‹ Agrimonia eupatoria, Lin. et Agrimonia odorata, MillChapitre 10 sur 22 · CRE HE · texte numérisé non relu

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dents assez grandes et peu nombreuses. Feuilles inférieures relativement grandes et plus on s’élève sur la tige, plus les feuilles diminuent de grandeur. Limbe disséqué à nombreux segments disposés par paires, les uns grands alternant avec de plus petits trifides, il se termine par segments inégaux. Le limbe est d’un vert sombre, velu en dessus et cendré cotonneux en dessous. Pétiole hérissé de poils. Segments ovales, oblongs ou lancéolés, pointus, incisés, dentés en scie à dents peu nombreuses.

Inflorescence terminale en grappe spiciforme, allongée ou même effilée, portant, dans toute sa longueur des fruits en voie de maturation. Pédicelles très courts à l’aisselle de la bractée de la longueur du calice. Réceptacle en forme de bourse à goulot droit, dont les bords épaissis ne deviennent jamais charnus, présentant 10 sillons se prolongeant des spinules jusqu’à la base, hérissé supérieurement de spinules crochues au sommet, à pointe tournée vers l’intérieur. |

Calice à 5 sépales libres en préfloraison valvaire, ovales acuminés, trinervés. Le calice est accompagné d’un calicule dont les pièces sont en alternance avec les sépales et qui ne seraient, d’après BAILLON que des stipules comme cela se voit chez les Fragariées.

Corolle rosacée à 5 pétales libres, ovales et étalées, d’un jauné foncé deux fois plus longs que les sépales, en préfloraison imbriquée.

Androcée formé de 12 à 15 étamines, d’abord droites, se recourbant ensuite vers le stigmate; filet subulé:; 'anthères arrondies, comprimées. Les étamines

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sont disposées en 5 phalanges superposées aux sépaes comme l’a observé Payer (Traité d’Organogénie, p. 101).

Gynécée formé par deux carpelles uniovulés, à ovules anatropes insérés au fond de la coupe réceptaculaire, surmontés chacun par un stigmate capitellé. Le fruit est réduit par avortement d’un carpelle à un seul achène qui reste enfermé dans le réceptacle urcéolé.

POLLINISATION CHEZ L'AGRIMONIA EUPATORIA

La pollinisation s’effectue par des mouvements spontanés des étamines qui se recourbent pour venir toucher le stigmate avec leurs anthères. Lorsque la fleur vient de s’épanouir, les anthères ne sont pas encore mûres et ne sont pas encore prêtes à accomplir leur acte fécondant, elles sont alors au nombre de 12 à 15, rangées autour de l'ovaire présentant des filets rectilignes dressées vers le haut. Un peu plus tard, lorsque les anthères sont prêtes à laisser échapper leur poussière pollinique, on voit les filets se recourber vers le centre de la fleur de telle façon que les anthères viennent à toucher les stigmates qu’elles imprègnent de grains de pollen. Après la fécondation les étamines tombent, les anthères continuent à s’enrouler davantage vers le centre de la fleur qui se fane et qui a fait place au fruit.

AGRIMONIA ODORATA Mül.

Aigremoine odorante

Habitat. — Fossés, bords des chemins, dans les terrains silicieux, dans toute la France, mais rare dans la région méditerranéenne. PS

Dans le Centre et le Sud-Est, on Ia trouve : Côted'Or : Epoisses, St-Sauveur. — Saône-et-Loire : St- Forgeot, Millery, Armercy, Monthelon, Roussillon près Autun. — Arrondissement. de Belfort : Le Salbert, l’Arsot: — Haute-Saône : Ronchamp, Ecroma-

