‹ Aide-mémoire de médecine, de chirurgie et d'accouchements [electronic resource]Chapitre 53 sur 180 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Maladies du pharynx. — Angine ou pharyngite simple, herpétique, tonsillaire ou amygdalite, chronique, glanduleuse, syphilitique, pultacée, couenneuse, gangreneuse. — Ablation de l'amygdale.

Maladies du larynx. — Laryngite aiguë simple, chronique simple, ulcéreuse ou phthisie laryngée, striduleuse ou faux croup, œdémateuse ou œdème de la glotte, pseudo-membraneuse ou croup. — Trachéotomie.

Maladies de l'œosphage. — Corps étrangers dans le pharynx et l'œsophage. — OEsophagotomie. — Rétrécissement de l'œsophage. — OFlsophagisme. — Paralysie de l'œsophage. Corps étrangers dans le larynx. — Polypes.

2o't. L Angine ou Pharyngite simple. — Symptômes. — 1° Locaux : Au début, gêne douloureuse à l'isthme du gosier, déglutition difficile, sécheresse et rougeur du pharynx ; la luette souvent déviée, allongée, chatouille le fond de la gorge et occasionne des nausées, des vomissements. Souvent les amygdales sont rouges, tuméfiées; toux gutturale, présence de mucosités filantes dans la bouche, rejet des boissons par le nez.

2° Généraux: Langue sale, haleine fétide; souvent courbature, mouvement fébrile, céphalalgie. Les symptômes généraux peuvent aller en augmentant, puis cesser pour faire place à

l'apparition d'un abcès qui généralement perce seul, d'autres

l'ois réclame le bistouri.

Ne pas confondre avec aucune des variétés d'angines décrites ci-dessous.

Traitement. — Au début, émollients, mauve, violette, en boisson ; eau d'orge miellée en boisson ou gargarisme : gargarismes émollientsavecla racine de guimauve, la glycérine étendue d'eau chaude, la décoction de figues ; ou bien un peu astringent avec eau de ronces, miel rosat, sirop de mûres, etc., (30 gr. pour 2'l0). Inhalations émollientes soit avec l'appareil ci-dessus, consistant en un flacon dont le bouchon (/?(/. 78) donne passage à deux tubes : mettre le vase sur une lampe à alcool ou dans l'eau très-chaude par les inhalations tièdes. Après le 3e ou 4e jour, gargarismes légèrement astringents.

Fig. 78. — Appareil à inhalation.

2o0 gr.

2£ Infusion de >roscs rouges

Miel rosat 30 —

Alun ou chlorate de potasse 5 —

"if Eau d'orge 250 gr.

Chlorhydrate d'ammoniaque 4 —

Sirop de vinaigre ou miel

rosat 30 —

Insufflation ou application avec le doigt de poudre d'alun sur les parties malades. — Bains de pieds sinapisés, cataplasmes autour du cou ; lavements émollients ou purgatifs avec sel de cuisine, sulfate de soude (15 grammes), ou miel de mercuriale, 30 à 40 grammes. Si les phénomènes inflammatoires sont intenses, émétique au début; quelquefois saignées de 300 gr. ou 10 à 20 sangsues sous le cou. — Diète, repos.

II. A. herpétique. — Symptômes. — A ceux de l'angine simple, se joint au bout d'un temps très-court, sur le voile du palais, sur les piliers, sur les amygdales, l'apparition de vésicules nombreuses, irrégulièrement placées, d'un blanc jaunâtre, avec cuisson, qui s'ulcèrent superficiellement et laissent une couche pseudo-membraneuse ; glandes sous-maxillaires peu ou point tuméfiées. Dans toutes les angines l'examen de la gorge est indispensable.

Ne pas confondre avec angine couenneuse ou pseudo-membraneuse diphthérilique (25^ VIII), muguet (231).

Traitement. — Le même qie ci-dessus : combattre la dia-

thèse (p. 55) à l'aide des préparations arsenicales et des

Fig. 79. — Seringue à pulvérisateur de Luër (*).

eaux sulfureuses en boissons, en inhalation, pulvérisation.

Fig, 80. — Pulvérisateur Liier (**).

HP, piston ;C, curseur; D, soutien; A, orifice capsulairc ; B, capsule courbée.

( ) Le liquide se verse dans le flaçon F par l'entonnoir du couvercle; aussitôt qu on soulevé le piston A, au moyen du levier, le liquide tombe au fond du flacon ab et des que I on abaisse le levier, la pression le fait remonter et sortir par l'onlice o du tube intérieur au piston.

Pour la pulvérisation, les appareils sont nombreux, depuis la seringue (fig. 79), les pulvérisateurs de Luër (fig. 80),

Mathieu, Sales-Girons, •Siegle (fig. 81), etc. L'inhalateur Sifgle a l'avantage de fournir un liquide pulvérulent chaud, ou tiède par le moyen de la petite lampe à alcool placée sous le ballon.

