‹ Aide-mémoire d'hygiène et de médecine légaleChapitre 5 sur 71 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

OBJET PF. I.'IIYG1ÉNE.

■ DÉMOfiHAPHIE.

L'Uygit^iiB a pour objet d'étnltliy 1rs règks à suivi-f pour le choix des tnoyens propres à enlreteniF et à améliorer l'action normale des organes, et, par suiie, à prévenir l'apparition des maladies. Elle a pour point de départ la misologie ou scieuce des mtlleui, qui éludie l'action des milieux exlérieura sur l'organisme sain; elle s'appuie sur la physique, la chimie, la bromatologie (élude des aliments}, la toxicologie, l'anthropologie, qui lui permettent de modifier l'influence du sol, de l'air, des eaui, des aliments, du vêlement, de l'esercice, et d'en tirer un parti favorable à l'améliuraliun de la sant^.

Démo^rapliie. — i.'i di'intiqrfipliie csi W ft\.>A\'A\n;>ui^

appliquée à Vétude collective de Vhomme, Elle a des rapports étroits avec l'hygiène : car elle indique Texistence, les limites, les causes, des mouvements physiologiques et sociaux dont les populations sont le sujet, et les lois qui président à ces mouvements. Sa méthode consiste à déterminer sur chaque individu de la collectivité, ou sur un grand nombre d'individus pris au hasard, la grandeur de chacun des attributs physiques, intellectuels, ou moraux, qui sont propres à cette collection ; puis à trouver la résultante de ces mesures individuelles, résultante qui donne la force de chaque attribut appartenant à la collectivité étudiée : on l'obtient en divisant la somme des grandeurs relevées par le nombre des faits observés.

Elle étudie : i° Vélat de la population , ou population statique^ comprenant le nombre, la densité, les rapports des âges, des sexes, des professions, des habitats ;

2° Les mouvements de la population, ou population dynamique, comprenant les phénomènes périodiques (natalité, nuptialité, mortalité), qui peuvent changer les rapports précédents.

A. Etat de la population. — La population de la France est de 38,219,000 habitants, répartis sur 530,000 kilomètres carrés (recensement de 1880); en 1876, elle était de .37 millions. Son accroissement, plus lent que celui des nations voisines, est surtout marqué en Bretagne et dans l'Est; la Normandie et quelques déparlements du Midi sont en décroissance. La France a 70 habitants par kilomètre carré ; l'Allemagne 110, la Belgique 180. La population des villes, inférieure h celle des campagnes, tend h l'égaler (voy. Villes et campagnes, p. 101).

C'est la France qui a le plus de vieillards, mais aussi le moins d'enfants. Il naît plus de garçons que de filles; mais les premiers mourant davantage, le sexe féminin finit par l'emporter : pour 1,000 femmes.

^F OBJlîT Dli l.'HVlilÉNE, — DJ'MOliKAPIIIE.

003 hommes. L'agriculture représente 33 p. tOO d lii popiiUlioLi, l'industrie 2B p. )00, le commerce ^ les transports 10 p. IIKI, les rentiers B p. 100, : professions libi-rales et l'armée 4 p. 100,

B. MonVEMEISTS DE LA POPULATION. 1» NOptiolité

— Poup connaître la fyiqusnee relative des mariaga dans un pays, il faut en rapporter le nombre, i la population générale, mais ft la population d dividus miiriabUs (13 il GO an.^). En France, ii iifi mapinges p. 1.000 marialile^ ; 36,9 en Anglelerr^ ;i3 en Prusse et en Autriche, SO en Kalie.

La loi françaiste autorise le mariage il 18 ans poii] l'homme, à Iti ans pour la femme : le mariage déit* rnbie est entre 23 et 28 ans pour le premier, entPfl IB et 24 pour la seconde ; le mariage prématuré dimi-"" nue la fécondité de la mère et la vitalité de l'enfant. Dans les premières années du mariage, la probahilité de naissance des garçons l'emporte sur celle des niles. Plus les épous sont jeunes (surloul le marij]^ plus les naissances masculines sont nombretises. Ail.^ dessous de 20 ans, le mariage aoRniente la marlalm pour les deux sexes; au-dessus de 20 ans, elle la dm rainue (sup 1.000 vivants, de 40 a 4-5 ans, on compf [I décès annuels d'hommes mariés, 17 de célibataire ISde venfsj. La crimvialité des céiibalaires étant (I celle des mariés est 49,ari (attentats contre les pel*^ sonnes) et 43,30 (conlpe les propriétés). I^ folie est deux fois plus fréquente chez les célibataires que chez les gens mariés. Les mariés comptant 100 niricfrfM, les célibataires en ont lll,i, les veufs -256. Les mariaaes eomanguins ne paraissent pas avoir les dangers allégués (surdi-mutité des enfants, etc.) : on a confondu la transmission héréditaire des maladies avec la consanguinité simple.

