‹ Aide-mémoire d'hygiène et de médecine légaleChapitre 52 sur 71 · K CHAPITRE V · texte numérisé non relu

K CHAPITRE V

ASPHYXIE

Asphyxie an général. — L'asphyxie est la susper sioii des phénomènes de la respiration, el, par suite, des fonctions cérébrales, cardiaques, et autres. "' résulte de ce que l'entrée de l'air dans le poumo) empficbée pai' l'immersion dans un liquide (submersion), nu par un obstacle mécanique [pendaison, strangulation, suffocation). Quant à l'asphyxie produite par l'inti'oduction dans les pouraons de gaz non pirables (azote, acide carbonique) ou toxiques (oxyde de carbone, acide sulfhydrique, c'esl un empoisonnement (voy. Empoisoiinements, p. 219 et iiO).

A, SvapTOMEs FONCTIONNELS. — Les mouvements respiratoires, d'abord nombreux, énergiques, désordon-- j nés, diminuent ensuite de Torce et de fréquence, el 9 cessent au bout d'un temps (i minutes eu moyenne) j qui varie avec la cause de l'asphyxie, l'âge el les forces du sojel, elc. : li: nouveau-né résiste niiei

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l'asphyxie que radulte; celui-ci résiste d'autant plus longtemps qu'il consomme habituellement moins d'oxygène.

Les battements cardiaques deviennent irréguliers, moins fréquents, plus faibles; ils persistent plus longtemps que les mouvements respiratoires. La perte de connaissance apparaît en général au bout d'une minute, mais est subordonnée au mode d'asphyxie : en même temps qu'elle, surviennent des mouvements convulsifs généralisés (d'où issue des matières fécales, de l'urine, du sperme), la, perte de la sensibilité et des mouvements réflexes.

B, Aspect extérieur du cadavre. — La face a son aspect normal; plus rarement, elle est cyanosée, avec saillie des globes oculaires et ecchymoses sousconjonctivales.

Les pupilles sont dilatées au moment de la mort, normales ensuite. Les lividités cadavériques sont précoces et étendues.

G. Sang, lésions internes. — Le sang est liquide et foncé; même dans le cœur, les caillots sont rares et mous. Ces deux caractères existent dans d'autres f];enres de mort, mais sont plus marqués dans l'asphyxie.

Les poumons sont ordinairement congestionnés, ainsi que la muqueuse laryngo-bronchique.

Les ecchymoses sous-pleurales et sous-péricar digues, petites taches arrondies, rouges ou brunes, plus ou moins nombreuses, sont des foyers hémorragiques très limités qu'on trouve à la surface des poumons et du cœur. Tardieu a fait des ecchymoses sous-pleurales un signe certain de suffocation, permettant de distinguer ce mode d'asphyxie de la submersion et de la pendaison, et, par suite, de ne pas confondre le suicide avec Thomicide : elles n'ont pas une valeur aussi absolue, car elles ont été rencontrées dans bien

ASPHYXIE

des cas oii l'asphyxio n'avait pas élè cousée par sufTocalioD, et même quand la morL ne résultait pf ilerasp!iïsie(lraumatisme,^pilBpsiei éclampsie, etc.

Le cœur est plein de sang à droite, vide ou presque vide à gauche.

Les méninges et la surface du cerveau sont ordinaiment cou gestion nées, par stase sanguine, rarement anémiées.

En somme, aucun signe cadavérique ne caractériaftl l'asphyxie en général : il faut, pour le dlagnostiol médico-légal, Temonter â la cause de l'asphyxie, d'a^ près les signes particuliers aux divers mndes de on fçenre de mort. j

Submersion- — La mort par suhmersîon est le rfia siillal de l'asphs'xie par privation d'air que produit iM séjonr du corps, ou au moins de la houche et du neiJ dans l'eau ou tout autre liquide. Elle survient ordfcJ nairemenl en moins d'un quart d'heure; parfois elle] est plus lente à venir. I

A. Aspect ESTÉ H iKUR du cadavre. — On constate 1m froideur et la pâleur générale du corps; la chaiffl de poule; la rétraction du pénis, du scrotum, dttj maûelon. Les pupilles sont dilatées, la langue saiM lante, la tête pai'Oit boursouflée. 'A

L'épiderme de la paume des mains et de la planta des pieds est macéré, ridé, blancMtre. La houclie en les narines laissent couler un écume mélangée d'eau>4

B. Lésions interkes, — L Poumons. — Ils son^ augmentés de volume, couvrent le cœur, foni sailliH| dès que la poitrine est ouverte. Leur tissu est d'um gris sale, œdémateux. La trachée, les bronches, len alvéoles pulmonaires renferment une écume à buUeM très fines, qui est caractéristique de la submersiow quand elle est très abondante, et qu'elle est mêlée ju de l'euu liqnMe, ou à de lawase, de la terre, etc. Son-, vent ou trouve dans les voies aériennes des matière»!

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alimentaires, refoulées de reslomac dans la gorge.

Il y a de ï emphysème intervésiculaire très prononcé, et une congestion pulmonaire Mm'ilée.

Sous la plèvre, on trouve de l'air extravasé, avec de Teau et de l'écume ; rarement, des ecchymoses proprement dites ; mais souvent de larges plaques rouges annonçant une hémorragie sous-pleurale.

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