111. A. Consulaire OU Amygdalite. — Symptômes. — Au début, fièvre ou absence de fièvre. La douleur locale augmente pendant la déglutition; bouche et gorge sèches, puis devenant le siège d'une sécrétion de mucus abondant ; fond de la gorge rouge, tuméfiée. Une amygdale, quelquefois les deux gonflées, luisantes, ou bien enduites de concrétions blanches, d'aspect crayeux, faciles à enlever. Boissons quelquefois rejelées par le nez ; le gonflement de l'amygdale peut occasionner une surdité momentanée et un petit gonflement sous-maxillaire. Voix altérée, na-

Fig. SI. — bihaiatéuï de Siegle,

sonnée, enrouée. - Souvent à cette angine se joignent des si-nes d'embarras gastrique : quelquefois, un abcès se produit dans l'amygdale avec rougeur excessive, tension, gène considérable de la respiration et de la déglutition fluctuation

Ne pas confondre avec angine pseudo-membraneuse (2o4 VIII), dont les pseudo-membranes ne s'enlèvent que très-ditficilement et laissent une muqueuse sous-jacente saignante.

Traitement. - Boissons et gargarismes émolhen s, ut sap a - fumigations émollientes dans la gorge ; y ^^.^ nuellement de la gomme arabique ou des pâtes pectorales ,

cataplasmes autour du cou; éméto-calhartique (sulfate de soude, 20 gr.; tartre stibié,0«r,05), ou purgatif en cas d'embarras gastrique ; une ou deux saignées du bras en cas de phéno-

| mènes fébriles intenses; lavements émollients ou laxatifs, avec addition de miel de mercuriale, ou de quatre à cinq cuillerées d'huile; scarifications sur l'amygdale enflammée; après la scarification, gargarismes émollients. Suc de citron pur ou

j dans l'eau.

Chez les enfants qui ne savent ou ne peuvent se gargariser, I pincer légèrement le nez, et badigeonner l'amygdale avec un • pinceau trempé dans :

?f Miel blanc ou rosat 20 gr.

Borax 10 —

On peut remplacer le borax par alun, ou chlorate de potasse ou chorhydrate d'ammoniaque, 4 gr.

Pour les enfants, potion avec :

S'il y a abcès, incision avec la lancette ou le bistouri tenu horizontalement, et couvert de linge jusqu'à la pointe : placer,, pour plus de sûreté et de facilité, un bouchon entre les mâchoires. — '■ Scarifications multiples si le foyer est volumineux; après l'ouverture, gargarismes émollients, ou, en cas de mauvaise odeur, chlorurés (chlorure de soude, 15 gr.), ou vinaigrés (I5gr.), ou alcool sulfurique (1 gr.) pour 250 d'eau. Toucher avec un pinceau trempé dans :

If Chlorure de chaux ib gr.

IV. A. chronique. — Symptômes. — Géne à l'isthme du gosier, sensation de chatouillement, besoin de crachotement, allongement de la luette ; rougeur ; quelquefois taches foncées, livides, cryptes muqueux hypertrophiés et rouges; quelquefois granulations ayant le volume d'un grain de millet, d'une lentille (angine glanduleuse); voix enrouée, expectoration visqueuse, abondante, purulente, surtout le matin ; ouïe dure du côté malade. — Pas de symptômes fébriles.

Ne pas confondre avec angine syphilitique (254, VI) ; -laryngite chronique (255, II) ; amygdalite (254, III).

Décoction de guimauve Acétate d'ammoniaque.

Sirop de guimauve...,

20 gr.

Eau distillée

t Traitement. — \ ° Local: Gargarismes astringents, insufflation d'alun, de borax.

3f Décoction d'orge 2ci0 gr.

Miel rosat 60 -

Alun ou borax, ou tannin 2 à 4 —

Cautérisation, quatre ou cinq fois par jour, avec un pinceau trempé dans :

"if Eau distillée 30 gr.

Nitrate d'argent cristallisé 1 à 4 —

Immédiatement après, gargarisme émollient, badigeonnage avec la glycérine.

2° Général : Si l'angine récidive souvent ou persiste, chercher si elle n'est pas entretenue par une diathèse syphilitique, arthritique, tuberculeuse, lymphatique. — Au traitement local, joindre celui de la diathèse.

A. syphilitique (Voir 254, IV).

A. arthritique : Eaux minérales alcalines, Vichy, Vais, Carlsbad, — ou sulfureuses, Luchon, Enghien, Pierrefonds, Eaux-Bonnes, Allevard, Aix; en boissons, en bains, en douches locales à l'aide d'un pulvérisateur (fîg. 79, 80, 81).

A . tuberculeuse : Huile de foie de morue ; iodure de potassium, douches sulfureuses (voir Phthisie, 3 H).

