Bec-de-lièvre. — Division congénitale, unique ou dou
ble, de la lèvre supérieure, avec ou sans écartement des os maxillaires supérieurs, du voile du palais, de la luette ; d'où les variétés suivantes: bec-de-lièvre unique, — bec-delièvre double, — bec-de-lièvre compliqué.
Traitement. — Opérer les premiers jours qui suivent la naissance.
A. Bec-de-licore simple : Saisir l'angle in- A 6S- ~ ,Sut;rc férieur gauche avec la pince à disséquer et
en X, pour 1 opération lc>xl^"x o , • j ,„„•„ i„
du bcc-de-iièvre. enlever d'un coup de ciseaux dans toute la division une bandelette charnue comprenant toute l'épaisseur de la lèvre et d'une largeur de plus d'un millimôtre: aviver le côté droit de la même manière; laver, essuyer les parties divisées et les réunir à l'aide d'épingles en.commençant par le bas; enfoncer l'épingle à un demi-centimetre en dehors du point avivé, la faire pénétrer perpendiculairement d abord, puis obliquement, de manière à sortir à l'union des trois quarts antérieurs avec le quart postérieur ; lui faire suivre la môme direction pour l'autre lambeau ; réunir les épingles avec des fils par la suture entortillée (fig. B5) ; surveiller 1 enfant; éviter la succion, faire boire le lait à la cuiller, et au besoin lui Caire prendre un peu de sirop diacode pour le faire dormir:
MALADIES DE LA BOUCHE
il 3
Fig. ii6. — Opération du bec de Uc\re.
(Procédé Malgaigne.)
enlever l'épingle supérieure le 3e ou 4e jour, la moyenne le 4e, et l'inférieur le 5e ou 6e : compresses mouillées ; collodion élastique.
Autre procédé. Aviver les bords avec le bistouri droit plongé de dedans en dehors et dirigé de haut en bas, suivant les points de la figure 66; ne pas détacher complètement le lambeau, mais s'arrêter un peu avant d'arriver au bord de la lèvre; abattre les deux lambeaux triangulaires et les affronter par leurs bords saignants comme au côté gauche de la figure 06 ; réunir par les procédés ordinaires.
B. Bec-de-lièvre double.
SI le tubercule moyen est libre et petit, l'enlever d'un coup, de ciseaux et procéder comme pour le bec-de-lièvre simple. S'il est volumineux, le conserver; aviver les bords de chaque côté et faire les deux opérations dans la même séance. Si le tubercule est adhérent aux gencives, l'en détacher et panser de manière cà prévenir une nouvelle adhérence. S'il est court, adhèrent près de l'extrémité du nez qu'il tend à ramener en bas, s'en servir pour former la sous-cloison du nez et réunir les deux bords de la lèvre comme dans le bec-de-lièvre simple. Si les os forment une saillie très-marquée, enlever cette saillie avec les pinces incisives.
221. Cancer des lèvres. — Symptômes. — Le plus souvent à la lèvre inférieure, apparition d'un petit bouton, d'une verrue, d'une petite production cornée n'affectant que la muqueuse de la lèvre ou de la peau, ne s'ulcérant pas, ne récidivant pas {verrue simple, production cornée).
D'autres fois ulcération, extension, destruction des tissus voisins, récidive, mais sans induration locale (cancer épithéliuL cancroïde).
D'autres fois, présence d'un noyau dans l'épaisseur de la lèvre; lèvre indurée, bosselée, inégale, à peau plissée, terne, violacée; ulcération; douleurs plus ou moins vives; engorgement des ganglions voisins [cancer).
Ne pas confondre avec tumeur érectile (134), kyslc, tumeur
sébacée, tumeur et ulcération syphilitique, chancre induré (27). Le chancre induré est jaunâtre, suppurant, a pour base une induration bornée, cartilagineuse, quelquefois un cercle œdémateux, est précédé d'ulcération, tandis que le cancer débute par une induration.
