I. Bronchite aiguë. — Symptômes. J° Locaux et fonc
que; toux quelquefois continue, quelquefois plus forte à certains moments de la journée, pouvant provoquer l'insomnie, les vomissements; sèche d'abord; plus lard suivie de crachats séreux, filants, avec petits noyaux opalins.
Au bout de quelques jours, douleurs musculaires de la poitrine produites par la toux ; expectoration facile, opaque jaunâtre, jaune verdâtre; crachats lourds, épais, très-peu ou pas aérés. A la palpation, frémissement vibratoire, perçu dansla plupart des cas.
A l'auscultation, bruit respiratoire rude et sec; râle sonore, grave, sibilant à la partie postérieure de la poitrine; râle sous crépitant moyen à la parlie postérieure et inférieure se; propageant de bas en haut, occupant habituellement les deux côtés, souvent plus intense à droite, murmure vésiculaire allai bli où entièrement masqué par les différents râles.
A la percussion, sonorité normale de la poitrine.
2° Généraux : Frissons, chaleur, moiteur; accélération du pouls; inappétence; soif plus ou moins vive; langue sale, saburrale; urines épaisses; quelquefois constipation.
Il Br. Capillaire. — Symptômes. — Début analogue n celui de la bronchite aiguë, si ce n'est toutefois que la dypsnée est constante; aggravation de symptômes; faciès pâle, lèvres violacées; saillie des yeux; anxiété; dilatation des narines pendant l'inspiration; agitation ; anhélation ; respirationbravante et stertoreuse ; toux violente, humide, souvent quinteuse- expectoration difficile, épaisse, visqueuse, non aeree, blanc' jaunâtre, mousseuse, quelquefois striée de sang. \oix non altérée ; parole brève, saccadée ; douleur sous-sternale, oppression ; pouls fréquent.
A l'auscultation, râle sous-crépitant fin, occupai! une assez grande étendue de la poitrine, mais plus particu hèrement a base des deux poumons; quelques râles sibilants; sonoritéthoracique le plus souvent exagérée.
Amélioration progressive de ces symptômes en cas de guenson. Dans le cas contraire, épuisement des forces; toux moins Xôureuse, expectoration plus difficile; respiration stertoïeSe face et conjonctives injectées ; expression de terreur; Positions bizarres des malades pour éviter le décubitus dorsal ;. KHlîSSe fréquent; peau alternativement sèche ou moite- somnolence ; délire; agitation; anesthesie.
^%re surtout' chez les enfants, moins souvent chez les-
^cteties enfants, abattement, pâleur, teinte cyanosée, bouf-
MALADIES 1NTRA-TU0BAC1QUES (POUWOKS). 253
tissure; respiration accélérée, 30 A 40 fois par minute ; à chaque inspiration, resserrement de la base de la poitrine, dilatation et saillie de l'abdomen, dilatation des narines. Résonnancc du thorax comme à l'état normal; affaiblissement du bruit respiratoire; râle sibilant, sonore, ronflant, assez rare, râle sous-crépitant fin, fréquent des deux côtés, dans les deux temps de la respiration, mais plus fort pendant l'inspiration, fusant quelquefois place au râle sous-crépitant ou même à la respiration normale à la suite d'expectoration ou de vomissement; pas de vomissement au début.
Symptômes généraux analogues à ceux qu'on observe chez 1 adulte; abattement, morosité, agitation; peau violacée, t haude; pouls très-fréquent ; anesthésie.
Ne pas confondre avec pneumonie (208), pleurésie (315), pbthisie (311), fièvres éruplives (S cà 12).
Traitement. — Boissons peclorales, violettes, mauve, coquelicol, capillaire; orge miellée, hysope, lierre terrestre, décoction de dattes, jujubes, figues grasses, polyga.la (8 à 1 0 gr.); etc. Saignée de 350 gr., selon les indicalions; lavement émollient; loocb simple ou additionné de kermès (0,10 à I gr.).
2£ Infusion d'hysope . ... et.
Kermès minéral ■ (çr |,j
Gomme adragante pulvérisée 1
Sirop de Tolu 30
Une cuillerée toutes les heures.