A. lymphatique : Bains de mer, eaux bromurées ou iodurées de Kreutznach, d'Heilbronn (Bavière) : eaux chlorurées sodiques d'abord, puis eaux sulfureuses (voir Lymphalisme, 26).

V. A. glanduleuse. — Symptômes. — Chatouillement, gêne, embarras, sensation de corps étranger dans la gorge ; crachotement, douleurs en avalant. Enrouement, ou voix rauque, crachats perlés, opalins, grisâtres, quelquefois striés de sang, petite toux sèche, et émission fréquente de ce mot caractéristique : hem! hem! — Rougeur vive, uniforme ou pointillée du pharynx ; granulations du volume d'un grain de millet ou d'une- lentille, et disposées irrégulièrement, de couleur rouge foncé ou jaunâtre, occupant la luette infiltrée, les amygdales, la partie postérieure des piliers : injection et état variqueux des vaisseaux de la muqueuse.

Ne pas confondre avec angine syphilitique (234, VI), angine ou laryngite des phlhisiques (voir Phthisie (3 M).

Traitement. — Air pur et réparateur ; régime tonique et non excitant : eaux sulfureuses, Pierrefonds, Enghien, Eaux-Bonnes à Finlérieur, deux, trois, quatre verres par jour, pendant

vingt à trente jours (une saison), il faut deux saisons ; laitage ; gomme dans la bouche; gargarismes calmants avec

Emulsion d'amandes 200 gr.

Sirop diacode 30 —

Eau de laurier-cerise .... 6 —

"2f Décoction de têtes de pavot. 200 gr.

Iodure de potassium 0sr, 10

Teinture d'iode 1 gr.

Sirop de mûres 30 —

(Guéneau de Mussy.)

2£ Iodure de potassium 8 gr.

Eau 125 —

Diss. une cuillerée à café, trois fois par jour.

S'il n'y a pas d'état inflammatoire, gargarismes ci-dessus avec alun ou borax. Insufflation avec les poudres suivantes : sucre candi ou sous-nitrate de bismuth, ou calomel (2 gr. pour 25 gr. de sucre), ou précipité rouge, sulfate de zinc, sulfate de cuivre (2 gr. pour 70 de sucre), ou nitrate d'argent (1 gr. pour 12, 36 ou 72 de sucre). Bien porphyriser les poudres.

Agir localement sur les granulations avec une solution de nitrate d'argent (1 gr. pour 10 ou 15 gr.), augmenter progressivement la dose de sel d'argent; ou avec la teinture d'iode, ou avec les eaux sulfureuses pulvérisées. — Exhalations de gaz acide carbonique (Willemin).

VI. A. syphilitique. — Traitement. — Ulcération de forme arrondie, à bords coupés à pic et saillants, fond gris sale, entouré d'une aréole rouge diffuse, serpigineuse, diphthéritique ou gangréneuse.

Siège: 1° Voile du palais, amygdales, pharynx; douleurs i variables, déglutition gênée, parole voilée, expectoration, fétidité de l'haleine, douleurs d'oreilles, antécédents syphilitiques.

Ne pas confondre avec angine simple (254, 1), angine herpétique (254, II), angine diphthéritique (254, VIII), angine pultacée. (254, VII).

Traitement. — Tisane de guimauve, saponaire, salsepareille ; en cas de douleurs, toucher 3 ou 4 fois par jour avec un pin- ' ceau trempé dans l'une des préparations suivantes :

V £al°mel * gr. I ^ Iode pur 4 „

°PIum - Iodure de potassium 8 -

Eau de chaux m gr. | Eau dutilléç ,fl

Cataplasmes autour du cou ; bains de pieds sinapisés; régime sévère; insufflation de calomel, d'alun, de sulfate de zinc. A un degré plus avancé, collutoires mercuriels.

"X Eau distillée 30 gc

Bichlomrc do mercure C>6r,15

Laudanum » X gouttes.

Collutoires désinfectants chlorurés (234; III). Traitement mercuriel, pilules de Dupuytren, pilules de protoiodure de mercure, liqueur de VanSwieten (voir Syphilis, 28, 29);iodure de potassium ; frictions mercurielles surles côtés du cou.

VII. A. puliacée. — Symptomes. — Dans le cours d'une fièvre éruptive, rougeur vive du fond de la gorge, gonflement, exsudation pultacée peu adhérente, engorgement des ganglions cervicaux, haleine fétide, déglutition difficile, voix altérée, dyspnée, rejet des boissons par le nez ; symptômes fébriles et nerveux.

Ne pas confondre avec angine diphthéritique (254, VIII), angine scarlatineuse (12).

