‹ Ah Il a des bottes, Bastien vaudeville en un acteChapitre 18 sur 18 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Las Mêmes, BASTIEN en poetilUm.il a ses bottes.

BASTIEN. C’est ce qui vous trompe, mamzelle, vous êtes toujours la riche fermière.

TOUS. Que dit-il?

BASTIEN. Ahiça vous étonne, çal

SIMONE. Mais que signifie?...

BASTIEN. Mon Dieu, piamzelle, c’est bien simple. Mon cousin Narcisse, que j’ai rencontré comme il sortait d'ici, m’a raconté que vous aviez été volée, et que vous soupçonniez des marchands que vous aviez logés il y a deux jours; alors, quoique j’ai fait?

j'ai enfilé les bottes à mon oncle, je me suis iiiformé du c'nemiii rju’avaien t pris ces individus, j’ai enfoiirclié un cbeval. et je suis parti à franc étrier du côté indiqué. J'ai trouvé nif-s gaillariis à une lieue d'ici dans uue ferme. Je n’ai pas voulu les faire arrêter, mais je les ai menacés; ils ont c« peur, et ilsin'unt rendu lumagot: le voijà... Puisque c'est mon cousin que vous aimez, vous pouvez l'épouser.

Bo-SELÉ. Ah I c'est bien ce que tu as fait là. >

NARCISSE. Croyez, charmante Simone, que je suis heureux du bonheur qui vous arrive.

BOSSELÉ. Penneltez-moi do joindre mes félicitations à celles de monsieur Narcisse.

SIMONE. Bien, bien, messieurs; je suis fixée sur vos sentiments à mon égard. Quant à vous, monsieur Bastien, veuillez m'expliquer comment cette somme se trouve entre vos mains.

BASTIEN. Mais je vous l’ai dit, mademoiselle ; je l’ai reprise à vos voleurs.

SIMONE. Eh bien, monsieur Bastien, ces quinze mille francs qui m'ont été volés (riranliin portefeuille de sa poche), les voilà... les voilai

TOUS. Hein ! que dit-elle ?

BASTiEx, stupifait. Hein! quoi?... ces quinze...? (A part.) Aie! me voilà pincé!

BOSSELÉ. Ah ça I mais qu'est-ce que tout ça veut dire?

siMo.NE. C'est à monsieur Bastien de nous l’expliquer, car je n’ai jamais été yolép.

NARCISSE. Quoi! ce que vous nous avez dit?...

SIMONE. N’était qu’une épreuve pour connaître celui qui m’aimait réellement.

NARCISSE, d part, Je m’y suis Igis^ I prendre !

AB! IL' A DES BOTTEE , BASTIEX.

BOSSELÉ, à part. Tal été bien maladroit!

SIMONE. Maintenant, monsieur' Bastien, d'où viennent les quinze mille francs que vous avez?

NABcisse. Oui, coipment vous les êtesvous procurés?

bosseU. Un pauvre paysan posséder une pareille somme... c'est louche !...

BASTiF.N. Dites donc, vous. Bosselé,

3 u’est-ce que vous voulez dire?... TSctiez e retenir vos paroles, où je rentre vot’ bosse en dedans à coups de poing... Voilù la chose, mademoiselle. Tantôt en sortant de chez nous, je reçois une lettre du maître de poste de Dreux qui m’annonçait que j’étais noibmé postillon. Je prends les bottes ù mon oncle, car celte fois j'avais le droit de les mettre ; mais voilà qu'en enfilant la gauche, mon pied éprouve de la r&istance. < Je pousse, je pousse! ah ! oui, le pied n'en- ' trait toujours pas... Voyant que le pied n'y ; passait pas, j’y passe la main, et la main se , trouve arrêtée comme le picd.par un paquet recouvert avec de la toile... Je prends mon ' eustache, je décous la doublure, et je j trouve... I

TOUS. Quoi 7... I

BASTiEN. Ces quinze billets de banque et ] celte petite lettre. [Lisant.) « Au plus dés- : » intéressé de mes neveux , ceci appar- » lient à celui qui choisira mes bottes... »

NABCISSE, d part. Encore une bêtise que j’ai faite. i

BASTIEN. V’ià, mamzelle, l’origine de cet i argent. Eh ben, monsieur Bosselé, vous quuviez un air d’avoir... deux airs, êtes- .

vous fixé à présent ? c'est que, voyez -vous, i j’suis une bêle, un jobard, tout ce que vous ’ Voudrez de plus serin, mais j’ suis avant tout un honnête homme, et si on avait l’air de me soupçonner...

