‹ Aide-mémoire de chirurgie de guerre; traumatismes professionnels du temps de guerreChapitre 11 sur 84 · Armes à feu · texte numérisé non relu

Armes à feu

Les armes à feu se divisent en portatives (fusil, revolvers* mousquetons, etc.), et de gros calibre, pièces d'artillerie (canons, mortiers, obusiers, mitrailleuses, etc.).

A. Fusil. — Au milieu du siècle dernier, pendant la guerre de Sept Ans, la portée du fusil d'infanterie était trop faible, le ravitaillement en munitions très lent, l'efficacité du tir très médiocre, ainsi que

(1) Nimier, Des conditions et des modes de l'intervention chirurgicale pendant l'expédition du Tonkin, 1883-84-85 (Arch. de mêd. milit., 1886).

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l'a justement rappelé de Santi. Il fallait alors pour tuer un homme près de deux fois son poids de plomb, et presque toujours le combat s'achevait à l'arme blanche.

Vers la fin du xvme siècle l'artillerie se perfectionna, les pièces plus légères, mieux calibrées, furent mieux attelées. En même temps, avec la Révolution française, naissait une tactique nouvelle, rapide, hardie, offensive, dans laquelle l'artillerie jouait un rôle prépondérant (1).

La création des armées permanentes et nationales vint accroître le chiffre des pertes, la mise hors de combat en un temps donné, et le perfectionnement de l'armement mit le comble à ce vertige de mort, qui, par l'horreur qu'il inspire, aura peut-être fait plus pour la répudiation des guerres que les théories des philosophes et des philanthropes. Lorsque nous délibérons sur une calamité qui nous menace tous les jours, nous y regardons de plus près avant de la déchaîner que lorsque nous n'y sommes intéressés ni par nous-mêmes ni par ceux qui nous touchent de près. Et nous ne voulons pas croire, avec DragomirofT, que la guerre soit un mal inévitable. Elle n'est pas davantage « chose Sainte » comme le voulait de Moltke.

La vulnérabilité du soldat a. été accrue parles armes à tir rapide et à longue portée ; il résulte, en effet, de leur adoption, un tir plus efficace, une masse plus considérable de plomb qui balaye le terrain en un temps donné, une tension plus grande de la trajectoire, une augmentation d'étendue de la zone dangereuse des projectiles. C'est ainsi qu'au second assaut de Plewna, un tiers de l'effectif fut couché sur le sol.

(i) De Santi, La question des secours sur le champ de bataille et le paquet de pansement {Semaine méd., 1895, p. 421).

GousTAN. — Chir. de guerre.

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Mais l'adoption du nouvel armement a créé, au point de vue de l'action vulnérante des projecliles. deux zones : l'une rapprochée, dans laquelle les blessures seraient beaucoup plus graves qu'auparavant; l'autre éloignée, dans laquelle elles seraient plus légères. — Ces affirmations méritent, d'ailleurs, d'être discutées.

Nous ferons table rase de ce qui a trait aux effets des armes à feu usitées avant 1866. Depuis trente ans, en effet, les armes de petit calibre ont subi des changements radicaux. Après Sadowa, les nations transformèrent leur armement sur le modèle du fusil à aiguille.

En Europe, on se sert maintenant d'armes de petit calibre, de 12; 11; 10; 8; 7,5; 7; 6,5; 6 mm. (États-Unis). Ces armes ont été construites de façon que le projectile ait une trajectoire fortement tendue et une vitesse aussi grande que possible.

Cette vitesse va jusqu'à 631 mètres (vitesse initiale) à la seconde (Lebel), 615 mètres (Hebler, Suisse). Les armes ainsi adoptées se chargent par la culasse et sont à percussion centrale.

Dans le cours de 1893, quatre nations ont choisi le calibre de 6mm, 5 et trois autres des calibres plus élevés,, inférieurs, d'ailleurs, à 8mm. Cette prédilection pour les petits calibres s'est encore récemment accentuée aux États-Unis, où le nouveau fusil de la marine ne mesure que 6mm, et si l'on passe de ce qui existe àceque certains prévoient, on trouve des études portant non plus sur des balles de petit calibre, mais bien sur des balles de minime calibre (1).

Dans ces conditions, le nombre de blessés par

(1) Nimier, Kotes sur les effets de différents projectiles de petit calibre, d'après les données balistiques du général \Ville(Das Kleinste- Geivehrkaliber, Berlin, 1895) (Arch. de méd. milit.. 1895).

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