gny, Ban de Champagney, Franchevelle, St-Germain. — Doubs : Bois de Chaleseules, près Besançon, marais de Saône. — Jura : Mouchard près Salins. — Vaud et Genève : Cossonay, Gingins, les Rouges, Coppet, Troinex, Compèésières, Meyrin. 2 Valais : Morgens. — Haute-Savoie : Bonneville, Cluse, Saint-Martin, Mont de Sion, Plateau des Bornes près LA Roche, Saint-Julien, Neydens, Molle. — Savoie : Combe-Noire près Tamié, Oncin. — Ain : Pays de Gex, la Bresse et la Dombe à Savigneux, Les Echets. — Rhône : Couzon, Dardilly, Charbonnières. — Isère : entre St- Laurent-du-Pont et Les Echelles, La Tronche, Mens, Monestier-de-Clermont. — Drôme : environ de Die et . de Luc. — Var : Maures près le Luc. — Hautes-Alpes : Rosans. — Gard: Aumessas près du Vigan. — Hérault : la Salvetat d'Agout. — Pyrénées-Orientales : Forêt de Boucheville, Vernet-les-Bains, Montagne de. Ceret. — Puy-de-Dôme, Cantal, Lozère, Aveyron, Alsace, Lorraine, Loire, Tarn. — Europe jusqu’au Cau-

case et Afrique septentrionale.

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L'Agrimonia odorata Mixx, diffère des formes de l'Agrimonia Eupatoria Lin, répandues chez nous surtout par son calice fructifère (réceptacle) renfermant plus souvent deux achènes qu’un seul, il est crdinairement plus gros, moins nettement atténué vers la base souvent arrondi et non obconique, à sillons moins accentués, surtout dans la partie inférieure du calice (réceptacle) parfois nuls, les épines qui hérissent le sommet du calice montrent les extérieures plus étalées et même réfléchies. La plante est souvent plus développée dans toutes les parties et les feuilles portent sur leur face inférieure de petites granulations blanc jaunâtre odorantes, souvent nombreuses sur l’axe de l’inflorescence au lieu d’y être nulles ou plus ou moins rares comme chez l’Agrimonia Eupatoria. |

Ces points brillants d'apparence gommeuse sont visibles à l'œil nu à la face inférieure des feuilles de lAgrimonia Eupatoria et de l’Agrimonia odorata.

Dans la première de ces espèces, les granulations

Sont moins apparentes parce que les feuilles sont plus velues. À Des macérations de feuilles faites dans l’Ether, le ‘Chioroforme, l’Alcool, l’Acide Chlorhydrique, l’Acide Azotique, l’Acide Acétique n’ont pu les faire disparaître, mais une ébullition prolongée dans l’eau distillée les fait gonfler. ; BERToLINI (Flore. it. vol. 20) n’a même pas accordé le rang de variété à l’AGRIMONIA ODORATA Mill., mais il cite SANGUINETTI, TENORE et GUSSONE : or les des-

criptions de ces deux derniers auteurs se taisent sur

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la plupart des caractères indiqués ci-dessus. Une étude monographique démontrerait que Cosson, comme KUNTZE, ont eu raison de considérer l’Agrimonia odorata comme une race de l’Agrimonia Eupatoria. Ce dernier botaniste signale plusieurs formes intéressantes entre ces deux Aigremoines.

Flore des Alpes de la Suisse et de la Savoie par le Docteur Louis Bouvier: L’Agrimonia odorata Mill, espèce voisine de l’Agrimonia Eüpatoria. Tiges dressées, simples. Feuilles à segments plus grands que chez l’Agrimonia Eupatoria pourvues en dessous de petites glandes brillantes, à odeur de térébenthine. Fruit gros, obscurément sillonné, contenant deux achènes à soies extérieures réfléchies. Grappes florales plus courtes et plus compactes.

Abbé Coste. — Flore de France. — Plante voisine de l’Agrimonia Eupatoria, plus robuste, atteignant de 60 à 100 cm; tige rameuse dans le haut, verte ou à peine rougeâtre; feuilles plus grandes à segments plus lancéolés, à face inférieure verte et finement pubescente, munie de nombreuses glandes résineuses odorantes qui s’étendent sur l’axe florifère ; calice (réceptacle) plus gros, arrondi à la base et presque hémisphérique, faiblement sillonné, à sillons dépassant rarement le milieu, les soies du rang extérieur réfléchies à la maturité; presque toujours deux achènes.

