaux doivent s'effectuer dès l'apparition des mauvaises herbes, afin de ménager les végétaux cultivés. Dans les sols riches en azote, le sarclage doit être préféré au binage, qui favorise parfois la nitrifîcation d'une façon excessive et fait pousser les blés d'automne trop verts.
Pour le lin, les binages et sarclages sont d'autant plus indispensables que les mauvaises herbes arrachées à la récolte avec les tiges en déprécient la valeur marchioide. Dès que le lin a 5 à 7 centimètres de haut, le S)l étant suffisamment ressuyé, des femmes et des enfants exécutent un premier sarclage, avec les plus grandes précautions pour ne pas blesser les jeunes plants très délicats. Ces ouvriers se débarrassent de \enrs chaussures, ou s'agenouillent et marchent contre le vent, afin que celui-ci relève les plants inclinés ; ce premier sarclage exige parfois vingt-cinq à trente-cinq journées de femme et coûte 50 francs par hectare ; mais son heureuse influence est indéniable.
Lorsque l'on rame le lin après le premier sarclage, on maintient les tiges semées très dru à l'aide de fils de fer, de cordes goudronnées, des perches soutenues par des fourches de bois. Cette opération exige une dépense de
Googk
186 SOINS D'ENTRETIEN
main-d'œuvre très élevée; mais la filasse obtenue, utilisée à cause de sa finesse pour les dentelles et les fines batistes, se paie un prix considérable.
Lorsqu'il s'agit de plantes vivaces à racines profondes, comme le chardon, la moutarde sauvage, le coquelicot, la patience, Fononis, etc., l'arrachage est plus difficile et nécessite Faction de Féchardonnoir, qui permet, àFaide de deux dents métalliques, d'extirper la plante du sol. Les plantes adventices ainsi détruites doivent de préférence être rassemblées hors du champ et brûlées. Ces notions sur la destruction des mauvaises herbes seront complétées dans un chapitre spécial.
Effanage. — Parfois la végétation trop luxuriante du blé, la teinte vert bleuâtre des feuilles, laissent craindre la verse ; on a soin alors de pratiquer FefTanage ou elToliage, en coupant à la faux ou à la faucille le tiers supérieur des feuilles et des tiges.
Quelquefois, on fait passer rapidement, sur le champ de froment, un troupeau de moutons qui broutent la partie supérieure des jeunes plantes.
L'effanage ou effeuillage est une pratique condamnable dans la culture de la betterave; le léger appoint obtenu ainsi pour Falimentation du bétail ne compense pas le dommage causé aux racines, qui, perdant une partie de leur appareil foliacé, ne peuvent plus élaborer avec la même abondance les matières organiques, !e sucre, notamment. Également, l'effanage est nuisible pour les pommes de terre, la fécule se formant dans les feuilles ; on contrarie ainsi la production de cet élément sans aucune compensation , même minime, les tiges de ces solanées formant un médiocre aliment pour le bétail; la suppression des fleurs n'offre aucun avantage.
Esseiglage. — Lorsque le blé arrive à maturité, on voit les' épis de seigle mûris plus hâtivement, qui dominent la récolte ; il sera bien de faire couper ces épis
dont les grains déprécieraient le blé, si ce dernier n'est pas soumis aux cribles et trieurs. A cette époque, les cultivateurs parcourent les champs réservés à la production des semences et en enlèvent les touffes des variétés étrangères ; ainsi peut-on récolter des variétés absolument pures (Garola).
Il n'est pas sans intérêt de pouvoir distinguer la nature des céréales en herbe ; on considère, à cet effet, la ligule, sorte de prolongement membraneux qui se dresse au point où la gaine de la feuille embrasse la tige.
Pour Je blé, la ligule est allongée et arrondie, à dents aiguës ; la base du limbe est garnie de deux dents à poils raides qui embrassent la tige ; les feuilles, qui on de onze à douze côtes, sont vert clair.
La ligule du seigle est courte, à dents triangulaires ; Ja base du limbe est arrondie; les feuilles rougeâtres, à poils mous, ont onze à treize côtes. La ligule de l'avoine est courte, ovale, à dents aiguës; la base du limbe est sans dents ; les feuilles, vert clair ou rougeâtres, dont les gaines s'enroulent généralement à droite, à l'inverse de ce qui se passe pour les autres céréales, ont de onze à treize côtes. Pour l'orge, la ligule est allongée, aiguë, à dents larges triangulaires; la base du limbe est garnie de dents à poils raides, qui embrassent la tige; les feuilles vert clair sont larges et présentent dix-huit à vingt-quatre côtes.