Traitement. — 1° Local : Astringents, acides, excitants, jus

de citron, gargarisme avec

If Acétate de plomb cristallisé 06r,î>0

Vinaigre distillé . » 8 S1'-

Alcool 16 ~

Eau commune

Quelquefois, mais très-rarement, sangsues à la base de la

mâchoire, saignées.

2° Général : Toniques, quinquina, vins généreux ; traitement symptomatique, purgatifs, émétique ; antispasmodiques, camphre pulvérisé. A

VIII. A. coueniieuse.— Symptômes. — Au début, gene de la déglutition, douleur, état fébrile, gonflement et rougeur d'une ou deux amygdales. Apparition de taches opalines, semblables à du mucus coagulé, dont la consistance augmente et dont la couleur varie du blanc au jaunâtre : ces fausses membranes adhèrent par de petits filaments à la muqueuse rouge, injectée; gonflement des ganglions correspondants ; extension des pseudo-membranes aux amygdales tuméfiées, sordides, quasi ulcérées, aux piliers du voile du palais, à la luette, aux fosses nasales, à la bouche. Haleine fétide, salivation jaunâtre, sanguinolente, nauséabonde, peu ou pas de douleur, déglutition peu gênée ; voix altérée, sourde, nasonnée ; toux ^respiration libre. Albuminurie: quelquefois pouls petit, taible, soi médiocre, inappétence. Symptômes fonctionnels variables, se lon les parties affectées, selon que la maladie s aggrave ou diminue.

Ne pas confondre avec angine pultacée (234, VIII), angine gangréneuse (254, IV), laryngite pseudo-membraneuse (255, XI).

Traitement. — Cautérisation avec l'acide chlorhydrique pur, avec le nitrate d'argent (2 à 3 gr. pour 15 gr. d'eau), avec le crayon dépassant un peu le porte-pierre et solidement fixé ; avec l'acide sulfurique, le nitrate acide de mercure ; le jus de citron, plusieurs fois par jour (Revillout), le perchlorure de fer (Aubrun).

Gargarismes émollients, à la glycérine, alumineux,à l'acide phénique {iW, 50 pour 500 d'eau). Vomitifs, émétiqueà haute dose (0&r,50 à 2 gr.). Excision des amygdales (Bouchul). Chlorate de potasse (2 à 5 gr. en potion); balsamiques, résineux : sirop de copahu et de cubébe alternativement (Trideau 1° et 2°) ; acide gallique (t à 2 gr.) en potion, une cuiller à bouche toutes les heures.

io

Poivre cubèbe pulvérisé. 12 gr.

Sirop simple 240 —

F. s. a. : 1 cuill. à bouche toutes les 2 h. (adultes).

Diminuer les doses de moitié pour les enfants.

If Copahu 40 gr.

Gomme pulvérisée 10 —

Eau 25 —

Essence de menthe poivrée VIII gout.

Sirop de sucre 200 gr.

F. s. a. 1/2 cuill. à bouche toutes les 2 h. (adultes).

^ Eau de tilleul 100 gr.

Acide gallique 1 à 2 —

Sirop de tolu 40 —

(Sébastien.)

Insufflation de poudre d'alun, de tannin alternativement (Loiseau), de nitrate d'argent pur bien sec et pulvérisé, une ou deux fois seulement (Guillon) et une pincée chaque fois, à l'aide-d'un insufflateur ; insufflation de chlorures de chaux ët de soude sec (aa 0er,30), de fleurs de soufre (Jodin), de poudres mercurrclles, une forte pincée chaque fois.

"2f Calomel 2 gr.

Sucre .pulvérisé 20 —

Mêlez.

"2f Précipité rouge.

Sucre candi.. .

Mêlez .

1 gr

(Voir Croup, 255, VI.)

Éloigner les enfants du foyer d'infection.

IX A. gangreneuse. — Symptômes. — Diffuse ou circonscrite; coloration livide, grise, noirâtre; eschare gangréneuse, irrégulière; haleine fétide; peu ou pas de douleur; déglutition rarement gênée ; augmentation de sécrétion salivaire

issue de liquide sanieux félide par le nez ; tuméfaction des gan-

(*) A, croissant correspondant à lu fourchette et à la lunette tranchante; BC. lunette tranchante; C, fourchette.

glions cervicaux et des glandes sous-maxillaires. Affaiblissement général et petitesse du pouls.

Ne pas confondre avec angine couenneuse (254, VIII). Traitement. — Insufflation de chlorure de chaux très-sec plusieurs fois, faire suivre d'un gargarisme émollient, de badi- I geonnage à la glycérine, gargarismes avec le jus de citron.

"if. Décoction de quinquina... 250 gr.

Miel rosat 60 —

Chlorhydrate d'ammoniaque 2 — F. s. a. gargarisme.

C Eau distillée 50 gr.