L'Agrimonia odorata se distingue très facilement de l’Agrimonia Eupatoria par les caractères suivants: cette espèce croît dans les terrains siliceux, tandis que l’Agrimonia Eupatoria pousse dans les sols cal-

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caires, sans que cela soit exclusif car on la rencontre dans les terrains siliceux.

L’Agrimonia odorata est une plante plus grande, les feuilles possèdent des segments plus allongés, lancéolés, moins ovales que chez l’Agrimonia Eupatoria. À la face inférieure, les feuilles sont munies de glandes résineuses odorantes. Le réceptacle est plus gros, arrondi à la base presque hémisphérique, faiblement sillonné, à sillons dépassant rarement le milieu. Les soies du rang extérieur ou spinules crochues du réceptacle sont réfléchies à la maturité. A maturité on trouve généralement dans le réceptacle deux achènes, tandis que chez l’Agrimonia Eupatoria il n’y en a généralement qu’un seul par avortement.

Tous ces caractères distinctifs nous permettent de conclure que l’Agrimonia odorata est sinon une grande espèce linnéenne, du moins üne espèce élémentaire à conserver sous ce nom d’Agrimonia odorata, comme le font un certain nombre d’auteurs.

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Culture de l’Agrimonia Eupatoria et de l’Agrimonia odorata

Malgré la préférence bien marquée de ces deux espèces, l’une pour les terrains calcaires, l’autre pour les terrains siliceux, nous pouvons affirmer qu’en culture, ces deux plantes se contentent des sols les plus divers.

Ces deux espèces que l’on rencontre dans les haies et surtout le long des routes, demandent pour prospérer un sol perméable, meuble, frais et substantiel comme l’on peut s’en rendre compte en examinant soigneusement leur habitat. Elles réclament un sol riche en humus et en azote qu’elles trouvent facilement dans leurs lieux de prédilection.

Multiplication. — On propage les Aigremoiïines par semis ou par division des touffes.

Les graines (achènes) sont mises en stratification dans du sable aussitôt après leur maturité. On emploie un récipient (caisse ou grand pot de terre) dont on recouvre le fond d’une couche de sable de 5 cm d'épaisseur; ceci préparé, on dispose alternativement des couches de fruits d’un centimètre et des couches de sable de 2 centimètres en ayant soin de laisser finalement une épaisseur de 10 cm au sable destiné à recouvrir le tout. Au printemps, ces graines sont semées en planche à la volée dans un terrain bien préparé à l’avance, fortement amendé par du fumier bien fait et des engrais. Elles sont enterrées au rateau

puis fortement foulées en marchant à pieds joints sur des planches afin de bien mettre les graines en contact avec le sol. Le tout est ensuite recouvert d’un léger paillis de fumier pour empêcher le sol de se tasser par les arrosages, pour réduire son évaporation et enfin pour mettre, au moment de la germination, les jeunes plants à l'abri des rayons solaires.

La germination est assez bonne avec des graines stratifiées, on laisse grandir les plants, dès qu’ils sont assez forts et robustes on peut les repiquer en pépinières; toutefois, il est préférable de les laisser grandir en planches et de ne les mettre en place qu’à l'automne suivnt.

Les soins du semis consistent en sarclages et en arrosages pendant la belle saison.

À notre avis, pour avoir une plantation d’un rendement rapide, il est préférable d’arracher dans les haies et le long des routes des plants qui seront mis en place à l’automne ou au printemps. En effet, les plants issus de semis ne se développant que fort lentement, il est nécessaire d’attendre plusieurs années pour obtenir enfin une plantation susceptible d’un rendement; il n’en est pas de même avec les plants arrachés le long des routes, ces derniers fournissent dès la première année une appréciable récolte de tiges feuillées.

On peut aussi se servir pour une nouvelle plantation de plants provenant d’une ancienne culture en voie de dépérissement. Les plants sont alors arrachés puis débarrassés des anciennes tiges, le rhizome est lui-même coupé ‘vers la base, les racines .sont dimi-

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