En cas de fréquence très-notable du pouls, ajouter au looeh ou à la potion l'extrait hydro alcoolique de digitale (0,10 à 0,15). — Le soir, une pilule de cynog'ossc, ou une cuillerée de sirop diacode, ou une ou deux cuill. à café de sirop de morphine ou une pilule d'extrait thébaïque (0,02), ou bien poudre de belladone (0,0:) à 0,05), ou bien extrait de datura (0,P2 à 0,05*, eau de laurier cerise.
S'il y a complication gastrique: Vomitif, tartre slibié (0,05 à 0, 1 0) dans la tisane; continuerréméliqueàlamêmedosependant2ou 3 jours, soit dans la tisane, soit clans une potion gommeusc. — Fumigations émollientcs ou narcoliques, 5 à. 10 min. chaque fois; l'aire bouillir pendant un quart d'heure 10 gr. de feuilles de belladone ou de datura dans un dcmi-lilre d'eau, verser le liquide dans un vase dont on couvre l'ouverture avec un entonnoir à large bec, et faire aspirer la vapeur qui s'échappe du bec. — Ou bien se servir de l'appareil de Mandl; introduire les espèces narcotiques par l'ouverture, faire bouillir avec la lampe à alcool, et inspirer par le tube. — Ou grande théière
Corlieu, Aidc-nidm., ?« édit. 1 5
qui contiendrait les espèces médicamenteuses et dont on aspirerait les vapeurs par le bec de la théière. — Ou bien inspirer directement les vapeurs en plaçant la tète au-dessus du vase, 5 à 10 min. seulement.
Diète, repos, température douce.
Contre la bronchite capillaire: Mômes tisanes; saignée générale répétée au besoin; sinapismes aux jambes; frictions stimulantes ou cataplasmes sinapisés sur les côtés de la poitrine; tous les quarts d'heure une cuillerée à bouche de la potion suivante :
If Iufusion de tilleul 120 gr
Tartre stibié • . <sr,10 à 0Br,30
Extrait thébaïque. 06r,0o
Sirop de guimauve .; 30 gr.
Lobélie enflée {lohelia inflata), une forte pincée (5 gr.) en infusion le soir, ou bien 30 à 40 gouttes de teinture de lobélie dans la tisane pour combattre l'irritation nerveuse et la dyspnée; quelquefois vésicatoires volants saupoudrés de camphre.
Bandage de corps médiocrement serré autour du ventre;
position convenable pour le malade.
E> cas de prostration: Boissons stimulantes; infusion d'arnica (6 gr.); bourgeons'de sapins du Nord (10 gr.) par litre, en décoction.
Pow les adolescents: Mômes tisanes; julep gommeux, looch blanc additionné de sirop diacode, de sirop de morphine ; maintenir la liberté du ventre à l'aide de lavements simples ou laxatifs; huile d'amandes douces (20 à 30 gr.); calomel (0,05 à 0,10); manne en larmes (20 à 40 gr.).
'Chez les enfants très-jeùnes : Ne donner que le lait de la nourrice; supprimer les bouillies, potages. En cas de toux opiniâtre, une ou deux cuill. au plus de sirop diacode; cataplasmes chauds appliqués sur la poitrine et maintenus chauds à l'aide du taffetas gommé; ouate ou compresses de flanelle chaude autour de la poitrine; bains de pieds sinapisés ou cataplasmes sinapisés aux mollets. Pas d'émissions sanguines ni par les sangsues ni par les ventouses, à moins d'indications exceptionnelles; ventouses sèches sur les côtés de la poitrine; faire promener l'enfant dans les bras pour empêcher l'engorgement pulmonaire hypostatique. Vomitifs, préférer l'ipécacuanha à l'cmétique.
2L Sirop d'ipécacuanha 50 gr-
Poudre d'ipécacuanha 0sr,ÎM
Mêlez : uue, deux, trois cuill. jusqu'à -vomissement.