Chlorure de chaux 15 —

F. s. a. Collutoire pour toucher les eschares

Émétique (0sr,05 à0«r,I0) pour expulser les eschares; bouillon, potages, vin, quinquina; tisane de sauge, romarin, menthe, quinquina, additionnée de chlorure de sodium (2 gr.), de chlorure de chaux (0^,50 à 1 gr.), d'acide sulfurique, 3 à 4 gouttes.

254 bis. Ablution de l'amygdale, si elle est trop volumineuse, gênante et persistante. Il suffit d'enlever les deux tiers de l'amygdale, afin d'éviter l'hémorrhagie. Prendre l'amygdalotome {fi;/. 82), à pleine main, le pouce en A, pousser la lige de manière^ à embrocher l'amygdale dans la fourchette C, ramener le croissant A sur la tige principale; par ce moyen, la lunette tranchante B fait un mouvement d'arrière en avant, et guillotine l'amygdale. - Faire rincer la gorge avec de l'eau i fraîche vinaigrée. En cas d'hémorrhagie : application, à l'aide d'une pince, de glace sur la partie saignante, ou d'eau de Rabel, ou de perchlorure de fer à l'aide d'une petite boulette de charpie ; cautérisation au fer rouge.

255. Laryngites. — I. Laryngite aiguë simple.— Symptômes. — 1° Locaux : Voix altérée, rauque ou éteinte ; sensibilité ou douleur du larynx ; déglutition difficile, sensation d'un corps étranger dans le larynx, symptômes d'asphyxie, crachats muqueux, blanchâtres, spumeux.

2° Généraux : plus ou moins intenses.

Ne pas confondre avec angine (254, I), laryngite pseudo-membraneuse (258, VI), œdème de la glotte (255, V), corps étrangers dans le larynx (23*).

Traitement. — Émollients, température douce, cataplasmes autour du cou, gomme dans la bouche, parler peu ou point. Opiacés a petite dose, une ou deux fois par jour, soit sirop diacode, de morphine, une pilule d'extrait thébaïque (0«r,025) matin et soir, ou de cynoglosse; ou poudre de Dower (0er,5(>) ;

2£ Chlorhydratç de morphine 0sr,10.

Eau de laurier-cerise 20 —

10 gouttes 4 fois par jour dans la tisane.

Pédiluves sinapisés ; laxatifs.

Dans les cas plus intenses : émollienls; saignée du bras; 10 à 12 sangsues sur les côtés du larynx ; fumigations et inhalations émollientes et narcotiques. (Racine de guimauve et tète de pavot) ; cataplasmes autour du cou; lavements émollients ou purgatifs avec sel de cuisine (15 à 30 gr.), miel de mercuriale (30 à 50 gr.); pédiluves sinapisés.

Chez les enfants : 4 h 8 sangsues ; ne pas laisser saigner plus d'une heure; même traitement; trois à quatre cuillerées à ^afé par jour de sirop diacode; lait coupé ou bouillon coupé.

S'il y a menace de suffocation : émélique (0sr,05 à 0&M0) en lavage pour adultes; éméto-cathartique ou purgatifs; sirop d'élher pour enfants :

IL Sirop d'ipéca 50 gr.

T Poudre d'ipéca °6V'U

Quelquefois révulsifs dans le dos, vésicaloires saupoudrés de camphre sur les côtés du cou ; frictions à l'huile de croton ; dans les cas d'asphyxie imminente, trachéotomie (233 bis),

II chronique simple. — Symptômes. — 1° Locaux: Enrouement, raucité de la voix, aphonie ; douleur du larynx; expectoration jaunâtre, grisâtre, opaque ; quelquefois gêne de la respiration. — A l'examen direct ou laryngoscopique, rougeur plus ou moins foncée de toute la région; mucosités blanchâtres aux bords libres des cordes vocales ; déformations générales ou partielles de l'épiglolte, des aryténoïdes des ligaments aryténo-épiglottiques ; granulations du volume d un grain de millet, d'une lentille, isolées, ou confluentes. 90 Généraux : Peu prononcés ou nuls. Ne vas confondre avec aphonie nerveuse, laryngite ulcéreuse (255, III), pharyngite chronique (254, IV), angine syphilitique (2541 VI), corps étrangers dans le larynx (238). 1 Traitement. - Pas d'émoUients, à moins d un peu là acuité bardane, lierre terrestre, sauge, romarin, hysope, feuilles de ronces ; eau ou sirop de goudron, pastilles ou sirop de o u révulsifs sur les côtés du larynx, vésicato.res volants frictions avec la pommade stibiée, avec l'huile de croton, cautères vo- S, Xi au-devant du larynx, badigeonnage à a lein ure d'iode, pilules calmantes le soir, cynoglosse extrait ^baume, extrait de belladone (0",02 à 0-,05), tlmdace (0«- 0 a J 0 morphine par la méthode cndcrmique, cigarettes de goudron A laided un pulvérisateur, inhalations émollientes, .balsamique résineuses/de benjoin (100 gr.), de goudron, viables selon

1 intensité de la maladie. Si la sécrélion est rare, chlorhydrate d'ammoniaque (0er,50 à i gr. pour 30 d'eau). — Si elle est mucopurulente, alun (0*r,25 à 0?r,50 pour 30 d'eau); tannin (Oer,IO à O,r,o0 pour 30) ; nitrate d'argent (0?r,05 à (Jer,5° pour 3 >),

2£ Nitrate d'argent crist. . 1 à 4 gr.

