A--'/ ; !X ACTE PREMIER
> SCÈNE III RADAMÈS, AMNERIS.
- AMNERIS, àRadamès.
Dans tes regards quelle ivresse nouvelle !
Quelle noble fierté sur ton front étincelle ! Combien serait heureux Le destin d'une femme, Dont l'aspect dans tes yeux
Saurait faire briller tant de joie et de flamme.
D'un vain rêve le charme avait séduit mon âme, Isis a désigné le chef que nos soldats Pour triompher, bientôt, suivront dans les combats!... Ah ! quel honneur !... si j'y pouvais prétendre !...
- AMNERIS.
Quelque autre rêve encore et plus doux et plus tendre Ne techarme-t-il pas?...
N'as-tu donc pas de désirs... d'espérance?...
RADAMÈS, à part.
O dieux ! quelle souffrance !
Que dit-elle !... malheur!...
Malheur ! si de mon âme Elle a surpris la flamme, Oui, c'est une autre femme, Qui règne dans mon cœur !
^ \ AMNERIS, à part.
|^ Malheur ! si dans son âme
S'allume une autre flamme !
Si j'ai pu lire dans son cœur Sur eux trois fois malheur !
RADAMES, apercevant Aïda.
Elle!
AMNERIS, l'observant.
Il se trouble ! et, le front pâle, Comme il la regarde ! Aïda !
Peut-être ma rivale, C'est elle!... la voilà?
Haut, s'approchant d'Aïda.
Viens ! Aïda ! viens sans effroi !
Tu n'es pas ma captive.
Parle ! d'où viens que je te voi
Auprès de moi craintive ?
Tu pleures !... dis-moi tes secrets ;
Dis-moi d'où naissent tes regrets ?
Hélas! déjà l'heure a sonné !...
Un peuple armé s'assemble.
Pour mon pays infortuné, Pour moi, pour vous, je tremble.
AMNERIS
Ne cache rien ! n'est-il pour toi D'autre sujet d'effroi ?...
Aïda baissant les yeux, cherche à dissimuler son trouble. RAD ATIÈ S, à part, regardant Amneris.
Je crains d'une âme altière La haine et la colère," Si ce profond mystère Doit paraître au grand jour!