‹ Agrippa d'AubignéChapitre 3 sur 47 · Ecrivain, il fut iHalière éci-il ; poi-le. malièrf* à · texte numérisé non relu

Ecrivain, il fut iHalière éci-il ; poi-le. malièrf* à

]iiu'Mie. »

LIIOMMi; ET SA VIE, 0

dont il désirait, légitimement, que la postérité

iiio^noràt pas.

Il a ilailieiirs pris <o\n de la raconter lui-rnérne. Xnn pas tout haut, et devatU le «^rand i>ul)lic: mais a mi-voix, dans le cenle de la famille, comme un }<rand-père prend ses enfants sur ses genoux pour narrer ses souvenirs. De là cette l'ir à .ses enfants. écrite pendant la vieillesse, et dédii-e « à Constaus, Marie et Louise d'Aubigné ». Longtemps elle fut

aue secrète, comme il l'avait voulu: d'ailleurs sue .1 rappelée avec ferveur dans la famille. La lulure Mme de >Liintenon. élevée par sa tante Mme de \ illette, vn entendit citer plus d'un trait dans la gentilhommière de Mursay, où elle passa son enfan«e'. Cette Vie est nue, blessante et tranchante

iiime une épée. On y respire, avec une àpreté soldatesque et une rigidité puritaine, une sorte de jouissance violente à déchirer tous les voiles, à montrer les hommes et les actes tout crus. Klle achève de faire connaître d'.Vubigné, et là nous le voyons bien tout entier. Mais elle n'est que le complément de son Histoire, et cette Vie pouvait périr <ans que pérît de lui rien d'essentiel. 11 n'a conçu

•ite biographie intime que comme le supplément de son Histoire universel Ir \ la Vie en contient les pièces justificatives pour ce qui le concerne. Le reste, c'est-à-dire le principal, est incorporé à l'Histoire universelle même, et s'y incruste de telle façon (fu'on ne l'en saurait détacher. Aussi la créance qui

1. Voir Fran[(ùse d'Aubigné. par Henri Gelin (Niort, 1899. brochure^

10 A(;itllM'A I) ALIUGNÉ.

doil r-'ire accordée — nous le montrerons plus tard. — à VHistoirc unUerscUc, doit-elle s'étendre à la Vie. Personne ne fut plus véridique que let auteur souvent réputé suspect et vantard. D.Vubigné nesi qu'avantageux. Il ne s'oublie nulle part, et se fait valoir nièinr quand il est humble et repentant : à plus forte raison quand il se sent glorieux, ce qui lui arrive souvent, plus souvent qu'à quiconque de son entourage I il prononce partout sa personnalité, et volontiers « plastronne >». comme un homme qui sent sa valeur, et ne consent pas à s'effai-er parce qu'il gène. Il semble avoir eu conscience «ju'il serait i-ebutt', délaissé, relégué après sa mort (ne le fut-il pas de son vivant ?) et (jue. sur ses œuvres, s'ourdirait la conspiration du silence. Fallait-il être méconnu aiiiirès de la postérité, auprès de la famille même, où un lils renégat défigurait son nom? Ainsi s'expliquent les confidences de ce grand immodeste, que ses défauts même nous garantissent dévot à l'honneur, et dont la sincérité en toute chose n'est pas effleurée par l'ombre d'une prévariralion.

On peut donc s'engager très loin sur sa foi. (]e qui ne signifie point qu'on doive accepter tous ses jugements sans contrôle. Il était homme, il n'a pas tout su. il était dur aux autres, il avait haute opinion de lui-même, il a pu se méprendre, mal voir, juger sévèrement ou partialement, bref, se tromper. Cependant, à le serrer de près, à le contrôler avec des contemporains de sa taille ou avec de simples inconnus dont les papiers ont été récemment découverts, on est plutôt surpris de sa scrupuleuse exactitude. Tout dénote chez lui non seulement une

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