SIMONE. NARCISSE
NARCISSE, à part. Elle est seule J’ai
laissé filer mon rival , profitons de l’occasion et enlevons la place. {Haut.) Divine Simone!...
SIMONE. Ah 1 vous m’avez tait peur....
mais vous ne deviez revenir que dans une heure T
NARCISSE. C’est vrai , mais* je suis bien excusable , puisqu’il s’agit du bonheur ou du malheur de toute ma vie, car si l’un de mes concurrents allait être choisi par vous, je n’aurais plus qu’à mourir.
SIMONE. On ne meurt pas pour ça.
NARCISSE. Obi si Simone , car, hélas!
peul-on vivre quand on a pas de cœur?
SIMONE. Vous n’avez pas de cœur?
NARCISSE. Non , puisque vous me l’avez pris.
SIMONE. Obi alors , je ne veux pas être ^ cause de votre mort , et je vais vous le rendre.
NARCISSE. Oh! non, gardez-le toujours, et moi avec; ne me séparez pas de vous, ma houri, ma sultane.
SIMONE. Vous m’aimez donc bien?
NARCISSE. Si je vous aime! mais à en perdre l’esprit... si je vous aime!... mais je voudrais vous voir malheureuse !
SIMONE. Commeq^votls m’aimez, et vous voudriez me voir malheureuse?
NARCISSE. Oui, je voudrais vous voir dans une affreuse misère!
SIMONE. Eh bienl voilà une manière d'aimer dont je ne me doutais pas.
NARCISSE. Oui, parce qu'alors j’aurais le bonheur de vous tendre la main, pour vous élever jusqu’à moi et vous enrichir, car, pour vous, je serais capable des plus grands sacrifices. Voyons, quelles preuves voulezvous que je vous donne de mon dévouement? Voulez -vous que je me tasse couper mes cheveux et mes soyeuses moustaches?
Oh I Simone, je vous en supplie, ne me faites pas souITrir plus longtemps, prononcez mon arrêt.
Air de Boraat.
Von cttm al taul en émof,
OLI ma ehannanle Simone,
Vous avcA I aino st bonnet De grâce, rassurei-fnot.
J'tUenda, dana votre demeure.
Ou le bonheur ou la morL Ke ponrrai-Je. avant une heure.
Hélas I connaître mon sort?
DIlea-moi, belle rermlére,
Leqael sera votre époai.
amoNioi.
Je cède à votre priér*.
Celui-là, monsieur...
‘ NAsasisi.
C'ut...
>moxia.
Vousl...
NARCISSE. O bonheur ! oh ! tenez, laissez moi me rouler à vos pieds pour vous remercier.
siMO.NE. C’est inutile, si quelqu'un venait.
NARCISSE. Oui, vous avez raison, je vais me contenir... si je peux... Je cours chez le notaire faire dresser le contrat de mariage qui doit assurer mon bonheur.
SIMONE. Oh! il sera temps demain, et puis il faut garder le silence jusqu'à ce que le délai que j'ai accordé à vos concurrents soit expiré.
NARCISSE. Eh bien! en attendant que l’heure soit venue, faisons nos petits plans pour l'avenir.
siuoNE. Oh ! c'est bientôt fait, nous placerons notre argent le plus fructueusement possible, et puis nous exploiterons ma ferme, qui est d’un bon rapport.
NARCISSE. Quoi ! vous voulez rester dans ce village?
SIMONE. Mais, sans doute.
NARCISSE. Y pensez- vous, Simone ! enterrer votre beauté dans ce hameau?... Mais vous êtes faite pour briller à Paris p votre fortune et ma position d’agent de la Société des ballons inexplosiblw vous ouvrira la porte des plus élégants salons de la capitale.
SIMONE. Non , monsieur , je reste ici ; à Paris, dans ces beaux salons, je ne serais qu'une' petite paysanne sotte et ridicule, tandis qu'ici, je vis au milieu des miens, personne ne se moque de moi, et puis je ne pourrais jamais quitter ce village où je suis née et cetfe maison qui me rappelle des souvenirs bien chers à mon cœur.
An : Mu$e in boit.
Et poli li-bas, dans l'humble cimellère.
Sens une crois, repoieni pour loujoun Mon pér* chdrl, ma bonne et sainte mire.
Aussi je rais IA prier tous les jours.
Leur sourenir, lorsque je suis chagrine,
Est de mon cœ ir le plus terme souiien.
Et leur tombeau, pour moi, pauvre orpheline.
Me sert ici de bon ange gardien.
NARCISSE. Eh bien 1 nous resterons, adorable Simone, vos moindres désirs sont des ordres pour moi, et puis j’ai des goûts trèschampêtres.
SIMONE. Merci, mais l’heure s’avance et ces messieurs vont bientôt revenir chercher ma réponse.
NAKcissE. Elle est facile à faire, la réponse.
SIMONE. Oui, et pourtant elle m’embarrasse, surtout pour Bastien, le pauvre garçon est si bon que je ne voudrais pas être témoin de son chagrin.
NARCISSE. Rien de plus simple, ôcrivezleur, vous vous éviterez une scène.
SIMONE. Oui, vous avez raison, je vais leur écrire.
NARCISSE. Allez, bel ange, et restez le moins longtemps j'ossible , car , lorsque vous n’êtes pas là, je ne vis plus. (Stmone sort).