MALADIES INTKA-TELORACIQUES (POUMONS). 25 5
Y revenir toutes les fois qu'on entend à distance le bruit trachéal des liquides ou des mucosités contenus dans la poitrine.
S'il y a oppression, suffocation : Prévenir le passage de la bronchite à la pneumonie à l'aide de grands vésieatoires volants appliqués dans le dos ou mieux sur le devant de la poitrine.
Quelquefois frictions avec l'huile de croton, emplâtres de poix de Bourgogne, de diachylon, de Vigo.
Enlever avec le doigt ou une barbe de plume les mucosités qui sont dans la gorge des enfants.
301. Bronchite chronique. — Symptômes. 1° Locaux et fonctionnels : En général, pas de douleurs de poitrine : toux grasse, facile, quelquefois quinteuse, plus fréquente le matin et le soir que dans la journée ; crachats opaques, d'un blanc sale, grisâtres, verdâtres, non striés, non aérés, quelquefois incolores, transparents, plus ou moins abondants et constituant le catarrhe sec ou le catarrhe humide [bronchorrhèë). Respiration presque toujours normale, rarement gênée, à moins d'accumulation abondante de mucosités.
A l'auscultation, râle muqueux à la partie postérieure de la poitrine et des deux côtés à la fois, mêlés le plus souvent de râles sibilants, ronflants ou roucoulants. Dans le catarrhe humide, râle sous crépitant moyen ou muqueux; dans le catarrhe sec,, râle sibilant. Souvent après une expectoration abondante, disparition des râles, mais respiration sèche et rude. Sonorité normale à la percussion, à moins de complications.
2° Généraux : Nuls à moins que la bronchite ne reprenne le caractère aigu.
La bronchite chronique pouvant déterminer la Dilatation chronique des bronches, voir 303 .
Ne pas confondre avec pneumonie chronique (309), pleurésie chronique (310), phthisie pulmonaire (311), emphysème pulmonaire (304), œdème pulmonaire (306).
Traitement. — Tisanes d'hysope, de lierre terrestre, de polygala (8 à 10 gr.), de lichen d'Islande (8 à 10 gr.), de fucus crispus, de bourgeons de sapin du Nord (10 à 20 gr.); eau de goudron, s:rop ou pastilles de Tolu. -Vider les bronches à l'aide de vomitifs (ipéca, 1,50), tartre stibié (0,05), ou pastilles d'ipéca ou de kermès le malin à jeun comme expectorantes.
Inhalation de vapeurs émollienles ou légèrement excitantes (décoction de bourgeons de sapin), ou narcotiques (feuilles de
belladone, de dalura slramonium, de jusquiame) selon les symptômes, à l'aide de l'appareil de Mandl (fi.j. 78)- inhala lion d'eau créosolée à l'aide de l'appareil (fig. \\\). Verser 4 à 5 gouttes de créosote dans le flacon rempli au quart d'eau chaude; ou bien remplacer la créosote parle chlore liquide commencer par 1 0 gou l tes et augmenter successivement jusqu'à 30 ou 40 gouttes. Cinq ou six séances par jour.
Inhalations sèches avec le benjoin, les baies de genièvre, l'iode, projetés sur des charbons ardents ou sur une pelle rougie au feu ; inspiration de goudron dont on enduira l'intérieur d'une pipe; cigarettes de goudron. Placer les malades dans une atmosphère chargée de ces vapeurs.
Produire une révulsion cutanée avec les sinapismes, les (Viciions sèches et aromatiques, l'huile de ci olon, les ventouses sèches, les emplâtres de diachylon, de Vigo, de poix de Bourgogne simples ou saupoudrés de I gr. de tartre slibié, la pommade slibiée; vésicaloircs volants.
Si la maladie dure depuis longtemps, et si l'on redoute l'adynamie, boissons toniques et excitantes, décoction ou sirop de quinquina, extrait de quinquina (I gr. chaque jour) ; infusions aromatiques, menthe, mélisse, camomille, édulcorées avec le sirop de Toi u ; ferrugineux, protoiodure de fer, sous-carbonate de fer, etc. Résineux; baume de copahu(30 à 80 gouttes par jour) dans l'eau chaude ou dans un mucilage;, pilules de térébenthine; sirop de Tolu , de bourgeons de sapin du Nord; gomme ammoniaque (0,75 à \ gr.) en pilules ou petits bols.
