II. Luxation unilatérale
i° Déformation. — Dépression au devant de l'oreille ; menton porté du côté opposé à sa luxation.
Du côté sain, commissure labiale portée en bas, joue creuse; du côté malade, joue aplatie, masséter tendu, dents canines inférieures répondant aux incisives supérieures.
2° Attitude.— Bouche moins ouverte; salivation; articulation des sons défectueuse.
3° Mobilité. — Mouvements difficiles.
Ne pas confondre avec une paralysie faciale (169).
Traitement. — Introduire les pouces fortement garnis de linge dans la bouche du malade, le plus loin possible, de façon à appliquer la face palmaire sur les dénis molaires; ramener les autres doigts sous le menton et embrasser ainsi la mâchoire solidement ; l'abaisser
Fig
— Appareil la réduction des luxations de la mâchoire inférieure (Vidal).
forcément et la repousser en arrière, agir avec précaution et promptitude pour éviter d'être mordu. Appliquer des compresses résolutives sur les tempes et bandage en fronde (/ig-62).
21 1. Fracture du maxillaire inférieur. — Symptômes. — Douleur variable; gonflement peu prononcé; déformation différence de niveau des dents; mobilité contre nature; crépitation ; salivation ; paralysie de la lèvre inférieure [fracture du
corps). , .. ..
Douleurs, difficulté dans les mouvements, crépitation, de pression au-devant du conduit auditif externe, immobilité du condyle dans les mouvements de l'os [fracture du col).
Ne pas confondre avec luxation (210).
Traitement. — Immobiliser les fragments a laide du ban dage en fronde ci-dessus ; mentonnière en gutta -percha, en carton mouillé : régime liquide ou demi-liquide; potages
boissons. . .
212. Nécrose, carie, exostose, cancer, etc. du maxil laire inférieur. - Symptômes. - Engorgement phlegmo neux de la joue, du cou; suppuration; fistule; le stylet trouve un périoste dur, sonore: chute des dents ; tuméfaction état fongueux des gencives; dénudation de 1 os [nécrose). - Mêmes symptômes, mais le stylet arrive dans un tissu spon gïeux [carie). - Tumeur du maxillaire inférieur, arrondie sans altération des parties molles, sans fistule, a base large n cédant pas sous le doigt et ne donnant heu, par la poncho exploratrice, à aucun écoulement (exostose).
Mêmes svmptômes, mais la coque osseuse est un peu depre sible et fait percevoir de la crépitation caractéristique; ab ence d'engorgement des ganglions voisins {tumeur fibreuse, 8? 83f 1 Tumeur assez dure, indolente au début, a mardi lente puis douloureuse, prenant un développement consid rab le s'ulcérant et fournissant une sanie fétide, avec sahvatio [nvolonta ire, élancements, hémorrhagies et engorgement de ZZns voisins; état sain ou malade des parties voisines feanc 83) - Tumeurs de dureté variable sans altération des parties voisines, sans autre douleur que de la gêne, don-
S tectile, sont rouges, livides, gonflées, augmentant par les
MALADIES DE LA B0UC11E
cris, s'affaissant à la pression, avec sensation de fluctuation, gêne locale et de voisinage {Tumeur érectile, 74, 85), se garder de ponction exploratrice.
Traitement. — Pour la nécrose ou la carie, agrandir la fistule : enlever le séquestre avec les pinces ou le davier; injections détersives; cautérisation de la fistule; teinture d'iode; liqueur de Yillate ; tonifier le malade.
Pour ïexostose, traitement de celte affection ; pas d'opération à moins de gêne considérable.
Pour le kyste, incision assez large, introduire dans la poche des substances irritantes, charpie, onguent styrax, populeum, teinture d'iode; contre-ouverture au besoin.
Pour les cancers, les tumeurs fibreuses , les •" s
tumeurs érectiles,vésec- :
tion ou amputation du maxillaire inférieur.
213. Amputation du maxillaire inférieur. — Partie moyenne, 1er temps; Découvrir la portion d'os à enlever en faisant une incision verticale depuis la ligne médiane de la lèvre inférieure jusqu'à la base de l'os hyoïde ; disséquer et renverser les deux lambeaux latéraux a, e {/ig. 63), diviser le périoste sur les points où se fera la section de l'os et enlever de chaque côté la dent correspondante au trait de scie.
Deuxième temps : Garantir la lèvre supérieure des coups de
(*) a, b, le corps du maxillaire détaché par deux traits de scie ; c, simple ligature engagée a la base de la langue et confiée à un aide, qui tire sur elle et empêche 1 organe de se porter en arrière au moment où le couteau d incise les muscles génio-glosses; e, lambeaux entre lesquels sort cette ligature (Scdillot).
Fig. 68. — Résection" du maxillaire inférieur (*) (Procédé de Dclpcch.)
Cojiueu, Aide-mém., 2« édit.
scie à l'aide d'une compresse; à l'aide de la scie droite ou de la scie à chaîne (fig. 64), pratiquer de chaque côté la section de l'os.
Troisième temps : Saisir de la main gauche le fragment b, l'attirer au dehors, le séparer avec le bistouri d des parties molles, des muscles génio-glosses, en rasant sa face postérieure ; faire tenir par un aide c la langue en dehors à l'aide d'une pince ou d'un fil.
