MORT SUBITE
On nomme ainsi, en médecine légale, la mort qui survient d'une façon soudaine et imprévue, sans que des phénomènes précurseurs, au moins appréciables du vulgaire, aient annoncé la terminaison immédiate de l'existence. Le plus souvent alors, quand la mort est naturelle, qu'elle n'est causée ni par un traumatisme, ni par un empoisonnement, elle résulte d'un arrêt définitif et brusque des fonctions du cœur, du cerveau, du poumon.
Les fonctions du cœur peuvent cesser brusquement dans la dégénérescence graisseuse du myocarde, la péricardite ancienne avec adhérences cardiaques, Vadhérence de Vaorte, la rupture de Vanévrysme aortique, les lésions valvulaires, particulièrement Vinsuffisance aortique, qui, avec V angine de poitrine, cause le plus souvent la mort subite par arrêt des fonctions du cœur. Les lésions chroniques du cœur et de l'aorte, sauf les cas de rupture, tuent par syncope; mais celle-ci survient rarement chez un individu bien portant jusque-là, à la suite d'une vive émotion morale par exemple; dans ce dernier cas, les constatations nécroscopiques ne suffisent pas à élucider la cause de la mort.
Pour ce qui concerne le cerveau, ce sont l'hémorrhagie, la congestion et Vanémie cérébrales, qui amènent le plus souvent la mort subite. Les émotions morales vives ont rarement le même résultat, sans lésion antérieure d'aucune sorte. Vhémorrhagie ménin-
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9^e,fré(]UBnte surtout cbezles alcooliques, à la suite dfi la pathyméningite, peul survenir spontanément, ou après des violences exercées sur la lête, lesquelles ne sonlalorsquelacause occasionnelle du décès.
I,a cmgeslion et Vkr!norrkaffie jouenl aussi un grand rWe dans l'arrfit soudain des fouctions du poumon, de même pour les embolies ite l'arlére pulmonaire et les corps étrangers des voies aériennes.
On a encore observé la mivrt subite dans les lésions de l'appareil digestif non précédées d'altération notable de la santé (ulcère de l'estomac, étranglement intestinal, calcula ou kystes hydaliques du foie) ; dans la néphrite interstitielle; dans l'ivresse (par congestion cérébrale ou apoplexie pulmonaire].
Lesalcooliques, les vieillards, les enfants, sont particulièrement exposés à la mort subite, ces trois conditions imprimant une marcbe insidieuse aux maladies.
Dans les diverses circonstances, la nature du décès parait souvent assez suspecte pour que l'autopsie soit ordonoée. L'expert qui en est cbargê doit avoir présentes à l'esprit toules les causes de mort subite ênu-, mèrées plus haut. Certaines d'entre elles, comme la congestion cérébrale ou pulmonaire, la népbrile, etc., ne doivent pas seulement être mentionnées : il faut, autant que possible, remonter à leur origine, et apprécier si elles ont pu, sans autre intervention, amenerla mon naturelle. Les commémoralifs peuvent Être appelés en aide aux résultats de l'autopsie.