X Soufre sublimé et lavé ) -> ,n
r> ■ ■ i ., • t S aa 1 0 gr.
Quinquina pulvérisé 1 °
Sirop de Tolu q. s.
F. s. a. Èlectuaire, 3 à 4 cuill. à café chaque jour.
Pastilles d'ipéca, de kermès, en cas d'expectoration difficile.
S'il existe une diathèse ou une métastase, rappeler les sécrétions supprimées; combattre les diaihèses.
Cuntre la bronchite herpétique ou dartreuse: Toniques et. sulfureux en boissons ou en inhalations : Eaux - Bonnes (! /2 verre à un verre chaque jour dans du lait avec du sirop de gomme), Enghien, Pierrefonds, Aix en Savoie, Saint-Honoré, Allevard, Caulerets, Luchon, Amélie, Vernel, La Hourboule.
Contre la bronchite arthritique: Se méfier des eaux alcalines, ou bien ne les conseiller qu'avec réserve, Ems, Mont-Pore;
MALADIES INTKA-TliOftACJQUES (l'O'UMONS). 2 57
préférer les eaux sulfureuses et y joindre la gomme ammoniaque, l'oxymel seillilique (15 à 20 gr.), l'électuaire au soufre et au quinquina, le vin de Malaga, d'Alicante, les balsamiques et les résineux.
Contre le hjmphatisme : Huile de morue, sirop de raifort, iodure de potassium, sirop antiscorbutique, préparations arsenicales :
If Sirop antiscobutique 300 gr.
Arséniate de soude 08r 05
Une à deux cuill. par jour.
Liqueur de Fowler (■> à 5 gouttes), liqueur de Pearson (20 à 30 gouttes). Toniques, reconstituants.
Combattre la syphilis, si elle existe (2*, 29).
Si l'on soupçonne les vers: Dragées de santonine, semen-contra, calomel (431); si l'on soupçonne le ténia :
2£ Eau de menthe ion gr
Teinture éthérée de fougère mâle '. . s
Gomme arabique §
Sirop d'éther 3 y
A prendre en deux ou trois fois.
Éviter le froid, l'humidité, les brouillards; usage de flanelleséjour dans le Midi, s'il est possible.
302. Bronchite pseudo -membraneuse OU Croup bronchique ou Bronchite diphthér itiqué. — Symptômes. 1° Locaux et fonctionnels: Début brusque ou graduel; respiration gCnée, accélérée; toux quinleuse; douleur et oppression derrière le sternum.
A l'auscultation, râle sonore, quelquefois bruit de soupape ou de drapeau produit par la fausse membrane; expectoration de fausses membraues blanches, pelotonnées, sous forme de rubans, de macaroni, dont on distingue les ramifications dichotomiques quand on les met dans l'eau ; crachats blancs sanguinolents, aérés, muqueux, puriformes. Rien à la percussion
? Gener<m* •• Nièvre, agitation, asphyxie disparaissant ou diminuan après l'expectoration; anorexie, soif, constipation, quelque ois délire. Intégrité parfaite de la voix ; rien dans le larynx. Quelquefois marche chronique.
Ne pas confondre avec laryngite (255), pneumonie lobulaire 308) bronchite simple (300, 1), emphysème pulmonaire (30 '0, bronchite capillaire (300, II). ;'
Traitement. — Ëmélique ou ipécacuanha; loochs calmants;
sinapismes sur les côtés de la poitrine. "V bir Bronchite (300) et Laryngite (255).
303. Dilatation îles bronches. — SYMPTOMES. i° Locaux et fonctionnels : Toux fréquente, opiniâtre, grasse, peu douloureuse; expectoration abondante; crachats opaques, souvent adhérents, purulents; respiration médiocrement gônée; oppression légère; voix non altérée. Quelquefois dépression au niveau de la dilatation ; pas de signes fournis par la percussion ; quelquefois un peu de matité, quand le poumon tout entier est comprimé : dans le cas contraire, son plus clair dans le point correspondant à la bronche dilatée.