Eau distillée 10 à 30 —

Pour cautérisation, 2 fois par jour.

Iode ; 1 gr.

Iodure de potassium 1 i —

Eau distillée 1G0 —

Insuffler la poudre d'alun, de chlorate de potasse, de sousnitrate de bismuth, pure ou mêlée à du sucre, à parties égales, ou bien

"2f Sulfate de zinc 0s^50 I "2f Acétate de plomb lgi-,50

Sucre phorphyrisé 10 gr. | Sucre porphjrisé 10 gr.

?f Nitrate d'argent pulvérisé 0sr 05

Sucre porphyrisé 5 à lu gr.

Traitement de la diathèse : Eaux-Bonnes, Cauterets, Saint- Sauveur, Luchon, Enghien, Pierrefonds, Amélie-les-Bains, intus ou extra en inhalations, Vichy, Vais, Carlsbad [fig. 79, 80 et 81). Séjour dans un climat sec et chaud ; éviter le froid, parler peu; cure de petit-lait.

III. Ii. ulcéreuse ou Phthisie laryngée. — Symptômes. — Souvent dans la convalescence d'une maladie aiguë, mal de gorge, voix rauque, étouffée, respiration gênée, état fébrile/ expectoration muqueuse ou mucoso-purulenle, sanguinolente ; complique souvent la phthisie pulmonaire.

Ne pas confondre avec laryngite simple (255, I), laryngite pseudo-membraneuse (255, VI); chercher par les antécédents s il y a syphilis (27, 28, 20).

Traitement. — Tisane de sauge, romarin, mélisse, lierre terrestre; révulsifs à la partie antérieure du cou, huile de croton, vésicatoires; badigeonnage à la teinture d'iode • fumigations narcotiques, ciguë, belladone, datura, sirop ioduré, huile de Joie de morue; eau de goudron, sirop ou pastilles de loin; insufflation de nitrate d'argent, d'alun; cautérisation, pédiluves sinapisés. Flanelle, éviter le froid.

S'il y a syphilis /Tisane de salsepareille ; friclions sur le devant au cou avec 1 onguent mercuriel belladoné ; une ou deux pilules de protoiodure de mercure (0",05) ou de sublimé (<i'r,0l), ou bien liqueur de Van Swielen (une cuill.)- (Voir Syphilis, 27 et suiv ). Eaux minérales sulfureuses, Eaux-Ronnes, Cauterets.

IV. Ii. Ntriduleuse ou Faux croup.— Symptômes. — Début ConuBu, Aidé-mém., ?e édit. \%

brusque, quelquefois précédé d'un peu d'enrouement; toux forte, sonore, rauque, revenant par quintes ; respiration rapide, entrecoupée, haletante, inspiration stridulente , sibilante, sonore, cri de coq; voix enrouée, déchirée, mais en général forte, aphonie très-rare. Peu ou point* de douleur à la région laryngée ; expectoration muqueuse; pharynx et larynx à l'état normal, à peine rouges. Augmentation de ces symplômes pendant les accès, face congestionnée, lèvres bleuâtres, yeux étonnés, hagards, tète en arrière, signes d'asphyxie, de suffocation, peu ou point de fièvre.

Ne pas confondre avec laryngite aiguë (255, I), croup (2oo, VI), éclampsie (42), corps étrangers dans le larynx (258). ' Traitement. — Boissons émollientes, diaphoniques. Nomitifs sirop d'ipéca ou émétique. Fumigations émollientes autour du cou ; sinapismes aux mollets ; lavements purgatifs ou mucilagineux. Dérivatifs (Jalap et calomel, Sk 0«r,25) ; potion calmante ou antispasmodique avec

% Eau de laitue i 100 **'

Sii'op d éther

Sirop diacode -3

Antispasmodiques en potion ou en lavement: assa fœtida(2 à 4. gr.), camphre (2 gr.), chaleur douce.

En cas de menaces de suffocation: Une à quatre sangsues sur les côtés du cou, vésicatoires, trachéotomie (255 bis).

