‹ Agrippa d'AubignéChapitre 2 sur 47 · LIBRAIRIE HACHETTE ET C · texte numérisé non relu

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79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, "9 lyT

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AGKIPPA D'ALBIGXE

LIIOMMH I:T sa vie

M Scriheuilits scri/isit, cecinitque vanendiiê. »

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liU vie d'Afj;rippa d'.\iil»iji;in' lut ri-llf d un licros, mais d'un Iutos de giicm' rivilc. Ni- à l'aiin^ri' sanglante des troubles reliiricux. il a huit ans Inr-s des exéeutidus d'AniNoise. on/.e ans lors de la bataille de Dreux, viii;^! ans lors d(; la Saint-lîarlhéleiii\ . Il II Cul point de jeunesse et presipu' pas d'eiilanee. Il avait |)erdii sa mère en naissant. A (Hk ans. lait prisonnier par un parti de callioliipu's, il (■<! menao»' du bùeher : mais " lliorreur de la messe lui ôte «elle du leu », et il danse une gaillarde, en attendant le bourreau. A treize ans. il s'évade en chemise des mains de son rurateur. court se battre et gagne son premier équipement à la pointe d'une épée qu'on lui prête.

Champion indomptable de la cause réformée, compagnon fidèle, incorruptible, mais incommode

8 AGIIII'PA U AUBIGNE.

et iiK'iiie inlraital)le du Béarnais en quête du trône de France, à ees deux objets, qui n'en font qu'un, il consacre sa vie, cotte longue vie de soixante-dixhuit années qui devait le mener juscju'apn-s la chute de la lîochcljf. en idcin rcgne de Louis XIII. Il Ifuc voue son épé-c. son sang, sa parole, sa plume. Trente ans il combat sans trêve. Puis, l'épée désormais |»t'ri(lin' au crochet quand le Béarnais est devenu le roi de France, trente ans il écrit. Ft le nouveau combat <pie soutiennent ses écrits est encore l'anc icu c(uubal. !•• même, toujours le même. (Jar dAubigut' n'a égard ni aux temps, ni aux circonstaiK es. ni aux personnes. Il est celui qui croit, (pii agit parce cju il a cru. qui raconte parce qu il a agi. Ft ainsi, droit devant lui. jusqu'à la moiM. Héros de laclion tant qu'il a pu: hé-ros de la plume, (pianil il lut n-duil aux gestes de l'écrivain: héros de la foi. dune loi taillée à sa mesure, pleinement, parfailemenl. Fn lui une religion, une époque de l'histoire, prescpie un siè<-le. se résument, s'incarnent dans un pal|tilant relief. Sainte-Beuve l'a noté d'un trait déci^it. Ilien n'appmche de cette vie « représentative » entre toutes, pour l'originalité, la force, la violence des contrastes, surtout pour l'invincible unité. Aussi l'orgueilleuse inscription du portrait de lîàle ', qu'il a fournie peut-être et en tout cas tolérée, n'est-elle pas menteuse. Ce guerrier a pu fournir l'historien de matière, et ce poète aurait pu se chanter, l'.t sa vie est une grande chose

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