A l'auscultation souffle bronchique, bronchophonie ; respiration caverneuse, pectoriloquie ; râle humide muqueux à grosses bulles; quelquefois gargouillement, tintement métallique.
2° Généraux : Nuls.
Ne pas confondre avec pneumonie (308), pleurésie aiguë (3in), cavernes tuberculeuses (3 H).
Traitement. — Antispasmodiques, vésicatoires sur la poitrine, toniques, ferrugineux, amers, aromatiques; eaux sulfureuses au besoin et en inhalation (Voir Bronchite chronique^).
304. Emphysème pulmonaire OU vésiculaire. — Symptômes. — Dyspnée existant depuis longtemps, revenant par accès comme les accès d'asthme, et parfois extrêmement pénible ; sentiment d'oppression derrière le sternum; voussure plus ou moins prononcée des parois de la poitrine, ayant son siège tantôt à la partie antérieure, tantôt à la partie postérieure, soit à gauche, soit à droite ou aux deux côtés à la fois.
A la percussion, résonnance exagérée du thorax. A l'auscultation, diminution du bruit respiratoire; râle sifflant, sonore, sous-crépitant.
Quelquefois douleur au niveau de la saillie correspondant aux vésicules dilatées. Toux; crachats mousseux, séro-albumineux, aérés, quelquefois verdâtres, opaques. Souvent complication d'hypertrophie du cœur, palpitation, œdème.
Ne pas confondre avec dilatation des bronches (303), phtlnsie (3U), anévrysme de l'aorte (300), asthme (3H). -
Traitement. — Tisanes pectorales, mauves, violettes, tilleul, feuilles d'oranger, serpolet, polygala, camphrée de Montpellier. Saignée en cas de pléthore, de congeslion, d hémorrhagie supprimée ; deux à quatre sangsues sur les parois thoraciques chez les enfants. Expectorants, pastilles d'ipécacuanha, de ker-
MALADIES HNTRA-THORACIQUES (POUMONs). 259
mès (') à JO cenligr.) chaque matin; vomitifs. Narcotiques; extrait thébaïque ou extrait de dalura slramonium chaque jour v0,03 à 0,0o).
"2f Feuilles de belladone ou de datura ou de jusquiame. 5 à 15 gr.
Faites bouillir dans un demi-litre d'eau pour inhalations. Pendant les accès, ventouses sèches, pédiluves, manuluves sinapisés, sinapismes sur les côtés de la poitrine ; antispasmodiques; sirop d'éther, oxyde de zinc (2 gr.) en plusieurs fois ; lavement à la valériane; à l'asa fœtida (5 à 8 gr.) suspendu dans un jaune d'œuf.
Fumer des feuilles de datura, de belladone et de jusquiame dans une pipe, 4 à 5 par jour; cigarettes arsenicales:
"2f Arséniate de soude 2 à 4 gr.
Eau distillée 20 gr.
Tremper dans celle solution des feuilles de papier qu'on roulera en cigarettes; attirer la fumée dans la bouche, puis la faire passer dans les bronches, 8 à 15 bouffées une seule fois par jour ; cigarettes nilrées, préparées et employées de la même façon.
"if Nitrate de potasse S gr.
Eau distillée 30 —
Tremper des feuilles de papier non collé dans cette solution et les brûler dans une assiette sous le nez des malades.
Cautérisation du fond de la gorge avec l'ammoniaque liquide additionnée des deux tiers au moins d'eau ; tremper un pinceau très-fin dans le mélange et porter dans le fond de la gorge, sur l'épiglotte.
Bains sulfureux; teinture de lobélie (1 gr.) en potion, emplâtre de poix de Bourgogne sur la poitrine.
Usage de flanelle, éviter le froid, l'humidité, l'inspiration de poudres irritantes, de poussière, de farine; éviter les cris, les excès de tout genre, le vin pur, les alcooliques.