V I, œdémateuse OU Œdème de la glotte — SYMPTOMES. — Malaise ou douleur intense dans le larynx, déglutition gênée ou impossible ; rejet des boissons par le nez ; voix rauque, pénible, éteinte, chevrotante. Respiration gênée, orlhopnee; expiration en général facile et nécessitée comme par 1 expulsion d'un corps étranger, inspiration ronflante, tres-pemble. Murmure respiratoire faible; loux souvent sèche, éteinte; expectoration muqueuse, purulente, quelquefois sanguinolente. Infiltration et gonflement des parties constituâmes du pharynx, de l'épiglotte, quelquefois ulcération; quelquefois cou tuméfié

mExacerbations violentes, accès de suffocation ; peau livide, vultueuse; yeux saillants, symptômes asphyxiques, refroidissement des extrémités, agitalion, anxiété. Dans l'intervalle des accès, affaissement, assoupissement.

État fébrile plus ou moins prononcé; pouls variable.

Ne P«s confondre avec laryngite simple aigue (255 I}, aux croup (255, IV), croup (255, VI), œdème pulmonaire (30b), asthme

(277), corps étrangers dans le pharynx et le larynx (256, 258), maladies du cœur (320 et suiv.).

Traitement. — Tisanes émollienles, fleurs de violettes, de mauve, de sureau, sangsues (15 à 30) sur les parties latérales du cou, selon la force du malade. Vésicatoire depuis le larynx, jusqu'au sternum, ou bien sur les parties latérales du cou, ou bien sinapismes, huile de croton loco dol. Émétique (CBr,10) en potion ou dans la lisane; frictions mercurielles avec précaution. Maintenir le ventre libre à l'aide de lavements simples ou laxatifs, ou par le calomel (0Br,2o à 0Er,50). Insufflation d'alun en poudre (2 à 4 gr.), plusieurs fois par jour; déchirure du bourrelet œdémateux à l'aide de l'ongle du doigt indicateur taillé en pointe aiguë. Petits fragments de glace à l'intérieur.

En cas d'insuccès de ces différents moyens et de menace de suffocation, trachéotomie. (Voir 255 bis.)

VI. Li. Fscudo-membraneuse OU Croup. — Symptômes. — Deux cas : A. débute par le pharynx, et s'étend ensuite au larynx ; B. débute d'emblée par le larynx.

A. Frissons, état fébrile, céphalalgie, mal de gorge accompagné d'engorgement des ganglions sous-ma\illaires, expectoration muqueuse; coryza peu intense, abattement, insomnie, inappétence, altération, vomissements, pouls fréquent, peau chaude. Rougeur vive et gonflement notable des amygdales recouvertes de petites plaques blanches, irrégulières, sans saillie, s'étendant au voile du palais, à la luette, quelquefois jaunâtres; de consistance et d'épaisseur variables, plus ou moins adhérentes, se crispant parles acides sulfurique, nitrique ou chlorbydrique, solubles dans l'acide acétique, l'ammoniaque liquide, les solutions alcalines, la glycérine.

B. Symptômes plus graves et promptement effrayants. Douleurs peu considérables, voix basse, étouffée, rauque, éteinte ; toux fréquente, déchirée, douloureuse, rauque, creuse, suivie d un sifflement après chaque secousse : inspiration sifflante, respiration libre ou un peu ronflante, prolongée; murmure vesiculaire affaibli , sifflement laryngo-frachéal ; expectoration muqueuse, contenant quelquefois des débris de fausses membranes quelquefois des fausses membranes tubulées. Accès de suflocation, agitation extrême, vive anxiété, menace^ d'aspliyxie lace bouffie, violacée,puis abattement et calme momentanés . Symptômes fébriles, pouls fréquent, dur, résistant, fonctions djgestnes un peu altérées; intelligence nette. Chez l'adulte, douleur, dyspnée, anxiété, altération r'e la voix, accès de suflocation rares. Amélioration exceptionnelle, à moins d'ex-

208 MALADIES DES RÉGIONS Eï DES ORGANES.

pulsion de presque toutes les fausses membranes, ou bien asphyxie violente ou latente, anesthésie, abattement, prostrationr somnolence, albuminurie.

ATe pas confondre arec laryngite simple (255, 1) ; laryngite striduleuse (255, IV); œdème de la glotte (255, 1) ; asthme (317), bronchite capillaire (300, II).

Traitement. 1° Général .-Boissons émollientes ; vomitifs, émétique à haute dose (0er,50 à 1 gr.) en potion, par demi-cuillerées à bouche toutes les demi- heu t es, ne pas s'arrêter après les premiers vomissements. En cas de diarrhée abondante, ipéca (1 à 2 gr.); sulfate de cuivre (0"',05 à 0sr,20) en potion. Frictions mercurielles sur les parties latérales du cou; pédiluves sinapisés, sinapismcs aux jambes; bouillon, eau vineuse additionnée de ius de citron : perchlorure de fer (8 à 10 gr.) en potion.

■>o Local : Insufflation de nitrate d'argent (254, VIII), d'alun pulvérisé, de calomel, de précipité rouge, de chlorate de potasse.