Écimage, — Dans la culture du maïs, on pratique l'écimage, c'est-à-dire la suppression complète du panache de fleurs mâles, avec sa hampe, dès que la fécondation est achevée. On s'assure de cette dernière condition par l'examen des barbes des épis, qui commencent à s'étioler et à perdre de leur lustre. Ordinairement, on coupe toute la partie supérieure de la plante à une feuille au-dessus du dernier épi; la maturité des épis est aussi accélérée; les tiges terminales fournissent un fourrage apprécié du bétail.
i88 SOINS D'ENTRETIE?*.
Épamj^ement, écimage, ébourgeonnage du tabac. — Cinq à six semaines après la iranspiantation du tabac, on pratique Vépamprement en supprimant les feuilles basses qui traînent sur le sol et n'offrent aucune valeur. Parfois on supprime au préalable le»^ feuilles cotylédonnaires, et cette opération définit le nettoiement.
On écime plus tard les plants, en suppriniant le boulon floral, afln d'éviter la floraison et d'activer la circulation de la sève dans les feuilles qu'on veut conserver. L'écimage se pratique en piiiçant le haut de la tige entre le pouce et l'index, en ayant soin de ne pas endommager les feuilles supérieures ; le nombre des feuilles conservé par tige est alors bien déOni ; aux plants vigoureux, on laisse douze feuilles environ ; aux plants moyens, sept à dix feuilles, en général huit feuilles par plant, ce dernier point étant réglé dans un inventaire effectué par les agents de l'Administration {Vig, 87).
L'écimage détermine l'apparition, à l'aisselle des feuilles, de bourgeons qu'on enlève avec soin ; cet ébourgeonnage est d'ailleurs obligatoire pour les planteurs, qui ne doivent pas les laisser croître au delà de 25 centimètres. Au point de vue agiMçole, il y a tout avantage à enlever les bourgeons au fur et à mesure de leur apparition, sans attendre les menaces du fisc, les bourgeons soutirant pour leur formation environ le septième de l'azote, de l'acide phosphorique et de la potasse nécessaire à l'ensemble de la récolte.
Traitement cantre les maladies cryptogamiques, — Le cultivateur doit également, en surveillant la croissance des végétaux cultivés, les prémunir des affections dues aux parasites; il en résulte une série de traitements variables suivant les cultures et dont le lecteur trouvera l'étude détaillée aux tomes « Parasitologie agricole » et « Pathologie végétale ». Nous donnerons simplement quelques détails sur le traitement des-
pommes de terre en vue d'éviter la fwa/adie due àTattaxjue par le Phytophtora infestans.
La « makdie » de la pomme de terre est causée par le développement, à Tintérieur de la plante (feuilles, tiges.
Fîg. 87. — Lécimage du tabac.
tubercules], du mycélium, d'un champignon parasite, le Phytophtora infestans, qui détruit les tissus, détermine la mort des feuilles et des liges, arrête l'assimilation chlorophyllienne et provoque la pourriture des tubercules. Il est difficile de détruire le mycélium lorsqu'il se trouve dans les tissus des pommes de terre en période de
vie active; mais on empêchera Tinfection par un choix rigoureux des semences au moment de la plantation, et surtout par des traitements anticryptogamiques préventifs. On empêche Finfection en répandant à la surface des organes aériens de la pomme de terre diverses poudres, solutions ou bouillies : bouillie bordelaise et bouillie bourguignonne, très efficaces, à la condition d'être convenablement préparées et employées.
La bouillie bordelaise est composée de sulfate de cuivre dissous et de chaux récemment éteinte. Afin d'assurer l'adhérence de ces solutions imprégnées aux feuilles, on emploiera avantageusement la bouillie bordelaise sucrée obtenue ainsi : on emploie pour 100 parties d'eau, poids égaux (2 kilogrammes) de mélasse, de chaux et de sulfate de cuivre. Dans 50 à 60 litres d'eau, on fait dissoudre la mélasse ; on ajoute la chaux de manière à constituer un mélange homogène, que l'on verse dans les 50 ou 40 litres d'eau restant, contenant le sulfate de cuivre en dissolution (Delacroix).
Deux ou trois traitements sont en général nécessaires : le premier vers le 15 à 20 juin, le second un mois plus tard, le troisième quand il y a lieu, vers fin août ou début de septembre ; on emploie pour ces avantages divers types de pulvérisateurs.
La bouillie bourguignonne utilise le sulfate de cuivre et le carbonate de soude.
Le sulfate de cuivre est décomposé par le carbonate de soude; il se forme du sulfate de soude et de l'hydrocarbonate d'oxyde de cuivre. Le peu de solubilité de ce dernier dans l'eau détermine son apparition sous la forme d'un précipité gélatineux bleu.
