‹ Aide-mémoire de chirurgie de guerre; traumatismes professionnels du temps de guerreChapitre 36 sur 84 · COMMOTION · texte numérisé non relu

COMMOTION

L'ébranlement communiqué par un projectile au corps qu'il frappe ou qu'il pénètre est d'autant plus intense que sa vitesse, que sa force vive sont plus grandes (Delorme, expériences). Cet ébranlement parait varier avec la résistance que l'os atteint offre au projectile, et serait d'autant plus considérable que la diaphyse frappée aurait une moindre résistance.

Des causes extrinsèques : volume, masse du projectile, grandeur de la surface frappée, état de fixation ou de mobilité de la partie atteinte, distance qui la sépare du tronc, etc.; et des causes intrinsèques : excitation, impressionnabilité, état de santé du blessé; siège de la blessure, richesse en ganglions nerveux, perte de sang, douleur, — modifient l'ébranlement propagé jusqu'aux centres nerveux.

Pour Delorme, lorsqu'il s'agit de blessures des parties molles, la lésion directe des nerfs détermine une excitation qui, par action réflexe, produit les symptômes dépressiis de la stupeur générale ; dans les lésions osseuses, l'ébranlement est transmis jusqu'aux centres nerveux.

Symptômes. — Stupeur, indifférence, arrêt momentané et incomplet des fonctions vitales, en un mot dépression considérable. Faciès pâle, tiré, yeux fixes, pupilles dilatées, peau couverte d'une sueur visqueuse, muscles en relâchement (les sphincters restent en tonicité); sensibilité très émoussée. Pas d'hémorragie, malgré l'ouverture des vaisseaux.

Respiration lente, suspirieuse; le blessé répond à peine aux questions qu'on lui adresse. Battements du cœur faibles et irréguliers; pouls dépressible, très faible. Température descendant à 35° ou 34° dans les lésions osseuses et articulaires par balles et éclats d'obus (Demarquay et Redard). Ghauvel et Nimier font remarquer que le symptôme ci-dessus, signalé parles précédents auteurs chez les blessés de la Gom-

mune devait être dû, surtout, à l'âge et à l'alcoolisme.

Quand cet état persiste pendant 4 à b heures sans réaction, le blessé peut être considéré comme perdu.

Traitement. — Contre ce collapsus, frictions excitantes, boissons chaudes et diffusibles, injections sous-cutanées d'éther. — Faradisalion de la peau avec le balai.

Quand la température est au-dessous de 36°, toute opération est contre-indiquée, même la régularisation des sections incomplètes des membres (Delorme); on peut, toutefois, lier les vaisseaux ouverts.

On attendra, pour opérer, la réaction franche, sans aller jusqu'à la fièvre traumatique. En raison de la facilité avec laquelle de tels blessés retombent dans la stupeur, l'administration des anesthésiques demande à être surveillée avec le plus grand soin.

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