Plaies de l'épaule. — Symptômes et traitement
1 gr.
Fig. 126. — Appareil de Bourgery pour la compression continue et alternante de
l'artère sous-clavièrc {*).
I. Par instrument piquant : S'il n'y a pas de blessure artérielle, pansement simple, réunion avec diachylon. S'il y a réac-
(*) A, pelote pectorale fixe, de forme rectangulaire ; cette pelote est cousue à une plaque métallique ; B, secoude plaque d'acier de même forme que la précédente sur laquelle elle s'adapte exactement ; (',, lame tournante d'acier fixée par
tion fébrile, douleurs locales : 8 à 10 sangsues au voisinage de la plaie, y revenir au besoin; ventouses scarifiées; saignée générale, cataplasmes émollients, laudanisés.
S'il y a blessure artérielle, le sang s'épanche dans l'aisselle, entre les muscles pectoraux qu'il soulève; bras gonflé, engourdi, froid ; l'artère radiale est imperceptible.
Compression digitale d'abord, ou avec une petite pelote fortement appliquée en arrière de la partie moyenne de la clavicule, sur la première côte, l'épaule étant fortement abaissée ; c'est sur l'artère sous-clavière que se fait la compression : compresseur de Bourgery(/îg. 12(3), compresseur de Dupuytren modifié ou bandage herniaire. — Ligature de l'artère axillaire (p. 297), soit au creux axillaire, soit dans la plaie agrandie, soit par la méthode d'Anel, c'est-à-dire entre le cœur et l'anévrysme.
II. Plaies par instrument tranchant : S'il y a ouverture des vaisseaux, voir ci-dessus ; sinon, réunion par première intention, suture, diachylon.
lit. Plaies par instruments contondants, balles, etc.: Chercher à. extraire la balle si elle est accessible aux instruments: sangsues autour de la plaie. Cataplasmes froids d'abord, puis chauds; plus tard pansement alcoolique. Si l'articulation est ouverte parla balle, tube à drainage ou bien désarticulation si les désordres sont trop considérables.
34S. Résection de la tête de l'humérus. — Entre l'acromion et l'apophyse coraeoïde, à un centimètre au-dessous de la clavicule, faire une longue incision verticale AA sur la partie antérieure du deltoïde et se prolongeant jusqu'aux attaches inférieures de ce muscle {fig. 127), faire écarter par un aide au moyen de deux crochets les bords de la plaie, de manière à découvrir le col de l'humérus; ouvrir la capsule et sectionner les muscles qui s'insèrent à la tète numérale (sous-scapulaire, sus-épineux, sous-épineux et petit rond), détacher le tendon du biceps de sa coulisse. On facilitera la section en portant le bras dans la rotation en dedans et en dehors. Luxer la tête numérale s'il est possible; passer la scie à chaîne autour du col chirurgical de l'humérus B et sectionner l'os. Pansement simple ou par occlusion. — Des différents procédés, celui de Chassaignac est le plus simple. — Des chirurgiens font le lam-
une -vis sur la plaque B ; D, D, deux branches d'une plaque d'acier demi-elliptique ou en fer à cheval. Le levier coudé supportant la pelote mobile se compose d'un montant E ; F, tige de la pelote pouvant avoir tous les degrés d'obliquité nécessaires ; U, H, courroies antérieures et postérieures fixées à un bandage de corps I.
beau triangulaire à base supérieure. On peut aussi se servir de la petite scie à mains de Lagenbenck que l'on manœuvre de dedans en dehors.
Fkj. 127. — Résection de la tète de l'humérus (*).
348/^25. Désarticulation île l'épaule. — Faire comprimer fortement l'artère sous-clavière sur la première côte, derrière la clavicule.
^ \° Procédé Larrey ou ovalaire, ou en raquette (fig. 128). — Dans l'axe de l'humérus, au-dessous de la pointe de l'acromion, incision verticale de 5 à 6 centimètres divisant le deltoïde 'dans son épaisseur et allant jusqu'à l'os; faire deux incisions obliques partant du tiers inférieur de la première incision et se réunissant à la partie postérieure du creux de l'aisselle ; commencer par l'incision antérieure, et faire de haut en bas l'incision oblique correspondant à la main qui opère; l'autre de bas en haut : faire relever les deux lambeaux et comprimer les artè-
0 A, incision écartée par deui crochets ; B, lête de l'humérus ; CD, main de l opérateur sciant l'os. (Chassaïgnac. Opérations chirurgicales.)
res circonflexes ; inciser la capsule et les tendons profonds; écarter la tôte de l'os; faire glisser le couteau derrière elle ; faire saisir et comprimer entre les doigts par un aide l'artère axillaire; achever l'amputation en coupant les deux lambeaux au niveau des angles inférieurs, puis le paquet vasculo-nerveux. — Pansement : Lier les artères ; rapprocher les lambeaux,
Eig. 128. — Désarticulation de l'épaule par le procédé de Larrey (Sédillot).
pendant 24 heures, avec des serres-fines ou la suture entortillée, et alors avec le diachylon.
2° Procédé Dupuytren ou de l'épaulette {fig. 129). — Tailler par transfixion en rasant l'os, un lambeau supérieur, tout le deltoïde s'il est possible, ou bien inciser préalablement la peau suivant les courbes ci contre ; faire relever le lambeau; ouvrir la capsule; tailler le lambeau interne en raclant l'os en dedans afin de ne diviser l'artère qu'au dernier coup. Môme pansement.
349. Tumeur blanche Je l'épaule. — Symptômes. — Douleur locale très-vive augmentant par les mouvements du bras et de l'avant-bras ; lassitude; plus tard la douleur s'étend au coude ; deltoïde déprimé; tumeur dans l'aisselle; amaigrissement et allongement du membre qu'on ne peut rapprocher du tronc. En dernier lieu, la luxation se produit (voir les Luxations)-, téte de l'humérus sous la clavicule (v. p. 304);
MALADIES DU MEMBRE SUPÉRIEUR
coude en dehors el en arrière ; raccourcissement du bras ; puis abcès, trajets fistuleux dans l'aisselle ou la partie antérieure de l'articulation, sur les parois de la poitrine.
Ne pas confondre avec fracture (355), luxation (345).
Fig. 129. — Désarticulation de l'épaule par le procédé Dupuytrcti.
Traitement. — Traitement général s'il y a lymphatisme ; quinquina, ferrugineux, huile de foie de morue, iodure de potassium; bains de mer, bains sulfureux. S'il y a douleur locale et surtout au début, sangsues en avant, en arrière, sous l'aisselle; moxas, cautères seulement en avant ou en arrière. Désarticulation (348).
SECTION II
MALADIES DU MEMBRE SUPÉHIECP