S" Nrttalité. — Rapport des naissances a. In. v^'j^iNi^iûii gui les a fournies dçns Vivt\i\fee. (i\\\"a'>*^'vSi^* '■"

divisant le nombre moyen annuel des naissances vivantes par la population moyenne de la même période. Si on rapporte les naissances à la population totaUî, on trouve en France, sur i.OOO habitants de tout âge, 24 naissances (30 en Prusse, 35 en Angleterre, 37 en Italie). Si on les rapporte à la population mariable, ce qui est plus exact, on trouve en France 102 naissances p. 1.000 mariables (150 en Prusse, 136 en Angleterre).

La natalité est plus faible en France que partout ailleurs, sa diminution est constante depuis le commencement du siècle. Au dix-huitième siècle, il y avait un peu plus de 4 naissances par mariage, il n'y en a plus que 3. Il naît plus de garçons que de filles (105,1 contre 100). Sur 1.000 naissances, il y a 78 enfants naturels (44,5 à la campagne, 107 dans les villes, 208 dans la Seine), sur lesquels 61 p. 100 ne sont pas reconnus : le nombre des morts-nés illégitimes est double de celui des morts-nés légitimes.

3° Mortalitf^. — Rapport entre Te nombre des décès et le nombre des vivants qui les ont fournis. On l'obtient en divisant le nombre moyen annuel des décès par la population moyenne, considérée sans distinction d'âge {mortalité générale), ou répartie par groupes d'âges {mortalité spéciale).

La mortalité générale diminue depuis le commencement du siècle : elle est actuellement de 23,10 p. 1.000 habitants en France.

Le nombre des morts-nés, comprenant ceux qui n'ont pas respiré, et ceux qui, nés vivants, sont morls avant l'inscription à l'état civil (du 1" au 3** jour), est de 43 p. 1.000 naissances vivantes ; il est stationnaire ; il est plus élevé dans les villes que dans les campagnes.

De à 1 an, il y a 205 décès sur 1.000 enfants vivants; les garçons meurent plus que les filles (116 contre 100), les enfants illé*?it.imos pins que les lé^ir

■ fitnes (t9S contre lOO); la mortalité est plus forte éié qu'en liiver (191 contre 100).

Del à 5 ans, 34,6 décès sur 1,000 enfantB : mBi iniluence de l'été.

Le a à iO ans, morlalilë tt'ës faible, ayant minimum vers 15 ans [.'i décès sur 1.000 vivants); 30 d 2S ans, elle es! tvès élevée (service militaire) ; de à 40 am, 9 dâcës sur 1.000.

La mortalilé esl plus forle dans le seie masculi que dans l'autre; plus à la ville (20,1 p. 1.000) qu' ta campagne [21.3] ; l'aisance peut la diminuer moitié; elle est influencée pat les professioi dans l'armée, parmi les médecins, les ouvriers et marchands de spiritueux, qu'elle esl le plus élevée.

4° ISorbiditÉ. — Ensemble des conditions qui exposent un homme ou un groupe social h la maladie ; climat, )^e, profession, épidémies (voy. Climats, p. 28; Ilyjii^ne suivant tes ihjes, p. ilO; Hygiène profendonttelle, p. ll'J; Malmlies t'pidémlques, p. t;tS).

3° Vie moyenne. — Si l'on enregistre l'âge du décès d'un très grand nombre de personnes, et qu'on divise la somme des âges vécus par la somme de ces personnes, on a la vie moyenne de cette collectivité. En France elle est actuellement de 33 ans, 6, et va sans eesse en augmentant depuis le commencement du siècle, où elle était de 29 ans. La Norvège seule une vie moyenne plus longue (de 6 mois), parce. que sa population est surtout agricole.

Btéments constituants. — Les roches qui former rJerraiiiR de \'.i crnflle Vevrca'.te tVetTniwi

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de transition, secondaire, tertiaire, quaternaire, moderne) sont masaivea et de formation ignée y ou stratifiées et d'origine aqueuse. Toutes sont constituées par la silice, la chaux, l'alumine, et ne différent que par la proportion relative de ces éléments et par le mode d'union de leurs molécules.

Le sol où la silice domine, à l'état compact (grès, granit) ou fragmenté (sable, graviers), est salubre : l'eau n'y stagne pas, celle qui jaillit îi sa base est de bonne qualité; il ne forme ni marais, ni foyers de putréfaction. Le terrain cakaire, formé principalement de carbonate de chaux (craie;, moins sec que le précédent, laissant mieux filtrer l'eau que l'argile, est supérieur à l'un et à l'autre, et fournit une eau chargée de sels calcaires, mais salubre. La dolomie, dans laquelle la magnésie est jointe à la chaux, a été accusée à tort de favoriser le goître. Le gypse, formé surtout de sulfate de chaux, rend les eaux dures (voy. Eau, p. 34). \J argile (marne, kaolin) absorbe l'eau et la rend stagnante : les terrains argileux sont humides, dangereux, favorisent la putréfaction, fournissent une eau malsaine; ils sont bons pour la culture, à condition d'être drainés.

