EVOLUTION DES BLESSURES PAR BALLES
diate des plaies par armes à feu, que Chauvel appelle la réunion rapide partielle du canal des projectiles dans les parties molles, est plus fréquente qu'avec les anciens. Les guérisons observées en 1870 par Verneuil, Esmarch, Berger seraient des cuérisons sous-crustacées, au moins en ce qui concerne les orifices des coups de feu (Legouest, Fischer, Chauvel).
Dans les récentes guerres, on remarque plus de 15 p. 100 de ces guérisons, qui s'observent même avec des lésions osseuses, vasculaires, même avec le séjour du projectile clans les chairs.
Sur les orifices culanés, le sang qui suinte lentement, mélangé à la sérosité issue des tissus, se coagule et forme un bouchon qui durcit, met le canal de la plaie à l'abri de l'air, et quand il se détache — de 8 à 15 jours, — la cicatrice est formée.
Le trajet sous-cutané s'est aussi généralement cicatrisé.
L'orifice de sortie, moins contus, se guérit plus vite. Il n'y a ni fièvre, ni douleur. Parfois le pus vient, au bout de quelques jours, détruire la cicatrice cutanée.
<( Il est probable qu'avec les balles cuirassées, plus lisses, plus allongées, dont les trajets intra-musculaires sont parfois comblés au point de n'être pas retrouvables et ne présentent aucune apparence de contusion, ce mode de guérison peut devenir la règle et non plus l'exception (1). »
Fièvre traumatique. — Suppuration. — Malgré tout, les coups de feu par balles se terminent habituellement par suppuration. Cela tient à la dilacération des parties infiltrées de sang, à la souillure de I la plaie par les malpropretés adhérentes à la balle, et à ce qu'elle entraine, à la difficulté d'obtenir la désinfection de la plaie, surtout dans les sillons et
il) Chauvel et Nimier, loe. cit.. p. 75.
gouttières. Vingt-quatre heures après la blessure, le blessé voit augmenter la douleur, la tension des membres, l'agitation, et 2 ou 3 jours après, la fièvre traumatique paraît.
L'écoulement sanguin a fait place à un suintement séro-sanguinolent, qui sera une sécrétion purulente, après le début de la fièvre.
D'abord sécrétion séro-purulente, puis suppuration de bonne nature entraînant tous les tissus nécrosés, des bourgeons charnus tapissent les parois du trajet et comblent sa cavité, s'accolent, ferment ses ouvertures, et bientôt l'écoulement diminue de quantité et devient plus ténu.
La plaie se déterge, le gonflement et la douleur diminuent.
Cette période dure de 15 à 20 jours ; s'il y a dans les parties modifiées du tissu aponévrotique, tendineux, la suppuration peut durer des mois. Pendant ce temps l'état général s'améliore, si les liquides septiques sortent facilement. Sinon, la fièvre persiste et la résorption dépend de l'état de la plaie, du milieu, etc.
La cicatrisation commence par le milieu du trajet, continue par le trou de sortie; celui d'entrée se ferme le dernier.
Ces plaies qui guérissaient jadis, en moyenne, d'ans un délai de 3 à 6 semaines, quelquefois jusqu'à 3 mois, guérissent plus vite maintenant, avec les projectiles et les pansements actuels.
Les coups de feu des parties molles peuvent être compliqués d'érysipéle, phlegmons, pourriture d'hôpital, etc. Néanmoins, leur bénignité générale peut être exprimée par les chiffres en partie notés au commencement de ce chapitre:
Guerre de la Sécession : memb. super. Prop. des décès.- . . 2,9 p. 100. — — : memb. infér. — 4,0 —