Ain lin Bonn.

Que m’inporte que l'on roc gouaille, !

Moi, le premier, j'en ris d’ bon cœur; I

Mais j’ craindrais pas d' livrer bataille '

M vous louchiez h mon honneur. i

Ce n'esi pas avec des calottes Quej' m'en vengerais, sachez-lc bien.

{Mtjtnrant sn bottn.) |

Car il a des boites.

Il a des boites. 1

BasUen. ' ati.

Car II a des bottes, boites, bottes, \

U a des bottes, Bastien. J

BossELf. Comme vous prenez feu, monsieur Bastien ! personne n’a attaqué.

BASTIEN. C'est bon, en v'Ià assez ; donc, pourvous finir, Simone, comme je revenais ici pour vous, faire part de ma bonne fortune, j’ai réneontré mon cousin Narcisse qui m’a dit que vous l'aimiez et que vous

vouliez l'épouser, maisqne, coomie onvous a volée, que vous ne possédiez plus rien, il ne...

NARCISSE , l'interrompant. C’est bien, en voilà assez.

SIMONE. Laissez-le dire, monsieiir, il faut que tout se dévoile.

BASTIEN. Ah ! je n'ai plus qu'à dire que croyant Simone ruinée, vous alliez partir pour Paris... Alors, comme je Voulais avant tout que vous soyez heureuse, je vous apportais l'héritage de mon oncle, en vous fai- .sant accroire que c'dtait ce qu'on vous avait pris.’ ''

SIMONE. Mais quel était votre but en me donnant voire argent ?

BASTIEN. Dame ! que vous épousiez mon cousin, puisque vous l’aimez. ' I

SIMONE. Et vous, qu'auriez-vous fait, ne possédant rien 7...

BASTIEN. Eh beu, j'suis noœmé postillon, j’vais quitter le village pour toujours, puisqii'en fait de chaussures à mon pied j' nons pu trouver que mes bottes, et que j'ons pas su me faire aimer, parce que j’suis pas aussi beau que... certains hommes, j’ai pas de belles manières, j’ai pas de bosse, enGo...

BOSSELÉ. Veux-tu la mienne?...

BASTIEN. Eiirin, j'suis qu'uue bétel un lourdaud d’paysan.

SIMONE. , Vous avez ce qui vaut mieux que In beauté et Télégancc.

BASTIEN. Quoi donc, que j’peux avoir qui vaille quéqu' chose î siHosi. Un bon coeur que j'avais m'éconnu aussi. ,

, Am du fwJ lie Vcvdsn.

Vous avez seul triomphé de l'épreuve,

.Mais j'étais loin d'attendre, assurément,

D" votre pari, une aussi grande preuve De voire amour I de voire dévouement Pardonnez-moi zi j'ai Tait la coquette.

Comment jamais m'acquitter envers vous?

Pour colitractcr une nouvelle dette, l’our mon bonheur, devenez mon époux.

BASTIEN. Quoi, vraiment? moi, votre...

vous, ma... Ab I tenez, je suis si content, si heureux, que je serais capable d'embrasser lebos.su!

BOSSELÉ. Avisez-vous-en I...

' BASTIEN. Soyez tranquille, je me retiens ; vous êtes trop laid.

BOSSELÉ. Malhonnête! [Bas à Narcisse.) Dites donc, je crois que nous faisons ici les chevabersde la triste figure.

NARCISSE, de même. Ça m’en a tout l'air.

[Jlaui.) Mademoiselle ’simome, ou plutôt madame Bastien, je vous félicite de votre heureux choix... Quant à moi, je vends aujourd'hui les meubles de mon oncle et je pars demain pour Paris...

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