‹ AïdaChapitre 24 sur 39 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

^ Je reverrai cette terre bénie, Nos frais vallons, les temples de nos dieux.

AMONASRO.

Heureuse épouse à ton époux unie, Votre bonheur surpassera vos vœux.

Pour un seul jour jouir de cette ivresse Un jour, une heure, et puis après mourir !

AMONASRO.

Souviens-toi bien de ces jours de détresse Où l'ennemi vint tout anéantir...

Puis il partit emmenant ses captives :

Femmes, vieillards, enfants, tout a péri.

Je crois entendre encor leurs voix plaintives, O souvenirs dont mon cœur est meurtri : De jours meilleurs, puisse après tant d'alarmes, Puisse briller l'aurore à nos regards.

AMONASRO.

Déjà notre peuple est en armes, Nous les vaincrons et sans retards Il me reste à connaître Par quel chemin l'ennemi doit paraître.

Qui saura leurs secrets ?

AMONASRO.

Qui donc? toi-même !...

Moi!

AMONASRO.

Radamès va venir. Il t'aime !

Il conduit leurs soldats... tu comprends...

Quel blasphème \ Que me conseilles-tu! non! non! jamais!

AMONASRO, avec une impétuosité sauvage.

Sortez de vos tentes, Hordes triomphantes, De ruines fumantes Couvrez la cité !

Semez au passage L'effroi, le carnage, Que dans votre rage Tout soit dévasté !

Ah ! pitié mon père !

AMONASRO.

Toi ! ma fille ?... arrière !

Vois donc rouler ces flots sanglants,

Au sein de nos murailles Lés morts se lèvent frémissants,

Privés de funérailles.

Entends vers toi monter leurs cris :

C'est toi qui nous trahis 1

., Pitié ! pitié, mon père I

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