Si la température est élevée, si la durée de contact est prolongée, on remarque soit l'apparition directe d'un précipité vert, soit une rapide transformation du précipité gélatineux bleu en précipité vert, qui est de l'hydrocarbonate de cuivre. L'excès de carbonate de soude paraît
agir comme Texcès de température et détermine la formation rapide du précipité vert. Son insuffisance laisse du vitriol bleu non décomposé. Comme celui-ci nuit à la plante, pour peu que les solutions se concentrent, ainsi que cela se produit pendant leur évaporation à la surface des feuilles, il importe de préparer une bouillie dans laquelle tout le sulfate de cuivre décomposé ne laisse pas de carbonate de soude libre. La bouillie bourguignonne est alors gélatineuse, adhère fortement aux fanes de pommes de terre. Se transformant en sel vert sur les organes aériens, elle ne se solubilise que lentement dans les eaux qui ruissellent à leur surface et préserve la plante pendant longtemps de Tattaque du champignon parasite.
Les bouillies composées avec 1 kilogramme à 2^^,500 de sulfate de cuivre par hectolitre sont les plus favorables. Les fortes doses de vitriol bleu conviennent lorsque les bouillies sont destinées au traitement des pommes de terre très éprouvées.
D'ordinaire, on se sert de bouillies bourguignonnes contenant 1500 grammes ou 2 kilogrammes de couperose bleue par hectolitre. On fait d'abord dissoudre celle-ci soit à chaud dans quelques litres d'eau ordinaire, soit à froid dans 12 ou 15 litres au moins. Il est utile, dans un cas comme dans l'autre, d'étendre la solution jusqu'à 20 ou 25 litres au moins et de la conserver dans des tonneaux ou autres récipients en bois. D'autre part, on fait dissoudre 2 kilogrammes de carbonate de soude dans 4 à 10 litres d'eau, et l'on conserve également la dissolution.
Cette dernière est versée dans la solution de sulfate de cuivre au moment de l'emploi seulement.
Le mélange, contrairement aux indications courantes, doit en outre être effectué à froid afin d'obtenir un précipité gélatineux qui adhère mieux aux feuilles. On utilise juste la quantité de solution de carbonate de soude
in SOINS D'ENTRETIEN.
strictement nécessaire pour décomposer entièrement le sulfate de cuivre ; ce résultat est obtenu lorsque le papier de tournesol rouge devient bleu ; tout le sulfate de soude est alors décomposé, et il reste un léger excès de carbonate de soude. On arrive à peu près au même résultat en utilisant i 500 grammes de carbonate de soude pur pour 2 kilogrammes de vitriol bleu. On agite constamment pendant que Ton verse la solution de cristaux, et Ton complète à 100 litres (Pari-^ sot) (1).
U faut répandre 12 à 15 hectolitres au moins par hectare.
n. — ÉCLAIRCISSAGE, DÉMARIAGE ET BUTTAGE.
Éclaircissstge. — Certains semis de plantes sarclées, telles que le maïs, le millet, la betterave, la chicorée à café, les navets, etc., doivent être éclaircis, de façon à ne laisser qu'une plante à un intervalle déterminé.
On exécute cette opération après le premier binage, lorsque la plante au début de son développement n'a que trois ou quatre feuilles, et l'on conserve autant que possible les végétaux les plus vigoureux. L'éclaircissage est appelé encore démariage dans le cas des plantesracines sarclées.
Démarisige. —Quel que soit le mode de semis adopté pour les betteraves semées en lignes ou en poquets, le nombre de plants levés est beaucoup trop considérable, puisqu'on ne doit conserver qu'une betterave tous les 20, 25 ou 30 centimètres. L'enlèvement des plants surabondants constitue le démariage,
U importe de démarier le plus hâtivement possible et de veiller à conserver les plus beaux plants ; le choix du
(i) PiRisoT, Journal d'agriculture pratique.
ÉCLAIRGISSAGE, DÊMARIAGE ET BUTTAGE. 193
plant peut augmenter la récolte de 10 à 14 000 kilogramme» par hectare (Briem) ; quelques praticiens démarient dès le premier binage (fig. 88); d'autres attendent que la racine ait Tépaisseur d'un crayon ; il n'y a jamais d'inconvénient à démarier très t6t ; le retard apporté à cette façon cause toujours un dommage préjudiciable à la récolte.
