MALADIES EXTRA-THORACIQUES (MAMELLES
tumeurs de la grosseur d'un pois disséminées au pourtour de la glande, surtout du côté de l'aisselle sur le bord du grand pectoral; donnant lieu à des douleurs nerveuses. Douleurs rarement continues, souvent intermittentes, s'irradiant vers l'épaule, l'aisselle, la hanche, le dos, profondes, contusives, quelquefois trés-lancinantes.
Traitement. — Combattre la chlorose (31) si elle existe ; surveiller la menstruation ; sulfate de quinine (0,50 à 0,75) chaque jour; oxyde de zinc (0,10 à 0,15) en pilules; liniment narcotique, collodion élastique additionné de chlorhydrate de morphine (1 gr. pour 30), d'iodoforme (2 gr. pour 30); chloroforme en liniment; vésicatoires saupoudrés de morphine. Soutenir la mamelle si elle est volumineuse et pendante; ouate et chaleur, injections hypodermiques, etc. (Voir Névralgies.) Extirpalion des petites tumeurs si elles sont très-douloureuses; applications de sangsues.
291. Cancer. Variétés : I. Squirrhe, II. Eacéplialùïde. — Symptômes communs des cancers de la mamelle. — Petite tumeur dure, augmentant peu à peu de volume, d'abord régulière, non douloureuse, ne donnant lieu à aucun trouble de la santé générale ; peu à peu perdant sa forme régulière, arrondie , devenant adhérente à la peau ou aux muscles profonds par de petits prolongements fibreux ; douleurs, élancements d'abord rares, nocturnes, puis de plus en plus fréquenls (exacerbations aux époques menstruelles et à la ménopause) ; écoulement séreux ou séro-sanguinolent par le mamelon.
D'autres fois saillie de la tumeur, enfoncement du mamelon, peau rougeâtre, livide ; développement des veines sous-cutanées; ulcération delà peau; bords de l'ulcère mollasses, renversés; hémorrhagies ; issue de sanie ichoreuse, fétide, plus ou moins abondante; réunion des différentes bosselures ulcérées; fond de l'ulcère dur.
Tuméfaction des ganglions axillaiies et cervicaux; teint jaune-paille ; tuméfaction œdémateuse du bras; douleurs plus ou moins violenles dans le (rajet des nerfs du bras ; dépérissement rapide ; inappétence, diarrhée ; écoulement leucorrhéique fétide. Quelquefois pleurésie consécutive ; anhélation ; dyspnée, asthme.
I. Squirrhe. — Symptômes, — 1° Dansl'intérieurde la glande, masses globuleuses distinctes, bien limitées, ne roulant pas sous la peau, se confondant avec la glande mammaire, adhérentes à la peau et aux parois du thorax (Squirrhe globuleux).
2° Masse globuleuse très-dure, cartilagineuse; augmentation
Corlieu, Aide-mém., 2» édit. 14
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du volume de la mamelle; inégalités, bosselures, quelquefois pas de bosselures, tout le sein est pris ; peau saine d'abord. Développement très-rapide [Squirrhe ligneux en masse).
3° Mamelle atrophiée, indurée, racornie, ratatinée ; rétraction du mamelon; peau plissée, pointillée, excoriée; marche très-lente [Squirrhe atrophie/ ue).
4° Tumeur dure, inégale, mal circonscrite ; d'un foyer central partent des brides traversant la glande dans toutes ses directions, s'étendant du côté de la peau et du côté de l'aisselle (Squirrhe rameux ou rayonné).
5° Plaques plus ou moins étendues, plus ou moins nombreuses, isolées d'abord, puis se rapprochant ; téguments durs, rugueux, épais ; disques formant une sorte de cuirasse cutanée ; comme si la peau avait été tannée. Variété la plusgrave ; complique rarement le squirrhe de la mamelle (Squirrhe tégumentaire en cuirasse).
6° Masses indurées faisant saillie à l'extérieur, et semblant partir de la face interne du tégument; de la grosseur d'une tête d'épingle à une noisette; quelquefois suintement (Squirrhe pus* luleux).
7° Nombreuses tiges dures, parcourant la mamelle, occupant la place des conduits galactophores (Squirrhe des conduits lactés).
La structure de toutes ces variétés se rapproche grossièrement de celle du bois [ligneux) ou du lard (lardacé) ; le premier se manifestant par plaques, le second par masses.
II. EncAphaloïde. — Symptômes. — Ne se développe quedans la mamelle ; masses globuleuses, enkystées, quelquefois mal circonscrites, arrondies, lisses, mollasses, très-rarement dures, bosselées, composées de noyaux régulièrement ovoïdes et acquérant parfois un volume considérable. Peau lisse, amincie, ne se confondant avec l'encéphaloïde que lorsque l'ulcération va arriver ; ou bien une seule bosselure et donnant la physionomie d'une tête de brioche (forme lardacée) ; ou bien plusieurs bosselures (forme fongueuse) indolentes et pouvant en imposer d'abord pour des collections de pus, de sang, etc. ; ulcération de la peau, apparition de champignons énormes, ichoreux, sanguinolents.
Ne pas confondre avec tumeurs hypertrophiques, engorgement laiteux (288); kystes (286), productions fibro-cartilagineuses, osseuses, abcès chroniques ('283), tumeur bénigne ou adénoïde (2S5), gommes (287). Chercher les caractères distinclifs de chaque variété de cancer.