Pansement: Arrêter l'hémorrhagie ; lier les artères ou cautériser; placer de la charpie dans l'angle inférieur de la plaie ; et fixer au dehors le fil qui retient la langue et qui a été passé à travers sa partie inférieure, à la base ; rapprocher les deux fragments de l'os et réunir les parties molles par la suture entortillée ou métallique {fig. 24 et 25).
Résection d'une portion du bord alvéolaire, convient très-bien aux tumeurs érectiles. Au niveau de la partie malade, incision verticale jusqu'à la base de la mâchoire; incision horizontale perpendiculaire à la première et formant deux lambeaux latéraux qu'on renverse ; trait de scie dans la direction de l'axe de l'os, puis second trait de scie perpendiculaire cà Taxe à chaque extrémité du trait horizontal ; enlever l'os et réunir comme ci-dessus.
214. Ostéo-périostite alvéolo- «1 en taire. — Symptômes. — Déviation et allongement d'une ou de plusieurs dents; liséré rougeâtre de la gencive qui se décolle, devient fongueuse, 'saignante, suppurante ; douleur à la pression de la dent ou soulagement quand cette pression chasse le pus; petits abcès pustuleux; haleine fétide; ébranlement et chute de la dent.
Fig. 64. — Résection partielle du corps de la mâchoire. Procédé de Lisfrano (*).
(*) Diviser verticalement la lèvre inférieure, pratiquer une seconde incision horizontale d, étendue de l'extrémité inférieure de la première a quelques millimètres au delà de l'angle de la mâchoire. Le lambeau b, renversé d ayant en arriveet dé bas en haut, met l'os c à nu et permet d'en déterminer la résection avec une petite scie à main à lame très-fine, portée d'abord en avant, pins eu arrieie (Sedillot).
MALADIES DE LA BOUCUE
Ne pas confondre avec scorbut (33), gengivite (219), stomatite (230),
Traitement. — Applications périodiques répétées tous les 6 ou 8 jours d'acide chromique solide ou déliquescent au collet de la dent, dans l'alvéole, sur les fongosités à l'aide d'une baguette de bois: chlorate de potasse (1 à 4 gr. par jour) ; pastilles de chlorate de polasse; application locale de chlorate de potasse et de borax (âa parties égales), sangsues, scarifications des gencives: gargarismes ; dérivatifs; pédiluves.
215. Dentition chez les enfants. — Symptômes. — 1° Locaux : Rougeur, gonflement, tuméfaction des gencives; douleur; salivation; aphlhes, ulcérations.
2° Généraux: Fièvre; diarrhée, convulsions, agitations; érythème, feux de dents, etc.
Ne pas confondre les accidents sympathiques delà dentition, avec des maladies inflammatoires ou organiques.
Traitement. — Laver ou toucher les gencives avec des substances mucilagineuses, décoctions de guimauve, de graines de lin; bâtons de réglisse, de guimauve, trempés dans le miel; faire mâcher des figues grasses, du pain ; frictionner les gencives avec la teinture de safran, la poudre de safran unie au miel à parties égales; incision cruciale de la gencive ; bains, demi-bains; bains de pieds; lavements émollients ; modérer la diarrhée sans l'arrêter à moins qu'elle ne soit très-violente.
216. Carie dentaire. — Symptômes. — A la surface de la dent, tache brunâtre; émail terne ou détruit ; cavité plus ou moins profonde ; odeur fétide; douleurs vives revenant par le toucher ou par le contact des objets étrangers ou par l'impression du chaud et du froid, des aliments sucrés ou acides {carie externe) ; ou bien il n'y a pas d'érosion à la surface, pas de mauvaise odeur, mais une tache noirâtre que l'on aperçoit dans son épaisseur; une cavité à parois noires, sèches {carie interne). La carie est sèche ou humide.
Ne pas confondre avec odontalgie (217).
Traitement. — Si la carie est superficielle, l'enlever avec la rugine ou la lime ; plomber la dent, ou introduire dans la cavité q. s. de la pâte suivante:
"if Acide arsénicux Cg', 25
ou bien chloroforme, laudanum, glycérolé de morphine dont on enduit une boulette de coton : extraction de la dent cariée.
Sulfate de morphine
Créosote
Mêlez.
Pgr, 75 X gouttes.
217. ©rtontalgie. — Symptomes. — Douleurs plus ou moins vives, lancinantes, augmentant par la pression, parla mastication, ne revenant pas par accès, sans altération de la dent.
Ne pas confondre avec carie (216).
Traitement. — Collutoires à la morphine ; gargarismes laudanisés; frictionner les gencives avec le doigt trempé dans la morphine.
218. Epulîs. — Symptômes. — Sur la gencive tumeur indolente, lisse, unie à sa surface, quelquefois gercée, ulcérée, de consistance fongueuse, cartilagineuse, à marche lente et consécutive à une carie dentaire ou alvéolaire.
iVe pas confondre avec ahcès des gencives ou parulis. Traitement. — Ligature, s'il y a un pédicule; sinon, excision et cautérisation avec le nitrate d'argent ou le fer rouge.
219. Geiigivite. — Existe rarement seule; est le plus souvent liée à la stomatite mercurielle (230, VI), au scorbut (33), ou dépend du mauvais état des dents ou de la présence abon-
dantè de tartre. .
Traitement. — Combattre la cause ; enlever le tartre. Voir
scorbut, stomatite.