‹ Aide-mémoire de chirurgie de guerre; traumatismes professionnels du temps de guerreChapitre 33 sur 84 · ARTICLE IX. — TACTIQUE NOUVELLE ET PERTES MOINDRES · texte numérisé non relu

ARTICLE IX. — TACTIQUE NOUVELLE ET PERTES MOINDRES

De notre participation aux grandes manœuvres annuelles pendant près de dix années, depuis le nouvel armement et la nouvelle tactique; des appréciations que nous avons entendu émettre par des officiers de grand mérite, nous croyons pouvoir tirer les déductions suivantes, relatives aux pertes aujourd'hui moindres du champ de bataille, dans leurs rapports avec la. physionomie du combat moderne, avec les nouveaux engins de guerre et les énormes •effectifs actuels. C'est le développement nécessaire des quelques mots que nous en avons déjà dits (p. 27).

Comment se fait-il que, par suite du perfectionnement des armes et des canons, dont le tir est plus rapide, plus précis, plus meurtrier à des distances considérables, la proportion entre les troupes qui ont pris part à une bataille et les pertes soit inférieure à celles que l'on constatait dans les dernière? •campagnes, comme dans celles de Fempire, du xvme siècle et même du moyen âge?

Autrefois, les troupes exposées au feu, et surtout à l'arme blanche, dans une action de guerre, étaient proportionnellement plus considérables et arrivaient d'un seul coup, et la plupart du temps en ordre compact, sous le feu, à petite distance de l'adversaire, et au corps à corps (charges à la baïonnette, charges de cavalerie).

D'autre part, le temps de résistance de ces troupes était plus long, — par conséquent plus de perles de part el d'autre.

Tandis qu'actuellement, avec des troupes jeunes,

moins aguerries, et les effets moraux produits par les projectiles de l'artillerie, les feux rapides, à répétition, par salves de l'infanterie, l'action décisive dure très peu de temps.

L'ordre dispersé, l'échelonnement en profondeur, les manœuvres à i'abri, autant que possible, des feux de l'adversaire par les troupes de 2e et de 3e ligne, entrent en compte autant que les feux eux-mêmes dans les éléments du succès, qui consiste à refouler l'ennemi, prendre sa place, puis le poursuivre.

Une bataille n'est pas gagnée parce que les morts ou blessés sont moins considérables d'un côté que d'un autre : manœuvrer tactiquement sur le champ de bataille, c'est le critérium, et la tactique nouvelle est le résultat du perfectionnement des armes et desbouches à feu, qui augmentent les distances en profondeur, les fronts en largeur, et partant, la nécessité de gros effectifs.

La bataille peut durer une journée, plusieurs jours même, avec les effectifs des armées actuelles, mais le résultat final est obtenu à la suite d'une succession de luttes partielles; et, en dernière analyse, les troupes qui supportent ou engagent l'effort décisif (dernière lutte partielle), sont proportionnellement moins considérables qu'autrefois.

Si les combats ou les batailles étaient engagés comme par le passé, il est hors de doute que les pertes seraient effrayantes. Heureusement, il y a plus de troupes manœuvrant sur le champ de bataille, qu'il n'y en a de directement engagées par le feu.

Au début de l'action, l'artillerie lutte contre l'artillerie adverse. Mais, une batterie voyant que l'artillerie ennemie a réglé son tir sur elle, fera tous ses efforts pour ne pas rester sous les coups des projectiles qui lui sont destinés.

Le mouvement fait à propos, permet d'éviter pour

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