305. Ilémoptjsie ou vomissement de gan;. — Symptômes. — Avec ou sans phénomènes précurseurs ; frissons, pesanteur dans la poitrine, toux sèche, alternative de pâleur et de rougeur; picotement au larynx; saveur salée dans la gorge. — 1° Si le sang est en petite quantité; peu ou pas de toux, il sort par expuition. — 2° S'il est en plus grande quantité; toux et sortie de sang par crachats plus ou moins volumineux. —
3° S'il est très-abondant; signes d'anxiété, de suffocation ; sortie par flots du sang par la bouche, par le nez ; quelquefois vomissement des matières alimentaires par suite du chatouillement que produit le sang en passant dans le pharynx : sang écumeux, rouge, vermeil ; noirâtre quand il est exhalé depuis quelque temps. A la percussion, résonnance normale si le sang n'est sécrété que par les bronches (bronchofr/iagie); — résonnance plus faible s'il est épanché en plus grande abondance dans les vésicules pulmonaires (pneumorrhagie).
Auscultation négative si elle est pratiquée au moment où le sang vient d'être expectoré complètement : dans le cas opposé/ râle sous-crépilant moyen ou fin suivant le calibre des bronches où se trouve lesang; râle crépitant si l'exsudation sanguine a son siège dans les vésicules.
Symptômes généraux prononcés; pâleur, faiblesse, syncope, céphalalgie.
Ne pas confondre avec éfdstaxis (207), hémalémèse (412).
Traitement. — 1° Hémoptysie légère: Boissons froides, astringentes, eau glacée, limonade gazeuse; décoction de racine de grande consoude (15 gr), de buis (10 gr.), d'écorce de chêne (50 gr.), de bistorte (20 gr.), de tormentille (a à lo gr.), de benoîte (15 gr.) ; eau de goudron; décoction de roses de Provins, limonade sulfurique (acide sulfurique alcoolisé ou eau de Rabel, 1 à 3 gr. pour 1000 d'eau) ; ou avec perchlorure de fer, 10 à 15 gouttes. Potion astringente avec extrait de ratanhia ou de monœsia (1 à 4 gr.) ou acide lannique (I à 2 gr.).
Potion gommeusc 100 gr.
Extrait de ratanhia 4 —
Extrait thébaïque 0sr,(.-5
Sirop de grande consoude 30 gr.
Une cuilkrée à bouche toutes les demi-heures.
Pédiluvés, manuluves sinapisés; diète lactée ; bouillon froid. Repos complet, silence absolu; position assise ou bien décubitus sur le côté opposé à celui où se fait l'hémorrhagie ; chambre aérée; calmer la toux qui pourrait ramener l'hémoptysie à l'aide des opiacés, sirop de morphine; ventouses sèches.
2° Hémoptysie plus (onsidèiabU : Mêmes précautions que cidessus , mêmes boissons; même potion, essence de térébenthine, 10 à 30 gouttes toutes les heures dans une cuill. d;eau ou bien solidifiée en bols à l'aide de la magnésie et prise dans du pain azyme. Ergoline I à 4 gr. en potion; sel marin i à 10 gr. en potion : acide gallique 1 à Igr. 50 toutes les demi-heures
MALADIES INTHA TIlOltACIQUES ( POUMONS . 261
dans du pain azyme ; ipéca ou tarlre slibié à dose nauséeuse. Toutes les heures une des pilules ci-dessous:
lf Extrait de ratanhia 1 gr.
Conserve de roses 1 —
Pour 10 pilules.
"2f Acétate de plomb lsr,30
Conserve de roses q. s.
Pour sis bols, 1 toutes les 2 heures.
If Acide tannique 0er,20
Gomme arabique pulvérisée 0sr,80 Pour 8 pilules, 4 par jour.
"if Alun pulvérise 1 gram.
Sucre I ~> g
Gomme arabique 1 aa ^' '
Pour 10 paquets, 2 à 5 par jour.
S'il y a des lendances à la toux, on ajoutera 0,05 d'exlrait (hébaïque aux pilules.
