‹ Aide-mémoire de chirurgie de guerre; traumatismes professionnels du temps de guerreChapitre 32 sur 84 · BLESSURES PAR LES SUBSTANCES EXPLOSIBLES · texte numérisé non relu

BLESSURES PAR LES SUBSTANCES EXPLOSIBLES

Un mot, cependant, à propos des désordres produits par la dé /la y rat ion de la poudre à canon. Les lésions qu'elle occasionne varient avec la dislance à laquelle se trouve placé le corps humain, avec la force d'expansion développée. Neudôrfer a signalé, dans certains cas de tir à bout portant avec des cartouches à blanc, des lésions étendues des parties molles, la pénétration dans les chairs du tampon de papier qui forme la cartouche, parfois des morceaux des vêtements et de l'équipement, entraînés par les gaz.

Ajoutons à ce que nous en avons déjà dit, une blessure mortelle du foie, par coup de feu à blanc (carabine mod. 1886), tiré à une distance de 40 centimètres, par un hussard sur un de ses camarades, au cours d'un exercice de service en campagne. La bourre en carton durci pénétra dans le foie, fit éclater le tissu hépatique, et il se produisit une hémorragie foudroyante, consécutive à la communication du lac sanguin hépatique avec la cavité péritonéale (1).

Quand un gros projectile creux éclate dans le voisinage immédiat des combattants, même s'il ne se produit ni plaies, ni contusions appréciables au dehors, on peut observer des désordres graves ; paralysies partielles ou complètes des membres, surdité, cécité, aphasie, prostration mentale. Un coup de pistolet à poudre tiré contre la poitrine causa la mort par arrêt du cœur (Erichsen).

Pour Longmore, les affections mentales, l'irrésolution, la timidité chez des militaires jusqu'alors décidés et courageux, résultent d'un trouble vibratoire probable des organes, et principalement des centres nerveux.

(1) Bergasse, Blessure mortelle du foie par coup de feu à blanc (Arch. de méd. milit., 1896 .

A la suite des formidables explosions de poudrières qui se succédèrent pendant le siège de Sébastopol, il constata sur lui-même cette stupidité, cette torpeur, ce choc qu'on ne saurait attribuer à la frayeur, puisque les phénomènes sont d'autant plus prononcés que le sujet était plus rapproché du lieu de l'explosion (1).

Les fougasses, qui éclatent sous les pieds des soldats, font aux membres inférieurs des lésions profondes et étendues qui nécessitent l'amputation immédiate, si d'autres désordres n'ont amené la mort. Hurtington a signalé l'explosion accidentelle de 2 fougasses tuant 44 hommes, en blessant grièvement 22. Lorsque de grandes quantités de poudre font explosion, les hommes et les corps solides qui se trouvent dans la zone de déplacement des gaz sont projetés au loin, et l'on constate les lésions les plus diverses: commotion générale avec perle de connaissance et parfois mort instantanée, désordres de l'axe cérébro-spinal, luxations et entorses vertébrales, déchirures, plaies de toute forme et de tout siège.

Nimier a relaté les accidents survenus au Tonkin, à Bac-Ninh, Muy-Bop, Sontay, Tuyen-Quan, par la déflagration de la poudre et l'explosion des mines: désordres du système nerveux, et lésions concomitantes.

Parmi les premiers, perte de connaissance plus ou moins prolongée, suivie dans quelques cas de mort immédiate ; phénomènes douloureux et paralytiques, douleurs des reins, des mollets, des genoux, lourdeur et faiblesse des membres; parfois fracture de ces membres. Parfois aussi, diplopie.

Les douleurs des membres et des reins peuvent, d'ailleurs, être occasionnées par le choc des pierres

(1) Chauvcl et Nimier, loc. cit.

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