Air, Eau, Température du soL — La porosité du sol dépend de l'arrangement de ses éléments, et non de leur nature : les roches massives ne sont pas poreuses en général, contrairement aux roches stratifiées; le gravier, les cailloux dérivés du granit, forment des sols très poreux. La perméabilité du sol à l'air et à l'eau augmente avec la grosseur des grains qui le forment et avec le volume des pores : l'argile, ayant des pores très petits et des grains très ténus, est 2 fois moins perméable que la craie et 200 fois moins que le sable; la perméabilité du sol règle l'humidité des terrains et leur imprégnation par les souillures extérieures.

L'air du soi difTère de l'air atmosphérique par une proportion plus forte d'ammoniaque, d'hydrogène sulfuré el carboné, el surtout d'acide carbonique. Ce dernier gaz est ici dans un rapport égal ù celui de rox7gëne disparu de l'air atmosphérique; il résulte de la dËcomposilion des matières organiques au sein du sol, et indique le degrë de salubrité des habitations que celui-ci supporte. It est plus abondant dans la profondeur qu'à la surface; dans un sol argileu,\, Lourné au Sud, chaud et humide, que dans les coudilions inverses; k la surface, la proportion est plus forle en été qu'en hiver, la nuit que le .jour. Les émanations du sol u'eogeadrent pas directemenl 1c chotérn, In fièvre typhoïde, el autres maladies infertieuses qu'on sait produites par des micrgorganismes; mais au sein d'un sol nlléré par les décompositions organiques, l'air est apte k augmenter la vitalité de ces organismes, que l'eau entraînera à dis-

L'eau du S'ii est d'autant plus abondante que le 1er- I rain est plus riche en argile el en matières organl-i qùes : un sol toiirbeux en renfermée:! p. 100 volumes, un terrain argileux 60, un sol calcaire .'i:>, un soi sableux 4S. La structure du sol entraine de grandes différences dans les proportions d'eau : une roche dure, qui en renferme très peu il l'état compact, peut en prendre une forte proportion â. l'élat pulvérulent, [.'eau se déplace dans le sol de bas en hiut, de haut nn bas, et dans le sens horizontal, par l'action de In capiilarité, surtout prononcée dans le sot argileux, puis daus le sol sableux, et euQu dans la craie : c'est ainsi que les substances dissoutes, et peul-élre les micro organisme s, passent d'un point à l'aulre. Grâce à celte action capillaire, l'eau des couches profondes sol s'évapore comme celle des couches suç^îO.- cielles ; im sol compact, lQar\iev\^,\v\\e. s'.wKfta'Cww.*

organiques, prend l'eau plus vile el plus abondamment qu'un sol léger, calcaire ou sableux, mais la perd plus vile par l'évaporalion : donc pour conserver rhumidité d'un terrain, il faut lui donner artificiellement un degré de division convenable.

Lorsque l'eau qui pénètre dans le sol rencontre une zone de terrain imperméable, elle s'accumule audessus de cette zone, en formant une couche qu'on nomme nappe soutert^ainey qui emmagasine l'eau des pluies, et qu'on utilise pour l'approvisionnement d'eau à l'aide des puits; par suite d'une différence de niveau, elle s'écoule vers les fleuves (loin d'êlre alimentée par eux), sauf dans le cas de pluies très abondantes, où elle reçoit, par reflux, l'eau des fleuves, dont elle retaràe alors le débordement. Pour qu'elle ne donne lieu ni h la formation de marais, ni à Tapparition de maladies infectieuses, pour qu'elle ne compromette pas la salubrité des habitations, son niveau doit être à 4 ou 5 mètres de la surface du sol au moins, à 10 ou 12 mètres au plus. Cette eau souterraine étant alimentée par les pluies, dont l'abondance varie suivant les saisons, sa hauteur, c'est-à-dire la distance qui la sépare de la surface, est soumise à des variations corrélatives, qu'on peut mesurer dans les puits. Ces oscillations verticales de la nappe souterraine servent de base à la théorie de Pettenkofer sur l'étiologie du choléra et de la fièvre typhoïde (voy. Fièvi'e typhoîdey p. 143; et CholdrUy p. 148).

La température du sol augmente de 2 degrés par 30 ou 32 mètres de profondeur, les couches superficielles étant échauffées par le soleil, les couches profondes parle feu central. Ce fait est important pour Thygiène des mineurs, qui travaillent h plusieurs centaines de mètres au-dessous de la surface. De plus, la chaleur du sol favorise la production d'acide carbonique, les fermentations, oxydations el décornpositjqqs organi-;

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