3° Sinapismes sur les côtés de la poitrine, aux mollets.
Hémoptysie considérable : Limonade sulfurique pour boisson ; saignées répétées si le malade est jeune et vigoureux ; ventouses sèches sur les hypochondres, et entre les épaules ; sinapismes; acide gallique, lérébentbine, nitrate de potasse et digitale (ci-dessous), ligature des membres, applications froides ou glacées sur la poitrine. Potions comme ci-dessus; matin et soir, une des pilules suivantes :
^ Alun 0-^,50
Cachou lnr 50
Extrait thébaïque Ob'", 15
Pour 4 pilules.
Saignée du pied ou du bras, si l'hémoptysie est supplémentaire de la menstruation ou d'une autre hémorrhagie supprimée ; sangsues aux parties génitales ou à l'anus, en cas d'aménorrhée.
Si le malade est considérablement affaibli, arrêler l'hémoptysie en appliquant des compresses froides aux parties génitales, aux aines, dans le dos, etc.
Chercher si l'hémoptysie est symptomatique d'une affection organique des poumons ou du cœur; traitement approprié.
Prévenir le retour de l'hémoptysie ou la modérer par la poudre ou les pilules ci-dessous
If Poudre récente de
digitale 0er,?0 à Os^S
Nitrate de potasse.. Ib^SO à iV,50 M. et div. en 4 paq. en 14 h.
"if Poudre de digitale 0sr.?;
Poudre de sel ergoté 3 gr,
F. s. a. iO pilules, 6 à 8 par jour.
Œdème pulmonaire. — Symptômes. — Quclque-
fois un peu de dyspnée, de toux, d'expectoration aqueuse, aérée.
A l'auscultation, faiblesse du murmure respiratoire à la partie postérieure des poumons, râle sous-crépitant. A la percussion, matité, son obscur.
Absence de fièvre; marche longue, indéterminée.
Cette infiltration œdémateuse étant toujours consécutive à une affection primitive, chercher la cause et la combattre. Complique habituellement les maladies du cœur, la néphrite albumineuse, la chloro-anémie très-prononcée; vieillesse, adynamie.
Ne pas confondre avec pneumonie (308), pleurésie (3t5), emphysème 304).
Traitement. — Subordonné à la maladie principale. En cas de gène considérable de la respiration consécutive à une affection du cœur, saignée légère. — Si le sujet est anémique : ferrugineux, quinquina, toniques, viande, bouillon; vésicatoires volants répétés; dérivatifs; purgatifs, diurétiques, nitrate de potasse (2 à 4 gr.), tisane de reine-des-prés, sirop de digitale, pilules de digitale (0,05 à 0,1 5) par jour, granule de digitaline (1 à 2) par jour. (Voir Ascite, 448.)
307. Congestion pulmonaire active OU hypérémie pulmonaire.— Symptômes. i° Locaux et fonctionnels: Très-rarement douleur ; dyspnée peu prononcée dans le premier degré, mais très-intense et très-pénible quand la maladie fait des progrès. — Bans la forme asphyxique, toux peu fréquente; au début expectoration composée de mucosités blanchâtres, devenant plus tard sanginolentes sans jamais offrir le caractère des crachats péri-pneumoniques.— Dans le deuxième degré, ampliation générale de la poitrine constatée par la mensuration. — A la percussion, résonnance un peu plus faible au début ou s'il s'agit d'une légère tanssudation sanguine, ou de noyaux hémoptoïques très-petits, disséminés dans la profondeur des poumons; matité complète à une période plus avancée ou s'il s'agit d'un foyer ou d'une caverne hémorrhagique. — A l'auscultation, bruit respiratoire faible au niveau del'épanchement ; râle crépitant dans le voisinage, d'autres fois sous-crépitant fin, à bulles continues, mélangé de râles musicaux; respiration un peu soufflante au deuxième degré.
2° Généraux : Dans' les cas légers, décubitus dorsal; dans les cas graves, position assise, face violacée, peu de fièvre : en général pouls fort, développé.
Ne pas confondre avec pneumonie (308), pleurésie (315).