255 bis. Trachéotomie. — A. Indications : i° suffocation permanente, anesthésie, 2° localisation de la diphthérite, 3° âge, au moins deux ans.

B. Trois aides: un pour éponger et écarter les lèvres delà

Mg, 83. - Canule pour la brou- Fuj. 84. - Coupe selon l'axe du cou H chotomie (*).

plaie; un pour maintenir la tète; un pour empêcher les mou vements des membres.

t*)a, canule double de Borgcllat.le tube concentrique es. à ; b '

vin destiné à nettoyer le tube concentrique qu'on enlevé tous les trois jours ,

"H u ^Im^pliquée à la suite d'une bronchoto.nie ^laryngienne.

C. In truments : 1° bistouri droit, 2° sonde cannelée flexible,

Fig- 85. — Les deux canules sont îéunies (*).

Fig. 86. — Canule mobile de Lue •

3° bistouri boutonné et ciseaux fort?, 4° pince?, fils à ligature,

Fig. 87. — Canule à soupape (**;.

o° dilatateur, 6° canules doubles (fig. 83, a), 7° écouvillons

fflfârStÏÏS^ fct8^ ^J'^^de 1 ou 5 millimètres; cette (") a orifir , S / PT 1ue la canule extérne fût jamais salie.

mité supérieure ,1, Il , u,1(ll;lll"'t"' moindre que celui de la canule : à ï'extré-

ion parallèle Sl eThÂVZX T!™ \ fa PW °st vue de Profilî e> t,,ous sue de l'ai,- par le larjux CC l)0St(5ncur(i du ^ canule et favorisant l'is-

(/U/.83, b), 8° éponges fines, eau tiède, 9° solution d'alun ou de nitrate d'argent pour cautériser, la trachée, 10° taffetas gommé .

D. Manuel opératoire : 1° Coucher le malade, la tôte un peu renversée.

2° Opérateur à droite.

3° Chercher exactement la place du cartilage cricoïde.

4° Saisir le larynx de la main gauche, l'attirer un peu en haut de manière à tendre la peau.

5° Inciser, en un ou deux coups, la peau et l'aponévrose cervicale superficielle, depuis le bas du larynx, au niveau du bord supérieur du cartilage cricoïde jusqu'au bord supérieur du sternum, etc. ; pour plus de sécurité, fixer ce cartilage soit

70 Porter'le doigt au fond de la plaie, chercher s'il n'y a p d'anomalie artérielle.

Fig. 88. — Fixation du cartilage cricoïde (*).

le doigt, soit avec le tenaculum B (fig. 88), préalable-

introduit. ,. . , in-nn

Découvrir et séparer les sterno-hyoïdiens et les sterno-

(*) A, bord inférieur du cartilage cricoi Opérations chirurgicales, t. II).

,ïde ; B, tenaculum cricoïdien (Chassaignac,

8° Faire étancher le sang en cas d'hémorrhagie, ou comprimer les vaisseaux; mais pas de ligalurc.

de

Fig. 90. — Dilatation de la plaie.

" Après avoir porté en haut le manche du lenaculum,

\, bistouri; B, tenaculum f.hassaignac, 01 érations chirurgicales, t. II)..

212 MALADIES DES RÉGIONS ET DES OltGANES.

plonger la. pointe du bistouri dans la trachée, et diviser au moins les cinq premiers anneaux (un centimèlrc et demi).

11° Placer le doigt sur l'ouverture pour empêcher la pénétration du sang, et faire pencher immédiatement le malade en avant.

12° Introduire le dilatateur [fnj. 91, 92), et faire pénétrer

Fiçj. 91. - Tenaculum-crochct de Langenbcck, mis en place, dans la trachée

ouverte^

dans la plaie la canule (ftg. 93), qu'on maintient autour du cou à l'aide de liens ou de rubans passés dans les anneaux la-

Fig. 9-2

Dilatateur de Gamier (du Mans) aidant à placer la canule.

tôraux. Passer préalablement, autour de la canule, un morceau

d6^8 cÔ : Envelopper le cou d ouate ou = yate biche en laine ou en soie; nettoyer les canules avec 1 écouvillon ; enlever les fausses membranes avec une > pmee. Au bout de deux ou trois jours, boucher un peu la canule

MALADIES DU PIlAHYNX, DU LARYNX, ETC. 213

pour voir si les voies respiratoires deviennent libres; toucher les fausses membranes du pharynx avec un pinceau trempé

dans

Acide chlorhulrique.

Miel rosat

8 gr.

Cautériser vigoureusement avec le nitrate d'argent les bord*

F,g. 93. — Introduction de la canule Chassaignac.

de la plaie toutes les 24 h.; enlever définitivement la canule au bout de cinq à six jours au plus, et panser simplement. Alimentation dés que la fièvre a disparu.

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