‹ AïdaChapitre 23 sur 39 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

AMNERIS.

Je la prierai que Radamès me donne

Tout son amour, Comme mon âme est à lui tout entière !

RAMPHIS.

Suis-moi, nous prierons jusqu'au jour.

Je t'accompagne.

Ils entrent dans le temple.

C H OE U R , dans le temple.

Exauce ma prière, Toute-puissante Isis, O toi, l'épouse d'Osiris, O toi, sa tendre mère.

AÏ D A , couverte d'un voile, s'avance avec précaution.

Radamès va venir. Que doit-il m'annoncer? Je tremble! Ah! si tu viens pour prononcer

Cruel, l'adieu suprême, Les flots du Nil rapide, pour jamais M'offre la tombe et la paix,

Et l'oubli de moi-même.

O mon pays, je ne dois plus te voir!

O ciel d'azur, ô rives parfumées!

Adieu, grands bois où je venais m'asseoir! De mon enfance, ô campagnes aimées,

c^b' AÏDA

G mon pays, je ne doi&pluste voir!

O frais vallons, grands bois où, dans un rêve, Mon cœur s'était bercé d'un tendre espoir, Quand de l'amour le songe heureux s'achève, O mon pays, je ne dois plus te voir!

Aida est plongée dans sa douleur. — Elle entend marcher et se lève croyant voir Radamès. Elle aperçoit Auionasro.

Ciel 1 mon père !

AMONASRO.

Aïda, le moment est suprême!

Rien n'échappe à mes yeux. Ton cœur brûle d'amour pour Radamès! Il t'aime, Tu l'attends en ces lieux!

Des Pharaons la fille est ma rivale ; Race infâme, abhorrée, à tous les miens fatale!

Je suis en leur pouvoir, moi, la fille d'un roi!

AMONASRO.

En leur pouvoir? non, la vengeance Est prochaine, crois-moi!

Oui, tu vaincras ta rivale! Puissance, Patrie, amour, tout est à toi !

Tu reverras cette terre bénie, Nos frais vallons, les temples de nos dieux.

Page 1