Traitement. — Contre la verrue, le cancer épithélial ou cancroïde, essayer les caustiques (120, 130), solution très-concentrée de chlorate de potasse, acide phénique; enlever ayec le bistouri ou mieux avec les ciseaux courbes toute la partie dégénérée quand le cancer n'occupe pas une grande étendue, et panser avec le cérat simple. Si le cancer est plus considérable, enlever la partie altérée entre deux incisions en V faites avec le bistouri ou de forts ciseaux, lier les artères et réunir par la suture entortillée ou par les fils métalliques. Si le cancer a envahi une quantité notable, faire la cbéiloplastie.
222. Ulcérations des lèvres. — 1° Si l'ulcération dépend du contact de la langue avec des dents déviées, cariées, cassées, dans ce cas faire redresser, limer ou extraire les dents.
2° Si ce sont des gerçures simples, panser avec le cérat ordinaire, l'eau blanche ; 'beurre de cacao, pommade à la rose, pommade de concombres; si elles résistent, toucher avec le
nitrate d'argent.
3° Si les ulcérations sont de nature scrofuleuse, panser avec le cérat simple, la pommade au précipité blanc, iodurée, etc., mais, avant tout, combattre le lympbalisme (26).
4° Si l'ulcère est vénérien (plaque muqueuse), il y a élevure de la muqueuse, à bords nettement circonscrits, à surface humide et blanchâtre, à forme papuleuse aplatie, .circulaire, ovoïde, ellipsoïde, de coloration blanche rosée ou violacée, de consistance molle; engorgement des ganglions sous-maxillaires: antécédents. Cautériser avec le nitrate d argent el traiter la syphilis par le mercure et l'iodure de potassium ts)Q 27 28)
5° S'il y a eu usage de mercure, avec stomatite, gengivite, etc. : dans ce cas, cesser le mercure, et prescrire le chlorate de potasse (o à 10 gr.), en gargarisme, voir Stomatite mer-
CM6?Sll3y a des taches scorbutiques sur les gencives, sur le corps, etc., voir Scorbut (33).
223 Plaies, tumeurs éreetiles. - Voir i il, 117, 134.
Si Plaies' de la la«s«e. - Si elles ne comprennent pa toute l'épaisseur de la langue, expectalion et gargarisai es émoUicn s, mucilagineux. Si toute la langue est divisée, reunir
MALADIES DE LA BOUCUE
par la suture. Si la langue a été fortement contuse comme dans les plaies d'armes à feu, exciser avec les ciseaux les parties trop mâchées et réunir avec les tils. En cas d'hémorrhagie abondante, cautérisation au fer rouge, au perchlorure de fer à 30°, au nitrate d'argent ; cautériser également avec le crayon chez les enfants pour empêcher la succion de la plaie. Extraction des corps étrangers, s'il y en a.
225. Abcès de la langue. — Gargarismes émollients, mucilagineux, opiacés; saignée locale; sangsues; incision.
226. €ilo§si<e. — Symptômes. — 1° Superficielle : Étal sec, fendillé, noirâtre, aphtheux, comme dans les fièvres graves.
2° Profonde ou parenchymaleuse .-Tuméfaction rapide, douloureuse, considérable de la langue qui quelquefois ne peut plus être contenue dans la bouche; gène ou impossibilité de respirer, d'avaler, de mâcher; menaces d'asphyxie, de congestion cérébrale ; état fébrile, soif vive.
A l'état chronique, engorgements circonscrits chez les sujets scrofuleux, ou dans le voisinage de dents cariées, déviées, etc., voir Ulcération (222).
Ne pas confondre avec cancer de la langue (229).
Traitement. — Saignée générale; 10 à 20 sangsues à la base des mâchoires, àla partie antérieure du cou, sur la langue ; gargarismes émollients, mucilagineux, calmants, ou un peu acidulés, miel rosat; une, deux ou trois scarifications profondes de la langue allant de la base au sommet; avoir soin pour cette opération de placer un bouchon entre les arcades dentaires, de tenir la langue au moyen d'une compresse, et d'inciser rapidement et profondément; purgatifs, dérivatifs, pédiluves sinapisés; boissons acidulés, limonade.