Souvent les ouvriers chargés du démariage apportent
Fig 88. — Hooe avec distributeur d'engrais (Amiot, k Bresles).
peu d'attention à la régularité des espacements ; cette condition, observée attentivement en Allemagne, est une cause déterminante d'un rendement élevé, comme on le conçoit aisément. Les agriculteurs allemands, pour veiller à cette bonne exécution du démariage et éviter les vides ou manques, font parfois les démariages en deux fois. Un premier ouvrier détruit avec un binette les plants en excès, ne laissant que de petites touffes de betteraves tous les 15 ou 20 centimètres; un second ouvrier passe ensuite et arrache les betteraves sura-
194 SOINS D'ENTRETIEN
Inondantes de la touffe, en ne conservant que la plus vigoureuse.
Le démariage des betteraves s'exécute le plus souvent à la main, à l'aide de houes, rasettes de diverses formes; ■on a établi des instruments mécaniques à traction animale opérant ces façons ; mais la technique minutieuse de cet éclaircissage, l'inconvénient résultant des vides, la nécessité de faire suivre ce travail par un ouvrier qui achève le démariage, en dégageant les poquets respectés, ont peu aidé à la généralisation de ces appareils.
Après le démariage, on exécute encore au moins un binage à la main, indépendamment des binages à la houe à cheval. On ne doit pas craindre alors d'attaquer profondément le sol entre les lignes et sur les lignes. En Saxe, il n'est pas rare de voir, en août, des femmes circuler pieds nus dans les champs de betteraves pour arracher à la main les dernières plantes adventices.
On éclaircit les pièces de colza, de pavot-œillette, dès le premier binage ; les plants surabondants sont enlevés à ia binette, et on laisse les pieds de colza à un écartement de 25 à 30 centimètres sur les lignes ; les précautions les plus minutieuses doivent être observées pour laisser les plants les plus vigoureux et à un écartement bien régulier; pour l'œillette, nous avons vu que l'écartement de 30 à 40 centimètres entre les lignes et de 15 à 25 centimètres sur les lignes ou en tous sens, dans le cas de semis à la volée, était le plus favorable.
Buttage. — Le buttage consiste à accumuler la terre au pied des végétaux cultivés. Dans certains cas, cette opération a simplement pour but de protéger la plante contre les froids et l'humidité : on donne alors des buttages d'automne (garance, houblon, artichaut, olivier, mûrier, etc.). Le buttage de printemps a plus particulièrement pour action de consolider les végétaux et de déterminer l'apparition, à la base des tiges, de nouvelles racines
ÉCLAIRGISSAGE, DÉMARIAGE ET BUTTAGE. 195
(maïs, tabac). On peut pratiquer ces travaux sur les plantes saccharifèies, de manière à soustraire le collet et la racine aux influences de l'air et de la lumière et augmenter ainsi la teneur totale en sucre; les pommes de terre sont enfin buttées afin de provoquer la multiplication des racines souterraines sur lesquelles se forment les tubercules.
Le buttage doit toujours être donné de très bonne heure, et il faut le réserver de préférence aux espèces produisant leurs tubercules en monceau ou aux terres de
Fig. 89. — Houe à butter (Âmiot, à Bresles).
faible épaisseur, à humidité excessive et mal ameublies.
On peut efl'ectuer parfois deux buttages successifs : la première opération est donnée légèrement, afin de ne pas recouvrir totalement la jeune plante et pour permettre rémission de nouvelles racines sans mutiler celles qui existent déjà; le second buttage atteint une profondeur plus considérable et achève le travail.
Le buttage constitue un binage d'une espèce particulière et aide à la destruction des mauvaises herbes; son action est surtout efficace sur les sols argileux et imperméables ; parfois il serait désavantageux de l'effectuer, dans des terres sèches, à des époques estivales tardives.
Selon l'importance de la culture, on se sert d'instru-
SOINS D^ENTRETIEN
ments à bras ou attelés (fig. 90 et 91). En petite culture, on butt« au moyen de la houe pleine ou de la pioche, effectuant un travail lent, mais d'une exécution régulière. Le buttoir sert en grande culture ; il se compose en principe d'une charrue à double versoir creusant un «ilion entre les lignes de plantes et relevant la terre au pied des végétaux ; Fécartement pour la marche rapide doit être au moins de 50 à 60 centimètres entre les lignes, et
Fig. 90. — BtUcumeur-butieur (Am iot, h Bresles).
le travail effectué peut être évalué à 1 hectare environ par Jour.
Le buttage est généralement pratiqué pour la pomme de terre, bien que son influence ne soit pas actuellemeat nettement définie.
Mathieu de Dombasle, Girardin, Dubi^uil, estimaient que le buttage diminue la récolte de 10 à 17 p. iOO ; Robertson prétend qu'il l'augmente de 10 p. 100. A la vérité, les effets du buttage dépendent des variétés considérées ; on doit butter les espèces formant leurs tubercules superficiellement pour éviter qu'ils ne verdissent à la lumière et ne soient inutilisables à la récolte. Les variétés